#webtube : Dans cet entretien matinal sur France 2, Florian Philippot, président du mouvement « Les Patriotes », aborde des sujets de politique nationale et internationale avec un ton très critique envers le gouvernement actuel et l’Union européenne. Annonce de candidature : Florian Philippot confirme officiellement sa candidature pour l’élection présidentielle de 2027. Il précise toutefois qu’il serait prêt à se ranger derrière une candidature plus « rassembleuse » pour le camp souverainiste, citant notamment le nom de Philippe de Villiers. Position sur le conflit international : Il exprime une opposition ferme à l’implication de la France dans les tensions au Moyen-Orient et au conflit en Ukraine. Il appelle à l’arrêt des sanctions contre la Russie pour favoriser une baisse des prix de l’énergie en France. Souveraineté et Frexit : L’essentiel de son discours repose sur la sortie de l’Union européenne (Frexit), de l’Euro et de l’OTAN. Selon lui, c’est la seule solution pour que la France reprenne le contrôle sur sa fiscalité (notamment la TVA sur les carburants) et sa politique énergétique. Critique des autres oppositions : Il se distingue de Jordan Bardella en affirmant que ce dernier souhaite rester dans le système européen, ce qui, selon Philippot, rendrait toute politique nationale inefficace.
#webtube : Cet ensauvagement que les happy few du Carré VIP du Parc font semblant de ne pas voir
Porté sur les fonts baptismaux à l’aube des années 70, le Paris-Saint-Germain raconte, par l’évolution de sa base de supporters, une petite histoire de ce que sont devenues la France et son auguste capitale. Du nationalisme bleu-blanc-rouge de la tribune Boulogne dans les années 80 à la diversité qui peuple aujourd’hui le CUP, collectif ultra qui accompagne un club devenu plus qatari que français, il ne reste au fond qu’un invariant : le parterre de célébrités qui se pressent dans la corbeille présidentielle, moins pour encourager un club, une équipe et des joueurs que pour être vues.
Guéguerres de tribunes
A ses débuts donc, le pourtant ambitieux PSG restait sportivement modeste, ne remportant ses premiers trophées qu’au début des années 80. On se souvient du président Francis Borelli embrassant la pelouse après la victoire en Coupe de France face à Sainté en 1982, acquise aux tirs aux buts après l’égalisation à la dernière minute de Dominique Rocheteau. Dans les travées du Parc des Princes, les supporters adverses, souvent des provinciaux exilés à Paris pour raisons professionnelles, avaient l’habitude de faire leur loi.
La naissance du Kop de Boulogne, profondément nationaliste et marqué par des influences anglaises à l’époque où le hooliganisme connaissait ses heures de gloire outre-Manche, allait finir par changer les choses. Drapeaux français en étendard, chants puissants à la gloire du club de la capitale et bombers comme uniforme, la tribune se singularisait par sa violence, une certaine homogénéité culturelle et, surtout, faisait régner la terreur au Parc des Princes et ailleurs en France.
Sportivement, le Marseille de Bernard Tapie dominait le football hexagonal, concurrencé par le Bordeaux de Claude Bez. Paris en était une province éloignée. La décennie 90 fut celle de la prise de pouvoir de Canal+, des succès sportifs avec, pour chef d’orchestre, Raï en maillot Hechter et de la fabrication de toutes pièces d’une rivalité avec l’OM. La nouvelle direction flaira le bon filon et œuvra à la création du virage Auteuil, plus en phase avec l’idéologie élitaire. Comprenez : multiculturelle. La cohabitation entre les deux tribunes du club de la capitale vira à la guerre, avec en point d’orgue le décès, en 2010, d’un habitué de Boulogne. Robin Leproux, président du club, siffla la fin de la récréation et les groupes organisés furent mis en sommeil.
Tifo à la gloire de la Palestine
L’arrivée des Qataris, qui rachetèrent le PSG en même temps qu’ils mirent d’autres joyaux de la République sous leur coupe, signifia, après quelque temps, le retour des ultras en tribune Auteuil. Le CUP, dont il faut avoir un master en géopolitique pour comprendre les influences internes, est en phase avec la nouvelle sociologie de Paris et de sa banlieue. En novembre 2024, les ultras parisiens déployèrent un tifo à la gloire de la Palestine, présentant un combattant armé et une carte du territoire « From the river to the sea ». Le rap inspire régulièrement la teneur et le ton des messages. Les images du parcage parisien à Munich finissent d’entériner la prise de pouvoir par les chefs de clan de la « nouvelle France ».
Celle-ci se sait dominante et, surtout, n’ignore plus qu’elle n’a pas besoin de l’appui des apôtres de la diversité, mais des masses venues de la banlieue pour casser et marquer son territoire. Yann Arthus-Bertrand l’a appris à ses dépens ; son exposition consacrée au « vivre ensemble » a été vandalisée dans la foulée de la demi-finale de Champions League ; cela n’a pas suffi pour atténuer sa foi dans le multiculturalisme – et ne lui dites surtout pas qu’il serait atteint du syndrome de Stockholm.
Ailleurs, des policiers furent pris pour cibles, des biens ont été vandalisés et des domiciles furent violés. Mais tout va bien, Monsieur l’émir : le PSG est en finale et peut reconduire son titre – ce qui ne fait, je le concède, ni chaud, ni froid au supporter de l’OL que je suis. Dans le « Carré du Parc », comme est désormais appelé l’espace présidentiel, et aux alentours, Nasser Al-Khelaïfi et sa suite, Nicolas Sarkozy – avec ou sans bracelet -, les stars du showbiz, Cyril Hanouna et ses chroniqueurs peuvent continuer à deviser, à réseauter, à s’épier et, plus que tout, à aimer être vus.
