. L’immigration ne paiera pas nos retraites : l’observatoire Hexagone démolit un argument central du débat public

Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : C’est l’un des arguments les plus régulièrement avancés par les défenseurs d’une politique migratoire généreuse : l’immigration serait nécessaire, voire indispensable, pour financer les retraites françaises et européennes face au vieillissement de la population. Une étude publiée le 7 mai 2026 par l’observatoire Hexagone, signée par Philippe Lemoine — directeur de la recherche et chercheur affilié à l’université de Georgetown —, vient contredire frontalement cette intuition. Calculs à l’appui, l’auteur démontre que l’effet de l’immigration sur le ratio entre actifs et retraités est marginal, et que les volumes nécessaires pour neutraliser le vieillissement de la population dépassent toute mesure politiquement envisageable.

Un constat démographique sans appel

L’étude commence par rappeler des chiffres connus mais frappants. En 2000, les plus de 65 ans représentaient 15 % de la population des pays formant aujourd’hui l’Union européenne. Cette proportion atteint désormais 20 %, et continuera à croître dans les décennies à venir. La France suit la même trajectoire.

Les conséquences sur les comptes sociaux sont massives. Les plus de 60 ans représentent 28 % de la population française mais concentrent au moins 55 % de la dépense sociale. Ils bénéficient en premier lieu d’un système de retraite par répartition, c’est-à-dire financé par les cotisations des actifs en exercice. Or, le rapport entre actifs et retraités se dégrade rapidement : en 1945, la France comptait 6,1 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne de plus de 65 ans. Le ratio est tombé à 3,1 aujourd’hui, et la trajectoire conduit à environ 2,5 en 2050 si les tendances démographiques actuelles se prolongent.

Ce « ratio de soutien des personnes âgées », comme l’appellent les démographes, est l’indicateur central du pilotage économique de nos systèmes de retraite. Et c’est précisément sur lui que portent les calculs de Philippe Lemoine.

Premier scénario : combien d’immigrés faudrait-il pour stabiliser le ratio ?

L’argument souvent invoqué dans le débat public est qu’un afflux migratoire continu permettrait d’élargir le nombre de cotisants et de stabiliser le système. Question simple : combien faudrait-il accueillir d’immigrés pour maintenir en 2050 le ratio de soutien actuel, c’est-à-dire 3 actifs pour un retraité ?

La réponse est sidérante. Selon les calculs de l’observatoire Hexagone, il faudrait augmenter le solde migratoire annuel non pas de 30 %, ni même de 50 %, mais de 250 %. Soit un solde 3,5 fois supérieur à la moyenne des quinze dernières années — laquelle s’établit déjà à un niveau historiquement élevé. En valeur absolue, cela représenterait environ un demi-million de personnes supplémentaires accueillies chaque année, sur une période indéfinie.

À l’heure où, selon plusieurs enquêtes d’opinion convergentes, près de 70 % des Français estiment qu’il y a déjà trop d’immigration en France, l’hypothèse d’un triplement du solde migratoire pendant plusieurs décennies relève, comme le souligne l’étude, de l’irréalisme politique le plus complet.

Deuxième scénario : et si l’on stoppait toute immigration ?

L’auteur de l’étude prend la précaution de tester l’hypothèse inverse, pour mesurer la sensibilité réelle du ratio de soutien à l’immigration. Imaginons que le solde migratoire tombe brutalement à zéro et y reste jusqu’en 2050. Que se passerait-il ?

Le ratio de soutien passerait alors de 2,5 (scénario à immigration constante) à 2,32. Un écart de 7 % seulement. Autrement dit, le niveau d’immigration que connaît aujourd’hui la France n’exerce qu’une influence « très limitée » sur le ratio entre actifs et retraités, par rapport à un scénario théorique sans aucune immigration. La conclusion logique de cet exercice est claire : qu’on augmente ou qu’on diminue radicalement l’immigration, l’effet sur le système de retraites reste secondaire face à la dynamique démographique de fond.

Le constat se confirme à l’échelle européenne

L’observatoire Hexagone n’a pas limité son analyse à la France. Le même exercice a été reproduit pour différents pays européens, en utilisant les projections démographiques par la méthode dite des composantes. Les résultats convergent, partout.

En Italie, il faudrait que le solde migratoire annuel soit multiplié par six pour stabiliser le ratio de soutien. En Espagne, par dix. Le seul cas atypique est celui du Luxembourg, dont le solde migratoire est déjà anormalement élevé du fait de la petite taille du pays. Partout ailleurs, l’immigration ne suffit nulle part à neutraliser le vieillissement, et son effet reste limité.

Comme le formule de manière concise Philippe Lemoine, « compter sur l’immigration pour neutraliser l’effet du vieillissement revient à faire exploser le solde migratoire dans des proportions inédites, quel que soit le pays ». Et il ne s’agirait pas d’un afflux ponctuel, mais d’un rythme annuel à maintenir pendant des décennies.

Une illusion politiquement coûteuse

L’enseignement central de l’étude dépasse la seule question technique. Il porte sur le diagnostic même que la classe politique française et européenne pose sur ses propres systèmes sociaux. En se persuadant que l’immigration peut, à elle seule, résoudre le problème démographique, les responsables politiques se dispensent d’engager les réformes structurelles que la situation impose : réforme du système de retraites, ajustement de l’âge de départ ou de la durée de cotisation, reconfiguration des prestations, politique nataliste, gains de productivité.

L’auteur le formule sans détour : « L’idée que l’immigration paiera nos retraites est donc non seulement fausse, mais elle est aussi nuisible à la réforme et à la planification de nos politiques sociales. Notre système de retraite, déjà déséquilibré aujourd’hui, devra être impérativement réformé. Cessons de nous bercer d’illusions et acceptons de regarder enfin la réalité en face. »

Une étude qui tombe à un moment politiquement chargé

La publication de cette étude intervient à un an de l’élection présidentielle de 2027, alors que les questions migratoire et sociale figureront sans aucun doute parmi les sujets centraux de la campagne. Selon une enquête Odoxa-Backbone Consulting de janvier 2026 pour Le Figaro, 67 % des Français considèrent qu’il y a déjà aujourd’hui « trop d’immigrés en France ». Dans ce contexte, l’argument selon lequel il faudrait augmenter encore le solde migratoire pour préserver les retraites apparaît, à la lumière des calculs de l’observatoire Hexagone, économiquement infondé et politiquement intenable.

L’étude a aussi le mérite de remettre au centre du débat la question des choix structurels : si l’immigration n’est pas la variable d’ajustement, alors les leviers se trouvent ailleurs. Niveau des pensions, durée de la vie active, productivité économique, soutenabilité budgétaire de la dépense sociale : autant de sujets qui exigent des arbitrages politiques clairs, dont aucun gouvernement français récent ne s’est véritablement saisi avec la profondeur requise. Le coup de semonce méthodologique porté par l’observatoire Hexagone a au moins le mérite de rappeler que les illusions confortables ont un prix — celui de l’inaction face à un vieillissement démographique qui, lui, ne s’arrêtera pas.

breizh-info.com

. Royaume-Uni : déroute historique des travaillistes, percée massive de Reform UK et fin officielle du bipartisme

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#webtube : C’est un séisme politique de magnitude majeure que vient de connaître le Royaume-Uni. Au terme du grand cycle électoral du jeudi 7 mai 2026 — élections locales en Angleterre, renouvellement du Parlement écossais à Edimbourg et du Parlement gallois (le Senedd) à Cardiff —, le bilan tombe vendredi avec la brutalité d’un constat médico-légal : le Parti travailliste, au pouvoir depuis juillet 2024 sous la conduite de Sir Keir Starmer, a subi la pire défaite de son histoire électorale moderne.

