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#webtube : Les eurofédéralistes accusent le coup après une motion de censure dont le patriote George Simion sort grand gagnant. Le 5 mai, le Parlement roumain a voté à une large majorité la censure du gouvernement. Prévu par l’article 113-1 de la Constitution roumaine, la motion, déposée par le Parti social-démocrate (PSD), a obtenu 281 voix. Le Parlement comptant 464 sièges (330 députés et 134 sénateurs), la majorité requise pour l’adoption était de 233 voix.
La Roumanie vient de renverser son gouvernement pro-UE d’Ilie Bolojan.
— SystemDEAL (@SystemDeal) May 5, 2026
Motion de censure adoptée par 281 voix.
10 mois d’austérité, de pauvreté et de soumission à Bruxelles… et hop, dehors.
Même les sociaux-démocrates se sont alliés à l’extrême droite pour le virer.
L’UE… pic.twitter.com/hfKpzgBl1c
Son dépôt avait été annoncé dès le 27 avril, sur son compte X, par le député George Simion, président du parti nationaliste Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) et finaliste malheureux de la dernière élection présidentielle.
🚨The #AUR Party will submit a motion of censure against the current government, which has ruined the Romanian economy and impoverished the 🇷🇴people.
— 🇷🇴 George Simion 🇲🇩 (@georgesimion) April 27, 2026
The sooner this government falls, the better for #Romania.
May God bless our country and its people!
À ce sujet — Roumanie : Valérie Hayer veut faire battre le candidat nationaliste !
Les parlementaires nationaux conservateurs d’AUR et de SOS Roumanie ont joint leurs voix à celles du PSD, et la motion a aussi reçu le soutien de plusieurs élus des partis de centre droit soutenant le gouvernement. Selon la Constitution, ce vote entraîne automatiquement la chute du gouvernement et du Premier ministre, Ilie Bolojan, issu du Parti national libéral (PNL), qui était entré en fonction en juin 2025. En l’attente d’un nouveau gouvernement, et pour une période de 45 jours au maximum, le gouvernement sortant devient une « administration intérimaire » chargée de gérer les affaires courantes.
Patriotes qui rient, européistes qui pleurent
Sur X, George Simion a rapidement réagi à l’adoption de la motion, constatant que la fin de ce gouvernement est intervenue après « dix-huit mois durant lesquels les prétendus pro-européens n’ont produit que taxes, guerre et pauvreté ». « La voix du peuple a été entendue aujourd’hui », a-t-il déclaré, estimant que le « temps pour la réconciliation nationale » est venu.
Le Parti des socialistes européens (PES) a assuré qu’à la suite de ce vote de défiance, il « se tient fermement aux côtés du PSD » et a appelé de ses vœux la mise en place d’un nouveau « gouvernement stable et pro-européen ». Même son de cloche du côté de l’Union sauvez la Roumanie (USR, centre droit), principal soutien du PNL au sein du gouvernement. Estimant que « la Roumanie ne doit pas retourner dans le passé », son communiqué annonce que « les ministres USR resteront au travail jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement », que l’USR ne formera pas « une nouvelle majorité avec le PSD [qui] a choisi de voter aux côtés de l’AUR pour faire tomber le gouvernement », mais « propose au PNL un accord politique » qui défendra le maintien d’une ligne pro-européenne.
Bruxelles en PLS, Valérie Hayer en furie
Si aucune réaction n’est à signaler, à l’heure où nous écrivons, de la part d’Ursula von der Leyen ou de Nathalie Loiseau, Valérie Hayer, présidente du groupe Renew au Parlement européen, ne décolère pas et s’est érigée en porte-parole de Bruxelles et de la Macronie. « Le Parti social-démocrate roumain de gauche s’est allié au parti d’extrême droite pour faire tomber le gouvernement pro-UE de la Roumanie », a-t-elle dénoncé. Pour elle, « il s’agit d’un acte irresponsable à un moment critique ». En effet, a-t-elle poursuivi, « les enjeux pour la Roumanie et pour l’Europe sont élevés » et la Roumanie « ne devrait pas choisir la radicalité mais la stabilité ». « Nous regrettons profondément cet alignement avec ceux qui sapent le pays et l’Europe, font écho aux intérêts russes, remettent en question la science et se dressent contre nos valeurs », a-t-elle ajouté. Trouvant, par ailleurs, le moment mal choisi (bien que la situation économique du pays soit très mauvaise), elle a estimé que la stabilité, « obtenue en poursuivant les réformes et en débloquant les fonds de l’UE, est le choix responsable pour la Roumanie et pour l’Europe ». « Ce n’est pas le moment de jouer à la roulette avec l’avenir de la Roumanie, mais un moment pour la responsabilité », a-t-elle conclu, assurant ses amis de l’USR du soutien de Renew.
Le vent tourne…
Après une précédente déception en Hongrie, où la défaite de Viktor Orbán a mis au pouvoir un Péter Magyar bien moins européiste qu’espéré, le clan bruxellois a pris un nouveau coup sur la tête à Bucarest et ne peut cacher une certaine inquiétude. La couverture de la censure du gouvernement PNL-USR par Libération, qui interroge le politologue Cristian Pîrvulescu, est à ce titre emblématique : « La victoire tactique du PSD avec cette motion de censure cache une défaite stratégique : à moyen et long terme, le principal gagnant est l’AUR, désormais installé au cœur de la vie politique. » Le vent tourne dans l’UE alors que s’y profilent plusieurs autres scrutins – en Lettonie, en Espagne, en Allemagne puis en France – qui pourraient bien, eux aussi, ne pas souffler tous dans le sens de Bruxelles…
Etienne Lombard, dans BV
