Articles : Mai 2026 – Avril 2026 – Mar. 2026 – Fev 2026 –
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Julien Odoul, député de l’Yonne, entend mettre fin à la fuite des sportifs de haut niveau. Kaylia Nemour et Djenna Laroui (Algérie) pour la gymnastique ; Frédéric Kanouté (Mali), Aymeric Laporte (Espagne), Loïc Négo (Hongrie), Houssem Aouar (Algérie), Yacine Brahimi (Algérie) et Ismaël Doukouré (Côte d’Ivoire) en football ; Maya Cloetens (Belgique), Jacques Jefferies (Grande-Bretagne) et Florent Claude (Belgique) en biathlon. Tous ces sportifs ont un point commun : ils ont été formés en France et ont changé de nationalité sportive au cours de leur carrière. Il y en a des dizaines d’autres.
Tous ont bénéficié de l’expérience et du savoir-faire français pour devenir des sportifs de haut niveau. Pendant des années, ils ont arpenté les couloirs de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), des CREPS (Centres de ressources, d’expertise et de performance sportive) et des Pôles France, ils ont foulé les pelouses de Clairefontaine et ont participé à des compétitions de jeunes sous les couleurs de la France puis, un beau jour, matériel sous le bras, ils ont quitté le pays qui les a fait grandir et se surpasser. Pourquoi ? Parce qu’ils ont préféré la nation de leurs ancêtres à celle qui leur a tout donné, parce qu’en France, la concurrence était trop rude…
Une formation coûteuse
Les raisons sont propres à chacun et, d’une certaine manière, elles importent peu. Ce qui mérite, en revanche, d’être souligné, c’est que la formation dont ils ont profité n’a pas été gratuite. À l’INSEP, elle coûte entre 30.000 et 40.000 euros par an et par athlète et peut être d’une durée allant jusqu’à dix ans. À l’INF Clairefontaine, c’est entre 50.000 et 80.000 euros par an et par joueur sur une durée de deux à trois ans. Et pour ce qui est du biathlon, entre la formation en pôle espoir et celle délivrée au sein de l’équipe de France, la facture totale peut s’élever à 300.000 euros pour un sportif.
À ce sujet — Formée et médaillée grâce à la France, la gymnaste Djenna Laroui rejoint l’Algérie
Qui paye ? La France ! L’État, via le ministère des Sports et l’Agence nationale du sport, les collectivités territoriales, les fédérations… La part la plus importante de la formation, qui comprend souvent le logement, la nourriture, la scolarisation et l’entraînement, est financée par de l’argent public. En d’autres termes, le contribuable français supporte le coût de la formation de sportifs de haut niveau qui vont ensuite glaner des médailles pour l’Algérie, l’Espagne, le Mali et d’autres nations concurrentes. Chose à laquelle Julien Odoul, député du Rassemblement national de l’Yonne, entend mettre un terme en déposant une proposition de loi.
Une loi dissuasive
Il en détaille les contours pour BV : « Cette proposition de loi s’articule autour de trois volets. Le premier volet, c’est de faire en sorte que l’athlète qui décide de partir perde tous ses avantages et bénéfices du statut de sportif de haut niveau français. Le deuxième volet, c’est que la fédération du pays qui bénéficie de l’arrivée du sportif formé en France indemnise la fédération quittée pour les nombreuses années de soutien et d’accompagnement. C’est, à mon sens, le plus important, puisque c’est le volet qui est le plus dissuasif. Le troisième, qui découle du second, c’est l’information, c’est-à-dire qu’à l’engagement du sportif de haut niveau, dès le début de sa formation, on l’informe que s’il devait concourir sous une autre bannière, s’il souhaitait changer de nationalité sportive, cela aurait un coût. »
Le député préconise également la mise en place, dans tous les sports, d’une règle proche du mécanisme de solidarité de la FIFA, qui prévoit une redistribution des indemnités de transfert aux clubs formateurs d’un joueur professionnel. Selon lui, ce serait une bonne manière « de remercier et de valoriser les formateurs », mais aussi, et surtout, cela permettrait à la France d’éviter d’enregistrer « une perte totale ». Il juge insensé de rester dans un système où il est possible, « après des années de formation, des années d’avantages et d’investissement, que du jour au lendemain, un autre pays rafle tout sans avoir dépensé un centime ». La logique est implacable.
Sarah-Louise Guille, pour BV