Près de 1 400 sièges de conseillers municipaux perdus en Angleterre. Plus de vingt collectivités locales basculées vers d’autres formations. Une projection en parts de voix nationales tombée à 17 % — le pire score travailliste depuis l’instauration de cet indicateur en 1979. Et, symbole le plus humiliant de tous, la perte du Pays de Galles, bastion centenaire du Labour, où la Première ministre sortante Eluned Morgan a perdu son propre siège dans la circonscription de Ceredigion Penfro avant d’annoncer sa démission immédiate de la direction du parti gallois. Un siècle de domination travailliste sur la nation galloise vient de s’achever en une nuit.

Reform UK, le grand vainqueur

Le grand bénéficiaire de cette débâcle s’appelle Nigel Farage. Son parti, Reform UK, fondé en 2019 et héritier direct du Brexit Party, vient d’opérer une percée que tous les commentateurs qualifient de « historique ». Plus de 1 400 conseillers municipaux gagnés en Angleterre. Treize conseils municipaux conquis. Une présence nouvelle, jusque-là quasi-inexistante, en Écosse et au Pays de Galles. Et surtout, une géographie électorale inédite : Reform gagne désormais à la fois dans les anciens bastions ouvriers du nord travailliste — le fameux Red Wall — et dans les terres conservatrices traditionnelles du sud, en Essex, en Suffolk, en Norfolk.

À Sunderland, le parti de Nigel Farage met fin à cinquante ans de domination travailliste. À Tameside, dans le nord-ouest, ce sont quarante-sept ans de continuité Labour qui s’effondrent. Même chose à Barnsley, à Gateshead, à Sandwell, à Wakefield. Dans le Sussex de l’Ouest, les conservateurs perdent leur majorité au profit, là encore en partie, de Reform. À Thurrock, Reform rafle 45 sièges sur 49.

« Nous vivons un moment historique », a savouré Farage à Havering, premier arrondissement londonien à passer sous ses couleurs. « Nous avons prouvé que nous pouvions gagner dans des zones dominées par le Labour depuis la Première Guerre mondiale. » L’ancien dirigeant europhobe, longtemps cantonné au statut d’outsider folklorique de la politique britannique, apparaît désormais comme un candidat sérieux pour Downing Street en 2029. Une projection des résultats en circonscriptions parlementaires donne d’ailleurs, en cas de reproduction du scrutin à l’échelle nationale, Nigel Farage Premier ministre — sans toutefois disposer d’une majorité absolue.

Le Pays de Galles bascule chez Plaid Cymru

L’autre événement politique majeur de la nuit, c’est le basculement du Pays de Galles. Pour la première fois depuis la création du Senedd en 1999 — et plus profondément, pour la première fois depuis la fin de la Première Guerre mondiale —, le Parti travailliste perd la nation galloise. La grande gagnante : Plaid Cymru, le parti nationaliste social-démocrate fondé en 1925 pour préserver la langue et l’identité galloises.

Avec 43 sièges sur 96 dans le nouveau Parlement gallois — issu d’une importante réforme constitutionnelle qui a porté le nombre de députés de 60 à 96 et instauré un mode de scrutin proportionnel intégral —, Plaid Cymru devient la première force politique du pays, à six sièges seulement de la majorité absolue. Reform UK suit avec 34 sièges, le Labour s’effondre à 9 sièges, les conservateurs à 7. « Le pays de Galles a exigé un changement de leadership », a déclaré Rhun ap Iorwerth, le chef de Plaid Cymru, après avoir conservé son siège de Bangor Conwy Môn. Le parti s’apprête à mener pour la première fois de son histoire une coalition gouvernementale à Cardiff.

Cette victoire est d’autant plus symbolique que Plaid Cymru avait fait toute sa campagne sur le slogan d’une « course à deux chevaux » — Plaid contre Reform —, captant ainsi le vote utile des électeurs hostiles à Nigel Farage. Sur le fond, le parti gallois a mis en sourdine sa revendication d’indépendance, sachant qu’à peine un tiers des Gallois y est favorable. La rupture politique précède donc, pour l’instant, toute rupture institutionnelle.

L’Écosse reste au SNP, mais le tableau d’ensemble se fragmente

En Écosse, le Scottish National Party de John Swinney conserve sa première place, comme prévu par les sondages, avec une projection BBC à 58 sièges sur 129. Insuffisant pour la majorité absolue (qui requiert 65 sièges), suffisant pour reconduire le SNP à la tête du gouvernement écossais — un règne désormais ininterrompu depuis dix-neuf ans. Le chef de file travailliste écossais Anas Sarwar, en perdant son siège direct à Glasgow Cathcart and Pollok mais en sauvant sa présence parlementaire via un siège régional, a admis sa défaite très tôt dans la journée et confirmé qu’il maintenait sa demande publique de démission de Keir Starmer.

À noter : Reform UK fait son entrée pour la première fois au Parlement écossais avec plusieurs sièges régionaux, témoignant que la dynamique du parti de Farage ne se limite pas à l’Angleterre. Les Verts écossais, eux, font des gains spectaculaires, notamment en arrachant Edinburgh Central et Glasgow Southside au SNP — ce dernier siège ayant pourtant été détenu par l’ancienne Première ministre Nicola Sturgeon.

La poussée verte, autre signal de l’effondrement Labour

L’autre vainqueur, plus discret, du scrutin du 7 mai s’appelle le Parti vert d’Angleterre et du Pays de Galles. La formation, désormais conduite par Zack Polanski, gagne plus de 340 sièges municipaux, ainsi que ses deux premières mairies d’arrondissement directement élues — à Hackney (Zoë Garbett) et à Lewisham, deux fiefs travaillistes du Grand Londres. Les Verts conquièrent également la mairie de Norwich, première grande ville d’Angleterre passée sous leur contrôle exclusif. À Camden — l’arrondissement même où se trouve la circonscription de Sir Keir Starmer —, le chef du groupe travailliste municipal perd son siège au profit des Verts.

Avec 18 % de parts de voix dans la projection nationale BBC, les Verts dépassent désormais à la fois les conservateurs (17 %) et les travaillistes (17 %). « Le bipartisme est mort et enterré », a triomphé Zack Polanski au lendemain du scrutin.

La fin officielle du bipartisme britannique

C’est en effet le constat structurel le plus important de cette élection. Le système politique britannique, qui depuis un siècle reposait sur l’alternance entre travaillistes et conservateurs, vient d’éclater en une mosaïque à cinq, six, voire sept formations significatives selon les nations. La projection nationale BBC place désormais cinq partis dans une fourchette resserrée entre 16 et 26 % — une fragmentation sans précédent dans l’histoire politique britannique récente.

