– Bardella/Mediapart : les fidèles font bloc face à la gauche manipulatrice

#webtube : La révélation par Mediapart de messages privés aux relents antisémites et complotistes, attribués à Jordan Bardella entre 2013 et 2015, est tombée comme la foudre sur ce début de la campagne présidentielle.

Si l’ensemble du RN fait bloc derrière son président, taxant cette opération de pitoyable “barbouzerie”, toute la gauche s’est engouffrée dans la brèche, trop heureuse de nous rejouer une nouvelle partition de diabolisation du parti.

Le rêve de la gauche : anéantir le premier parti de France

Un seul mot d’ordre : balayer les dix ans d’efforts de Marine pour nettoyer le FN de ses têtes brûlées nazifiées et antisémites. Tout en ajoutant hypocritement “Si ces révélation sont avérées”, tous les ténors de la gauche au sens le plus large, se sont acharnés contre le RN, Mediapart ne faisant somme toute que confirmer que l’antisémitisme est gravé dans l’ADN du parti. C’est l’image même d’un RN normalisé et incarné par Marine, qui est en jeu.

Mais cette gauche en furie n’est pas seule à sonner l’hallali

« Jamais nous n’accepterons de propos antisémites. Jamais. Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables. Ils appellent à la condamnation la plus extrême. Ce n’est pas la République. Ils impliquent que les responsables clarifient » Emmanuel Macron.

« Ces propos prêtés à Jordan Bardella sont d’une gravité extrême car ils reprennent tous les clichés de l’antisémitisme tels qu’ils ont été inventés par la pensée d’extrême droite depuis cent vingt ans » J.F Cop.

« Si ces propos ont été tenus, ils sont bien sûr inacceptables. Le RN porte un héritage. Et cet héritage, tout le monde le connaît. C’est celui de la xénophobie, c’est celui du racisme, c’est celui de l’antisémitisme » Dominique de Villepin.

« Une terrible accusation pèse sur monsieur Bardella. Il doit démontrer son opposition aux propos antisémites et complotistes qui lui sont attribués. Sinon, la preuve sera faite en grand, montrant l’erreur de ceux qui ont amnistié l’extrême droite de ses racines antisémites. » J.L Mélenchon.

« L’extrême droite restera toujours l’extrême droite. Aucune agence de communication, aucun ravalement de façade n’y changera rien. N’oublions jamais qu’ils ont tous adhéré à un parti fondé par des antisémites fanatiques et des racistes revendiqués » Raphaël Glucksmann.

« Ces propos attribués au président du Rassemblement national sont d’une  immense gravité et totalement incompatibles avec tout mandat politique » Marine Tondelier.

« C’est le fond qui remonte avec un parti fondé par Jean-Marie Le Pen » François Ruffin.

« Jordan Bardella ne peut plus jouer un rôle majeur dans la vie politique française » Manuel Bompard.

Suivez le coq — l’application

Vous aurez bien du mal à en trouver un seul qui prêche le calme en attendant d’en savoir plus. Dès qu’il s’agit de descendre le RN en flammes, ils sont tous d’accord, la peine maximale tombant sans preuve, avant tout procès et tout jugement.

Mais le socle de fidèles est imperméable aux polémiques

Le dernier sondage Ifop-Fiducial de ce jour montre que l’électorat RN garde le calme des vieilles troupes. Scotchée entre 32 et 35%, Marine laisse la meute aboyer tandis que Bardella a porté plainte pour diffamation. 85% des électeurs RN sont définitivement convaincus de leur choix, plaçant les révélations de Mediapart dans la corbeille des coups montés destinés à savonner la planche à Marine, bien partie pour l’emporter.

Ce sont en revanche les 15% d’indécis qui peuvent s’interroger

Un électorat jeune et fraîchement engagé pour Bardella, qui leur semble être à leur image. Ils veulent du sang neuf, loin des vieilles tiges qui ressortent de la naphtaline à chaque élection. Cet électorat peut se révéler volatil et suspendu aux preuves qui blanchiront leur champion. Le doute est un poison. C’est le piège qui guette le RN aussi longtemps que la justice n’aura pas tranché.