#webtube : Saviez-vous que le riff mythique de cette chanson n’était au départ qu’un simple exercice technique que Slash faisait pour s’échauffer ? Ce qui ne devait être qu’une plaisanterie est devenu l’un des plus grands succès de l’histoire de la musique. Cette semaine, j’avais envie de partager avec vous ce chef-d’œuvre de l’album Appetite for Destruction. Un morceau qui nous rappelle que parfois, le génie naît de l’improvisation la plus totale. Montez le son ! Le clip a été tourné en noir et blanc pour économiser sur les coûts de production, ce qui a fini par lui donner son esthétique iconique.
#webtube : Did you know that the legendary riff of this song was originally just a simple technical exercise Slash did to warm up? What was meant to be a joke became one of the biggest hits in music history. This week, I wanted to share this masterpiece from the album Appetite for Destruction with you. A track that reminds us that sometimes, genius is born from complete improvisation. Turn up the volume! The music video was shot in black and white to save on production costs, which ultimately gave it its iconic aesthetic.
#webtube : Ce qui avait commencé comme un paisible voyage de camping en pleine nature dans le nord-ouest du Pacifique s’est rapidement transformé en l’une des manœuvres les plus périlleuses que j’aie jamais vécues avec ma caravane tout-terrain. Après avoir tracté ma caravane tout-terrain au cœur de l’arrière-pays sur d’étroites routes forestières, je suis tombé sur un important ravin qui bloquait complètement la route. Sans possibilité d’avancer et avec quasiment aucune marge de manœuvre pour faire demi-tour, j’ai été contraint à une manœuvre délicate en plusieurs points sur un versant escarpé. À un moment donné, la caravane s’est violemment mise en portefeuille et a failli être endommagée...
Voici la facette de la vie nomade à temps plein et de la vie en camping-car que la plupart des gens ignorent. Voyager en pleine nature avec un camion et une caravane peut être incroyablement enrichissant, mais cela comporte aussi de véritables défis, des obstacles imprévus et des moments où une petite erreur peut mettre fin au voyage.
Heureusement, après une récupération stressante et un retour minutieux, l'aventure s'est terminée exactement pour la raison pour laquelle j'ai choisi ce mode de vie : un paisible emplacement de camping au bord d'une rivière, au cœur de la forêt, loin de la foule et entouré par la beauté du Nord-Ouest Pacifique.
Si vous aimez le voyage en véhicule tout-terrain, les caravanes tout-terrain, le camping en camion et la vie à temps plein en camping-car, cet épisode illustre à la fois les risques et les joies de l'exploration de régions reculées.
#webtube : La plupart des élites occidentales veulent un homme réduit à l’état de consommateur docile, interchangeable, sans mémoire et sans enracinement. Musk, lui, malgré toutes ses contradictions, semble animé par une intuition inverse. Il parle de natalité quand d’autres célèbrent la dépopulation. Il parle de civilisation quand d’autres ne parlent plus que de gestion. Il défend la liberté de parole au moment même où l’Occident paraît redécouvrir les vieux réflexes inquisitoriaux qu’il prétendait avoir dépassés. C’est peut-être cela, au fond, qui lui sera le moins pardonné.
En ce jour de calme relatif, où une société lasse fait semblant de se souvenir de la victoire anglo-américaine de 1945 comme d’un rite administratif vidé de sa substance, je marchais le long de la plage de Léhan, à Lechiagat. Le vent était faible, la mer presque immobile. Je m’arrêtai un instant sur un banc qui fut jadis bleu, rongé désormais par le sel et les années, et je consultai distraitement mon téléphone.
Je tombai alors sur des images venues du New Jersey. Un carnaval venait d’y être interrompu après des violences répétées commises par des bandes d’adolescents. Une fois encore, ce qui me frappa ne fut pas tant la violence elle-même que l’extraordinaire énergie déployée par les journalistes pour dissimuler l’identité des agresseurs. Les photographes rivalisaient de floutages, les vidéastes choisissaient avec soin des angles où l’on ne distinguait ni les visages ni les mains. Toute une profession semblait engagée dans une étrange chorégraphie de l’occultation.
Que faire alors pour comprendre ce qui s’était réellement produit ? Comme tant d’autres désormais, je me rendis sur le réseau X, aujourd’hui propriété d’Elon Musk. Quelques mots-clés suffirent. Les vidéos réapparurent aussitôt, intactes, sans masquage, sans brume numérique charitable. Et il suffisait, en effet, de regarder les visages des agresseurs et ceux des victimes pour comprendre immédiatement pourquoi tant d’efforts avaient été déployés afin que le public ne puisse voir.
Le vivre-ensemble contemporain repose de plus en plus sur cette étrange condition, ne jamais regarder le réel trop longtemps.
C’est en songeant à cette fonction presque cathartique du réseau X, à ce dévoilement permanent de ce que les appareils médiatiques s’efforcent désormais de dissimuler, que je tombai sur une nouvelle venue de France. Elon Musk, propriétaire de X, venait de faire l’objet, avec Linda Yaccarino et les sociétés liées à la plateforme, d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris.
Et le texte même du communiqué glace le sang.
