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#webtube : Au lycée catholique Le Rebours, comme dans de nombreux établissements privés, la directrice a dû faire face aux blocus. C’est un calme olympien qui règne ce matin aux abords du lycée Le Rebours, un établissement privé catholique du 13e arrondissement parisien. Devant le bâtiment qui jouxte l’église paroissiale, une quinzaine d’élèves est postée, oisive, et se filmant alors que la matinée est déjà bien avancée. Le temps d’un aller-retour jusqu’à la place d’Italie, qui se situe à deux pas, le jeune groupe s’est volatilisé. Soit qu’il est parti, soit qu’il s’est résolu à se soumettre à ses obligations scolaires.
Blocus de lycées privés en « solidarité »
À 10 heures passées, on est donc bien loin des scènes de désordre que promettaient les appels à « tout bloquer » diffusés sur les réseaux sociaux. Depuis le 1er octobre, plusieurs comptes TikTok consacrés au « blocus » du lycée Le Rebours donnent des rendez-vous à « tous les lycées du 13 (sic) » pour unir leurs forces et militer « ensemble » pour « un meilleur lycée ».
Une initiative qui rejoint celle de « 400 à 500 » lycées français, dont un certain nombre sont fermés depuis plusieurs jours, et à laquelle ont tenu à s’associer de nombreux élèves de structures privées, notamment issus de l’enseignement catholique.
De la Providence, à Vincennes, à Nicolas-Ledoux, à Montreuil, les lycéens qui avaient bloqué ces établissements « privilégiés » expliquaient vouloir ainsi témoigner leur solidarité à leurs camarades qui l’étaient moins, rapportait Le Figaro. Quant aux lycées privés de Nantes, leurs directions ont tout simplement décidé de fermer leurs portes ces 5 et 6 octobre en raison des mobilisations annoncées et des risques de dégradation qu’elles faisaient peser sur les établissements, selon France Info.
Même stratégie à Marseille, où une douzaine d’établissements privés accueillant un lycée ont été mis à l’arrêt, y compris les classes de primaire et de collège. Une mère de famille raconte à Boulevard Voltaire que l’établissement de l’un de ses enfants avait d’abord prévu d’ouvrir ses portes ce mardi matin, avant de se raviser, craignant de devenir « la seule cible » des casseurs.
L’autorité qui « pose un cadre »
Mais au lycée Le Rebours, la ligne tenue par la directrice de l’établissement semble avoir porté ses fruits. Avec « de l’ordre et de l’autorité », Laurence Gourdon et son équipe sont parvenues à rétablir la situation, raconte la directrice à Boulevard Voltaire.
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La tâche n’a pourtant pas été simple. Depuis vendredi, la mobilisation des jeunes pèse sur les équipes, qui se sont relayées chaque matin pour évacuer les détritus entassés devant les portes de l’établissement afin d’en empêcher l’accès. Ce mardi matin, Laurence Gourdon, décrite par un membre de son entourage comme ayant « un cran incroyable », avait décidé de faire appel à la police, qui a dissuadé les « casseurs » et les a fait déguerpir.
D’ailleurs, des élèves scolarisés dans son établissement, la directrice n’en a reconnu qu’une poignée. « Dix ou quinze. » Le reste, des « bandes extérieures », plus nombreuses, vêtues de noir et masquées, venues prêter main-forte aux quelques troublions, davantage dans une posture de « défiance envers l’autorité » que portées par des revendications claires et organisées.
Le lycée Le Rebours est de ces établissements « confortables », avec une « grosse équipe pédagogique » qui « ne souffre pas de sous-effectifs ». Ses 1.200 élèves, répartis entre les filières générale, technologique et professionnelle, disposent notamment d’un salon d’application pour les élèves de bac pro esthétique, d’une salle de coworking, d’un atelier informatique, d’un laboratoire de physique-chimie ou encore d’une salle d’arts plastiques, comme on peut le constater sur son site Internet.
Difficile, dès lors, d’entendre crier au manque de moyens, comme le font la plupart des manifestants depuis le début des émeutes lycéennes.
Ne pas « céder »
Si Laurence Gourdon insiste sur l’écoute et le dialogue avec les jeunes qui les recherchent, hors de question, en revanche, de « céder » aux pressions violentes et à l’anarchie que certains revendiquent, profitant surtout du mouvement national pour s’offrir quelques jours loin des salles de cours.
Pour les élèves récalcitrants, la sanction a été « l’exclusion immédiate ». Et les parents de chaque bloqueur ont été appelés « pour les responsabiliser ». Une démarche essentielle, estime la directrice, qui revendique, loin d’une autorité violente, une autorité qui « pose un cadre » et « apprend le véritable usage de la liberté ».
Une ligne qui semble avoir montré son efficacité, puisque dès l’arrivée des premiers élèves dans l’enceinte du lycée, aux alentours de 8 heures, la situation est revenue à la normale. Vers 10 heures, les derniers retardataires entraient calmement dans l’établissement, sac sur le dos. Dehors, il ne reste qu’un matelas et deux barrières en fer apposés contre un arbre. Le reste a été emporté par les élèves du lycée public Corvisart, situé à une rue. Lui est resté bloqué toute la journée. Quelques élèves y ont tenu leur poste au milieu de drapeaux palestiniens et de pancartes en carton.
Alienor de Pompignan, dans BV




