#webtube : Strasbourg. Urgence absolue pour 2 jeunes de 19 et 21 ans / Wattrelos (59). Un homme retrouvé mort par balle après un braquage Nancy / quartier de la chinnerie. Un homme tué d’une balle dans la tête / Saint-Louis-de-Montferrand (33): Un ado de 16 ans retrouvé mort par balle / Versailles (78) : un intrus perturbe un cours en ligne avec des images inappropriées / Nancy (54) : l’entrée du lycée Loritz incendiée / Défense franco-allemande : après l’échec du SCAF, l’Allemagne quitte le projet de char du futur MGCS / Reims (51) : un policier blessé à l’œil par un tir de mortier devant un lycée / Pont-de-Chéruy (38) : deux incendies devant le lycée La Pléiade
États-Unis : la mise à mort par peloton d’exécution de l’auteur d’une tuerie sur une base militaire en 2009 sera publique et diffusée en direct
Strasbourg. Urgence absolue pour 2 jeunes de 19 et 21 ans agressés à l’arme blanche au niveau des Halles, en face du Mac Do
Wattrelos (59). Un homme retrouvé mort par balle après un braquage par deux auteurs, le décédé serait un des braqueurs (Màj. Nouvelle fusillade, pronostic vital engagé pour un jeune homme de 18 ans)
Nancy, quartier de la chinnerie. Un homme tué d’une balle dans la tête(Note : orthographié « chinnerie » sur l’image pour le quartier de la Chiennerie)
Saint-Louis-de-Montferrand (33). Un ado de 16 ans retrouvé mort par balle
Versailles (78) : un intrus perturbe un cours en ligne avec des images inappropriées et violentes : plainte déposée
Nancy (54) : l’entrée du lycée Loritz incendiée, les élèves évacués et tous les internes renvoyés chez eux
Défense franco-allemande : après l’échec du SCAF, l’Allemagne quitte le projet de char du futur MGCS, annonce le général Mandon
Reims (51) : un policier blessé à l’œil par un tir de mortier devant un lycée, un mineur placé en garde à vue
Pont-de-Chéruy (38) : deux incendies devant le lycée La Pléiade, des vitres du gymnase brisées par des jets de pierres
#webtube : Le parti identitaire allemand AfD caracole dans les sondages fédéraux et est en passe d’obtenir le gouvernement régional de Saxe-Anhalt. Afin de comprendre comment cela est possible, Polémia a interrogé l’essayiste allemand Benedikt Kaiser, dont l’ouvrage Vers l’hégémonie : le combat métapolitique vu d’Allemagne vient d’être traduit par l’Institut Iliade et publié aux éditions de la Nouvelle Librairie. Un entretien passionnant qui montre les forces de l’AfD, en tout cas de sa partie la plus conscientisée, notamment à l’Est : un parti où la démocratie de base est réellement vécue — ceci est aussi lié à la tradition fédérale de l’Allemagne — et où les relations avec son Vorfeld, son avant-champ, sont utilement développées et exploitées. Précisons que plusieurs députés de l’AfD — régionaux, fédéraux ou européens — seront présents, en compagnie de nombreux collègues d’autres nationalités, au forum que Polémia tiendra le 31 octobre à Paris Sud sur la remigration.
« Avec l’AfD, les Allemands espèrent que les choses pourront être différentes ! »
Polémia : Du point de vue français, l’ascension rapide de l’AfD aux élections régionales et dans les sondages pour les élections fédérales est impressionnante. Comment expliquez-vous cela ?
Benedikt Kaiser : Les résultats des partis traditionnels — des Verts au SPD, en passant par la CDU et la CSU — ont été catastrophiques ces dernières années. Et ils le sont toujours. La frustration gagne donc des couches toujours plus larges de la population. À cela s’ajoute un profond malaise face à la situation économique : la peur du déclassement augmente. Dans le même temps, la crise migratoire n’est pas résolue et les prix de l’énergie s’envolent, entre autres problèmes. Dans ce contexte, l’AfD apparaît à un nombre croissant d’électeurs, notamment à d’anciens abstentionnistes, comme la seule force qui ne porte aucune responsabilité dans ce grand malaise, puisqu’elle n’a encore jamais gouverné. Autrement dit, beaucoup d’électeurs savent déjà que les anciens partis ne sont pas capables de gouverner correctement. Avec l’AfD, ils espèrent au moins que les choses pourront être différentes !
Polémia : Comment l’AfD est-elle organisée ? Centraliste ? Fédéraliste ? Y a-t-il une certaine subsidiarité dans son fonctionnement ou non ?
Benedikt Kaiser : L’AfD est un parti où la démocratie de base est réellement vécue. Même si elle se professionnalise et se modernise de plus en plus, elle conserve ce réflexe très fort de ne vouloir se laisser dicter sa conduite par personne — pas même par ses propres dirigeants, très souvent ! Au fond, l’Allemand moyen, contrairement à beaucoup de Français, est très attaché au fédéralisme. Cela vaut aussi pour l’AfD : les fédérations régionales des Länder jouent un rôle important et il n’existe pas, à Berlin, de direction centrale autoritaire.
Polémia : Quels sont les efforts déployés pour recruter et former des dirigeants et des militants ?
Benedikt Kaiser : Au niveau fédéral, on commence progressivement à mettre en place des structures de formation et à mieux former les jeunes cadres de la relève. Il était grand temps ! Certaines fédérations régionales — fédéralisme oblige ! — ont joué un rôle d’avant-garde, par exemple en Thuringe. L’Est impulse les dynamiques, l’Ouest suit. Mais, dans l’ensemble de l’Allemagne, il reste encore beaucoup à faire en matière de recrutement, de formation initiale et de formation continue.
« Apprendre à articuler de manière constructive métapolitique et Realpolitik »
Polémia : Comment fonctionne le mouvement de jeunesse de l’AfD ? Est-il dynamique ? N’expose-t-il pas trop l’AfD aux rigueurs du politiquement correct et à la surveillance des « services » ?
Benedikt Kaiser : L’organisation de jeunesse de l’AfD, Generation Deutschland (GD), est nouvelle. L’ancienne organisation de jeunesse, la Junge Alternative (JA), a été dissoute. La répression des services de renseignement est réelle, la terreur antifasciste est réelle, tout comme la pression venant de l’intérieur même du parti (notamment de ses courants libéraux). Et pourtant, je pense que la GD est sur la bonne voie pour former, de manière dynamique et professionnelle, l’AfD de demain. Mais il faut encore aller plus loin. Dans la frange « plus âgée » du populisme de droite allemand, l’idée pourtant élémentaire qu’il faut un soubassement métapolitique et qu’il faut élaborer une vision du monde suffisamment sensée, cohérente et consistante n’est pas encore réellement admise par tous. À mes yeux, c’est l’un des principaux problèmes. Je constate davantage de progrès chez les jeunes. Ils doivent apprendre à articuler de manière constructive métapolitique et Realpolitik. Si les piliers que sont les valeurs, le savoir et la vision du monde font défaut, un responsable politique peut certes se montrer flexible dans la gestion quotidienne, mais il tend alors — comme le montrent tant de partis de droite en Europe ! — à verser trop souvent dans l’opportunisme et l’inconsistance.
Polémia : Quel rôle joue le terme de remigration dans le discours et le programme de l’AfD ? Mobilise-t-il ? Inquiète-t-il ?