La procureure Laure Beccuau y évoque pêle-mêle des accusations de « complicité de diffusion d’images pédopornographiques », de « collecte frauduleuse de données », de « violation du secret des correspondances », de « falsification de fonctionnement d’un système de traitement automatisé », de diffusion de contenus sexuels générés algorithmiquement, d’administration d’une plateforme permettant des transactions illicites, et même, formule hallucinante, de « contestation de crime contre l’humanité facilitée par l’intelligence artificielle Grok ».
Ainsi donc, dans la France de 2026, le propriétaire d’un réseau social devient potentiellement assimilable à un complice de criminels parce que sa plateforme laisse circuler des informations que d’autres souhaitent invisibles.
Nous assistons ici à une mutation profonde. Longtemps, les États occidentaux exigeaient des plateformes qu’elles retirent les contenus illégaux signalés. C’était une obligation de moyens. Désormais, certains rêvent d’une responsabilité pénale totale portant non plus sur les actes précis, mais sur l’existence même d’un espace de parole relativement libre.
L’évolution est vertigineuse.
Car enfin, poursuivre Elon Musk pour certains contenus circulant sur X revient, d’une certaine manière, à poursuivre les fabricants de papier pour les pamphlets qu’ils impriment, les vendeurs de stylos pour les lettres anonymes, ou jadis les compagnies postales pour les obscénités transportées dans le courrier privé.
Le plus inquiétant réside peut-être ailleurs. Cette offensive judiciaire ne surgit pas dans un vide. Partout en Europe, des mécanismes comparables se mettent en place. En Allemagne, en Angleterre, des citoyens sont déjà poursuivis pour de simples constats du réel formulés sur internet. En France même, Jean-Eudes Gannat, élu local près d’Angers, se retrouve poursuivi pour avoir évoqué la présence d’Afghans à la sortie d’un supermarché.
Dans des sociétés de plus en plus fragiles démographiquement, culturellement et psychologiquement, la libre circulation du réel devient elle-même une menace politique.
Il faut comprendre ce qui se joue ici. Ce n’est pas seulement la régulation d’une plateforme. C’est la tentative de restaurer un monopole du récit. Un monopole du visible. Car pour maintenir artificiellement le mythe du vivre-ensemble harmonieux, il devient indispensable de contrôler non seulement les opinions, mais les images elles-mêmes.
Le réel doit désormais être flouté.
Et c’est précisément ce que Musk a brisé.
Il y a chez cet homme quelque chose qui dépasse infiniment le personnage médiatique ou le milliardaire fantasque que présentent alternativement ses admirateurs et ses ennemis. Car il est à la fois l’un des rares hommes de notre époque à rouvrir concrètement à l’humanité le chemin des étoiles, par ses fusées, ses satellites et ses rêves martiens, et l’un des très rares également à avoir compris que la liberté d’expression demeure la condition préalable de toute survie civilisationnelle.
La plupart des élites occidentales veulent un homme réduit à l’état de consommateur docile, interchangeable, sans mémoire et sans enracinement. Musk, lui, malgré toutes ses contradictions, semble animé par une intuition inverse. Il parle de natalité quand d’autres célèbrent la dépopulation. Il parle de civilisation quand d’autres ne parlent plus que de gestion. Il défend la liberté de parole au moment même où l’Occident paraît redécouvrir les vieux réflexes inquisitoriaux qu’il prétendait avoir dépassés.
C’est peut-être cela, au fond, qui lui sera le moins pardonné.
Car les sociétés fatiguées tolèrent encore les hommes riches. Elles supportent même parfois les hommes puissants. Ce qu’elles ne supportent plus, c’est l’apparition d’hommes capables de rouvrir un horizon.
Et Elon Musk, qu’on l’aime ou non, fait partie de ceux-là.
#webtube : C’est l’un des arguments les plus régulièrement avancés par les défenseurs d’une politique migratoire généreuse : l’immigration serait nécessaire, voire indispensable, pour financer les retraites françaises et européennes face au vieillissement de la population. Une étude publiée le 7 mai 2026 par l’observatoire Hexagone, signée par Philippe Lemoine — directeur de la recherche et chercheur affilié à l’université de Georgetown —, vient contredire frontalement cette intuition. Calculs à l’appui, l’auteur démontre que l’effet de l’immigration sur le ratio entre actifs et retraités est marginal, et que les volumes nécessaires pour neutraliser le vieillissement de la population dépassent toute mesure politiquement envisageable.
Un constat démographique sans appel
L’étude commence par rappeler des chiffres connus mais frappants. En 2000, les plus de 65 ans représentaient 15 % de la population des pays formant aujourd’hui l’Union européenne. Cette proportion atteint désormais 20 %, et continuera à croître dans les décennies à venir. La France suit la même trajectoire.
Les conséquences sur les comptes sociaux sont massives. Les plus de 60 ans représentent 28 % de la population française mais concentrent au moins 55 % de la dépense sociale. Ils bénéficient en premier lieu d’un système de retraite par répartition, c’est-à-dire financé par les cotisations des actifs en exercice. Or, le rapport entre actifs et retraités se dégrade rapidement : en 1945, la France comptait 6,1 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne de plus de 65 ans. Le ratio est tombé à 3,1 aujourd’hui, et la trajectoire conduit à environ 2,5 en 2050 si les tendances démographiques actuelles se prolongent.
Ce « ratio de soutien des personnes âgées », comme l’appellent les démographes, est l’indicateur central du pilotage économique de nos systèmes de retraite. Et c’est précisément sur lui que portent les calculs de Philippe Lemoine.
Premier scénario : combien d’immigrés faudrait-il pour stabiliser le ratio ?
