– « Autorité », exclusions, écoute : la méthode d’un lycée privé parisien face aux blocus

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#webtube : Au lycée catholique Le Rebours, comme dans de nombreux établissements privés, la directrice a dû faire face aux blocus. C’est un calme olympien qui règne ce matin aux abords du lycée Le Rebours, un établissement privé catholique du 13e arrondissement parisien. Devant le bâtiment qui jouxte l’église paroissiale, une quinzaine d’élèves est postée, oisive, et se filmant alors que la matinée est déjà bien avancée. Le temps d’un aller-retour jusqu’à la place d’Italie, qui se situe à deux pas, le jeune groupe s’est volatilisé. Soit qu’il est parti, soit qu’il s’est résolu à se soumettre à ses obligations scolaires.

Blocus de lycées privés en « solidarité »

À 10 heures passées, on est donc bien loin des scènes de désordre que promettaient les appels à « tout bloquer » diffusés sur les réseaux sociaux. Depuis le 1er octobre, plusieurs comptes TikTok consacrés au « blocus » du lycée Le Rebours donnent des rendez-vous à « tous les lycées du 13 (sic) » pour unir leurs forces et militer « ensemble » pour « un meilleur lycée ».

Une initiative qui rejoint celle de « 400 à 500 » lycées français, dont un certain nombre sont fermés depuis plusieurs jours, et à laquelle ont tenu à s’associer de nombreux élèves de structures privées, notamment issus de l’enseignement catholique.

De la Providence, à Vincennes, à Nicolas-Ledoux, à Montreuil, les lycéens qui avaient bloqué ces établissements « privilégiés » expliquaient vouloir ainsi témoigner leur solidarité à leurs camarades qui l’étaient moins, rapportait Le Figaro. Quant aux lycées privés de Nantes, leurs directions ont tout simplement décidé de fermer leurs portes ces 5 et 6 octobre en raison des mobilisations annoncées et des risques de dégradation qu’elles faisaient peser sur les établissements, selon France Info.

Même stratégie à Marseille, où une douzaine d’établissements privés accueillant un lycée ont été mis à l’arrêt, y compris les classes de primaire et de collège. Une mère de famille raconte à Boulevard Voltaire que l’établissement de l’un de ses enfants avait d’abord prévu d’ouvrir ses portes ce mardi matin, avant de se raviser, craignant de devenir « la seule cible » des casseurs.

L’autorité qui « pose un cadre »

Mais au lycée Le Rebours, la ligne tenue par la directrice de l’établissement semble avoir porté ses fruits. Avec « de l’ordre et de l’autorité », Laurence Gourdon et son équipe sont parvenues à rétablir la situation, raconte la directrice à Boulevard Voltaire.

À ce sujet — Agressions en marge des blocus lycéens : la colère est devenue rage

La tâche n’a pourtant pas été simple. Depuis vendredi, la mobilisation des jeunes pèse sur les équipes, qui se sont relayées chaque matin pour évacuer les détritus entassés devant les portes de l’établissement afin d’en empêcher l’accès. Ce mardi matin, Laurence Gourdon, décrite par un membre de son entourage comme ayant « un cran incroyable », avait décidé de faire appel à la police, qui a dissuadé les « casseurs » et les a fait déguerpir.

D’ailleurs, des élèves scolarisés dans son établissement, la directrice n’en a reconnu qu’une poignée. « Dix ou quinze. » Le reste, des « bandes extérieures », plus nombreuses, vêtues de noir et masquées, venues prêter main-forte aux quelques troublions, davantage dans une posture de « défiance envers l’autorité » que portées par des revendications claires et organisées.

Le lycée Le Rebours est de ces établissements « confortables », avec une « grosse équipe pédagogique » qui « ne souffre pas de sous-effectifs ». Ses 1.200 élèves, répartis entre les filières générale, technologique et professionnelle, disposent notamment d’un salon d’application pour les élèves de bac pro esthétique, d’une salle de coworking, d’un atelier informatique, d’un laboratoire de physique-chimie ou encore d’une salle d’arts plastiques, comme on peut le constater sur son site Internet.

Difficile, dès lors, d’entendre crier au manque de moyens, comme le font la plupart des manifestants depuis le début des émeutes lycéennes.

Ne pas « céder »

Si Laurence Gourdon insiste sur l’écoute et le dialogue avec les jeunes qui les recherchent, hors de question, en revanche, de « céder » aux pressions violentes et à l’anarchie que certains revendiquent, profitant surtout du mouvement national pour s’offrir quelques jours loin des salles de cours.

