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#webtube : C’est aujourd’hui que les électeurs israéliens élisent les 120 membres de la Knesset. A 16h la participation atteignait déjà 56%, annonçant un record historique. Pour beaucoup, il s’agit avant tout d’un référendum pour ou contre Netanyahou, incontestable chef de guerre face aux menaces existentielles qui visent Israël, seul pays au monde en état de guerre permanent depuis 1948. Une sinistre réalité que bien des bonnes âmes occidentales ont tendance à oublier…28 pays musulmans ne reconnaissent toujours pas le droit à l’existence d’Israël. Par conséquent, j’estime que si Netanyahou n’est pas un enfant de chœur, nul ne peut lui reprocher sa détermination à combattre les agresseurs que sont le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. Je rappelle que l’agression barbare du 7 octobre 2023 n’est pas le fait d’Israël et j’ajoute que ce n’est pas Jérusalem qui veut rayer l’Iran de la carte mais l’inverse. Assez de mensonges.
Les forces en présence
La majorité absolue est de 61 sièges. Deux coalition s’affrontent, celle menée par le Likoud de Netanyahou, soutenue par les partis ultraorthodoxes et les formations d’extrême droite, et celle conduite par Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major leader du parti Yashar. Ce bloc rassemble les forces centristes et la gauche unifiée. Les partis arabes israéliens étant les arbitres potentiels du scrutin.
La question des ultraorthodoxes est au cœur de la guerre et de l’élection
C’est le manque d’effectifs militaires qui a déclenché ces élections anticipées. Après trois ans de guerre sur trois fronts simultanés, Iran, Gaza, Liban et maintien de l’ordre en Cisjordanie, Tsahal annonce un déficit de 12 000 soldats, ce qui pénalise les rotations d’effectifs et aggrave l’épuisement des unités. Or, les jeunes ultraorthodoxes ont toujours refusé de servir dans l’armée. La fin de l’exemption de service militaire pour ces derniers, ordonnée par la Cour suprême, a créé une fracture explosive. Face au refus de Netanyahu de passer outre cette décision faute de majorité, les partis orthodoxes ont provoqué la dissolution de la Knesset. La majorité des jeunes ultraorthodoxes refusent toujours de s’enrôler pour préserver leur identité religieuse, provoquant la colère des réservistes et de la population laïque. Notons que cette minorité pèse 15% de la population totale, mais vu son exceptionnel taux de natalité, les étudiants ultraorthodoxes pèsent 33% de la jeunesse israélienne. A terme, Tsahal n’aura plus de soldats. Ce privilège exorbitant qui consacre le refus de se battre m’a toujours sidéré, alors que le pays est en guerre permanente depuis près de 80 ans. C’est incompréhensible.
Le regard inquiet de l’Occident
Empêtré dans les conflits ukrainien et iranien, Trump semble prêt à s’adapter à toutes les situations pour sortir du bourbier devenu inextricable. Quant à l’Europe, qui s’est toujours démarquée de l’offensive américano-israélienne de février 2026, elle parie sur une défaite de Netanyahou pour ramener le calme au Proche-Orient.
21h Paris, les résultats viennent de tomber
on ce n’est pas une défaite écrasante pour Netanyahou, comme l’espérait la presse française anti-Israël. L’opposition, donnée un temps en tête, paraît distancée par le Likoud et ses alliés, et on se dirige vers un blocage de la Knesset.
Le taux de participation dépasse 74% mais la nation en guerre n’a pas suivi son chef. Aucune coalition n’atteint la majorité de 61 sièges. Netanyahou tourne autour de 57 sièges tandis que l’opposition est à 47 sièges. La paralysie est totale. Dans ce paysage fracturé, les listes arabes créent la surprise en décrochant 16 sièges, devenant mathématiquement les arbitres absolus d’une Knesset totalement bloquée.
Voici la répartition détaillée des 120 sièges par groupe politique :
Face à ce blocage institutionnel désormais inévitable, Washington observe la situation avec une immense prudence, craignant une instabilité prolongée en pleine guerre régionale. À Bruxelles, les diplomaties européennes prennent acte avec frilosité d’un pays politiquement coupé en deux, condamné à de longues semaines de tractations ou au spectre d’un nouveau retour aux urnes. Les résultats définitifs seront connus demain et restent susceptibles d’évoluer à la marge avec le dépouillement des enveloppes à double tour, mais aucun bloc ne peut espérer atteindre seul la barre fatidique des 61 sièges.
Jacques Guillemain, Riposte Laïque