Benedikt Kaiser : Le terme suscite beaucoup d’irritation et constitue, au sens de Chantal Mouffe, un « signifiant vide ». Autrement dit, des acteurs différents y projettent des contenus différents. La « remigration » peut désigner beaucoup de choses : l’expulsion des seuls immigrés clandestins ; ou également celle des salafistes et des criminels ; ou davantage encore. Le terme reste ouvert — et, pour l’AfD, c’est souvent un avantage. Chaque électeur peut y mettre ce qu’il attend précisément d’un responsable de l’AfD lorsqu’il parle de remigration. En moyenne (!), l’AfD est néanmoins devenue aujourd’hui nettement plus modérée sur cette question que son propre électorat. Les exceptions confirment la règle.
Polémia : L’AfD est régulièrement exposée à des campagnes de diabolisation. Comment y fait-elle face ? Affrontement ? Contournement ? Dédiabolisation ? Contre-diabolisation ? Y a-t-il des différences de traitement entre l’Est et l’Ouest ?
Benedikt Kaiser : L’AfD est diffamée depuis le premier jour de son existence, en 2013. Elle a toujours été présentée comme une force « d’extrême droite », alors même qu’elle était à l’origine libérale sur le plan économique et eurosceptique. Les réactions au sein de l’AfD sont diverses. Une partie du parti cherche à s’adapter afin d’apaiser les services de renseignement et les antifascistes de tous les partis. Elle prend ses distances avec ses propres compagnons de route, avec des thèmes comme la « remigration » ou encore avec le Vorfeld. Mais tout cela ne sert à rien. Un autre camp, au sein de l’AfD, adopte une attitude beaucoup plus assurée : il ne se laisse pas impressionner par ce que les services de renseignement et les antifascistes affirment dans la politique et les médias, par ce qu’ils inventent ou entreprennent. C’est cette partie de l’AfD qui réussit. On la trouve principalement — mais pas uniquement ! — en Allemagne de l’Est. L’Allemagne de l’Est est plus anticonformiste, plus disposée au changement, plus patriotique, plus courageuse — tout simplement différente. Cela s’explique par des facteurs culturels, historiques et psychologiques liés aux trajectoires divergentes de l’Ouest et de l’Est depuis 1945.
« L’AfD récolte ce que d’autres ont semé dans l’espace extraparlementaire »
Polémia : Considérez-vous que la droite en Allemagne a conquis une certaine forme d’hégémonie et que celle-ci sert l’AfD ?
Benedikt Kaiser : On peut diagnostiquer une hégémonie culturelle et politique relative de la droite, au moins dans certaines parties de l’Allemagne de l’Est. Mais tout cela reste encore très précaire et superficiel. Il reste énormément à faire, même si la possibilité existe. On observe également de premiers progrès dans les zones rurales de l’Allemagne de l’Ouest. Mais tout cela prend du temps. Il faut beaucoup de patience et de nombreux projets couronnés de succès, capables à leur tour de servir de modèles à d’autres villes et régions. Trop souvent, cependant, les populistes de droite présents dans les parlements ne comprennent pas ce que signifie le travail hégémonique. Ils s’enferment dans le « contre » au lieu de construire le « pour quoi ».
Polémia : Quel est le rôle du Vorfeld et, de manière générale, de la bataille culturelle et politique dans cette montée de l’AfD ?
Benedikt Kaiser : C’est une question dont on pourrait discuter pendant des heures. Je vais essayer de faire bref. Chez Jungeuropa Verlag — qui constitue le cœur de la « Nouvelle Droite » originelle en Allemagne —, nous partons de l’idée que toute progression des orientations patriotiques dans la lutte pour l’hégémonie suppose d’abord une interaction efficace et professionnelle entre un parti électoral patriotique et son Vorfeld extraparlementaire. Ce Vorfeld doit, dans chaque domaine, précéder le parti électoral et agir là où s’opère la formation quotidienne, consciente mais souvent aussi inconsciente, des citoyens : dans les associations, les initiatives citoyennes, les journaux, le sport, les réseaux sociaux, etc.
Dans ce schéma de la « mosaïque de droite », le Vorfeld de l’AfD constitue son espace de protection, de soutien et de recrutement. Il faut y ranger les organisations, associations et regroupements qui se sentent idéologiquement proches d’un parti donné. Les acteurs du Vorfeld n’ont nullement besoin d’être membres du parti pour contribuer à élargir son espace de résonance. Les pièces de la mosaïque sont disposées les unes à côté des autres, et non les unes au-dessus des autres. Mais, au moyen de projets exemplaires menés en commun et de situations de coopération, on peut élaborer une compréhension théorique commune de certaines approches, puis les mettre à l’épreuve dans la pratique. Adapté à notre situation, cela signifie que la « Realpolitik » (c’est-à-dire la politique parlementaire) et la « métapolitique » (c’est-à-dire la politique des idées, jusqu’à la politique sociale au sens large, le champ de la lutte pour l’hégémonie) doivent considérer cette tâche comme une entreprise commune menée sur des terrains d’action différents. Il faut se connaître, se comprendre et, lorsque c’est possible, se faire confiance. C’est ainsi qu’une « mosaïque » de travail peut coopérer de façon constructive sur le long terme.
L’AfD récolte ce que d’autres ont semé dans l’espace extraparlementaire. Mais elle récolte aussi parce que son adversaire politique a commis presque toutes les erreurs qu’il pouvait commettre. Et, dans de nombreux endroits, elle dispose elle-même de bonnes forces qui contribuent également à garantir son ascension. Bref, il s’agit d’un ensemble de facteurs. Le Vorfeld n’est pas, à lui seul, responsable de la montée de l’AfD. Mais, sans Vorfeld, cette progression serait plus limitée et seulement temporaire.
Polémia : Comment votre livre a-t-il été accueilli par le parti AfD et par ses opposants ? En quoi est-il utile pour les Français de lire sa traduction proposée par l’Institut Iliade aux éditions de la Nouvelle Librairie ?
Benedikt Kaiser : Le livre a été accueilli de manière très contrastée au sein de l’AfD. Des responsables politiques comme Björn Höcke et Christoph Berndt, qui dirigent respectivement l’AfD en Thuringe et dans le Brandebourg, l’ont recommandé comme le livre politique du moment. D’autres figures importantes de l’AfD le considèrent d’un œil critique, parce qu’elles craignent que la critique du libéralisme formulée dans le Vorfeld de l’AfD ne rende la CDU encore plus hostile au parti — alors qu’elle l’est de toute façon depuis longtemps. Nous sommes très satisfaits des ventes : plusieurs milliers d’exemplaires ont été écoulés, ce qui est déjà considérable, pour nous, s’agissant d’un ouvrage de théorie politique. Cela tient aussi au fait que mon livre, et ma personne, ont suscité une grande attention dans les médias dominants, du Financial Times jusqu’à Die Zeit, le plus grand hebdomadaire de la République fédérale. En Allemagne, toutefois, le camp de droite est traversé par de nombreuses démarcations internes. C’est pourquoi mon livre a fait l’objet de nombreuses recensions dans des journaux et revues de gauche libérale, voire d’extrême gauche, mais presque aucune dans les médias libéraux-conservateurs et de centre droit. Cela paraîtra certainement choquant et absurde aux Français ; à nous aussi, d’ailleurs, mais nous nous y sommes habitués.
Les lecteurs français pourront, grâce à ce livre, mieux comprendre la situation allemande, celle des conservateurs, de la « Nouvelle Droite », mais aussi celle des forces de gauche qui perdent aujourd’hui, peu à peu, leur hégémonie. Au-delà de l’histoire et de l’actualité allemandes que j’y traite, des lecteurs non allemands peuvent en tirer des enseignements essentiels. Car mon « gramscisme de droite » n’est pas une lubie intellectuelle, mais est très orienté vers la pratique. Il peut donc être appliqué tout aussi bien à la France, à la Belgique ou à d’autres pays ! Enfin, dans quelques années, l’AfD gouvernera la République fédérale d’Allemagne. Il pourrait être intéressant, pour les patriotes français, de comprendre dès maintenant — avant les médias dominants — pour quelles raisons l’AfD et son Vorfeld progressent vers l’hégémonie !