Pour les élèves récalcitrants, la sanction a été « l’exclusion immédiate ». Et les parents de chaque bloqueur ont été appelés « pour les responsabiliser ». Une démarche essentielle, estime la directrice, qui revendique, loin d’une autorité violente, une autorité qui « pose un cadre » et « apprend le véritable usage de la liberté ».

Une ligne qui semble avoir montré son efficacité, puisque dès l’arrivée des premiers élèves dans l’enceinte du lycée, aux alentours de 8 heures, la situation est revenue à la normale. Vers 10 heures, les derniers retardataires entraient calmement dans l’établissement, sac sur le dos. Dehors, il ne reste qu’un matelas et deux barrières en fer apposés contre un arbre. Le reste a été emporté par les élèves du lycée public Corvisart, situé à une rue. Lui est resté bloqué toute la journée. Quelques élèves y ont tenu leur poste au milieu de drapeaux palestiniens et de pancartes en carton.

Alienor de Pompignan, dans BV

– « J’ai été manipulé par Mediapart, qui a déformé mes propos » : le témoin de Médiapart révèle la supercherie

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#webtube : Interviewé par Eric Morillot, Laurent G. affirme que ses propos sont déformés, qu’un mail a été tronqué par Mediapart. « Je n’ai jamais été témoin de propos antisémites de la part de Jordan Bardella, ni de propos rapportés ». Laurent G., ancien responsable du Front national de la jeunesse, le FNJ, de Seine-Saint-Denis au début des années 2010, a été contacté il y a « une dizaine de jours » selon ses dires, par Mediapart et a été présenté comme l’une des sources centrales de son enquête sur les premières années militantes de Jordan Bardella. Sorti du silence dans l’émission d’Éric Morillot, Les Incorrectibles, sous couvert d’anonymat, il assure que le journal l’a manipulé, a déformé ses propos et tronqué des échanges de mails.

Il dit vouloir clarifier les choses : « La première, qui est la plus importante, c’est de dire publiquement que mes propos ont été déformés et expliquer pourquoi », la seconde, c’est de rassurer les électeurs du Rassemblement national, non, il n’a pas tenté de « déstabiliser la campagne en cours, c’est totalement faux ». Il affirme également vouloir assurer son soutien au président du Rassemblement national et à la candidate à l’élection présidentielle, Marine Le Pen : « Je n’ai eu aucune intention malveillante à leur égard, à aucun moment. »

Sa relation avec Jordan Bardella, rencontré en 2013 alors qu’il n’exerçait plus de responsabilités au sein du FN, était « courtoise ». Ils se sont croisés « quatre ou cinq fois ». Il envoyait des mails, Jordan Bardella, lui, ne répondait jamais. Mediapart, de son côté, raconte que le 8 février 2014, Laurent G. a envoyé à Jordan Bardella et à un autre militant, Maxence B. le fichier PDF du livre Dialogues désaccordés d’Alain Soral et Éric Naulleau, accompagné de ces mots : « Je sais plus lequel de vous deux me l’avait demandé ». Laurent G. aurait assuré à Mediapart qu’il envoyait ses mails de sa « propre initiative », pour cultiver la « curiosité intellectuelle » des militants, sans « pousser personne à penser quoi que ce soit ». Jordan Bardella a d’ailleurs répondu à Mediapart qu’il ne peut en « aucun cas être tenu responsable des écrits ou paroles de tiers ». Ce qu’atteste Laurent G. en ajoutant, en réponse à ce que Mediapart lui a fait dire, qu’il s’agissait plus « d’une mise à disposition » que de suggestions de lecture, « j’ai envoyé des mails pour que les personnes aient accès à l’information, à supposer qu’elle les intéresse ».

Un mail tronqué, une preuve falsifiée

Interviewé par Éric Morillot, c’est précisément le mail du 8 février que le témoin clé de Mediapart conteste. Il reconnaît l’avoir envoyé : il explique qu’il avait accès à une grande base documentaire, et qu’à l’un des forums organisés par le FNJ, la discussion portait sur le livre de Soral et Naulleau. Selon lui, un militant lui aurait demandé une version de ce livre. Mais la demande, dit-il, venait de Maxence B., qui avait répondu à son mail : « c’est moi, merci 😉 ». Mediapart aurait coupé cette réponse sur l’image du mail pour laisser croire que la demande émanait de Jordan Bardella. « Ils occultent le mail de réponse de Maxence B. dans le but d’éclabousser monsieur Bardella en en faisant un admirateur de Soral ». Rien ne prouve, selon lui, que celui qui deviendrait président du RN ait lu les livres qu’il mettait à disposition, puisqu’il n’a jamais répondu à aucun de ses mails.