L’argument souvent invoqué dans le débat public est qu’un afflux migratoire continu permettrait d’élargir le nombre de cotisants et de stabiliser le système. Question simple : combien faudrait-il accueillir d’immigrés pour maintenir en 2050 le ratio de soutien actuel, c’est-à-dire 3 actifs pour un retraité ?
La réponse est sidérante. Selon les calculs de l’observatoire Hexagone, il faudrait augmenter le solde migratoire annuel non pas de 30 %, ni même de 50 %, mais de 250 %. Soit un solde 3,5 fois supérieur à la moyenne des quinze dernières années — laquelle s’établit déjà à un niveau historiquement élevé. En valeur absolue, cela représenterait environ un demi-million de personnes supplémentaires accueillies chaque année, sur une période indéfinie.
À l’heure où, selon plusieurs enquêtes d’opinion convergentes, près de 70 % des Français estiment qu’il y a déjà trop d’immigration en France, l’hypothèse d’un triplement du solde migratoire pendant plusieurs décennies relève, comme le souligne l’étude, de l’irréalisme politique le plus complet.
Deuxième scénario : et si l’on stoppait toute immigration ?
L’auteur de l’étude prend la précaution de tester l’hypothèse inverse, pour mesurer la sensibilité réelle du ratio de soutien à l’immigration. Imaginons que le solde migratoire tombe brutalement à zéro et y reste jusqu’en 2050. Que se passerait-il ?
Le ratio de soutien passerait alors de 2,5 (scénario à immigration constante) à 2,32. Un écart de 7 % seulement. Autrement dit, le niveau d’immigration que connaît aujourd’hui la France n’exerce qu’une influence « très limitée » sur le ratio entre actifs et retraités, par rapport à un scénario théorique sans aucune immigration. La conclusion logique de cet exercice est claire : qu’on augmente ou qu’on diminue radicalement l’immigration, l’effet sur le système de retraites reste secondaire face à la dynamique démographique de fond.
Le constat se confirme à l’échelle européenne
L’observatoire Hexagone n’a pas limité son analyse à la France. Le même exercice a été reproduit pour différents pays européens, en utilisant les projections démographiques par la méthode dite des composantes. Les résultats convergent, partout.
En Italie, il faudrait que le solde migratoire annuel soit multiplié par six pour stabiliser le ratio de soutien. En Espagne, par dix. Le seul cas atypique est celui du Luxembourg, dont le solde migratoire est déjà anormalement élevé du fait de la petite taille du pays. Partout ailleurs, l’immigration ne suffit nulle part à neutraliser le vieillissement, et son effet reste limité.
Comme le formule de manière concise Philippe Lemoine, « compter sur l’immigration pour neutraliser l’effet du vieillissement revient à faire exploser le solde migratoire dans des proportions inédites, quel que soit le pays ». Et il ne s’agirait pas d’un afflux ponctuel, mais d’un rythme annuel à maintenir pendant des décennies.
Une illusion politiquement coûteuse
L’enseignement central de l’étude dépasse la seule question technique. Il porte sur le diagnostic même que la classe politique française et européenne pose sur ses propres systèmes sociaux. En se persuadant que l’immigration peut, à elle seule, résoudre le problème démographique, les responsables politiques se dispensent d’engager les réformes structurelles que la situation impose : réforme du système de retraites, ajustement de l’âge de départ ou de la durée de cotisation, reconfiguration des prestations, politique nataliste, gains de productivité.
L’auteur le formule sans détour : « L’idée que l’immigration paiera nos retraites est donc non seulement fausse, mais elle est aussi nuisible à la réforme et à la planification de nos politiques sociales. Notre système de retraite, déjà déséquilibré aujourd’hui, devra être impérativement réformé. Cessons de nous bercer d’illusions et acceptons de regarder enfin la réalité en face. »
Une étude qui tombe à un moment politiquement chargé
La publication de cette étude intervient à un an de l’élection présidentielle de 2027, alors que les questions migratoire et sociale figureront sans aucun doute parmi les sujets centraux de la campagne. Selon une enquête Odoxa-Backbone Consulting de janvier 2026 pour Le Figaro, 67 % des Français considèrent qu’il y a déjà aujourd’hui « trop d’immigrés en France ». Dans ce contexte, l’argument selon lequel il faudrait augmenter encore le solde migratoire pour préserver les retraites apparaît, à la lumière des calculs de l’observatoire Hexagone, économiquement infondé et politiquement intenable.
L’étude a aussi le mérite de remettre au centre du débat la question des choix structurels : si l’immigration n’est pas la variable d’ajustement, alors les leviers se trouvent ailleurs. Niveau des pensions, durée de la vie active, productivité économique, soutenabilité budgétaire de la dépense sociale : autant de sujets qui exigent des arbitrages politiques clairs, dont aucun gouvernement français récent ne s’est véritablement saisi avec la profondeur requise. Le coup de semonce méthodologique porté par l’observatoire Hexagone a au moins le mérite de rappeler que les illusions confortables ont un prix — celui de l’inaction face à un vieillissement démographique qui, lui, ne s’arrêtera pas.
#webtube : C’est un séisme politique de magnitude majeure que vient de connaître le Royaume-Uni. Au terme du grand cycle électoral du jeudi 7 mai 2026 — élections locales en Angleterre, renouvellement du Parlement écossais à Edimbourg et du Parlement gallois (le Senedd) à Cardiff —, le bilan tombe vendredi avec la brutalité d’un constat médico-légal : le Parti travailliste, au pouvoir depuis juillet 2024 sous la conduite de Sir Keir Starmer, a subi la pire défaite de son histoire électorale moderne.
