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#webtube : Sans complexe, l’Autorité vise la mise sous tutelle administrative du monde audiovisuel et numérique français. Une volonté de contrôle tous azimuts. Dans un long rapport publié ce mardi 19 mai, l’Arcom dévoile son « projet stratégique à horizon 2026-2028 ». L’autorité de régulation y détaille ses ambitions et sa vision de ce que devrait être l’espace médiatique français au sens large. Sans complexe, elle annonce vouloir « poursuivre sa transformation » et étendre son action « au-delà du rôle de gendarme de l’audiovisuel auquel elle est trop souvent réduite ». « À la nécessité d’une plus forte régulation des plateformes en ligne, à l’échelle européenne et nationale, pour protéger les individus, se conjuguent les risques induits par les désordres informationnels pour notre démocratie », se justifie en introduction le président de l’Arcom, le socialiste Martin Adjari.
Une feuille de route ambitieuse, structurée autour de trois axes transversaux, pour un paysage audiovisuel et numérique en pleine mutation.
En savoir plus : https://t.co/rPoCoWC8LU pic.twitter.com/OIXHX6tTaS
— Arcom (@Arcom_fr) May 19, 2026
Pour arriver à ses fins, l’Arcom se dote de nouveaux objectifs pour les années à venir. « Une feuille de route ambitieuse, pour un paysage audiovisuel et numérique en pleine mutation », est-il annoncé. Le premier de ces objectifs est de « contribuer à une meilleure protection des publics » sur Internet, et notamment des mineurs. Protéger les enfants des contenus islamistes ou pornographiques, quoi de plus noble ? Sauf que, comme souvent, l’enfer est pavé de bonnes intentions. La « protection des mineurs » sauce Arcom repose sur la vérification de l’âge non pas des enfants, mais de l’ensemble des utilisateurs d’Internet. Quel service sera chargé de collecter les identités et coordonnées de ces millions d’internautes ? Avec quel niveau de confidentialité ? Au vu des graves fuites de données personnelles qui ont eu lieu ces derniers mois sur des sites gouvernementaux, il y a de quoi s’inquiéter ou, a minima, se poser quelques questions.
Une liberté d’expression menacée
Surtout, ce projet choque par sa volonté manifeste de museler l’espace public numérique français et de faire de l’Arcom le juge des opinions autorisées. S’il prétend « garantir la liberté d’expression et la libre communication des idées », c’est bien l’inverse qui semble recherché. L’« objectif 2 » du projet porte ainsi sur la lutte contre la « haine en ligne », mais aussi contre les « dynamiques haineuses, y compris diffuses », grâce à la mobilisation d’un mystérieux « observatoire dédié »… Qu’est-ce donc qu’une « dynamique haineuse diffuse » ? La critique de l’immigration entrerait-elle, par hasard, dans cette étrange catégorie non définie ? On se demande bien.
À ce sujet — Maintenant, l’Arcom : des socialistes à la tête de tous les « contre-pouvoirs »
Tout aussi inquiétant, l’objectif 5 annonce le soutien économique des « médias producteurs d’une information professionnelle ». Au nom de quoi l’Arcom serait-elle fondée à favoriser certains médias plus que d’autres ? Par ailleurs, quels critères une information doit-elle remplir pour être considérée comme « professionnelle » ?
Même flou sur l’objectif 6, qui promet la mise en œuvre d’un nouveau cadre en matière de « pluralisme interne ». En réalité, on comprend entre les lignes que l’Arcom va se plier à une décision rendue en 2024 par le Conseil d’État, saisi par l’officine gauchisante Reporters Sans Frontières, qui lui demandait de faire respecter le pluralisme au sein des chroniqueurs et invités de CNews. L’absence totale de « pluralisme interne » à France Inter sera-t-elle également dans le viseur de l’Arcom ? On peut en douter.
Le Conseil d’Etat ordonne à l’Arcom de réexaminer le respect, par CNews, de ses obligations en matière de pluralisme https://t.co/QdJivcXcsc
— Le Monde (@lemondefr) February 13, 2024
Enfin, citons l’objectif 8, qui souhaite « contribuer à l’éducation aux médias ». Une mission d’autant plus urgente que, comme l’indique l’Arcom, « plus de 60 % des Français adhèrent à au moins une thèse complotiste ». Là encore, il y a de quoi rester perplexe. L’autorité de régulation est-elle bien légitime à faire le tri entre les informations et distinguer les bonnes des mauvaises ? Ce que la gauche a qualifié par le passé de « thèse complotiste » s’est parfois avéré parfaitement authentique : la généralisation du passe sanitaire pendant l’épisode du Covid, ou la présence de terroristes parmi les flux de migrants, entre autres exemples…
De premières réactions inquiètes
Si les politiques ne se sont pas encore emparés du sujet, de nombreux internautes s’inquiètent de ces annonces faites par l’Arcom. Beaucoup y voient un danger démocratique réel. « C’est fou le temps et l’énergie consacrés à réfléchir à des méthodes pour museler leurs concitoyens », note ainsi un Twittos. « Et le tout dans le silence ouaté des pantoufles, ce qui est presque le plus grave », dénonce un autre. « La dictature numérique s’installe sans qu’à aucun moment le Parlement ne s’y soit opposé », déplore un troisième.
Sur X, le lanceur d’alertes JBG a également souligné la dérive autoritaire de l’Arcom qui entend élargir son champ d’action en l’absence de tout contre-pouvoir. « Pas un mot sur le contrôle juridictionnel des décisions de l’Arcom, pas un mot sur les voies de recours pour les éditeurs, plateformes ou créateurs sanctionnés », déclare-t-il. Un Manifeste pour la Liberté d’Expression a ainsi été mis en ligne pour dénoncer un « coup d’État administratif » et revendiquer la « liberté à parler, écrire, publier librement » dont devrait bénéficier chaque citoyen français. À méditer.
Jean Kast, dans BV