À ce sujet — « Nous n’allons pas nous laisser faire » : derrière Jordan Bardella, le RN fait bloc

Pour Laurent G., les méthodes et l’enquête de Mediapart sont « de la malveillance à l’état pur ». Pour lui, l’objectif du journal est « de fragiliser la campagne et utiliser monsieur Bardella pour cela, et les mauvaises fréquentations qu’il aurait pu avoir ». Il relève que l’enquête sort au lendemain des sénatoriales, sans doute pour occulter la progression importante du RN, et en plein mois d’octobre, quand le parti à la flamme doit élire son président en congrès. Il accuse le journal de l’avoir placé au centre de l’affaire parce que « leur dossier est vide », qu’« ils n’ont presque rien à opposer à Jordan Bardella » et réaffirme en fin d’interview : « J’ai été manipulé par Mediapart, qui a déformé mes propos ».

Quitterie de Prémesnil, dans BV

– Manifs étudiantes : seul Trump est capable de dénoncer l’islamisation de la jeunesse française

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#webtube : Donald Trump a attribué, ce jour, à la veille des manifestations des étudiants français, le poids de l’immigration hors de contrôle et de l’islam dans les mobilisations qui ont frappé notre pays, et surtout dans les blocages violents qui ont provoqué l’arrestation de plus de 5 000 émeutiers et les blessures de près de mille policiers et gendarmes, et de près de cent salariés de l’Education nationale.

https://www.fdesouche.com/2026/10/06/mobilisation-lyceenne-donald-trump-accuse-limmigration-massive-hors-de-controle

Comment ne pas constater le nombre de racailles musulmanes dans les bloqueurs de lycées et dans les pillages, et leur alliance avec les gauchistes, pour vandaliser tout ce qui se présente.

Nos amis de Boulevard Voltaire amènent de nouvelles preuves, comme cette vidéo où on voit un nommé Yanis appeler ses camarades, en pleine hystérie, à aller tuer les policiers parce qu’ils ne sont que dix.

Que dire de ces images, dans le France profonde, en Vendée, où on voit des jeunes adolescents profaner une église sur un air de rap rendant hommage aux assassins du Bataclan.

https://www.fdesouche.com/2026/10/06/scandale-en-vendee-sur-fond-dun-son-de-rap-faisant-lapologie-dattentats-des-ados-profanent-une-eglise-a-soullans-85-des-faits-intolerables-pour-le-maire-les-parents-ont-eux-mem

La même vidéo sera utilisée dans le blocage d’un lycée, dans le Loiret, à Beaugency, en ajoutant du Mohammed Merah à l’hommage rendu aux djihadistes.

https://www.fdesouche.com/2026/10/06/beaugency-45-scandale-apres-une-video-ou-lon-entend-des-lyceens-chanter-un-son-de-rap-faisant-lapologie-dattentats-terroristes-merah-abdeslam-bataclan-etc

Nous verrons également à l’œuvre cette alliance entre islamistes et gauchistes, dans les nombreuses agressions que subiront les forces de l’ordre, tout au long de l’après-midi.

https://www.frontieresmedia.fr/politique/paris-incendies-scenes-de-casse-et-attaques-contre-les-forces-de-lordre-en-marge-du-cortege-lyce—20259

Celle-ci se traduira, bien sûr, par la présence, dans tous les cortèges, d’un nombre incalculable de drapeaux palestiniens, ce qui, à la veille du 3e anniversaire du 7 octobre 2023,  résume la dégénérescence de pans entiers de notre jeunesse, manipulée par la gauche et les islamistes.

Encore une fois, le franc-parler de Donald Trump aura été nécessaire, même si on aurait préféré que ce diagnostic vienne de France.

Martine Chapouton, Riposte Laïque

– La jeunesse ultragauchiste dégénérée veut la peau des vieux !

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#webtube : C’est un poncif que de l’écrire, les jeunes, de tout temps, se sont révoltés contre leurs aînés. Dans cette révolte, les étudiants n’étaient pas en reste et, déjà, au Moyen Âge, ils se soulevaient régulièrement dans le Quartier Latin, à Paris. Il y eut par exemple la Grève de 1229, suite à une sanglante répression autour du prix du vin, et beaucoup d’autres suivirent jusqu’à la sauterie bourgeoise de Mai 68. Au XVe siècle, le poète François Villon aurait d’ailleurs participé à des révoltes étudiantes qui mirent fin à ses études.

