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#webtube : L’annonce survient au moment précis où parait le rapport Alloncle sur la neutralité de l’audiovisuel public… Ce sera l’un des événements télé de la rentrée prochaine. Après plus de trente ans d’absence des écrans, l’émission culte L’Heure de vérité sera de retour sur France 2 au mois de septembre 2026. Cette nouvelle mouture du célèbre rendez-vous politique sera revue et corrigée par les équipes de Thierry Clopeau, directeur des programmes d’info de France TV Studios. D’après les informations du Parisien, sa présentation sera assurée par Caroline Roux, animatrice phare de France 5. Le casting des journalistes qui feront face aux invités est également dévoilé : il s’agirait des très politiquement corrects Benjamin Duhamel et Marc-Olivier Fogiel, mais aussi de la mordante Eugénie Bastié, figure bien connue des fidèles de CNews. Étienne Gernelle (RTL) et Élise Lucet (France TV) pourraient quant à eux se joindre à l’équipe « dans un quatrième rôle ou comme jokers des personnalités précitées ».
Contactée par BV, Eugénie Bastié n’a pas souhaité commenter l’information. « Rien n’est encore officiel », nous a-t-elle confié.
Figure de CNews, Eugénie Bastié rejoint France 2 pour le retour de « L’heure de vérité » https://t.co/LzTwIEDtWW
— puremedias.com (@puremedias) May 4, 2026
Lancée en 1982, L’Heure de vérité était initialement présentée par François-Henri de Virieu. Elle avait vu défiler une ribambelle de personnalités de la classe politique, de Lionel Jospin à Jean-Marie Le Pen, en passant par Édouard Balladur et Raymond Barre. Sa notoriété reposait sur son fameux générique – une version instrumentale de Live and Let Die de Paul McCartney – mais aussi sur son trio de journalistes qui bombardaient de questions leurs invités, Alain Duhamel, Albert du Roy et Jean-Marie Colombani.
Une arrivée vivement critiquée
Sans surprise, l’arrivée possible d’une Eugénie Bastié sur les antennes du service public ne fait pas l’unanimité. Une seule journaliste de droite parmi cinq autres classés au centre ou à gauche, ce serait déjà trop, pour certains. « Après France Info, c’est maintenant France 2 qui débauche chez CNEWS, a ainsi tweeté le député d’extrême gauche Thomas Portes, visé par une plainte pour apologie du terrorisme. Bolloré place ses pions un peu partout pour faire avancer son agenda raciste et réactionnaire. Indigne du service public audiovisuel. » Et la journaliste du Figaro de lui répondre du tac au tac : « Je ne suis le pion de personne, contrairement à vous qui êtes le petit soldat d’un mouvement politique qui a fait du mépris des journalistes sa marque de fabrique. »
À ce sujet — « La France face à la guerre » : France 2 joue sur les peurs
Je ne suis le pion de personne, contrairement à vous qui êtes le petit soldat d’un mouvement politique qui a fait du mépris des journalistes sa marque de fabrique. https://t.co/HtTwxXl7X1
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) May 3, 2026
Que pense-t-on de cette embauche dans les couloirs de France TV ? Pas que du bien, on peut le supposer. On se souvient de la levée de boucliers qu’avait suscitée l’arrivée en février dernier de Sonia Mabrouk sur BFM TV, chaîne pourtant moins à gauche que l’audiovisuel public. « Recruter une journaliste qui a contribué à la banalisation de l’extrême droite annonce un virage particulièrement inquiétant de la ligne éditoriale de BFMTV, à un an de l’élection présidentielle », s’étaient alors indignés le NSJ, la CGT et le SNME-CFDT de RMC BFM. On garde aussi en mémoire le recrutement, en 2021, par France Inter, de la très centriste Natacha Polony qui avait suffi à crisper la rédaction…
Un premier « effet Alloncle » ?
Signe d’ouverture de France Télévisions
Bonne recrue. pic.twitter.com/AgE8mmOqk5— Christine KELLY (@christine_kelly) May 4, 2026
Alors faut-il voir dans l’arrivée d’Eugénie Bastié sur France 2 un premier effet de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ? Peut-être. L’annonce de cette embauche survient en effet la veille de la publication du très attendu rapport Alloncle. Un « heureux hasard » que d’aucuns trouvent bien étrange… Des mois d’enquête et d’auditions mettant à jour les nombreux dysfonctionnements des médias d’État auraient-ils amené certains à mettre de l’eau pluraliste dans leur vin gauchiste ? Reste que l’arrivée d’une seule personnalité conservatrice au sein d’un pool de journalistes progressistes est encore largement insuffisante. La France penchant nettement à droite, c’est cette nuance politique qui devrait normalement être la mieux représentée sur France TV.
Jean Kast dans BV