Pour les conservateurs de Kemi Badenoch, le scrutin est également un désastre. La perte de plus de 530 sièges municipaux pour la deuxième année consécutive — alors même que le parti se trouve dans l’opposition, ce qui ne s’était plus produit depuis au moins 1975 — confirme la déliquescence d’une formation qui peine à se redéfinir face à l’aspiration de Reform UK. Le bastion conservateur d’Essex, tenu sans interruption depuis vingt-cinq ans, tombe à Reform. Seules quelques victoires symboliques — la reprise de Westminster Council et le statut de premier parti à Wandsworth — viennent éclairer une nuit globalement noire pour Kemi Badenoch.

Les libéraux-démocrates, de leur côté, signent un huitième résultat positif consécutif avec plus de 770 nouveaux sièges municipaux, conquérant notamment Stockport et Portsmouth. Sir Ed Davey, leur chef, se présente désormais comme « le seul parti non-populiste encore debout » du paysage politique britannique.

Un Premier ministre acculé

Pour Sir Keir Starmer, la nuit du 7 au 8 mai aura été celle d’une humiliation politique majeure. Les appels à la démission ont commencé dès le vendredi matin, venus d’abord de la gauche du parti, puis rapidement étendus à des figures plus modérées comme Louise Haigh, ancienne ministre des Transports. Plus d’une dizaine de députés travaillistes ont demandé publiquement au chef du gouvernement de fixer un calendrier de départ. Andrea Egan, secrétaire générale d’Unison — le plus grand syndicat britannique et l’un des principaux soutiens financiers du Labour —, a averti que le parti faisait face à un risque d’« anéantissement » et appelé à un changement non seulement de leader mais d’« approche entière ». Sharon Graham, dirigeante d’Unite, a lancé l’avertissement le plus brutal : « C’est changer ou mourir, c’est maintenant ou jamais. »

Les onze syndicats affiliés au Parti travailliste se sont réunis vendredi après-midi pour des entretiens de crise, et ont demandé une rencontre d’urgence avec Sir Keir Starmer pour exiger un « changement radical de direction » — ce qui signifierait, presque mécaniquement, un virage à gauche du parti. Selon des sources internes, deux noms reviennent comme successeurs potentiels : Andy Burnham, maire de Greater Manchester, et Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre.

Starmer a néanmoins refusé toute idée de démission. « Je ne vais pas m’en aller et plonger le pays dans le chaos », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant des résultats « sévères ». Le ministre adjoint David Lammy, fidèle, a martelé qu’on « ne change pas de pilote en plein vol ». Réplique acerbe de l’ancien chancelier de l’ombre John McDonnell : « Si, parfois on le fait — quand on est en piqué. »

Une recomposition aux conséquences européennes

Au-delà du sort personnel de Sir Keir Starmer — dont la chute, à terme, semble pour beaucoup d’observateurs inéluctable —, c’est l’architecture politique d’une grande nation européenne qui vient d’être bouleversée. Le Royaume-Uni, premier des grands pays européens à avoir connu cette mécanique du bipartisme parfait depuis le début du XXᵉ siècle, rejoint désormais la norme continentale d’une fragmentation à cinq ou six partis. Reform UK consolide sa place comme principal réceptacle du vote populaire et identitaire. Le Labour pourrait, sous la pression des syndicats, opérer un virage radical vers la gauche. Les nationalistes — écossais et gallois — confortent leur emprise sur leurs nations respectives. Et l’extrême-gauche écolo-populiste, conduite par Zack Polanski, devient une force significative.

breizh-info.com

. +19 % en un an : les violences contre les policiers en explosion

Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : Bien peu de médias ont relayé cette information, sans doute trop peu compatible avec leur biais anti-police. C’est un chiffre qui dit beaucoup de ce qu’est devenue notre société. Sur un an à peine, les violences visant policiers et gendarmes ont augmenté de 19 % en France.

Une explosion qui a pu être observée ces derniers jours dans plusieurs villes telles que TrappesLyon, ou encore Mantes-la-Jolie et Rillieux-la-Pape, où d’importants dispositifs de forces de l’ordre ont dû être déployés afin de repousser des bandes de jeunes bien décidées à en découdre. « Quand les sauvageons et les criminels traitent policiers et gendarmes comme un gang rival à cogner ou abattre, c’est la République qui recule, à dénoncé le syndicat des officiers et commissaires de police. Tout le monde le voit. Tout le monde le sait. » Chaque jour en France, 17 policiers sont blessés à la suite d’une agression.

Comment lutter contre ce fléau ? Pour certains, la solution se trouve du côté de nos élus. « L’urgence est de retrouver du courage politique pour rétablir la sérénité républicaine, avec des actes forts en matière de justice, d’instruction, et d’éducation », estime le Syndicat majoritaire des Cadres de la Sécurité Intérieure. Interrogé sur Europe 1, Stanislas Gaudon, policier et membre du bureau national du syndicat Alliance, appelle à une réponse pénale plus ferme : « Il ne peut pas y avoir d’aménagement ou de peines alternatives. La réponse doit être immédiate, ferme, avec de l’emprisonnement ». Sur X, l’avocat Thibault de Montbrial plaide pour un changement de politique de gestion de l’ordre, condition indispensable pour que « la peur change de camp »« L’État doit assumer sa mission de maintien de l’ordre et de la paix publique, en utilisant s’il le faut la force légitime que la loi lui attribue », écrit celui qui est aussi président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure.

L’omerta médiatique

Si les Français soutiennent massivement leur police, il en va autrement d’un certain système politico-médiatique. On pense bien sûr à l’extrême gauche, toujours en première ligne pour hurler ses slogans anti-flics et dénoncer un prétendu racisme. Mais il y a aussi cette caste journalistique, hostile par nature à l’institution policière. Vous n’entendrez ainsi pas parler dans la presse de gauche de cet ensauvagement qui vise nos forces de l’ordre. L’information selon laquelle les violences anti-police ont augmenté de près de 20 % en un an n’a pas été communiquée aux lecteurs du Monde, de Libération ou Franceinfo… D’ailleurs, les mêmes médias se sont bien gardés de relayer les vidéos des agressions commises mercredi 6 mai à Paris, à la suite du match Bayern-PSG. Les séquences montrant l’ultra violence de la « nouvelle France » de Jean-Luc Mélenchon face aux policiers ont très largement circulé sur X, mais ont été sagement occultées sur les antennes grand public. Seuls « quelques incidents » ont été pudiquement évoqués, sans jamais préciser le profil des agresseurs, bien entendu.

À ce sujet — [Tribune] Le collectif « La France aime sa police » appelle à un rassemblement

Les journalistes du service public sont pourtant parfaitement au courant des séquences qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Ils les voient toutes passer, mais sélectionnent uniquement celles qui leur permettent de faire avancer leur agenda politique. C’est ainsi que ce 7 mai, au lieu de s’intéresser au sujet des violences visant les policiers, France 3 a préféré consacrer un énième article aux pseudo « violences policières ». Le papier s’appuyait sur une vidéo qui avait « largement circulé sur les réseaux sociaux » et qui aurait « choqué ». On y voyait un certain Zakkaria Seddaoui être interpelé par la police avant d’être placé en garde à vue. Mais, à lire les journalistes de France Télévisions, le malheureux aurait été la victime d’un déferlement de violences aussi gratuit que traumatisant de la part des forces de l’ordre. « J’ai peur de les croiser (…) de sortir tout seul », est-il ainsi rapporté dès le titre larmoyant de l’article.