Oui, la jeunesse a toujours voulu renverser la vieille table, mais il fut un temps où elle le faisait de manière intelligente, tel Victor Hugo déclenchant en 1830 une véritable bataille romantique avec sa pièce Hernani qui défiait les codes du théâtre classique, entrée dans la postérité littéraire sous le nom de « Bataille d’Hernani ».

Ainsi, dans ce magma de jeunesse bouillonnante, la vieillesse n’était pas vraiment à la noce, et l’on pouvait lire distinctement l’expression de cette rébellion contre tout ce qui représentait le passé dans les slogans de Mai 68 : « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi » ; « Les jeunes font l’amour, les vieux font des gestes obscènes » ; « Professeurs, vous êtes vieux, votre culture aussi », sans oublier le très célèbre « Sois jeune et tais-toi ». Ces jeunes ont à leur tour vieilli et sont devenus de vieux bourgeois vilipendés en ce moment par des lycéens qui… reprennent leurs slogans !

Toutefois, il n’était jamais question de faire purement et simplement disparaître la vieillesse pour créer une société exclusivement jeune avec ses règles tyranniques, telle qu’on peut en découvrir dans le film de science-fiction dystopique L’Âge de cristal, de Michael Anderson, sorti en 1976 et mettant en scène une société limitant la durée de vie à trente ans.

Bien sûr, il y avait bien des jeunes pour vouloir faire la peau aux vieux mais ce n’était pas généralisé à ce point comme aujourd’hui, où les vieux il faudrait presque les tuer, parce qu’ils seraient des « profiteurs », des « oisifs », des « assassins de la planète » et autres bouffées délirantes d’ultragauche. Même une petite pimbêche du JDD les accablait récemment sur CNews. Le site Atlantico posait d’ailleurs ironiquement la question en 2022 : « Et si pour sauver la planète on tuait les vieux ? ».

https://atlantico.fr/article/decryptage/et-si-pour-sauver-la-planete-on-tuait-les-vieux-benoit-rayski

On en est arrivé là à force d’accabler le passé. Le syllogisme devient alors évident : le passé est mauvais, les vieux appartiennent au passé donc ils sont mauvais. Désormais, on ne parle même plus de conflits intergénérationnels mais de « guerre générationnelle », c’est dire ! Ceux qui ne sont pas jeunes subissent par conséquent une haine même plus dissimulée de la part d’individus fanatisés et, osons le mot, écervelés et qui n’en sont que plus dangereux. D’où la montée en puissance de leur violence.

Ces jeunes-là ne vivent que dans l’immédiateté et n’ont pour ainsi dire aucune mémoire saine, puisqu’ils n’ajoutent foi qu’à leurs fantasmes du passé, un passé noir, raciste, écocide, égoïste, etc. Inutile de leur démontrer que c’est faux, ils ne vous écouteront non seulement pas mais seront incapables de le faire, conditionnés qu’ils sont depuis des années au rejet dudit passé. Ajoutons qu’ils ont un fonctionnement « intellectuel » sectaire et le portrait sera complet.

Pire, comme ils refusent de faire des enfants, c’est le serpent qui se mord la queue puisque, par voie de conséquence, les vieux deviennent plus nombreux et les jeunes, moins nombreux. Parce que ces jeunes considèrent que faire des enfants, c’est criminel envers la planète ! Donc, ils sont pour l’abolition du genre humain, mais pas n’importe quel genre, ce serait trop facile : le genre blanc, car les autres, qui copulent pourtant allègrement et se multiplient à foison, ceux-là sont sacrés pour cette jeunesse quelque peu dégénérée, au sens de « celui qui a perdu ses qualités », suivant une définition du dictionnaire Antidote.

Et tandis qu’ils sont choyés par un pouvoir qui, s’ils avaient été des Gilets jaunes, les aurait littéralement massacrés, ces petits jeunes urbains égocentriques – tous privilégiés par rapport à la jeunesse rurale qui, elle, respecte encore ses aînés – hurlent à la répression patriarcale qui les empêcherait de vivre comme ils l’entendent, c’est-à-dire sous une dictature wokiste digne de Mao et Staline réunis.