#webtube : L’or a dépassé les 5 400 dollars l’once en janvier 2026, un record, avant de redescendre autour de 4 100 dollars début octobre. Le seul mois de septembre a vu les cours reculer de plus de 8 %. Malgré cette correction, les banques centrales continuent d’acheter du métal jaune, et les fonds adossés à l’or attirent toujours les investisseurs. C’est ce que montre une analyse des données du World Gold Council, l’association internationale de l’industrie aurifère, publiée le 8 octobre.
289 tonnes au 2e trimestre
Selon le World Gold Council, la demande mondiale d’or a atteint 1 231 tonnes au 1er trimestre 2026 et 1 269 tonnes au 2e, soit respectivement 193 et 187 milliards de dollars. Les banques centrales en ont acheté 57 tonnes au 1er trimestre, puis 289 tonnes au 2e, soit environ 345 tonnes sur le semestre.
Les fonds indiciels adossés à l’or (ETF) ont connu des mouvements contrastés. Après 8,9 milliards de dollars de retraits en juin, ils ont attiré 18 milliards de dollars en août, portant leurs stocks au record de 4 189 tonnes. En septembre, malgré la chute des cours, ils ont encore recueilli plus de 70 tonnes.
Les anticipations de taux d’intérêt aux États-Unis, l’évolution du dollar et des rendements des emprunts d’État américains guident les mouvements de court terme. Les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux et les inquiétudes sur la dette publique soutiennent l’intérêt de l’or sur le long terme.
La Pologne, premier acheteur
Selon l’étude, la Pologne est le premier acheteur de l’année, avec 97,8 tonnes acquises de février à août. Depuis 2023, elle a ajouté plus de 400 tonnes à ses réserves. Avec 647,98 tonnes, qui représentent 30,9 % de ses réserves de change, elle est entrée dans le top 10 mondial, devant la Turquie et les Pays-Bas.
La Chine suit avec 80,2 tonnes depuis janvier, à un rythme qui s’accélère : 1,2 tonne en janvier, puis près de 20 tonnes par mois en juillet et en août. Viennent ensuite l’Ouzbékistan (48,2 tonnes), le Kazakhstan (36,1 tonnes), la République tchèque (14,2 tonnes), Singapour (9,9 tonnes) et le Chili (9,5 tonnes).
La Turquie et la Russie vendent
À l’inverse, la Turquie est le premier vendeur, avec 81,6 tonnes cédées en 2026, dont 60,4 tonnes pour le seul mois de mars. Sa banque centrale puise dans ses réserves pour soutenir la livre turque. En tenant compte d’opérations annoncées séparément, notamment des échanges d’or contre devises, la baisse dépasserait 120 tonnes depuis janvier. La Russie a vendu 34,2 tonnes, pour répondre à des besoins budgétaires et de trésorerie dans un contexte de sanctions.
Selon l’étude, les achats massifs et simultanés des années 2022 à 2024 laissent place à une gestion plus active. Les banques centrales restent acheteuses nettes, mais certaines vendent quand elles ont besoin de liquidités.
8 133 tonnes pour les États-Unis
Les États-Unis restent de loin le premier détenteur d’or, avec 8 133,46 tonnes, soit 83 % de leurs réserves de change. Viennent ensuite l’Allemagne (3 349,29 tonnes), l’Italie (2 451,83 tonnes), la France (2 437 tonnes) et la Chine (2 386,55 tonnes). La Russie, la Suisse, l’Inde, le Japon et la Pologne complètent le top 10. Les 10 premiers pays détiennent à eux seuls 66,26 % de l’or des institutions officielles, et les 5 premiers 51 %.
En France, l’or représente 80,6 % des réserves de change de la Banque de France. Rapporté à la population, cela fait environ 36,5 grammes par habitant.
115 grammes par Suisse
Ramené à la population, le classement change complètement. La Suisse arrive largement en tête, avec plus de 115 grammes d’or par habitant. Suivent le Liban, puis l’Italie (41,6 grammes) et l’Allemagne (40 grammes). Les États-Unis ne sont que 12e, avec 23,3 grammes par habitant, derrière l’île d’Aruba, dont les 3,11 tonnes d’or pour environ 108 000 habitants représentent près de 29 grammes chacun.
Certains pays ont fait le choix inverse. Le Canada, pourtant grand producteur d’or, a vendu toutes ses réserves en 20 ans et privilégie les titres liquides comme les obligations américaines. La Norvège a vendu presque tout son stock en 2004 : sa banque centrale n’a gardé que 7 lingots et quelques pièces, à titre historique.
#webtube : Le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre, prévoit de ramener le déficit public à 5 % du PIB l’an prochain, contre 5,4 % attendus cette année. Pour l’agence de notation canadienne Morningstar DBRS, cet objectif, déjà moins ambitieux que les engagements de Paris, risque même de n’être qu’un scénario optimiste. Dans un commentaire publié le 8 octobre, elle juge de plus en plus improbable un retour du déficit à 3 % en 2029 et voit la dette publique continuer de monter vers 125 % du PIB.
5,4 % en 2026, 3,6 % pour la zone euro
L’agence rappelle que la France a manqué ses objectifs budgétaires à plusieurs reprises ces dernières années, sans réduire l’écart avec ses voisins. Avec environ 5,4 % du PIB en 2026, son déficit figure probablement parmi les plus élevés de la zone euro. Dans ses projections de septembre, la Banque centrale européenne prévoit un déficit moyen de 3,6 % pour l’ensemble de la zone cette année.
Pour 2027, le gouvernement annonce 54 milliards d’euros de mesures de redressement : 43 milliards de mesures nouvelles et 11 milliards issus de mesures votées en 2026, qui produiront leur plein effet l’an prochain. Environ 2/3 de l’effort portent sur les dépenses. Hors charge de la dette, les dépenses publiques augmenteraient moins vite que l’inflation.
Malgré ces mesures, le déficit visé reste au-dessus des 4 % que la France s’était engagée à atteindre en 2027 dans son plan budgétaire et structurel de moyen terme, transmis à Bruxelles. Ce nouveau report confirme, selon l’agence, la perte de crédibilité de la politique budgétaire française.
Une Assemblée fragmentée, une croissance à 1 %
Même l’objectif de 5 % paraît fragile à Morningstar DBRS. À l’approche de l’élection présidentielle, le gouvernement devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée et risque de devoir faire des concessions pendant le débat parlementaire. L’hypothèse de croissance de 1 % sur laquelle repose le budget pourrait aussi être remise en cause si les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés de l’énergie.
Conséquence de ces déficits élevés, la dette publique atteindrait 121,7 % du PIB en 2027, selon les projections du gouvernement lui-même. Faute d’un redressement significatif, elle se rapprocherait ensuite de 125 % du PIB dans les années suivantes.
L’écart avec l’Allemagne au plus haut depuis la crise de l’euro
La hausse générale des taux d’emprunt des États a particulièrement frappé la France ces dernières semaines. L’écart entre le taux à 10 ans français et le taux allemand a atteint son plus haut niveau depuis la crise des dettes souveraines de la zone euro, au début des années 2010.