La parole est également complaisamment donnée à la famille du pauvre Zakkaria : « Pourquoi il le tenait ? Alors qu’il est menotté dans le dos et maîtrisé, pourquoi il était en train de l’étrangler ? C’était quoi le projet en fait ? », s’indigne ainsi le père du jeune, Djelalli. Eh bien, peut-être parce que son fils était en train de repousser les policiers et refusait son menottage, comme l’a indiqué le procureur de la République ? Il n’avait d’ailleurs pas été pris en chasse par hasard, mais parce que, quelques minutes plus tôt, à bord de sa voiture, il avait refusé de se soumettre à un contrôle et avait accéléré, malgré les avertisseurs lumineux et sonores des agents. Cerise sur le gâteau, Zakkaria est loin d’être un enfant de chœur : il a été condamné à deux reprises pour infractions à la législation sur les stupéfiants et d’autres procédures pour délits routiers plus anciennes sont également en cours…

Voilà donc les fameuses « violences policières » dont on nous rebat les oreilles dans les médias. Entre nos forces de l’ordre et les délinquants, certains journalistes ont clairement choisi leur camp.

Jean Kast, dans BV

. L’opération de minage se poursuit : Emmanuel Moulin, futur gouverneur de la Banque de France ?

Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : À quoi servirait le pouvoir si on ne pouvait en user et… en abuser ? Emmanuel Macron, qui entamera, le 14 mai prochain, sa dixième année à l’Élysée, en sait quelque chose. La nomination récente et quasi à vie d’Amélie de Montchalin, macroniste de la plus haute extraction, à la première présidence de la Cour des comptes en est l’exemple le plus resplendissant.

Opération de minage

La série de nominations, en ces dernières années de règne interminable, s’apparente à une opération de minage de terrain sur ce champ de ruines qu’il laissera à son successeur – surtout si ce successeur est issu du Rassemblement national. On se souvient de l’épisode de la nomination du fidèle parmi les fidèles, Richard Ferrand, au Conseil constitutionnel. À une voix près, la candidature de l’homme lige d’Emmanuel Macron avait été validée après son passage devant les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat : 58 parlementaires, sur 97, avaient donné un avis défavorable à cette candidature. Il en aurait fallu 59 ! Richard Ferrand est en place jusqu’en 2034. On souhaite bien du plaisir au Rassemblement national et à ses alliés, s’ils emportent les prochaines législatives…

C’est donc la même procédure qui va s’appliquer, conformément à l’article 13 de la Constitution, pour la désignation du prochain gouverneur de la Banque de France. Car le travail de minage du terrain n’est pas terminé. D’ailleurs, Emmanuel Macron a bien prévenu qu’il sera à sa tâche jusqu’au dernier jour de son mandat. Et donc, très providentiellement ou, tout du moins, très opportunément, le gouverneur actuel de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a remis sa démission en février dernier avec effet au 1er juin prochain afin de pouvoir prendre la tête de la fondation des Apprentis d’Auteuil. Son mandat aurait dû se terminer le 1er novembre 2027. Après l’élection présidentielle… Donc, le prochain gouverneur de la Banque de France qui sera prochainement nommé sera en place jusqu’en 2032. Pile-poil : un mandat présidentiel. Quand les choses s’emboîtent comme il faut, c’est quand même mieux, faut avouer.

À ce sujet — [ÉDITO] Montchalin à la Cour des comptes : pourquoi se gêner ?

L’ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire…

Le pressenti s’appelle Emmanuel Moulin, a-t-on appris, cette semaine. Son nom ne dit pas grand-chose au grand public. À la lecture de sa fiche Wikipédia, on ne peut pas dire que le personnage n’ait pas le CV requis pour tenir un tel poste : ENA, ESSEC, Sciences Po Paris, inspecteur général des finances, administrateur suppléant à la Banque mondiale à Washington de 2000 à 2003, directeur du Trésor de 2020 à 2024 – l’homme a sans doute des compétences dans le domaine monétaire autrement plus importantes que celles de Richard Ferrand en matière de droit constitutionnel. Ça, c’est pour le côté face.

Pour le côté pile (ou inversement), Emmanuel Moulin a derrière lui une solide carrière en cabinets ministériels, c’est-à-dire au cœur de la conception et de la conduite de la politique française : directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Emploi (2005-2007), cabinet de Christine Lagarde à Bercy en 2007, chef du pôle économie à l’Élysée en 2009. Avec l’élection de François Hollande, celui qui était alors sarkozyste part dans le privé. 2017, c’est le retour dans le sérail avec sa nomination comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire, à Bercy. Puis, en 2024, il prend la direction du cabinet de Gabriel Attal à Matignon. Enfin, en 2025, il remplace (ou, tout du moins, lui succède) le tout-puissant Alexis Kohler comme secrétaire général de la présidence de la République. Bref, Emmanuel Moulin peut légitimement revendiquer, par les postes clefs qu’il a tenus, avoir participé à la réussite que l’on connaît des politiques conduites sous Emmanuel Macron.

Examen de passage

Réussira-t-il son examen de passage devant les parlementaires des commissions des finances des palais Bourbon (72 députés) et du Luxembourg (49 sénateurs) ? Rien n’est écrit, aujourd’hui. À l’Assemblée, LFI et le RN ne devraient pas lui faire de cadeau. Jean-Philippe Tanguy l’a, d’emblée, qualifié d’« incompétent », en référence à son rôle dans les cabinets ministériels cités plus haut. Éric Coquerel, lui, dénonce des « risques évidents en termes de neutralité ». Ce serait une première ! RN, LFI, PC et Verts (qui devraient probablement s’opposer à cette nomination) comptent 34 députés, dans cette commission. Il en faudrait 10 de plus pour atteindre les trois cinquièmes. Que feront les députés socialistes, LR et LIOT ? Mystère. Quant au Sénat, il est tout aussi difficile, à cette heure, de faire un pronostic. Y aura-t-il une réaction de ras-le-bol de ces désignations en série de fin de règne ? On a évoqué Ferrand, Montchalin, mais il faudrait citer aussi la désignation, cette semaine, à la tête du Conseil d’État, de Marc Guillaume, actuellement préfet d’Île-de-France, parfait représentant de ce que d’aucuns appellent l’État profond français.

Cela fait effectivement beaucoup et ça commence à se voir. Cela dit, à quoi servirait le pouvoir, si on ne pouvait en user, voire en abuser…

Georges Michel, dans BV

. Chateau Poséidon : cette semaine, shooting photo Dior, Papier Peint Caché & Château de Purnon

Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : Bienvenue dans un nouvel épisode où le passé rencontre le prestige. Aujourd’hui, les murs de notre château Poséideon s’animent d’une élégance particulière avec la visite de la maison Dior. Entre la découverte de papiers peints centenaires cachés depuis des générations et une immersion dans l’incroyable chantier de restauration du Château de Purnon, nous vous emmenons dans un voyage au cœur du patrimoine et de l’art de vivre. L’histoire continue de s’écrire, et nous sommes heureux de la partager avec vous.