Près de 1 400 sièges de conseillers municipaux perdus en Angleterre. Plus de vingt collectivités locales basculées vers d’autres formations. Une projection en parts de voix nationales tombée à 17 % — le pire score travailliste depuis l’instauration de cet indicateur en 1979. Et, symbole le plus humiliant de tous, la perte du Pays de Galles, bastion centenaire du Labour, où la Première ministre sortante Eluned Morgan a perdu son propre siège dans la circonscription de Ceredigion Penfro avant d’annoncer sa démission immédiate de la direction du parti gallois. Un siècle de domination travailliste sur la nation galloise vient de s’achever en une nuit.
Reform UK, le grand vainqueur
Le grand bénéficiaire de cette débâcle s’appelle Nigel Farage. Son parti, Reform UK, fondé en 2019 et héritier direct du Brexit Party, vient d’opérer une percée que tous les commentateurs qualifient de « historique ». Plus de 1 400 conseillers municipaux gagnés en Angleterre. Treize conseils municipaux conquis. Une présence nouvelle, jusque-là quasi-inexistante, en Écosse et au Pays de Galles. Et surtout, une géographie électorale inédite : Reform gagne désormais à la fois dans les anciens bastions ouvriers du nord travailliste — le fameux Red Wall — et dans les terres conservatrices traditionnelles du sud, en Essex, en Suffolk, en Norfolk.
À Sunderland, le parti de Nigel Farage met fin à cinquante ans de domination travailliste. À Tameside, dans le nord-ouest, ce sont quarante-sept ans de continuité Labour qui s’effondrent. Même chose à Barnsley, à Gateshead, à Sandwell, à Wakefield. Dans le Sussex de l’Ouest, les conservateurs perdent leur majorité au profit, là encore en partie, de Reform. À Thurrock, Reform rafle 45 sièges sur 49.
« Nous vivons un moment historique », a savouré Farage à Havering, premier arrondissement londonien à passer sous ses couleurs. « Nous avons prouvé que nous pouvions gagner dans des zones dominées par le Labour depuis la Première Guerre mondiale. » L’ancien dirigeant europhobe, longtemps cantonné au statut d’outsider folklorique de la politique britannique, apparaît désormais comme un candidat sérieux pour Downing Street en 2029. Une projection des résultats en circonscriptions parlementaires donne d’ailleurs, en cas de reproduction du scrutin à l’échelle nationale, Nigel Farage Premier ministre — sans toutefois disposer d’une majorité absolue.
Le Pays de Galles bascule chez Plaid Cymru
L’autre événement politique majeur de la nuit, c’est le basculement du Pays de Galles. Pour la première fois depuis la création du Senedd en 1999 — et plus profondément, pour la première fois depuis la fin de la Première Guerre mondiale —, le Parti travailliste perd la nation galloise. La grande gagnante : Plaid Cymru, le parti nationaliste social-démocrate fondé en 1925 pour préserver la langue et l’identité galloises.
Avec 43 sièges sur 96 dans le nouveau Parlement gallois — issu d’une importante réforme constitutionnelle qui a porté le nombre de députés de 60 à 96 et instauré un mode de scrutin proportionnel intégral —, Plaid Cymru devient la première force politique du pays, à six sièges seulement de la majorité absolue. Reform UK suit avec 34 sièges, le Labour s’effondre à 9 sièges, les conservateurs à 7. « Le pays de Galles a exigé un changement de leadership », a déclaré Rhun ap Iorwerth, le chef de Plaid Cymru, après avoir conservé son siège de Bangor Conwy Môn. Le parti s’apprête à mener pour la première fois de son histoire une coalition gouvernementale à Cardiff.
Cette victoire est d’autant plus symbolique que Plaid Cymru avait fait toute sa campagne sur le slogan d’une « course à deux chevaux » — Plaid contre Reform —, captant ainsi le vote utile des électeurs hostiles à Nigel Farage. Sur le fond, le parti gallois a mis en sourdine sa revendication d’indépendance, sachant qu’à peine un tiers des Gallois y est favorable. La rupture politique précède donc, pour l’instant, toute rupture institutionnelle.
L’Écosse reste au SNP, mais le tableau d’ensemble se fragmente
En Écosse, le Scottish National Party de John Swinney conserve sa première place, comme prévu par les sondages, avec une projection BBC à 58 sièges sur 129. Insuffisant pour la majorité absolue (qui requiert 65 sièges), suffisant pour reconduire le SNP à la tête du gouvernement écossais — un règne désormais ininterrompu depuis dix-neuf ans. Le chef de file travailliste écossais Anas Sarwar, en perdant son siège direct à Glasgow Cathcart and Pollok mais en sauvant sa présence parlementaire via un siège régional, a admis sa défaite très tôt dans la journée et confirmé qu’il maintenait sa demande publique de démission de Keir Starmer.
À noter : Reform UK fait son entrée pour la première fois au Parlement écossais avec plusieurs sièges régionaux, témoignant que la dynamique du parti de Farage ne se limite pas à l’Angleterre. Les Verts écossais, eux, font des gains spectaculaires, notamment en arrachant Edinburgh Central et Glasgow Southside au SNP — ce dernier siège ayant pourtant été détenu par l’ancienne Première ministre Nicola Sturgeon.