Le scénario de l’enlisement

Ne nous voilons pas la face. Pour l’exécutif du RN, il n’y a que deux issues possibles selon la nature des preuves que prétend avancer Mediapart.

Soit Mediapart se montre incapable de fournir des preuves suffisamment crédibles et dans ce cas Bardella est blanchi à 100%. Ce qui lui sera bénéfique puisqu’il pourra endosser le rôle de la malheureuse victime du système. Un passeport pour Matignon si Marine l’emporte.

Soit les preuves sont floues, ni convaincantes, ni rejetables. C’est le scénario du pire avec guerre des experts et enlisement plombant toute la campagne. Un boulet que Marine devra traîner pendant sept mois.

Ce sinistre épisode à la veille d’une potentielle victoire du RN, que les sondages annoncent depuis des mois, tombe à pic pour toute la classe politique française, qui semblait devoir se résigner à être écrasée par le parti qu’elle vomit depuis 40 ans. Il fallait s’y attendre, le système n’allait pas rester éternellement les bras ballants sans se battre.

Mais je ne pense pas que le socle électoral de Marine vacille à la suite de ces informations. Cet électorat a des priorités bien affirmées comme le pouvoir d’achat, l’immigration et l’insécurité, qui passent bien avant les soupçons d’antisémitisme qui visent Jordan Bardella. Un coup bas dont la presse de gauche est coutumière.

Tout va donc se jouer sur les fameuses preuves « écrites » datant apparemment d’une douzaine d’années. Difficile à avaler. Mais qu’on le veuille ou non, la balle est dans le camps de la justice et des experts.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

– « On est vus comme des traîtres » : ces lycéens qui résistent à l’effet de groupe

#webtube : À rebours des autres lycéens, ils refusent les blocages, dénoncent les pressions et la récupération politique. « On est vus comme des traîtres. » Aubin D., 17 ans, membre de l’UNI Lycée et élève de terminale au lycée Raymond-Queneau d’Yvetot, à vingt-cinq minutes de Rouen, décrit sans détour la place qu’occupent, dans leur propre établissement, les lycéens qui refusent de rejoindre le mouvement de blocage. Ce matin-là, sur trente élèves, seulement dix se sont rendus en classe. Devant les grilles, « cinq à six cents personnes », selon son estimation, des élèves d’autres établissements, mais aussi des jeunes venus de la cité voisine, à dix minutes à pied. « Même si on a accès aux cours, il y a une majorité d’élèves qui restent devant et qui attendent les violences », nous confie-t-il. « Dans de nombreuses villes, surtout les grosses villes, c’est un blocage total et personne ne peut rentrer. »

Autour de lui, le mouvement s’est durci. À Rouen, le lycée Blaise-Pascal a brûlé. À Nantes, c’est le lycée Nelson-Mandela, inauguré il y a douze ans pour 77 millions d’euros, qui a été incendié. À Marseille, un bus a été caillassé et brûlé, un camion de pompiers a explosé après avoir été incendié, un proviseur et son adjoint ont été aspergés d’essence au lycée Victor-Hugo. Au lycée Paul-Émile-Victor d’Avrillé, dans le Maine-et-Loire, des ordinateurs ont été volés. À Paris, une policière a été isolée, coursée puis mise à terre par un groupe de jeunes bloqueurs. Près d’un millier d’interpellations ont eu lieu en seulement quelques jours, dont 440 mardi et 625 mercredi, pour des faits de dégradation ou de violence, selon des sources policières. D’après le journaliste Amaury Brelet, les forces de l’ordre auraient reçu la consigne de ne pas utiliser de gaz lacrymogène à Paris et de ne pas « intervenir » face aux blocages.