#webtube : Welcome to a new episode where the past meets prestige. Today, the walls of our Poseidon Castle come alive with a special elegance as we visit the House of Dior. From discovering centuries-old wallpapers hidden for generations to immersing ourselves in the incredible restoration project at the Château de Purnon, we take you on a journey to the heart of heritage and the art of living. History continues to unfold, and we are delighted to share it with you.

Source : Youtube – Château Poséidon

. Top 10 des articles consultés cette semaine. Merci à Tous !

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#webtube : Bienvenue dans ce véritable carrefour d’analyses géopolitiques, économiques et sociétales. Encore une semaine mouvementée placée sous le signe de la rupture. Qu’elle soit politique, économique ou internationale, les lecteurs sur WebTube semblent chercher des outils pour décrypter un système qu’ils jugent à bout de souffle.

SYNTHESE :

🌍 Géopolitique : L’Iran et l’Europe sous tension

Le focus international est massivement tourné vers l’Iran. Les lecteurs s’intéressent non seulement à la nécessité d’un changement de régime pour la paix au Moyen-Orient, mais aussi aux conséquences concrètes de la crise iranienne (pétrole, inflation). La chute du gouvernement en Roumanie et les critiques envers la gouvernance de l’Union européenne (notamment sur la transparence des ONG) complètent ce tableau d’un monde en pleine mutation.

🇫🇷 Souveraineté et Identité Française

Le débat national occupe une place centrale avec des interrogations sur l’après-Macron et la viabilité future du pays. Les sujets liés à l’identité et à la « contre-attaque » culturelle ou politique (nationalité sportive, défense du Canon français, portraits d’élus RN) montrent un intérêt marqué pour la protection d’un certain héritage français face aux critiques, notamment celles issues du service public.

💰 Économie : Stratégies de survie financière

Dans un contexte d’instabilité, les lecteurs recherchent des clés de compréhension et de protection. Les analyses de Charles Gave sur le système monétaire et les révélations sur le financement de l’État par l’épargne des Français (Retraites, Livret A) soulignent une volonté de ces lecteurs de reprendre le contrôle sur leur patrimoine.

🥨 Société et Culture : Entre polémiques et respiration

L’actualité sociétale est marquée par l’indignation face à certaines politiques de subventions en Allemagne, qualifiées de discriminatoires par certains articles. Pour contrebalancer ces sujets denses, une touche de culture et de bien-être émerge :

  • Musique : La nostalgie d’Oasis avec Stop Crying Your Heart Out.
  • Santé : Des conseils pratiques pour préserver sa santé mentale dans ce climat de tension

WebTube.

. Z comme Zizou…

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#webtube : Le journaliste français Christophe Gleizes, injustement emprisonné en Algérie, vient de renoncer à son pourvoi en cassation, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle grâce présidentielle d’Abdelmadjid Tebboune. Dans le milieu du football, la FFF et la Ligue se sont exprimées sur l’affaire, mais le silence du PSG et de Zinédine Zidane demeure inexplicable. « Si M. Zidane devient demain sélectionneur de l’équipe de France, on attendra de lui une prise de position aussi claire que celle de Didier Deschamps. Il est essentiel que nous puissions entendre un engagement sans détour », a déclaré à la presse Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.

On ne rappellera jamais assez le sort inique, infâme fait à notre confrère Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis maintenant une année pour avoir fait son boulot de journaliste. Poser des questions. Enquêter. Il se trouve en effet que c’est son job. Cela n’a pas plu au pouvoir en place là-bas dont la conception de la liberté de la presse n’est pas très exactement celle que nous en avons ici, et plus généralement dans les pays libres, les démocraties véritables. Résultat pour le jeune reporter, le cachot. Direct.

Les jours, les semaines, les mois s’écoulent mais rien ne se passe. Certains de nos chefs à plume, y compris des plus hautes sphères, mais aussi des zélateurs du régime en vigueur à Alger, dont l’éblouissante Rima Hassam pour qui « la Mecque des révolutionnaires et de la liberté est et restera l’Algérie », n’ont pas craint d’aller là-bas livrer le spectacle pitoyable de leur soumission. Soumission ardemment assumée chez Hassan et ses potes encartés LFI, ridiculement ensevelie dans le déni chez nos caciques, dont le premier d’entre eux, l’hôte de l’Élysée.

Donc, bilan nul. Rien n’a bougé.

Christophe Gleizes croupit toujours dans les geôles de M. Tebboune dont on se demande si le bras ne va pas finir par se détacher de son buste à force de nous adresser tant et tant de bras d’honneur. Et avec une telle manifeste jouissance ! Apparemment, en haut lieu on aime ça puisqu’on n’entreprend pas grand-chose pour que ça cesse. Même que ceux qui osent prétendre qu’on devrait mettre tout de même un peu plus de biceps dans ce bras de fer interminable n’y sont considérés que comme de pauvres minables, des mabouls. C’est cela des mabouls, a dit celui-qui-sait.

Pour lui et sa cour, la stratégie en vigueur, encore et toujours, en réponse à la violence qui nous est infligée – à nous tous, à travers le sort et la personne de Christophe – se résume à offrir le spectacle tant prisé là-bas de la danse des sept voiles. Voilà le formidable plan !

A lire aussi: France Télévisions: Faites entrer l’accusé!

Aussi, ne voyant rien venir de positif de ce côté, et peut-être bien n’espérant plus rien, la famille de Christophe Gleizes se tourne-t-elle vers Zinédine Zidane, le futur sélectionneur de notre équipe nationale, notre champion du monde, dont le fils joue lui-même dans la sélection nationale algérienne, du fait de sa double nationalité.

On comprend évidemment la démarche de la famille et des proches du prisonnier. Voir en Zidane une sorte de Zorro, pouvoir un jour chanter en pleurant de joie quelque chose comme « Zizou est arrivé et Christophe est rentré » – bien sûr on en rêverait tous.

L’intéressé fera-t-il quelque chose qui réponde aux espoirs mis en lui par ces parents à bout d’espérance ? Le peut-il seulement ? S’y sent-il légitime, lui qui avec une habileté, une prudence, une réserve jamais démenties a si bien su se tenir à l’écart, au long de ces années, de toute implication peu ou prou politique ? Question délicate. Lui seul à la réponse.

Il reste que l’appel au secours, déchirant, des parents de Christophe, n’est autre, en réalité, qu’un sacré camouflet, une satanée paire de baffes lâchée à la figure de nos prétendus gouvernants, président de la République, Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ministre des Affaires étrangères, toute la clique quoi ! C’est leur cracher au visage qu’on a pris acte de leur indicible médiocrité.

Même tirer un gosse de France embastillé arbitrairement entre les quatre murs d’une taule algérienne, ils en sont incapables ! Voilà ce que l’appel des parents de Christophe leur assène le plus clairement du monde.

Ce que eux sont incapables de faire, ce que Zizou ne peut sans doute pas, les quelques millions de Franco-algériens présents ici, sur le sol de France, ne le pourraient-ils pas, eux ? Ne pourraient-ils pas se mobiliser en masse pour la libération de Christophe Gleizes ? voilà qui aurait non seulement de l’allure mais qui ne contribuerait pas peu à vivifier le sacro-saint vivre ensemble dont tout un chacun se réclame. Et qui en a bien besoin.

Dominique Labarrière, Causeur

. [MIEUX VAUT EN RIRE] Mélenchon le dictateur ?

