. Union européenne : le Parlement refuse la transparence sur les salaires dans les ONG

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Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : Gauche et centre refusent un amendement renforçant la transparence des ONG financées par l’Union européenne. « Cet amendement a été retoqué par le centre et toute la gauche. » Pour Virginie Joron, eurodéputée RN, le vote intervenu cette semaine au Parlement européen en dit long sur le malaise de Bruxelles autour de la transparence financière des ONG subventionnées.

L’élue RN avait défendu un amendement visant à imposer davantage de clarté sur les rémunérations des dirigeants d’associations financées par des fonds européens. Une proposition rejetée par les groupes du centre, de la gauche et des écologistes. « Tout l’argent qui vient de Bruxelles à destination des ONG, nous voulons de la transparence, notamment par rapport à la rémunération des dirigeants », explique-t-elle à Boulevard Voltaire.

26 000 euros – le salaire tranquille d’un PDG d’ONG…

Dans la série, les votes les plus dingues au Parlement européen, la majorité refuse que la Commission impose aux dirigeants d’ONG de publier leurs salaires…

Certains PDG d’ONG vont pouvoir continuer d’obtenir des…

— Virginie Joron (@v_joron) May 6, 2026

Pour Virginie Joron, ce refus entretient une opacité difficilement justifiable alors que certaines ONG bénéficient de financements publics massifs, nationaux comme européens.

« Des salaires affolants »

La polémique s’est cristallisée autour d’un chiffre : « 26 000 € par mois pour le PDG de Save the Children », lance l’eurodéputée RN, évoquant la rémunération du dirigeant de l’ONG, subventionnée à hauteur de 38 millions d’euros par l’Union Européenne en 2024. Selon elle, les montants observés dans certaines grandes ONG justifient précisément des obligations renforcées de publication. « Quand on regarde de plus près, ils ont des salaires ahurissants », affirme-t-elle.

Les critiques s’appuient également sur plusieurs révélations concernant les rémunérations au sein d’ONG internationales. Selon des documents révélés par le quotidien britannique The Times, plusieurs dirigeants d’Oxfam basés à Nairobi percevaient des rémunérations pouvant atteindre jusqu’à 185.000 euros par an, alors que l’ONG perçoit plus de 600 millions d’euros de l’Europe sur dix ans.

À ce sujet — Immigration : au Parlement européen, l’union des droites change la donne

Des chiffres qui alimentent les interrogations sur l’utilisation des fonds dans des structures bénéficiant régulièrement de financements publics ou institutionnels.

Des millions d’euros d’argent public

Car les montants en jeu sont loin d’être anecdotiques. En France comme à Bruxelles, plusieurs grandes ONG actives sur les questions migratoires ou environnementales vivent largement grâce à l’argent public.

Selon la Fondation IFRAP, France Terre d’Asile a reçu plus de 6,5 millions d’euros de subventions publiques en 2022. Présidée par l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, l’association figure parmi les principaux opérateurs associatifs de la politique migratoire française.

À l’échelle européenne, les sommes changent encore de dimension. Le Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI), principal outil budgétaire de l’Union européenne sur ces questions, représente près de 10 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Une partie de ces crédits finance directement des structures associatives impliquées dans l’accueil, l’intégration ou l’accompagnement des migrants.

Certaines ONG écologistes bénéficient également de financements européens via le programme LIFE, destiné à soutenir les politiques environnementales et climatiques.

Une transparence à géométrie variable

C’est précisément cette utilisation massive d’argent public qui alimente aujourd’hui les critiques des élus souverainistes et conservateurs. Car contrairement aux grandes entreprises cotées ou aux responsables politiques, les dirigeants d’ONG ne sont pas systématiquement soumis aux mêmes exigences de transparence.

Les rémunérations des patrons du CAC 40 sont publiées chaque année dans les documents financiers des entreprises. Les indemnités des ministres, parlementaires ou élus locaux sont également connues du public. Mais dans le monde associatif subventionné, les obligations de publication restent beaucoup plus variables, voire inexistantes.

Pour les défenseurs de l’amendement rejeté, le problème n’est pas seulement le militantisme des ONG, mais l’opacité qui entoure certaines rémunérations financées indirectement par le contribuable. Selon eux, une organisation bénéficiant massivement d’argent public devrait être soumise aux mêmes exigences de transparence que les grandes entreprises cotées ou les responsables politiques.

Le rejet de l’amendement par le centre et la gauche risque désormais d’alimenter davantage les critiques contre Bruxelles. Car derrière cette bataille parlementaire, une question continue de s’imposer : jusqu’où peut-on utiliser l’argent public sans devoir rendre totalement transparents les salaires de ceux qui le gèrent ?

Yann Montero, dans BV

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