La poussée verte, autre signal de l’effondrement Labour
L’autre vainqueur, plus discret, du scrutin du 7 mai s’appelle le Parti vert d’Angleterre et du Pays de Galles. La formation, désormais conduite par Zack Polanski, gagne plus de 340 sièges municipaux, ainsi que ses deux premières mairies d’arrondissement directement élues — à Hackney (Zoë Garbett) et à Lewisham, deux fiefs travaillistes du Grand Londres. Les Verts conquièrent également la mairie de Norwich, première grande ville d’Angleterre passée sous leur contrôle exclusif. À Camden — l’arrondissement même où se trouve la circonscription de Sir Keir Starmer —, le chef du groupe travailliste municipal perd son siège au profit des Verts.
Avec 18 % de parts de voix dans la projection nationale BBC, les Verts dépassent désormais à la fois les conservateurs (17 %) et les travaillistes (17 %). « Le bipartisme est mort et enterré », a triomphé Zack Polanski au lendemain du scrutin.
La fin officielle du bipartisme britannique
C’est en effet le constat structurel le plus important de cette élection. Le système politique britannique, qui depuis un siècle reposait sur l’alternance entre travaillistes et conservateurs, vient d’éclater en une mosaïque à cinq, six, voire sept formations significatives selon les nations. La projection nationale BBC place désormais cinq partis dans une fourchette resserrée entre 16 et 26 % — une fragmentation sans précédent dans l’histoire politique britannique récente.
Pour les conservateurs de Kemi Badenoch, le scrutin est également un désastre. La perte de plus de 530 sièges municipaux pour la deuxième année consécutive — alors même que le parti se trouve dans l’opposition, ce qui ne s’était plus produit depuis au moins 1975 — confirme la déliquescence d’une formation qui peine à se redéfinir face à l’aspiration de Reform UK. Le bastion conservateur d’Essex, tenu sans interruption depuis vingt-cinq ans, tombe à Reform. Seules quelques victoires symboliques — la reprise de Westminster Council et le statut de premier parti à Wandsworth — viennent éclairer une nuit globalement noire pour Kemi Badenoch.
Les libéraux-démocrates, de leur côté, signent un huitième résultat positif consécutif avec plus de 770 nouveaux sièges municipaux, conquérant notamment Stockport et Portsmouth. Sir Ed Davey, leur chef, se présente désormais comme « le seul parti non-populiste encore debout » du paysage politique britannique.
Un Premier ministre acculé
Pour Sir Keir Starmer, la nuit du 7 au 8 mai aura été celle d’une humiliation politique majeure. Les appels à la démission ont commencé dès le vendredi matin, venus d’abord de la gauche du parti, puis rapidement étendus à des figures plus modérées comme Louise Haigh, ancienne ministre des Transports. Plus d’une dizaine de députés travaillistes ont demandé publiquement au chef du gouvernement de fixer un calendrier de départ. Andrea Egan, secrétaire générale d’Unison — le plus grand syndicat britannique et l’un des principaux soutiens financiers du Labour —, a averti que le parti faisait face à un risque d’« anéantissement » et appelé à un changement non seulement de leader mais d’« approche entière ». Sharon Graham, dirigeante d’Unite, a lancé l’avertissement le plus brutal : « C’est changer ou mourir, c’est maintenant ou jamais. »
Les onze syndicats affiliés au Parti travailliste se sont réunis vendredi après-midi pour des entretiens de crise, et ont demandé une rencontre d’urgence avec Sir Keir Starmer pour exiger un « changement radical de direction » — ce qui signifierait, presque mécaniquement, un virage à gauche du parti. Selon des sources internes, deux noms reviennent comme successeurs potentiels : Andy Burnham, maire de Greater Manchester, et Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre.
Starmer a néanmoins refusé toute idée de démission. « Je ne vais pas m’en aller et plonger le pays dans le chaos », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant des résultats « sévères ». Le ministre adjoint David Lammy, fidèle, a martelé qu’on « ne change pas de pilote en plein vol ». Réplique acerbe de l’ancien chancelier de l’ombre John McDonnell : « Si, parfois on le fait — quand on est en piqué. »
Une recomposition aux conséquences européennes
Au-delà du sort personnel de Sir Keir Starmer — dont la chute, à terme, semble pour beaucoup d’observateurs inéluctable —, c’est l’architecture politique d’une grande nation européenne qui vient d’être bouleversée. Le Royaume-Uni, premier des grands pays européens à avoir connu cette mécanique du bipartisme parfait depuis le début du XXᵉ siècle, rejoint désormais la norme continentale d’une fragmentation à cinq ou six partis. Reform UK consolide sa place comme principal réceptacle du vote populaire et identitaire. Le Labour pourrait, sous la pression des syndicats, opérer un virage radical vers la gauche. Les nationalistes — écossais et gallois — confortent leur emprise sur leurs nations respectives. Et l’extrême-gauche écolo-populiste, conduite par Zack Polanski, devient une force significative.
#webtube : Bien peu de médias ont relayé cette information, sans doute trop peu compatible avec leur biais anti-police. C’est un chiffre qui dit beaucoup de ce qu’est devenue notre société. Sur un an à peine, les violences visant policiers et gendarmes ont augmenté de 19 % en France.
Une explosion qui a pu être observée ces derniers jours dans plusieurs villes telles que Trappes, Lyon, ou encore Mantes-la-Jolie et Rillieux-la-Pape, où d’importants dispositifs de forces de l’ordre ont dû être déployés afin de repousser des bandes de jeunes bien décidées à en découdre. « Quand les sauvageons et les criminels traitent policiers et gendarmes comme un gang rival à cogner ou abattre, c’est la République qui recule, à dénoncé le syndicat des officiers et commissaires de police. Tout le monde le voit. Tout le monde le sait. » Chaque jour en France, 17 policiers sont blessés à la suite d’une agression.