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#webtube : Avec Yann Barthès, et Marine Tondelier. Cette semaine, dans Mieux vaut en rire, Mélenchon sacré dictateur par Yann Barthès, une drag queen aux Molières, dégustation de Master Poulet sur BFM, le bide de Marine Tondelier et « chemin de croix », le mot interdit.

Source : BV

. Ouest-France : le groupe de presse paye très cher son virage à gauche

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#webtube : Entre pertes financières et audiences désastreuses, le groupe Sipa Ouest-France est dans la tourmente. « Ce rapport est le premier que nous publions sous ce format. Nous avons longtemps considéré que nos résultats parlaient d’eux-mêmes, et que la discrétion était consubstantielle à l’indépendance. Dans un moment où le paysage médiatique se recompose à grande vitesse et où les choix stratégiques du groupe méritent d’être expliqués, il nous est apparu nécessaire de rendre nos choix et nos résultats explicites, chiffres à l’appui. » Le groupe Sipa Ouest-France a publié son rapport d’activité 2025 et le présente en ces termes. Qui sait lire entre les lignes comprend que le groupe de presse va mal et que le présent document vise à rassurer les investisseurs.

Les chiffres le confirment. Le résultat net de l’entreprise est de -33,3 millions d’euros. En 2024, ce n’était déjà pas brillant : -17,4 millions. Plus globalement, depuis 2022, Sipa Ouest-France boucle en négatif. La faute à qui ? La faute à quoi ? Le document ne le dit pas mais ces chiffres sont en corrélation avec un changement de ligne éditoriale.

Cap à gauche

Depuis quelques années, le quotidien régional historiquement centriste a mis le cap à gauche. Sur les questions sociétales notamment, Ouest-France a laissé tomber sa position conservatrice pour devenir progressiste. Le journal qui en 2013 jugeait « inutile » de rendre le mariage des couples homosexuels possible consacre désormais toute une rubrique à l’actualité LGBT+. Il est aussi de ces titres de presse qui militent pour un égalitarisme sans borne et souvent sans réflexion quand il s’agit de comparer hommes et femmes ou encore racisés et non racisés. Ainsi, en 2025, le 10 août précisément, le quotidien régional s’est indigné que seuls 13,3 % des rues aient des noms de femmes et qu’il n’y ait pas près de 30 % de personnes de couleur dans le monde de la culture alors qu’elles représentent 30 % de la population française.

Plus récemment, Ouest-France s’est fait la tribune de Bally Bagayoko. Sur la chaîne Instagram du quotidien, le maire de Saint-Denis a pu réclamer la fermeture de CNews. Il est incontestablement le chouchou de Ouest-France si l’on en croit le nombre d’articles qui lui est consacré alors même qu’il n’est pas élu dans la zone de chalandise du quotidien.

À ce sujet — TNT : T18 et Novo 19, deux nouvelles chaînes aux « valeurs » de gauche

Outre ce virement de bord, la chaîne NOVO 19 a également plombé le groupe. Arrivée en septembre sur le canal 19 de la TNT, elle ne séduit guère. Chaque jour ou presque, sa part d’audience se situe sous les 1 %. Le talk-show « On a du nouveau », censé être une vitrine pour la chaîne, comptabilise en moyenne entre 14 000 et 17 000 téléspectateurs (0,1 %). Les invités de marque et marqués du programme tels que Karim Zéribi ou Jacques Attali ne changent Rieu à l’affaire pas plus que la présence sur le plateau de représentants de l’association MeToo ou de journalistes féministes et/ou racisées. Pire, ils font parfois tourner les débats à la caricature comme le 30 avril dernier sur la question du prix du carburant. À l’antenne, Nesrine Slaoui n’est pas à une aberration près pour mettre l’immigration au cœur de son propos. Elle parle de la possibilité d’effectuer des trajets en train pour « des voyages à l’étranger ou en Afrique parce qu’il faut savoir qu’il y a une très forte diaspora africaine en France ». Les fameux Paris-Marrakech et Paris-Abidjan au départ de la gare Saint-Lazare ! Elle poursuit ensuite, sur fond d’écologie, en pointant du doigt les personnes les plus aisées, « ceux qui peuvent dépenser sans compter et polluer sans compter ». Du grand n’importe quoi.

Naufrage à l’ouest

Résultat : certains jours les audiences de Novo 19 sont si faibles qu’elles ne sont pas mesurables. Avec de tels scores, inutile de préciser que les recettes publicitaires ne sont pas au rendez-vous et ne peuvent, de fait, pas compenser le coût annuel de la chaîne estimé entre 50 et 60 millions d’euros.

La conclusion est sans appel : le groupe Sipa Ouest-France doit se serrer la ceinture. Cela passera par « la cession d’actifs non stratégiques »« le désengagement futur du capital de 20 Minutes » et « une réduction provisoire des investissements, à hauteur de 25 % en 2026. » Le groupe précise en outre : « La discipline économique n’est pas la marque d’une ambition réduite. Elle est la condition pour que le Groupe reste maître de ses choix éditoriaux et de sa trajectoire de transformation. » Le gauchisme et le wokisme ne paient plus, Sipa Ouest-France ne peut que le constater, mais malgré cela le groupe veut persister dans cette voie. Le quotidien de l’Ouest s’efforce de devenir un quotidien à l’Ouest.

Sarah-Louise Guille, dans BV

. Querrien, le Canon Français, le Jarl, Erik Tegner…La presse quotidienne régionale bretonne, courroie de transmission militante ou organe d’information ?

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#webtube : Il existe en Bretagne, comme dans la plupart des régions françaises, un mécanisme journalistique qu’aucun lecteur attentif de la presse régionale ne peut sérieusement contester. Il fonctionne selon une grammaire simple, qu’il suffit d’observer pendant quelques semaines pour en saisir la régularité.

Prenons le cas le plus récent : le concert Ifern Noz, soirée de black metal organisée samedi 2 mai 2026 à la ferme du Boudiguen, à Querrien, dans le pays de Quimperlé. Une jauge de cent trente personnes selon les organisateurs, un lieu privé, un événement payant, une affiche connue depuis des semaines des amateurs du genre, aucune publicité ouverte au grand public. Strictement rien qui justifie qu’une rédaction nationale, régionale ou même locale s’y intéresse — sauf à passer en revue chaque samedi soir tous les concerts privés des fermes bretonnes, ce qu’aucun journal n’a jamais entrepris.

Et pourtant. Mardi 28 avril 2026, alerté par deux ou trois antifas locaux, les quatre députés bretons de La France insoumise — Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Hignet, Murielle Lepvraud et Marie Mesmeur — adressent un courrier au préfet du Finistère pour demander l’annulation pure et simple du concert, en invoquant les supposées connexions de certains groupes programmés avec l’« extrême droite ». Le même jour, Le Télégramme publie une dépêche reprenant les éléments du courrier sans la moindre vérification. Ouest-France suit le même tempo. Les éléments-massue brandis par les députés s’effondrent pourtant à la première lecture sérieuse : Philippe Vardon, désigné comme « membre » du groupe Gorgon, n’apparaît dans aucun line-up de cette formation, ni passé ni présent — il l’a confirmé lui-même publiquement en précisant qu’il avait simplement croisé l’un des musiciens lors d’un concert il y a près de trente ans. Quant aux accusations de « néonazisme » portées contre les groupes programmés, elles ne reposent sur aucune analyse de leurs paroles, de leurs publications, de leurs positions publiques. Cinq minutes de recherche sur une base de données spécialisée auraient suffi à éviter cette propagation d’inexactitudes — mais aucun journaliste de la presse régionale ne semble avoir consacré ces cinq minutes au dossier.

Le concert s’est tenu samedi soir comme prévu, sans le moindre incident, comme l’a constaté la gendarmerie de Quimperlé. Le Télégramme s’est alors fendu d’une dépêche en chapeau bas pour acter le non-événement : « 130 personnes, aucun incident à signaler ». La gravité supposée de l’affaire avait justifié, quatre jours plus tôt, plusieurs articles, l’interpellation du préfet, des appels à l’interdiction. Le démenti factuel ne mérite, lui, qu’une brève à peine signalée.

Un collectif baptisé « Front commun antifasciste 22 » — dont personne, en dehors de ses membres et de quelques journalistes locaux, ne saurait dire combien il rassemble exactement de militants, quels sont ses statuts, son siège, ses dirigeants — annonce qu’il « réfléchit à des actions » contre l’ouverture d’une brasserie à Pléguien, dans les Côtes-d’Armor. Le projet, porté par deux entrepreneurs, est une brasserie artisanale labellisée 100 % breton, à base d’ingrédients locaux, qui prévoit une production de 200 000 litres par an et entend animer un bar avec terrasse et concerts. Une initiative économique modeste mais réelle, qui crée des emplois et s’inscrit dans le tissu local.

Or que retient Ouest-France dans son traitement du sujet ? Le projet de brasserie, certes. Mais surtout l’« annonce » du collectif antifa, traitée comme une information à part entière, avec ses « réflexions », ses « réunions » prévues, ses éventuels déplacements à venir. Le résultat est mécanique : le lecteur ne lit plus l’histoire d’une brasserie qui ouvre, il lit l’histoire d’une mobilisation contre une brasserie. La hiérarchie de l’information est inversée. Le projet économique devient l’arrière-plan ; la contestation idéologique devient le sujet.

À Quimper, même mécanique. Le Canon français, organisme événementiel privé, a réservé le parc des expositions pour un banquet le 5 décembre 2026. Un acompte de 5 000 euros a été versé sur un contrat estimé à 25 000 euros. 1 400 billets ont été vendus à ce jour. Un événement légal, dans une salle ouverte à la location, sans trouble objectif à l’ordre public — comme l’a d’ailleurs reconnu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant le Sénat le 6 mai 2026 : « Il n’y a pas de risques de troubles à l’ordre public quand il y a ce type de manifestation, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. »

Cela n’aura pas empêché Le TélégrammeOuest-France et la presse locale, en relais d’associations militantes, de transformer cette location de salle en affaire politique majeure, au point de mobiliser la maire socialiste de Quimper, le préfet du Finistère, des sénateurs, et finalement le ministre de l’Intérieur lui-même. Une location de salle, devenue affaire d’État.

Et pour le « Jarl », influenceur qui dérange, qui a mis fin à son engagement d’été avec la discothèque du Stirwen à Carnac à l’issue d’une soirée d’ouverture de saison :  articles dans Le Télégramme, dans Ouest-France en l’espace de quarante-huit heures, doublement renvoyés vers d’autres affaires antérieures, tout en le qualifiant d’influenceur d’extrême droite sans que l’on comprenne le rapport, le tout pour un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire.

Une mécanique constante, pratiquement jamais inversée

Il faut prendre la mesure de la régularité de ce mode opératoire. Lorsqu’un collectif antifasciste de quelques dizaines — ou parfois de quelques unités — de militants publie un communiqué appelant à se mobiliser contre une initiative classée à droite, le communiqué est repris, contextualisé, mis en valeur, parfois élevé au rang d’information principale. Les déclarations des dirigeants de ce collectif sont sollicitées, leurs propos rapportés sans contradiction, leurs intentions présentées comme des éléments de l’actualité. Lorsqu’un courrier de quatre députés est adressé à un préfet pour demander l’annulation d’un concert privé, le courrier est traité comme une information de premier plan, sans que personne ne prenne la peine de vérifier les faits qu’il avance.

À l’inverse, ce que l’on observe n’est pas tant une absence de couverture des sujets bretons. Ouest-France et Le Télégramme couvrent abondamment fest-noz, gouren, cercles celtiques, écoles Diwan, championnats de palet, et c’est tant mieux. Le problème est ailleurs. Il tient à la prudence systématique avec laquelle les rédactions abordent tout sujet susceptible d’être lu, même de loin, comme un marqueur identitaire revendiqué. Une initiative associative qui défendrait ouvertement la culture bretonne dans un registre identitaire assumé — plutôt que folklorique ou patrimonial — sera traitée avec une distance perceptible, des guillemets précautionneux, un encadré rappelant les éventuelles « polémiques » ou les « critiques » qu’elle a pu susciter, voire un rapprochement appuyé avec d’éventuelles connexions politiques classées à droite.

Cette frilosité n’est pas un hasard. Elle traduit une crainte permanente : celle de s’attirer les foudres de quelques militants vigilants, mais ultra minoritaires, ne représentant qu’eux mêmes, prompts à dénoncer toute couverture jugée insuffisamment critique d’une initiative étiquetée. Trois personnes sur les réseaux sociaux suffisent souvent à déclencher la prudence rédactionnelle. Les journalistes locaux savent qu’un papier trop bienveillant à l’égard d’un événement classable « identitaire » leur vaudra, dans les heures qui suivent, des reproches publics, des accusations de complaisance, parfois des courriers à la direction. À l’inverse, un papier qui relaie sans réserve les inquiétudes d’un collectif antifa ne génère aucun coût social pour le journaliste qui le signe. L’asymétrie incitative est totale, et elle produit l’asymétrie de traitement que tout lecteur attentif finit par repérer.

Cette asymétrie n’est pas accidentelle. Elle traduit une grille de lecture éditoriale assumée par une partie de la rédaction de ces journaux. Tout ce qui peut être classé « extrême droite » — quitte à étirer la qualification jusqu’à la corde — est traité comme un événement digne d’attention, à inscrire dans le cycle quotidien de l’information. Tout ce qui s’oppose, par symétrie, est traité comme normal, banal, et donc invisible.

Le résultat est une distorsion considérable de la réalité perçue. Un lecteur fidèle de Ouest-France ou du Télégramme finit par avoir l’impression que la Bretagne est traversée en permanence par une menace fasciste rampante, contre laquelle quelques courageux militants antifascistes mèneraient seuls le combat. Que des « repaires de fascistes qui avancent masqués » s’ouvrent dans toutes les communes. Que des « banquets identitaires » menacent l’ordre public chaque mois. Que les boîtes de nuit du Morbihan tomberaient une à une entre les mains de figures de la droite radicale.

Cette représentation déformée est ensuite mobilisée par les institutions. Les maires socialistes ou divers gauche prennent position, demandent des arrêtés d’interdiction, saisissent les préfets. Les préfets, à leur tour, sont contraints de se prononcer, parfois de prendre des mesures juridiquement bancales, comme l’a illustré l’épisode de Quimper Événements, où le gestionnaire du parc des expositions invoque maintenant des « risques de troubles à l’ordre public » que le ministre de l’Intérieur lui-même considère comme inexistants. Les procureurs de la République sont saisis. Les juges sont sollicités. Les députés interpellent le gouvernement à l’Assemblée. Les sénateurs interpellent le gouvernement au Sénat. Une mécanique politique entière s’enclenche — déclenchée, à l’origine, par un communiqué de quelques militants relayé sans recul par un journaliste local.

Des questions journalistiques élémentaires qui ne sont jamais posées

Posons quelques questions simples, que tout enseignant en école de journalisme devrait pourtant rappeler à ses étudiants en première année.

Pourquoi, dans le dossier du concert de Querrien, aucun journaliste régional n’a-t-il consacré les cinq minutes nécessaires à la vérification du line-up de Gorgon ? Le démenti factuel de Philippe Vardon, rajouté après publication de l’article (suite au notre) qui figure dans la dépêche du Télégramme lui-même en bas d’article, n’a-t-il pas conduit la rédaction à s’interroger sur la solidité globale du dossier insoumis qu’elle s’apprêtait à relayer ? Le fait que le concert se soit finalement tenu sans incident a-t-il déclenché une réflexion rédactionnelle sur l’emballement de la semaine précédente ? À l’évidence non, puisque la dépêche du 3 mai annonçant les 130 personnes et l’absence d’incident a été traitée en bref, dans une discrétion qui contrastait avec le bruit médiatique entourant les accusations initiales.

Combien de membres compte exactement le « Front commun antifasciste 22 » qui appelle à se mobiliser contre la brasserie de Pléguien ? Quels sont ses statuts juridiques ? Qui sont ses dirigeants ? Quelles sont ses sources de financement ? Combien de personnes ont assisté à sa dernière réunion publique ? Quelle est sa représentativité dans la population costarmoricaine ? Aucun journaliste de Ouest-France ou du Télégramme n’a, à notre connaissance, posé l’une de ces questions élémentaires avant de relayer ses communiqués comme s’il s’agissait d’une force sociale significative. À l’inverse, lorsqu’un dirigeant d’une organisation classée à droite est cité, son passé, ses connexions, ses sources de financement, ses fréquentations passées et présentes sont systématiquement épluchés et signalés.

Qui est le véritable initiateur de l’« information » selon laquelle un collectif local prévoirait une « action » contre tel ou tel événement ? Le journaliste a-t-il sollicité ce communiqué ou l’a-t-il reçu spontanément ? Existe-t-il, en pratique, un fil de discussion régulier entre les rédactions locales et certains militants antifascistes, qui transforme ces militants en sources privilégiées et auto-alimentées de la rubrique régionale ? Les exemples accumulés depuis plusieurs années suggèrent fortement que oui. La régularité avec laquelle de petits collectifs sans représentativité électorale ni base militante sérieuse parviennent à orienter l’agenda médiatique régional est trop frappante pour être attribuée au seul hasard.

Pourquoi le projet d’une brasserie artisanale créatrice d’emplois locaux fait-il l’objet d’un traitement journalistique centré sur la mobilisation contre elle, plutôt que sur ce qu’elle est : un projet d’entreprise dans une zone artisanale rurale ? Pourquoi un banquet privé, légal, où sont attendues 1 400 personnes, est-il transformé en « risque de troubles » alors que la situation factuelle ne le justifie pas ? Pourquoi un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire devient-il, dès lors que le prestataire est étiqueté à droite, un sujet récurrent de page régionale ?

Un journalisme militant…qui ne s’assume pas

Il faut nommer les choses pour ce qu’elles sont. Le journalisme n’est pas la transcription neutre des communiqués que l’on reçoit ; c’est, au minimum, un effort de mise en perspective et de hiérarchisation honnête de l’information. Lorsqu’un journaliste relaie systématiquement, avec déférence, les déclarations d’une poignée de militants tout en ignorant les positions et préoccupations de plusieurs milliers d’habitants des mêmes communes, il ne fait pas du journalisme. Il fait du militantisme. Sans en porter le nom, sans en assumer publiquement la fonction, mais avec les effets pratiques du militantisme. Et c’est précisément cette absence d’assumation explicite qui le rend pernicieux – C’est d’ailleurs pour cela qu’à Breizh-info, nous avons toujours assumé de faire du journaliste honnête…mais aussi militant, sans se cacher, en affichant clairement notre ligne éditoriale, sans avancé masqué.

Un militant assumé est un adversaire honnête. On peut discuter avec lui, contester ses positions, lui opposer les siennes. Un journaliste qui pratique le militantisme déguisé est un adversaire qui se présente sous l’uniforme de la neutralité, dont les outils — la mise en page, la hiérarchie de l’information, le choix des sources, l’angle éditorial — ne sont pas ceux du débat ouvert mais ceux d’un parti pris masqué.

Cette pratique n’est pas seulement choquante sur le plan déontologique. Elle est nocive sur le plan démocratique. Parce qu’elle déforme la perception qu’ont les citoyens de leur propre société. Parce qu’elle pousse les institutions, sous l’effet d’une pression médiatique fabriquée, à prendre des mesures attentatoires aux libertés publiques contre des cibles qui n’en méritaient pas tant. Parce qu’elle donne à des micro-collectifs militants une influence politique sans aucun rapport avec leur représentativité réelle. Parce qu’elle entretient un climat où la simple expression d’idées non conformes à la ligne éditoriale dominante devient, dans la pratique journalistique régionale, une affaire d’ordre public.

L’effet Streisand

Une dernière observation, qui n’a échappé ni aux organisateurs du Banquet breton à Quimper ni aux fondateurs de la brasserie de Pléguien : cette mécanique médiatique fonctionne souvent, en réalité, à rebours de ses intentions. Pierre-Alexandre de Boisse, cofondateur du Canon français, peut constater que 1 400 billets ont été vendus pour Quimper malgré — ou grâce à — la polémique. Erik Tegnér et Éric Rucklin n’auraient sans doute jamais espéré, au lancement de leur brasserie, le degré de notoriété nationale que leur a offert, gracieusement, la presse régionale.

L’« effet Streisand », du nom de la chanteuse américaine dont les tentatives de censure d’une photographie ont contribué à sa diffusion massive, joue à plein dans ces affaires. Les lecteurs intelligents — et il y en a, y compris parmi le lectorat fidèle de la presse régionale — finissent par comprendre les biais de leur quotidien. Et certains, parmi les plus libres d’esprit, vont voir d’eux-mêmes ce que la presse cherche à leur faire éviter, ne serait-ce que par curiosité ou par esprit de contradiction.

C’est peut-être, in fine, la principale conséquence de cette dérive militante de la presse régionale : elle finit par fabriquer ce qu’elle prétend dénoncer, en assurant gratuitement la promotion de ce qu’elle voudrait combattre. Et elle entame, surtout, sa propre crédibilité. Beaucoup de Bretons, vieillissants ou plus jeunes, lisent encore Ouest-France et Le Télégramme parce que ces titres font partie du paysage matériel de leur quotidien. Mais le lien de confiance, lui, s’effrite. Lentement, silencieusement, irrémédiablement. Une presse qui a perdu cette confiance peut continuer à exister par inertie. Elle ne peut plus prétendre informer.

Yann Vallerie

 breizh-info.com