Dans l’établissement d’Aubin D., la situation reste, à l’échelle du mouvement, mesurée : « pétards, fumigènes », pas de dégradations majeures, une présence policière qu’il juge « limitée » malgré quelques élèves grimpés sur les préaux. Ses camarades grévistes ont simplement fait quelques remarques. Mais la pression, dit-il, se joue ailleurs, dans le regard des autres, dans l’adhésion silencieuse qu’impose le nombre : « Je ne dirais pas que tout le monde suit le mouvement de blocage, mais soit les lycéens suivent, soit ils ne disent absolument rien et baissent les yeux. » Lui a choisi de ne rien dire non plus, en public.

« Si cela continue, on part sur un Mai 68 »

Ce qui le pousse à rester en retrait du mouvement, Aubin le formule sans détour : « la récupération politique » et « les violences ». « Ce sont des proviseurs qui sont passés à tabac, des membres du personnel, des profs, c’est le chaos. » Il cite Louis Boyard, figure des blocages, La France insoumise et le syndicat Union syndicale lycéenne (USL), implanté dans son établissement, qui organise des « appels quotidiens » à la grève et diffuse des tutoriels sur les réseaux sociaux pour apprendre à bloquer un lycée ou une université. « La France insoumise s’accapare carrément l’événement », nous confie le jeune Normand. La proximité du parti avec le mouvement a d’ailleurs encore été prouvée aujourd’hui : Ritchy Thibault, ancien collaborateur parlementaire de la députée insoumise Ersilia Soudais, a été filmé en train d’appeler à « mettre le feu à l’Élysée ».

À ce sujet — « Quand on casse, on brûle, on agresse, où sont les revendications ? » : à quoi joue LFI dans les lycées ?

Devant le lycée d’Aubin, le syndicat Force ouvrière interviewait ce matin les bloqueurs pour « récupérer le buzz ». Aucun syndicat, aucun élu d’extrême gauche n’a pour autant appelé au calme : alors que le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, réaffirme que « la violence peut être légitime », Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, s’est contenté d’exhorter les établissements à faire cours en distanciel « lorsque des dégradations ou des blocus » empêchent l’accueil des lycéens.

« Siamo tutti antifascisti », « ACAB », « la jeunesse emmerde le Front national » : les mots d’ordre scandés devant les lycées ont, pour beaucoup, cessé de renvoyer aux revendications initiales sur le manque de moyens. Demander des établissements en meilleur état et incendier un lycée construit il y a douze ans pour 77 millions d’euros relève d’une continuité qu’Aubin, lui aussi, ne cherche plus à établir. « Ils savent qu’on a prochainement 18 ans, qu’on est jeunes et ils veulent rendre leur parti et leurs idées attractifs. » Chez lui, c’est une conviction partagée en famille, ses parents y voient « des gamins qui n’ont rien vu de la vie et qui veulent simplement faire du bruit ». Il espère que la situation s’apaisera, mais estime que « si cela continue, on part sur un Mai 68 ».

– Carburant, dette, colère : le cocktail explosif

#webtube : 2,4 % d’inflation officielle, mais en réalité plus de 6,5 % pour les ménages modestes. Depuis 1997, l’écart ne cesse de se creuser et le pouvoir d’achat réel s’effondre. Pourquoi la France s’apprête-t-elle à revivre une crise sociale majeure, alors même que l’État n’a plus un centime pour éteindre l’incendie ? Avec Charles Gave, nous décryptons les chiffres réels et l’impasse budgétaire actuelle.

00:00 – Introduction : Les deux inflations en France 01:45 – Justice sociale et panier de dépenses contraintes 05:48 – Graphique 1 : Le décrochage historique depuis 1997 11:58 – Graphique 2 : L’accélération de l’inflation réelle 14:41 – La réalité du budget des ménages face à l’indice officiel 17:46 – Graphique 3 : La chute du SMIC réel 21:32 – Le déficit public et les dépenses de l’État 24:36 – Graphique 4 : La contagion aux classes moyennes 30:04 – Le choc pétrolier et la crise de la dette 34:12 – L’étau budgétaire : intérêts de la dette et retraites 38:55 – Le modèle face à la souveraineté et aux marchés 44:14 – Les leçons à tirer et perspectives pour l’épargne 55:58 – Conclusion & mot de la fin