Le projet de budget prévoit déjà que la charge d’intérêts passe de 79,2 milliards d’euros en 2026 (2,6 % du PIB) à 91,2 milliards en 2027, soit près de 3 % du PIB. La durée moyenne de la dette négociable de l’État, de 8,5 ans, amortit pour l’instant la hausse des taux, mais chaque emprunt arrivé à échéance est refinancé plus cher. D’après les estimations du gouvernement, une hausse de 1 point des taux pendant 1 an alourdirait la charge d’intérêts d’environ 3 milliards d’euros la 1re année, 8 milliards la 2e et 12 milliards la 3e.
Une note sous perspective négative
Morningstar DBRS attribue à la France la note AA. Le 18 septembre, elle a fait passer la perspective de « stable » à « négative », estimant que le risque de voir le gouvernement échouer à corriger les déséquilibres budgétaires avait augmenté.
L’agence surveillera la capacité du gouvernement à faire adopter un budget conforme à l’objectif de 5 % de déficit, ainsi que l’évolution des conditions de financement. Elle envisage d’abaisser la note si les déséquilibres budgétaires structurels ne sont pas corrigés à court ou moyen terme, si la conduite des politiques publiques se dégrade, ou si la dette continue de monter durablement vers 125 % du PIB avec une charge d’intérêts nettement plus lourde. Pour l’agence, la situation politique intérieure pourrait y conduire si elle ne s’améliore pas.
#webtube :Et si les débordements graves des lycéens avaient pour cause l’éducation positive ? Les blocages lycéens, autrefois gentils empilements de poubelles autour d’échanges de blagues Carambar, ont pris une tournure beaucoup plus violente et incontrôlée. Comment ne pas y voir le résultat éclatant du déclin de l’autorité, facilité par une culture de la « bienveillance » dans l’éducation et la justice?
Enfin Goldman vint ! Je ne parle pas du chanteur, dont j’ignore à peu près tout, je parle de la vraie Goldman, Caroline, la psychologue pour enfants. Elle, Didier Pleux et d’autres ont osé lever l’étendard de la révolte contre la catastrophique « éducation bienveillante ». Vous en avez tous vu, de ces fins d’anniversaire infernales où les gamins courent partout en se souciant comme d’une guigne des appels suppliants des parents qui voudraient rentrer à la maison. Vous l’avez tous vue, cette fillette de huit ans qui bombarde d’une poignée de cailloux la table du jardin garnie d’invités — verres cassés, yeux épargnés par miracle — et la mère qui se borne à soupirer d’une voix lasse : « Maman n’est pas contente ». Si vous êtes de ma génération, la paume droite vous démangeait de s’appliquer au moins une fois sur les fesses de la petite délinquante. Caroline Goldman, Didier Pleux (De l’enfant roi à l’enfant tyran, 2002) et d’autres réhabilitent l’imposition de limites, jugent légitime le « time-out », c’est-à-dire l’ordre d’aller dans sa chambre donné à un enfant pour qu’il cuve sa colère. C’était devenu une injonction fasciste aux yeux des hordes de la bienveillance ! Un mot qui, significativement, rime avec bien-pensance.
Je veux entendre les mouches voler
Les joyeux bambins grandissent, vont au collège puis au lycée. Un professeur de lettres qui a travaillé dans ces deux étages, Matthieu Grimpret, a publié en 2025 Bullshit bienveillance : enquête sur la psychologie positive à l’école. Il y passe au vitriol « une amitié paresseuse aussi nuisible à l’élève qu’au professeur ». Lorsque j’étais enseignant, ce mot exaspérant de bienveillance n’était pas encore à la mode. Mais je me souviens de plusieurs dames professeurs principaux qui essayaient de me recadrer d’un ton doucereux : « Fais attention, tu es trop sévère avec les élèves, ils ont peur de toi. » J’étais ravi et ne changeais rien à mes méthodes : on distinguait fort bien le vol des mouches dans mes classes.
Il faut maintenant accomplir un acte héroïque et suicidaire en ces temps de féminolâtrie : il faut dire du mal des femmes. Comme par hasard, c’était toujours des dames qui voulaient me gendarmer. Attitude qui n’était qu’un cas particulier d’une tendance générale, puisqu’à cette époque Martine Aubry proclamait que le care, le soin affectueux, résoudrait tous les conflits sociaux et politiques. Le corps professoral mériterait davantage de parité. À l’école et ailleurs, les valeurs féminines l’ont emporté sur les valeurs masculines : c’est un des ressorts inavouables de la crise générale de l’autorité.
🔴 EN DIRECT
Colère des lycéens: la présidente de la région Pays de Loire chiffre les dégâts du lycée Nelson Mandela à "deux millions d’euros" et veut "que les parents paient"
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Ces jeunes gens dont nous suivons le parcours vont quitter le lycée. Mais auparavant, ils se livrent à un rite d’initiation archaïque dénommé « blocage ». Longtemps, il s’est agi d’un folklore innocent qui ne suscitait qu’un haussement d’épaules chez les adultes. Ces jours-ci, il s’agit de tout autre chose : d’une vandalisation des bâtiments scolaires par leurs utilisateurs, aggravée par d’ignobles lynchages de policiers, d’enseignants ou de n’importe quel adulte qui leur tombe sous les souliers. La rivière des blocages a conflué avec le fleuve boueux des émeutes de banlieue ; la convergence des luttes fonctionne donc parfaitement.
Culture de l’excuse
Parmi ces jeunes gens de toutes les couleurs qui nous en font voir de toutes les couleurs, quelques-uns se retrouvent devant la justice. Or celle-ci, depuis une cinquantaine d’années, depuis Michel Foucault, la harangue de Baudot et le Syndicat de la magistrature, a été contaminée par le hideux virus de la bienveillance. Maurice Berger, spécialiste des enfants violents, écrit dans Le Figaro du 6 octobre : « l’absence d’un antécédent pénal vaudrait, avant même la sanction, une quasi-absolution », et plus loin il dénonce « une jeunesse qui semble prendre un plaisir jubilatoire à anéantir ». Le bienveillant ministre Geffray parle de la nécessité du dialogue, déclaration qui met en valeur sa vertu et son élévation d’âme, mais ne réglera rien. Emmanuel Grégoire veut inviter les lycéens à se réunir dans les mairies d’arrondissement si leur établissement est fermé. J’espère qu’il a prévu des fonds pour réparer les déprédations et incendies qui s’y commettront.
Le 4 octobre, sur LCI, Ruth Elkrief a eu en direct une révélation : certains juges et le Syndicat de la magistrature seraient politisés ! Quelle surprise ! Peut-être que dans vingt ans, elle proclamera soudain la cruelle vérité : presque tous les juges sont politisés, donc bienveillants envers les délinquants, sauf Hervé Lehman et une poignée de courageux.
Le « syndrome Malik Oussekine » répété jusqu’à la nausée me met hors de moi. Bien sûr que cette mort est déplorable, mais elle résulte directement du droit à la violence légitime que les citoyens donnent à l’État. Même ce gauchiste de Montaigne le dit : « Le bien public requiert qu’on trahisse, et qu’on mente et qu’on massacre ». Rappelons la fin peu glorieuse de son mandat de maire à Bordeaux : il a fui la peste et laissé tomber ses administrés. Un siècle après Les Essais, le philosophe anglais Hobbes publie en 1651 Le Léviathan, où il explique que les hommes ont accepté la toute-puissance de l’État comme seul moyen d’éviter la guerre de tous contre tous. Jérôme Fourquet parlait d’archipélisation de la France ; nous voilà déjà un cran plus loin. Mes cauchemars à moi me ramènent à l’Espagne de 1934, quand les socialistes et les communistes ont entrepris de détruire la République à la manière bolchevique, comme nous l’apprend le très sérieux historien Pío Moa, qui était de gauche avant d’ouvrir les archives du Parti socialiste espagnol…
#webtube : Les voyages forment la jeunesse… mais pas que !À travers une sélection de rééditions et de nouveautés littéraires, Julien San Frax explore les multiples facettes du voyage, mêlant l’épopée d’Ulysse aux pérégrinations de Montaigne. Cette déambulation au fil des pages rappelle que chaque périple géographique, historique ou intérieur est avant tout une affaire de style et de mémoire.