Mais si vivre, pour eux, c’est exterminer une partie de la population jugée trop vieille, alors oui, on va avoir un sacré problème car nous n’avons pas envie de crever, nous les « vieux », pour une horde détraquée, au cerveau lavé par une idéologie nihiliste rejetant tout le passé. Or, sans passé il n’est pas d’avenir, c’est là aussi un poncif mais qu’il est cependant bon de rappeler. « La mémoire est l’avenir du passé », disait encore Paul Valéry. Hélas, de mémoire ils ne veulent point, ces jeunes bouffis d’une haine de soi rejaillissant immanquablement sur leurs aînés, responsables au moins de leur naissance…

Cyrano, Riposte Laïque

– Le Charles de Gaulle, outil de puissance devenu illusion ruineuse 

#webtube : Entre un porte-avions cloué à quai 70 % du temps, une escorte massivement investie dans l’autoprotection du Groupe aéronaval (GAN) et la menace des missiles hypersoniques ou des essaims de drones, notre fleuron de la Marine nationale est devenu obsolète et inapte aux conflits majeurs.

Reste que pour défendre notre immense domaine maritime au cours  d’opérations de basse intensité, le choix logique n’est pas d’avoir un seul PA mais au moins trois. Mais faute d’un budget suffisant, la raison impose de renoncer au GAN et de tout miser sur les sous-marins nucléaires et les drones.

Le Charles de Gaulle est un joyau vulnérable plus ruineux qu’utile

J’ai connu l’époque du Clemenceau et du Foch. Ces deux fleurons de la Marine nationale sillonnaient les mers du globe à une époque où la France était encore une grande puissance respectée, riche et prospère. Quinze ans à peine après la Seconde Guerre mondiale, notre industrie de l’armement accomplissait un exploit : concevoir et construire simultanément deux porte-avions, mis à la mer en 1961 et 1963. La France rayonnait sans interruption, car lorsqu’un navire entrait en révision, l’autre reprenait le flambeau à la mer.

Mais aujourd’hui, se satisfaire d’un seul porte-avions alors que nous possédons le deuxième domaine maritime du globe, qui s’étend sur tous les océans, est une option totalement erronée. Le choix de nos stratèges et de nos politiciens s’est fait entre 0 et 1 seul PA pour des raisons budgétaires, alors que la logique voudrait qu’il se fasse entre 0 et 3 groupes aéronavals.

Soit la France se donne les moyens d’assurer une permanence opérationnelle à la mer bien réelle, soit elle change radicalement de modèle. Mais le choix bancal actuel, le choix du pauvre, est une impasse.

Le Charles de Gaulle passe son temps à quai ou en cale sèche

Depuis son admission au service actif en 2001, les chiffres bruts du Charles de Gaulle sont sans appel : le navire a passé près de 70 % de son existence à quai ou en révision. Pour seulement 2 700 jours passés en haute mer, le fleuron de notre flotte est resté immobilisé à la base de Toulon ou en cale sèche pendant plus de 6 300 jours. Le constat devient grotesque. Quelle est la logique d’un outil de puissance qui passe les deux tiers de sa vie scotché à quai ?

Le porte-avions n’est plus qu’un colosse aux pieds d’argile

Il faut se rendre à l’évidence : si le porte-avions renforce notre diplomatie, il est désormais obsolète pour la guerre. Il faut distinguer la nature des conflits. Le porte-avions n’est pas “inutile” partout, mais il n’est plus adapté à notre politique, du moins quand on n’en possède qu’un seul.

C’est l’outil de la diplomatie et des conflits de basse intensité. Parfaitement adapté à la gestion des crises lointaines  et à la projection du pavillon français, le groupe aéronaval est un atout politique indéniable. C’est une base aérienne mobile qui s’impose en temps de paix. Mais pour que cette crédibilité diplomatique fonctionne, il faut  le nombre et la durée. Avec un seul navire disponible un tiers du temps, la France n’est qu’un « tigre de papier » aurait dit Mao.

Mais le pire est que face à un conflit réel contre une superpuissance comme la Chine, ou face à des puissances régionales dotées de drones et de missiles à profusion , comme l’Iran ou les Houthis, le porte-avions ne sert plus à rien. Les récentes tensions en mer Rouge l’ont prouvé : les Houthis, avec leurs armes de saturation low cost, ont fait trembler les forteresses navales de la puissante US Navy, qui ont dû s’éloigner des côtes et se positionner à des centaines de milles nautiques au large pour se protéger d’un désastre potentiel.