La #France de 2026 : violences c/ les #FDO, +19% 1er trimestre 2026. Quand les sauvageons et les criminels traitent policiers et gendarmes comme un gang rival à cogner ou abattre, c’est la République qui recule. Tout le monde le voit. Tout le monde le sait. Et pourtant rien ne…
— Officiers et Commissaires de police (@PoliceSCSI) May 7, 2026
Comment lutter contre ce fléau ? Pour certains, la solution se trouve du côté de nos élus. « L’urgence est de retrouver du courage politique pour rétablir la sérénité républicaine, avec des actes forts en matière de justice, d’instruction, et d’éducation », estime le Syndicat majoritaire des Cadres de la Sécurité Intérieure. Interrogé sur Europe 1, Stanislas Gaudon, policier et membre du bureau national du syndicat Alliance, appelle à une réponse pénale plus ferme : « Il ne peut pas y avoir d’aménagement ou de peines alternatives. La réponse doit être immédiate, ferme, avec de l’emprisonnement ». Sur X, l’avocat Thibault de Montbrial plaide pour un changement de politique de gestion de l’ordre, condition indispensable pour que « la peur change de camp ». « L’État doit assumer sa mission de maintien de l’ordre et de la paix publique, en utilisant s’il le faut la force légitime que la loi lui attribue », écrit celui qui est aussi président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure.
L’omerta médiatique
Si les Français soutiennent massivement leur police, il en va autrement d’un certain système politico-médiatique. On pense bien sûr à l’extrême gauche, toujours en première ligne pour hurler ses slogans anti-flics et dénoncer un prétendu racisme. Mais il y a aussi cette caste journalistique, hostile par nature à l’institution policière. Vous n’entendrez ainsi pas parler dans la presse de gauche de cet ensauvagement qui vise nos forces de l’ordre. L’information selon laquelle les violences anti-police ont augmenté de près de 20 % en un an n’a pas été communiquée aux lecteurs du Monde, de Libération ou Franceinfo… D’ailleurs, les mêmes médias se sont bien gardés de relayer les vidéos des agressions commises mercredi 6 mai à Paris, à la suite du match Bayern-PSG. Les séquences montrant l’ultra violence de la « nouvelle France » de Jean-Luc Mélenchon face aux policiers ont très largement circulé sur X, mais ont été sagement occultées sur les antennes grand public. Seuls « quelques incidents » ont été pudiquement évoqués, sans jamais préciser le profil des agresseurs, bien entendu.
« Ça baise tout ça fout la merde » ; « Darmanin nique ta mère » ; « La Palestine on n’oublie pas ! »
👉 100%Frontières était présent hier soir lors des débordements après le match PSG-Bayern. pic.twitter.com/dFhc1r3QD5
Les journalistes du service public sont pourtant parfaitement au courant des séquences qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Ils les voient toutes passer, mais sélectionnent uniquement celles qui leur permettent de faire avancer leur agenda politique. C’est ainsi que ce 7 mai, au lieu de s’intéresser au sujet des violences visant les policiers, France 3 a préféré consacrer un énième article aux pseudo « violences policières ». Le papier s’appuyait sur une vidéo qui avait « largement circulé sur les réseaux sociaux » et qui aurait « choqué ». On y voyait un certain Zakkaria Seddaoui être interpelé par la police avant d’être placé en garde à vue. Mais, à lire les journalistes de France Télévisions, le malheureux aurait été la victime d’un déferlement de violences aussi gratuit que traumatisant de la part des forces de l’ordre. « J’ai peur de les croiser (…) de sortir tout seul », est-il ainsi rapporté dès le titre larmoyant de l’article.
La parole est également complaisamment donnée à la famille du pauvre Zakkaria : « Pourquoi il le tenait ? Alors qu’il est menotté dans le dos et maîtrisé, pourquoi il était en train de l’étrangler ? C’était quoi le projet en fait ? », s’indigne ainsi le père du jeune, Djelalli. Eh bien, peut-être parce que son fils était en train de repousser les policiers et refusait son menottage, comme l’a indiqué le procureur de la République ? Il n’avait d’ailleurs pas été pris en chasse par hasard, mais parce que, quelques minutes plus tôt, à bord de sa voiture, il avait refusé de se soumettre à un contrôle et avait accéléré, malgré les avertisseurs lumineux et sonores des agents. Cerise sur le gâteau, Zakkaria est loin d’être un enfant de chœur : il a été condamné à deux reprises pour infractions à la législation sur les stupéfiants et d’autres procédures pour délits routiers plus anciennes sont également en cours…
Voilà donc les fameuses « violences policières » dont on nous rebat les oreilles dans les médias. Entre nos forces de l’ordre et les délinquants, certains journalistes ont clairement choisi leur camp.
#webtube : À quoi servirait le pouvoir si on ne pouvait en user et… en abuser ? Emmanuel Macron, qui entamera, le 14 mai prochain, sa dixième année à l’Élysée, en sait quelque chose. La nomination récente et quasi à vie d’Amélie de Montchalin, macroniste de la plus haute extraction, à la première présidence de la Cour des comptes en est l’exemple le plus resplendissant.
Opération de minage
La série de nominations, en ces dernières années de règne interminable, s’apparente à une opération de minage de terrain sur ce champ de ruines qu’il laissera à son successeur – surtout si ce successeur est issu du Rassemblement national. On se souvient de l’épisode de la nomination du fidèle parmi les fidèles, Richard Ferrand, au Conseil constitutionnel. À une voix près, la candidature de l’homme lige d’Emmanuel Macron avait été validée après son passage devant les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat : 58 parlementaires, sur 97, avaient donné un avis défavorable à cette candidature. Il en aurait fallu 59 ! Richard Ferrand est en place jusqu’en 2034. On souhaite bien du plaisir au Rassemblement national et à ses alliés, s’ils emportent les prochaines législatives…
C’est donc la même procédure qui va s’appliquer, conformément à l’article 13 de la Constitution, pour la désignation du prochain gouverneur de la Banque de France. Car le travail de minage du terrain n’est pas terminé. D’ailleurs, Emmanuel Macron a bien prévenu qu’il sera à sa tâche jusqu’au dernier jour de son mandat. Et donc, très providentiellement ou, tout du moins, très opportunément, le gouverneur actuel de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a remis sa démission en février dernier avec effet au 1er juin prochain afin de pouvoir prendre la tête de la fondation des Apprentis d’Auteuil. Son mandat aurait dû se terminer le 1er novembre 2027. Après l’élection présidentielle… Donc, le prochain gouverneur de la Banque de France qui sera prochainement nommé sera en place jusqu’en 2032. Pile-poil : un mandat présidentiel. Quand les choses s’emboîtent comme il faut, c’est quand même mieux, faut avouer.
Le pressenti s’appelle Emmanuel Moulin, a-t-on appris, cette semaine. Son nom ne dit pas grand-chose au grand public. À la lecture de sa fiche Wikipédia, on ne peut pas dire que le personnage n’ait pas le CV requis pour tenir un tel poste : ENA, ESSEC, Sciences Po Paris, inspecteur général des finances, administrateur suppléant à la Banque mondiale à Washington de 2000 à 2003, directeur du Trésor de 2020 à 2024 – l’homme a sans doute des compétences dans le domaine monétaire autrement plus importantes que celles de Richard Ferrand en matière de droit constitutionnel. Ça, c’est pour le côté face.
Pour le côté pile (ou inversement), Emmanuel Moulin a derrière lui une solide carrière en cabinets ministériels, c’est-à-dire au cœur de la conception et de la conduite de la politique française : directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Emploi (2005-2007), cabinet de Christine Lagarde à Bercy en 2007, chef du pôle économie à l’Élysée en 2009. Avec l’élection de François Hollande, celui qui était alors sarkozyste part dans le privé. 2017, c’est le retour dans le sérail avec sa nomination comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire, à Bercy. Puis, en 2024, il prend la direction du cabinet de Gabriel Attal à Matignon. Enfin, en 2025, il remplace (ou, tout du moins, lui succède) le tout-puissant Alexis Kohler comme secrétaire général de la présidence de la République. Bref, Emmanuel Moulin peut légitimement revendiquer, par les postes clefs qu’il a tenus, avoir participé à la réussite que l’on connaît des politiques conduites sous Emmanuel Macron.
Examen de passage
Réussira-t-il son examen de passage devant les parlementaires des commissions des finances des palais Bourbon (72 députés) et du Luxembourg (49 sénateurs) ? Rien n’est écrit, aujourd’hui. À l’Assemblée, LFI et le RN ne devraient pas lui faire de cadeau. Jean-Philippe Tanguy l’a, d’emblée, qualifié d’« incompétent », en référence à son rôle dans les cabinets ministériels cités plus haut. Éric Coquerel, lui, dénonce des « risques évidents en termes de neutralité ». Ce serait une première ! RN, LFI, PC et Verts (qui devraient probablement s’opposer à cette nomination) comptent 34 députés, dans cette commission. Il en faudrait 10 de plus pour atteindre les trois cinquièmes. Que feront les députés socialistes, LR et LIOT ? Mystère. Quant au Sénat, il est tout aussi difficile, à cette heure, de faire un pronostic. Y aura-t-il une réaction de ras-le-bol de ces désignations en série de fin de règne ? On a évoqué Ferrand, Montchalin, mais il faudrait citer aussi la désignation, cette semaine, à la tête du Conseil d’État, de Marc Guillaume, actuellement préfet d’Île-de-France, parfait représentant de ce que d’aucuns appellent l’État profond français.
Cela fait effectivement beaucoup et ça commence à se voir. Cela dit, à quoi servirait le pouvoir, si on ne pouvait en user, voire en abuser…
#webtube : Bienvenue dans un nouvel épisode où le passé rencontre le prestige. Aujourd’hui, les murs de notre château Poséideon s’animent d’une élégance particulière avec la visite de la maison Dior. Entre la découverte de papiers peints centenaires cachés depuis des générations et une immersion dans l’incroyable chantier de restauration du Château de Purnon, nous vous emmenons dans un voyage au cœur du patrimoine et de l’art de vivre. L’histoire continue de s’écrire, et nous sommes heureux de la partager avec vous.
#webtube : Welcome to a new episode where the past meets prestige. Today, the walls of our Poseidon Castle come alive with a special elegance as we visit the House of Dior. From discovering centuries-old wallpapers hidden for generations to immersing ourselves in the incredible restoration project at the Château de Purnon, we take you on a journey to the heart of heritage and the art of living. History continues to unfold, and we are delighted to share it with you.