Il faut bien passer aux aveux : de longtemps rétif aux scénarios abscons, ésotériques et alambiqués du sieur Nolan, votre serviteur s’était pourtant promis de traverser les deux heures et cinquante-trois minutes de L’Odyssée jusqu’au port d’arrivée de l’épopée cinématographique. Il a tenu bon jusqu’au moment où les survivants, transformés en porcs par la sorcière Circé, recouvrent leur apparence humaine. Dommage d’être sorti avant la fin du film, me suis-je laissé dire, car c’est, paraît-il, dans la seconde moitié que le barnum sous pavillon hollywoodien opère. N’importe : quoi de mieux qu’un retour aux sources, si ce blockbuster poussif en est l’opportunité ?
Parmi les rééditions ou éditions anciennes du texte homérique dont ce machin sur grand écran suscite le rappel, il y a celle de La Découverte, dans la traduction « moderne », au souffle ardent, qu’en fit le poète Philippe Jaccottet en 1955. Et puis aussi celle de Victor Bérard (1864-1931), millésimée 1924, laquelle, s’efforçant de restituer la chronologie originelle du voyage d’Ulysse, fait référence depuis un siècle. Elle est disponible en Folio. Mais on doit aux éditions Les Belles Lettres de reproduire à présent en un seul pavé de 500 pages les quatre volumes d’une édition rarissime de l’entre-deux-guerres, alors tirée à 145 exemplaires numérotés : cela donne un livre soigné comme on n’en voit plus guère en 2026, dans la matière d’un beau papier gaufré, orné d’une couverture titrée en lettres d’or sur fond bleu, facture d’un atticisme chic, que ponctuent ces fabuleuses illustrations et décors Art déco dus au peintre et graveur François-Louis Schmied (1873-1941), et que son fils Théo devait transposer en gravures sur bois, avant que Jean Saudé ne les rehausse d’or et d’argent au pochoir… Un entretien liminaire avec la regrettée Jacqueline de Romilly et une postface de feu Jean-Pierre Vernant agrémentent l’ouvrage.
Enfin, réunissant également l’intégrale des vingt-quatre chants de L’Odyssée, une autre édition prestigieuse vient de paraître chez Leluc sous l’aspect de ce qu’il est convenu d’appeler un « beau livre », mais cette fois dans la traduction délicieusement « fin de siècle » exécutée dans les années 1867-1868 par le poète parnassien féru d’Antiquité, Leconte de Lisle (1818-1894) – on lui doit aussi celle de L’Iliade. La couverture rigide, titrée en lettres d’or sur fond d’un délicat chromatisme vert-bleu, montre accroupi un Ulysse songeur, et Pénélope debout, enveloppée de voiles. Somptueux écrin grand format du texte fondateur de la culture occidentale, ici présenté dans une superbe maquette graphique, mais illustré, surtout, des merveilleux dessins néoclassiques de John Flaxman (1755-1826) et, pour quelques-uns d’entre eux, de Giovanni Buonaventura Genelli (1798-1868), artiste de moindre renom, Prussien de souche transalpine…
Odyssée, de Homère., 501p., traduction Victor Bérard, illustrations couleur de François-Louis Schmied. Les belles lettres, 2026.Journal de voyage, de Montaigne. 591p., Les belles lettres, 2026
« Lorsqu’il fut de retour enfin / Dans sa patrie le sage Ulysse / Son vieux chien de lui se souvint / Près d’un tapis de haute lisse / Sa femme attendait qu’il revînt », chantait Apollinaire. Tout voyage a sa fin, quoi qu’en dise Desireless, dans le tube Voyage, Voyage : « Voyage, voyage, éternellement […] au-dessus des capitales, des idées fatales… et jamais ne reviens »… Mais pour commencer, il s’agit de partir !
Montaigne, avant que d’être l’édile de Bordeaux qu’on sait, itinéra « à sauts et à gambades » à travers l’Europe, en un temps où voyager n’était pas simple. C’est à cheval qu’il explore la Lorraine, l’Alsace, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, de septembre 1580 à 1581, prenant les eaux à chaque étape — car la maladie de la pierre le fait cruellement souffrir —, curieux de tout, s’entretenant, dans ses haltes, avec tout ce que les cités qu’il visite comptent de bourgeois cultivés, d’ecclésiastiques, de théologiens, voire de courtisanes…
Dans un autre volume édité aux Belles Lettres, le texte intégral de ce Journal du voyage en Italie par la Suisse et l’Allemagne, tel qu’établi naguère par feu l’érudit Charles Dédéyan (1910-2003), est reproduit avec scrupule dans ce beau français du XVIe siècle (sans compter une partie écrite en italien avec, en regard, sa traduction classique, due à Meunier de Querlon au XVIIIe siècle). Sur 150 pages, sous l’intitulé Mobile Montaigne, le grand spécialiste de la littérature de voyage à la Renaissance Frank Lestringant retrace, dans une passionnante introduction, les caprices de cet « hédonisme topographique » pratiqué par ce randonneur avant la lettre que fut Montaigne : « le premier élément » qui « tour à tour retarde et précipite les pas de Montaigne ou de son cheval […] est l’état des routes, qui détermine le confort et le rythme du voyage », sinon qu’ « à plusieurs reprises le voyageur change d’intention et de direction » selon des « “tropismes” diversement orientés ». Ainsi l’auteur savant nous permet-il de suivre le seigneur Michel Eyquem dans les accidents et les surprises de ses « mobilités douces », comme dit l’autre.
Journal de voyage, de Montaigne. 591p., Les belles lettres, 2026
La traversée de Bondoufle, de Jean Rolin. 208p. La Table ronde, 2026.
C’est à une autre espèce de tribulations que nous convie Jean Rolin dans un petit livre captivant : La Traversée de Bondoufle. Le « jardin de l’Europe » qu’évoquait Montaigne s’est sacrément mité depuis. Constat sans appel de la destruction du paysage, cette odyssée pédestre entre rocades, chantiers, zones pavillonnaires, dans ces espaces fracassés où ce qu’il reste de la campagne s’interpénètre avec l’infini de la banlieue, est une épreuve tragi-comique où le narrateur nous entraîne, dans la périphérie d’Aulnay-sous-Bois, pour rejoindre à travers champs la Patte-d’Oie de Gonesse, « au sortir de la “zone d’activités” de Paris-Nord 2 ». Il semblerait que Bondoufle, bled minuscule de l’Essonne, figure ce mirage improbable que notre attentif pérégrin finira tout de même par atteindre, « juste après que l’on a laissé sur la gauche, au milieu de son parking arboré, le McDo implanté en bordure de la Francilienne ».