Dès que la menace s’élève, on constate que  le Charles de Gaulle exige une escorte d’élite : frégates de défense aérienne, frégates de lutte anti-sous-marines, bâtiment ravitailleur et un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA). Toute cette avant-garde technologique, qui représente le cœur de notre flotte de combat, consacre en réalité l’essentiel de ses forces et de ses radars à une seule mission : s’autoprotéger ! Une protection qui a un coût faramineux en munitions face à un essaim de drones.

On mobilise nos meilleurs marins et nos navires les plus modernes pour défendre une unique plateforme géante. Le GAN, loin d’être l’arme offensive par excellence est sans cesse sur la défensive, tant la perte d’un porte-avions produirait un effet dévastateur. Imaginez le pont d’envol du Gérald Ford détruit par des missiles houthis. Pas besoin de le couler pour paralyser un PA. Pas d’avions de combat sans pont d’envol.

Les simulations informatiques et les wargames sont sans appel : face à un déluge de missiles hypersoniques coordonnés, les défenses finissent par être saturées et les porte-avions sont envoyés systématiquement par le fond. Aussi bien les simulations programmées par les Chinois que celles testées par les Américains confirment cette vulnérabilité extrême. Aucun porte-avions américain ne pourra approcher des côtes de Taïwan. Effrayés par les Houthis, que pourraient donc espérer les 11 PA américains face à la Chine, dotée de tout l’arsenal de destruction imaginable ?

Le choix le plus crédible pour la France, changer de paradigme

Le constat est sévère mais lucide. Si la France refuse de consacrer 5 % de son PIB à sa défense, préférant orienter ses budgets vers son modèle social, elle doit cesser de s’accrocher à un prestige de façade.

Avec un navire resté à quai les deux tiers de son temps, on ne fait trembler personne. Le choix logique et crédible n’est pas d’avoir 0 ou 1 porte-avions, mais bien 0 ou 3. Et puisque la France n’a plus l’argent pour en aligner trois, le choix de la raison est bien zéro.

Il est donc temps de réorienter massivement nos dépenses vers ce qui fonctionne vraiment aujourd’hui : les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), les drones autonomes et les missiles de précision en grande quantité. L’annulation pure et simple du programme du futur porte-avions de nouvelle génération (PANG), estimé à 12 milliards d’euros, permettrait de libérer des budgets colossaux. Voici l’alternative crédible que la France pourrait s’offrir :

Matériel de remplacementCoût unitaire estiméÉquivalence budgétaire (pour 12 Mds €)
Sous-marins nucléaires d’attaque (SNA classe Suffren)1,3 milliard €+ 6 SNA (soit un doublement de la flotte actuelle)
Frégates de premier rang (FDI / FREMM)700 millions €+ 8 Frégates lourdement armées
Missiles de croisière navals (MdCN) et antinavires3 à 5 millions €+ 1 500 à 2 000 missiles de haute précision
Drones sous-marins et de surface (très grande autonomie)10 à 30 millions €Une flotte de plusieurs centaines de drones de patrouille

J’ai longtemps cru à la puissance de feu d’un porte-avions et à son effet dissuasif. J’ai toujours regretté que le Charles de Gaulle n’ait pas eu un frère jumeau comme au temps du « Clem » et du Foch. Mais il faut se rendre à l’évidence, l’avenir des porte-avions semble être remis en question par l’arrivée d’une arme redoutable à la portée de tous les pays : le drone bon marché utilisé en essaims de centaines d’unités pour submerger les défenses. Et derrière l’essaim sur lequel le GAN a jeté toutes ses munitions, suivent les missiles hypersoniques imparables…

Il est temps d’abandonner ce symbole de puissance obsolète, condamné comme le furent naguère les cuirassés. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une bonne dizaine de cuirassés japonais, américains, allemands et britanniques, ces géants des mers blindés et réputés invincibles, ont été coulés faute de couverture aérienne ou sous-marine, victimes de bombes et de torpilles.

Le plus grand géant de l’époque, le Yamato, 72 000 tonnes, repéré par l’aviation américaine, s’est retrouvé attaqué par plusieurs vagues de chasseurs bombardiers. Sa soute à munitions a fini par exploser. Il a coulé en emportant 3 000 marins par le fond.

Par conséquent, renforçons plutôt nos bases navales outre-mer en les dotant d’armements de dernière génération, et cessons de nous obstiner dans une illusion ruineuse de puissance à mi-temps.

Un porte-avions disponible 30 % du temps a la même rentabilité intermittente qu’une éolienne : un investissement colossal pour un outil qui passe l’essentiel de son temps à l’arrêt.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque