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#webtube : « La stratégie est toujours la même, elle vise à nous détruire », déplore Géraud de la Tour, l’un des organisateurs. Créés il y a cinq ans, les grands banquets du Canon français sont la cible d’une cabale menée par les députés de La France insoumise et le service public. Le lundi 4 mai, le journal de 20 heures de France 2 présenté par Léa Salamé s’est intéressé à ces événements qui rassemblent des milliers de participants dans toute la France. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les journalistes de France Inter à l’origine du reportage diffusé n’ont pas pris de gants.
Ces derniers étaient présents lors du banquet du 18 avril dernier à Caen. Ils ont filmé, en caméra cachée – une méthode pourtant dénoncée par ce même service public dans l’affaire Legrand-Cohen -, des scènes dites « polémiques ».
La vidéo débute avec une Marseillaise entonnée par les canonniers. Une voix off au ton grave décrit les images en ces termes : « Lors d’un banquet du Canon français, dans une foule entonnant la Marseillaise, un homme goguenard lève son bras, paume vers le bas. Est-ce un salut nazi ? » Pour France Télévisions, la réponse est dans la question. Le fait que l’homme en question ait la main droite sur le cœur et lève la main gauche furtivement, bien que les saluts nazis se fassent normalement de la main droite, est une preuve presque irréfutable.
Caméra cachée
Les journalistes en cherchent donc d’autres pour étayer la thèse fasciste qu’ils veulent vendre au téléspectateur du JT. Premier argument : du cochon est servi à table. Et, comme tout un chacun doit désormais le savoir, s’il y a du porc, c’est raciste. L’élevage porcin représente un tiers de la production de viande française et les produits, notamment charcutiers, issus de ce pan de l’agriculture font partie intégrante de la gastronomie française, mais ce que retient le journaliste de France Inter, c’est une « allusion » faite par un participant : « Le cochon, ça fait fuir. » Le reporter masqué oublie de préciser que le Canon français sert aussi du canard, de l’agneau, du bœuf et même de la pintade au moment de Noël.
Viennent ensuite « les propos racistes ». Un homme raconte qu’il est heureux de ne pas avoir à parler anglais, allemand ou sénégalais ici, comme c’est le cas dans son travail. Il dit ensuite : « Ici, il y a nous et puis il y a les animaux en face. » Rien n’est très cohérent dans ses propos, mais encore une fois, la voix off ne s’embarrasse pas et les classe dans la catégorie des phrases racistes.
Pour terminer et bien enfoncer le clou, le reportage montre des drapeaux français, des personnes qui « disent voter à l’extrême droite » et une personne qui « déteste l’Union européenne et lance un appel confus à la violence ». Les termes employés par ce dernier comme « flinguer » sont en effet très discutables, tout comme ceux prononcés, quelques instants plus tôt, par un autre canonnier qui pointe du doigt « Mamadou ».
Ces dérapages sont évidemment à condamner. Le fait qu’ils aient été dits par des personnes visiblement avinées n’excuse rien. Mais puisqu’il s’agit d’extraits choisis, une question se pose : le journaliste a-t-il provoqué ces prises de parole douteuses ?
Le ton du reportage et la façon dont France Télévisions s’engouffre, sans la moindre nuance, dans la brèche ouverte par La France insoumise, et plus particulièrement par l’eurodéputée Emma Fourreau, qui a fait du Canon français son ennemi numéro 1, sont choses inquiétantes. Tout comme le signalement, au titre de l’article 40, rédigé par le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte, au procureur de la République sur les seuls faits rapportés par le reportage à charge réalisé par France Inter.
Guerre ouverte
Comme l’a dit très justement Eugénie Bastié, sur X, « que des individus aient tenu des propos racistes en privé à l’une de ces réunions est évidemment déplorable et cela a été condamné par les fondateurs du Canon français. […] Malheureusement (ou heureusement), on n’a pas encore inventé de portiques de sécurité capables de lire dans les pensées des gens avant de les faire entrer à un événement. »
À chacun de ses banquets, le Canon français accueille des milliers de participants qui signent une charte de bonne conduite, mais il n’y a pas de risque zéro et parfois, comme cela a été le cas à Caen, certains participants tiennent des propos intolérables. Les organisateurs sont-ils responsables de cela ? Le Canon français doit-il être interdit pour quelques brebis galeuses ?
Cela semble être l’objectif de ce reportage, comme le dénonce Géraud de La Tour, l’un des organisateurs, à BV : « La stratégie est toujours la même, elle vise à nous détruire. » Il déplore la « généralisation d’un ou deux faits » pour faire « de propos de comptoirs un sujet national ». Selon lui, le reportage est « malhonnête » et regorge de « mensonges et de manipulations ». Il s’indigne de la « cabale médiatique » dont est victime son entreprise dans le but de « mettre la pression sur les maires » des futures villes hôtes.
Il rappelle, enfin, que le Canon français ne veut être ni l’icône d’un mouvement politique, ni la cible d’un autre, mais que les salariés de l’entreprise ainsi que tous les partenaires qui travaillent avec eux ne souhaitent qu’une chose : « Qu’on nous fiche la paix ! » Le message est passé.
Sarah-Louise Guille, dans BV