Implacable, d’une prodigieuse précision dans la vérité du détail topographique, la phrase elle-même déambule finement, savoureusement dans l’espace de la langue, avec une sorte de courtoisie déférente pour les mots et leur bon usage. Ainsi en va-t-il, par exemple, de l’itinéraire « qui devait me conduire à Frépillon : une localité dont le nom seul, évocateur du poisson qui frétille – du fretin – non moins que du papillon qui vient d’éclore, était à l’origine d’y aller voir. Sur cet itinéraire inversé, la principale nouveauté consiste à passer non plus par le camp rom mais par le lieu-dit les Boërs (avec un tréma sur le e, confirmant qu’il ne s’agit pas des colons néerlandais d’Afrique du Sud). » Si bien que ces marches infatigables dans la stérilité de cette « campagne, zébrée de voies rapides et de lignes à grande vitesse, grignotée par les zones d’activités et les déchetteries », mouchetée de ZAD, de parkings, de conteneurs, de derricks, d’enseignes, se donnent aussi pour une baguenaude caustique et pleine d’esprit dans les labyrinthes de l’idiome : « en contrebas de la voie, du côté droit, entre les HLM de Garges et les pavillons d’Arnouville, s’étendent des prairies, baignées par un cours d’eau aux berges cimentées, dont on aimerait pouvoir écrire qu’elles sont pues par des vaches, comme c’est le cas, si le dictionnaire ne nous assurait que ce participe passé du verbe paître n’était usité qu’en fauconnerie (d’ailleurs, à tout prendre, je préférerais écrire que ces prairies sont paissées [sic] par des vaches, plutôt que pues : sans compter que là où paître fait défaut, on a aussi la ressource de se tourner vers pâturer). » Voyage dans la mémoire littéraire, aussi bien, telle cette « vraie mare de campagne, pour le coup, de celles dont les eaux noires m’évoquent la fin de Mouchette, l’héroïne de Bernanos »… Autant dire que sur ces aires à l’abandon circule à tout le moins un vestige de civilisation : la plume exacte et pince-sans-rire de Jean Rolin.
La traversée de Bondoufle, de Jean Rolin. 208p. La Table ronde, 2026.
Paris est un roman, de Jean-Marie Rouart. 163p. Gallimard, 2026.
Comme quoi tout périple est d’abord un voyage intérieur. Rien ne l’atteste mieux que cette plongée capiteuse et nostalgique dans les entrailles de la capitale, où nous convie quant à lui Jean-Marie Rouart dans Paris est un roman, petit volume dont chaque « station », chapitre après chapitre, se fait l’exploration d’une tranche d’espace citadin à la faveur du ressouvenir. L’académicien, essayiste, romancier, journaliste et ancien patron de presse a maintenant 83 ans. Ces rues, ces quartiers sont le théâtre d’une vie qui s’achève, promise à se dénouer par l’accueil du « nouvel arrivant du Père-Lachaise », envisagé par anticipation : chapitre conclusif du livre. Dans cette prose élégante et diaprée qui n’est qu’à lui, l’arrière-petit-fils des peintres et collectionneurs Henri Rouart et Henry Lerolle, enfant d’une bourgeoisie déclassée dont saigne toujours la blessure dans l’âge avancé qui est le sien, Jean-Marie Rouart ne décrit jamais « les nuits chaudes de Montparnasse », la rue du Cherche-Midi, la place Saint-Sulpice, la villa Scheffer, la rue Saint-James, le « mirage du quai Conti » et j’en passe, que dans le dessein de se raconter, lui qui fut aussi, un temps, ce « passager clandestin de la rue de la Pompe », ou encore ce « bigame du quai de Bourbon » — pour reprendre les intitulés de ses chapitres. Mémoires en trompe-l’œil, ces itinéraires parisiens exhument, avec une force d’évocation puisée dans sa sensibilité à vif, ces « noms de lieux » chers à Proust comme la rémanence d’instants privilégiés : « Quand je traversais la rue Duroc, je retrouvais avec une sorte de soulagement le superbe VIIe arrondissement, berceau de ma famille et véritable éden perdu à jamais ». Et d’évoquer « l’avenue Duquesne où, quasiment au pied de l’abominable construction stalinienne du ministère de la Santé, était érigé un immeuble où mon arrière-grand-père, Henry Lerolle, avait eu son hôtel particulier ». Les mânes de l’intelligentsia d’une France disparue hantent ces adresses, comme si elles n’avaient jamais existé que pour abriter les (plus ou moins grandes) célébrités de jadis et naguère — d’André Gide à Michel Déon, de Pierre Perret à Robert Hersant, de Jean d’Ormesson à Michel Mohrt, de Gonzague Saint-Bris à Jean-Louis Scherrer, de l’avocat Thierry Lévy à Lionel Poilâne, fils du « Bonaparte de la farine et du levain » — pour ne citer qu’eux dans cet imposant répertoire.
Revisite intime d’un Paris perdu au prisme des haltes successives où le mémorialiste se souvient d’avoir posé ses malles, ce roman vrai ranime aussi les heures, les tropismes, les climats contrastés de sa ville idolâtrée : « Je découvrais peu à peu ce quartier de la Croix-Rouge dont une partie du charme tenait à la variété de ses commerces et de ses habitants avant que le coût exorbitant des loyers et du mètre carré n’en chasse définitivement les artisans, les petites gens qui vivotaient dans de minuscules boutiques, et n’en fasse un lieu monopolisé par le luxe, les marchands de chaussures qui y pullulent aujourd’hui ». Ailleurs : « Au coin de la rue d’Assas et de la rue du Cherche-Midi, un véritable boui-boui aux tables de formica, au zinc encombré de verres, accueillait pour le déjeuner tout ce que le quartier comptait d’ouvriers, de peintres en bâtiment et de fauchés de toutes espèces ». Ou encore : « Souvent avec les beaux jours — mais un froid raisonnable ne me décourageait pas —, j’allais m’attabler sur la terrasse du café de la Mairie, place Saint-Sulpice. […] Ou bien, le plus souvent, le regard dans le vide, mes yeux se dirigeaient vers la rue Férou. Elle n’avait pas changé depuis des siècles. Je n’avais aucun mal à imaginer le jeune Hemingway, vêtu de sa chemise à grands carreaux, surgissant de la rue pour emprunter la rue Bonaparte afin de se rendre à la brasserie Lipp, savourant d’avance le cervelas et la bière fraîche qu’il allait y déguster ». Perforé de ces portraits hauts en couleur, ce viatique pittoresque désenchanté réserve ses diatribes aux promoteurs de l’immobilier et à leurs complices : « On a fait des procès pour punir les grands responsables politiques coupables d’exactions et de crimes ; quand organisera-t-on de semblables tribunaux pour stigmatiser ceux, nombreux, qui, en toute impunité, ont massacré Paris ? »
Paris est un roman, de Jean-Marie Rouart. 163p. Gallimard, 2026.
C’était Paris en 1970, d’Antoine de Caunes, avec Juliette Eyméoud et Jean-Marie Donat. 287p. Tallandier, 2026 (à paraître le 15 octobre).
C’est en feuilletant, dans un tout autre genre, le livre illustré de photographies C’était Paris en 1970 (Tallandier), qu’on mesure dès ses prémices l’ampleur du désastre accompli. Au printemps 1970, la mairie de Paris organise, en toute connaissance de cause, un grand concours photo : près de 3 000 participants arpentent la ville, appareil en main, pour immortaliser sur pellicule couleur ou noir et blanc l’espace urbain dans son état d’alors : vitrines, parcs, trottoirs, marchés, passants, trafic automobile, rien que des clichés d’ambiance, en extérieur. Pour ce concours municipal, la ville est divisée en 1 755 carrés, chaque photographe amateur — parmi les 15 000 inscrits, 2 800 candidats sont retenus sur dossier — tirant au hasard un carré à photographier. À l’issue, 110 clichés sont désignés vainqueurs, avec 1 000 francs pour les deux premiers prix. Boycottée par la presse, l’exposition de clôture prend place sur le site à l’abandon des Halles…
Paris avant la chute, Paris sous la pioche et le bulldozer — érection de la tour Montparnasse, destruction des pavillons Baltard, rasement des vieux quartiers de l’Est parisien, etc. Penché sur cet abondant corpus, Antoine de Caunes — il a 17 ans en 1970 — a fait sa sélection. « Que voit-on sur ces images ? » s’interroge-t-il dans son introduction, un demi-siècle après. « Les photos de rue composent l’immense majorité du fonds […]. Ce qui frappe, c’est la vétusté apparente et la noirceur des immeubles. […] La voiture est un autre élément omniprésent. […] Mais ce que l’observateur d’aujourd’hui accueille avec le plus d’émotion, ce sont, sans aucun doute, écrit-il, les photos de Parisiens et de Parisienses. » Leurs effigies, effectivement, y sont mises à l’honneur. D’un chromatisme éclatant (dans les nippes, les véhicules, les enseignes…), la capitale où « des retraités tapent le carton, la clope au bec, à quelques mètres — l’hygiénisme n’ayant pas encore frappé — d’enfants qui jouent au rodéo sur des chevaux à bascule », où l’on peut voir « à la terrasse d’un café, des jeunes rockers sapés selon les canons de l’époque, pantalons moule-burnes et chemises cintrées… », n’est pas encore cette ville-monde récurée, aseptisée, envahie de vélos, de touristes et de smartphones la dupliquant à l’infini sur les réseaux.
C’était Paris en 1970, d’Antoine de Caunes, avec Juliette Eyméoud et Jean-Marie Donat. 287p. Tallandier, 2026 (à paraître le 15 octobre).
Les nuits d’octobre, et autres textes sur Paris, de Gérard de Nerval. 96p. Rivages, 2026 (à paraître le 22 octobre).
Voyage dans un autre temps, vagabondage dans le capharnaüm d’un univers urbain à jamais disparu, ces Nuits d’octobre et autres textes sur Paris, dont Gérard de Nerval confia les courtes proses rhapsodiques à l’hebdomadaire d’actualité L’Illustration, de 1852 à 1855 — il se pend en janvier de cette année même ! —, ont l’heur de reparaître en format de poche, dans la collection « Petite Bibliothèque » des éditions Rivages. « Itinéraire divaguant où s’entrecroisent des orientations parfois contradictoires, dans la tradition du récit excentrique », comme le note Andrea Shellino dans sa jolie préface, cette déambulation « saturée de sensations et d’images », par le poète rêveur des Chimères ou de Voyage en Orient, investit curieusement la ville jusque dans ses périphéries, de la butte Montmartre à la route de Meaux ou Crépy-en-Valois, en passant par Pantin, Creil ou Pontoise. Un Grand Paris avant la lettre ? Une première bascule de ce qu’il est désormais convenu d’appeler les « mobilités » s’y déroule alors sous ses yeux, et pas forcément pour le meilleur : « le système des chemins de fer, écrit Nerval, a dérangé toutes les voitures des pays intermédiaires. Le pâté immense des contrées situées au nord de Paris se trouve privé de communications diverses ; il faut faire dix lieues à droite ou dix-huit lieues à gauche, en chemin de fer, pour y parvenir, au moyen des correspondances qui mettent encore deux ou trois heures à vous transporter dans des pays où l’on arrivait autrefois en quatre heures ».
Par contraste, pour rejoindre Saint-Germain, « le trajet n’offre que de l’agrément, et n’équivaut jamais, comme ennui ou comme fatigue, à une course d’omnibus. […] Quel voyage charmant ! Asnières, Chatou, Nanterre et Le Pecq ; la Seine trois fois repliée, des points de vue d’îles vertes, de plaines, de bois, de chalets et de villas »… Gérard réservera ses faveurs à Pontoise : « On y joue encore dans les rues, on cause, on chante le soir sur le devant des portes » ; à Chantilly qu’il faut voir « l’été, par un splendide soleil, en passant à grand bruit sur ce beau pavé qui résonne », et où « tout est préparé là pour les splendeurs princières et pour la foule privilégiée des chasses et des courses »… Que nous voilà loin des émeutes de sauvageons encouragées par quelques politiciens incendiaires…
« Au-dessus des vieux volcans / Glissent des ailes sous le tapis du vent… », poétisait encore en chanson Desireless : de fait, l’éternité du voyage domine de haut les éruptions urbaines.
Les nuits d’octobre, et autres textes sur Paris, de Gérard de Nerval. 96p. Rivages, 2026 (à paraître le 22 octobre).
#webtube : Aussi bien le pouvoir, bien trop lâche pour soutenir nos forces de l’ordre, que le peuple, trop inconscient du risque encouru à les accabler, sont tous deux en train de jongler avec des flacons de nitroglycérine. Il est grand temps de mesurer le danger : tout peut exploser à tout moment.
Le climat d’ultraviolence qui entoure les récents blocages lycéens vient de franchir un cap critique. Invité au micro d’Europe1, Reda Belhaj, porte-parole du syndicat UNITÉ Île-de-France, a lancé un avertissement d’une gravité sans précédent à l’exécutif : « Si l’un des nôtres tombe, on lâchera, on lâchera les boucliers, on lâchera tout et on laissera tout brûler ».
Plus qu’une mise en garde, c’est le cri de détresse légitime d’une profession à bout de forces, fatiguée de servir de bouclier humain face à des agressions d’une sauvagerie inouïe, trop souvent passées sous silence.
Voici le bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez,
– 761 policiers et gendarmes blessés par des jets de pavés, des tirs de mortiers et des cocktails Molotov ;
– 6 629 interpellations sur l’ensemble du territoire, prouvant l’ampleur de la délinquance qui parasite ces blocus ;
– 89 personnels de l’Éducation nationaleet 215 élèves également blessés (la grande majorité des blessures de ces derniers étant accidentelles ou causées par d’autres manifestants).
Pour les tenants de l’ordre républicain, la coupe est pleine. Les policiers subissent une double peine intenable : l’agression physique sur le terrain, et la suspicion permanente incarnée par la multiplication des procédures de l’IGPN, avec déjà 18 enquêtes ouvertes, dès que l’usage de la force légitime est requis. En clair, le message des agents est limpide : “Si vous continuez à nous désarmer moralement et judiciairement, nous allons vous laisser tomber.” Car ce n’est pas en se contentant de dénoncer d’intolérables scènes de violences urbaines que Laurent Nuñez calmera ses troupes.
Les syndicats exigent une réponse pénale implacable
– Ils demandent l’incarcération immédiate des casseurs et des profils ultraviolents ;
– Ils réclament une levée de l’excuse de minorité pour les délits de violences aggravées contre les dépositaires de l’autorité publique (usage d’engins incendiaires notamment) ;
– Ils exigent l’arrêt des enquêtes automatiques de l’IGPN visant à satisfaire les pressions politiques de la gauche, alors que les forces de l’ordre s’attachent à opposer une riposte proportionnée face aux émeutiers.
À l’Assemblée, LFI et PS attisent les braises comme toujours
Si la droite et l’extrême droite font bloc et soutiennent les forces de l’ordre, la gauche affirme sa haine des flics, dénonçant l’intolérable « répression policière » et réclamant la démission de Laurent Nuñez, lequel n’a pourtant rien d’un dur à cuire face aux casseurs.
Quant aux citoyens, leur soutien à l’ordre républicain est très relatif
Selon un sondage Elabe, 55 % des Français disent approuver le mouvement lycéen, légitimant ainsi indirectement le climat qui couve les pires exactions. Pire encore, près de 34 % osent qualifier « l’action de la police d’excessive ». Quelle hypocrisie ! Car c’est le même public qui se précipite sur le « 17 » dès que la menace le touche. La même hypocrisie que bien des responsables politiques, qui bénéficient d’une protection rapprochée pour eux-mêmes mais qui font également surveiller leur résidence secondaire privée.
Si nos policiers laissent tout brûler, il ne faudra pas s’étonner
Aussi longtemps que les politiques se refuseront à protéger les forces de police par des peines plancher automatiques et incompressibles infligées à leurs agresseurs, aussi longtemps que le pouvoir mettra en doute l’usage de la force légitime, aussi longtemps que l’Etat continuera de financer les médias et les associations qui crachent à longueur d’année sur les piliers de l’ordre républicain, gendarmes et policiers seront de moins en moins motivés, de plus en plus découragés et finalement poussés à la démission.
La conclusion de tout cela est que si l’ensemble de la nation ne prend pas conscience du fait que nos forces de l’ordre restent le dernier rempart de la République face à l’anarchie, soutenir sans réserve nos forces de l’ordre n’est pas une simple option politique : c’est une urgence vitale. Si leurs boucliers tombent, c’est toute la société qui brûle et l’État qui s’effondre.
Hélas, Macron et Nuñez ont bien trop peur de Mélenchon et de la rue pour écouter les policiers. Ils se trompent lourdement et l’avenir les ramènera à la raison, mais trop tard.
#webtube : Attardons-nous d’abord sur son prénom, qui ne peut qu’être le fruit de délires de bobos post-soixante-huitards qui s’amusent à donner des prénoms qui n’en sont pas à leurs enfants. Certes, Elwan, c’est moins grave que Térébentine, prénom affublé par Cécile Duflot à sa fille. Mais c’est un prénom qui n’existe pas, le seul qui a une légitimité, c’est Elouan, prénom breton. Mais le jeune garçon ne peut être tenu responsable des divagations de ses parents.
En moins d’une semaine, Elwan Benoît est devenu une vedette, mais ne lui dites surtout pas que c’est grâce à l’extrême droite, cela le mettrait en difficulté. Il n’était en effet, il y a une semaine, qu’un élève comme les autres au lycée Jacques Delcourt, dans le 9e arrondissement parisien plutôt privilégié. Et par le hasard du destin, il a été contacté par Vincent Lapierre, qui lui a donné longuement la parole pour qu’il exprime la réalité de ses revendications, avec une certaine bienveillance.
Il faut reconnaître que ce jeune homme de 17 ans, qui pourrait, avec son nez, être l’enfant secret de Marine Tondelier, a une belle élocution, quand on le laisse débiter sa bouillie sans l’interrompre. On le sent capable, contrairement à la plupart des autres lycéens, de faire des phrases de plus de trois mots, et d’utiliser des mots de plus de trois syllabes.
Cela ne l’empêche pas de dire des conneries énormes, quand il la joue solidaire avec ses camarades de banlieue qui seront les premiers à lui casser son gros nez pour lui piquer son téléphone, et quand il assène que dans les classes, l’hiver il fait trop froid et l’été il fait trop chaud, sans oublier le coup des professeurs absents. Il oublie juste l’essentiel : le niveau baisse à cause du pédagogisme et de l’immigration. Bien sûr, il porte l’uniforme de toute la jeunesse, le keffieh palestinien. À quelques jours du 7 octobre, c’est de bon goût, et on n’est pas certains qu’il ait bien lu la charte du Hamas, qui entend exterminer tous les Juifs, éradiquer Israël et transformer la Palestine en un État islamique où s’appliquera la charia. Mais il se fera quand même, avec certes de la politesse, le porte-parole de toute une jeunesse qui vire Vincent Lapierre, parce que sa présence n’est pas souhaitée, tout simplement, et que la jeunesse emmerde le Front national, même si depuis près de dix ans, cela s’appelle le Rassemblement national.
Tout frétillant après cette gloire soudaine, le voilà qui se met à jouer dans la cour des grands. Son heure de gloire sonne quand il est présenté au grand chef Jean-Luc Mélenchon, et qu’il lui glisse quelques mots à l’oreille, avant de se permettre de l’embrasser sur la tempe. Pour un peu, comme lorsqu’une musulmane lui avait demandé de sauver les siens des méchants islamophobes, Méluche aurait fondu en sanglots.
Pour le bobo Elwan Benoît, petit Blanc honteux, une nouvelle étape commençait et les médias se précipitaient sur lui. David Pujadas le voulait absolument, pour son émission « La Grande Confrontation ». Ce qui fut fait.
Il avait troqué son keffieh palestinien pour un superbe costume qui aurait pu le faire ressembler à une petit bourgeois de droite. Il paraissait très fier d’être ainsi tiré à quatre épingles, et d’apparaître la vedette de la soirée. Il est vrai que l’écouter change un peu des glapissements hystériques de certains de ses camarades, souvent issus de la diversité. Manque de chance pour lui, les choses ne sont pas tout à fait passées comme prévu.
🔴 Louise Montangon, étudiante en Master et responsable de la section de Bordeaux de l'UNI a interpellé Gabriel Attal sur son bilan, ce mardi 6 octobre sur LCI : 🗣️"Votre bilan il est désastreux, des milliers de jeunes le pensent (…) vous êtes le visage du laxisme".
Il s’est d’abord retrouvé en slip, face à la talentueuse responsable de l’UNI Gironde, Louise Montangon, qui la veille avait déjà remis à sa place Gabriel Attal et son petit sourire, l’a ridiculisé en défendant le droit des étudiants d’aller librement en cours, en s’opposant aux barrages d’une minorité, en dénonçant les violences qu’il excuse, en l’accusant de trahir les jeunes élèves de banlieue qu’il prétend défendre, et surtout en le qualifiant d’idiot utile du pouvoir, en ironisant par ailleurs sur son sourire ridicule et son beau costume.
▶️️️#LaGrandeConfrontation – Violences, blocages, deux France face à face
« Vous êtes les idiots utiles de ce mouvement, personne ne parle plus de vos revendications, tout le monde parle du chaos que vous êtes en train de mettre partout »
Louise, étudiante en philosophie
#LCI #France #blocus #lycée #LFI⤵️
Le malheureux, tel un boxeur touché au foie, avait déjà quelque peu perdu de sa superbe.
Mais il voulut se refaire une santé, et choisit pour cela une autre cible, la professeur de philosophie et écrivain Bérénice Levet. Il essaya de contester sa légitimité et de renvoyer dos à dos l’enseignante et l’élève. Grave erreur, il se prit une magistrale démonstration expliquant qu’elle avait l’autorité pour transmettre un savoir, et que lui était là pour le recevoir. Il essaya de pleurnicher en disant que les enseignants se moquaient de la vie personnelle des élèves, ce que Bérénice confirma, en disant que l’école n’avait pas à individualiser chaque cas, mais qu’elle était là au contraire pour que les élèves profitent de la transmission des adultes, et en fassent le meilleur usage.
Deux KO spectaculaires en quelques minutes, on était proche du protocole promotion, comme on dit maintenant en rugby. Reste la question : que va devenir le valeureux Elwan Benoît ? On ne le voit pas finir en antifa à la Méric, cela n’est pas le style. Il peut finir plus jeune député LFI en 2027, il aura tout juste 18 ans.
Ou bien s’inspirer du sort de David Assouline, trotskiste chef de la coordination étudiante en 1986, à l’époque de la réforme Devaquet. Il n’a jamais travaillé de sa vie, a rejoint le Parti socialiste, a bouffé à toutes les gamelles, et a fini sénateur socialiste.
Toujours est-il qu’on n’est pas inquiet pour lui, sauf si Marine Le Pen est élue. Là peut-être lui faudra-t-il bosser un jour, car les planques vont être moins nombreuses…