– La chanson du jour, Rsn – It’s Over

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#webtube : Une mélodie, une atmosphère, quelques souvenirs qui remontent à la surface… Parce que parfois, quand une histoire est terminée, la musique est la seule chose qui reste.

#webtube : A melody, an atmosphere, a few memories coming back to the surface… Because sometimes, when a story is over, music is the only thing that remains.

Rsn – It’s Over

Source : Rsn

– Lycéens, casseurs, incendiaires : les émeutiers de l’envie

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#webtube : Que nous disent les émeutes, lycéennes ou pas ? Dans « Les Émeutes de l’envie. Aux sources du racisme antiblanc » (Perspectives libres), le psychanalyste Bertrand Duccini délaisse le misérabilisme habituel de la gauche pour s’intéresser à un phénomène beaucoup plus ancien et universel : l’envie. Une plongée passionnante dans les « sous-sols » des sociétés multiculturelles, où fermente le poison du ressentiment, dont le ressentiment antiblanc.

On ne sait plus penser le mal en dehors du croquemitaine fasciste et de l’épouvantail de l’extrême droite. On l’a schtroumpfisé, aplati, colorié, rendu monodimensionnel et monochrome : au lieu du bleu Schtroumpf, le brun Schtroumpf. C’est lui qui a absorbé toute la négativité du monde, Satan, le péché, la faute, la cruauté, le sadisme, la perversité. Ne subsiste qu’un Mal majuscule et schtroumpfesque : le fascisme, avec tous ses sous-produits, le racisme, l’extrême droite, la xénophobie, etc. Tout le reste est un malentendu culturel que la niaiserie schtroumpfesque gauchiste corrigera.

Bertrand Duccini fait le pari inverse dans un livre passionnant paru en début d’année : Les émeutes de l’envie. Aux sources du racisme antiblanc. Son sujet, c’est l’envie, un des sept péchés capitaux de l’ancien temps. L’auteur n’est pourtant pas théologien, mais psychanalyste. S’il y a cependant un point commun entre la théologie chrétienne et la psychanalyse, c’est que le mal est logé au plus profond de nous, même s’il ne se nourrit pas à la même source et ne parle pas la même langue, ici le péché, là la pulsion.

Celui auquel s’intéresse Bertrand Duccini est des plus ordinaires : l’envie, conçue comme un trait inexpugnable de l’âme humaine. Autrement dit, cette disposition qui nous fait souffrir du bien d’autrui alors même que ce bien ne nous enlève rien.

C’est pour lutter contre ce mal que les sociétés européennes ont élaboré des concepts comme la chance, le hasard, la providence, qui permettent de soustraire le bonheur d’autrui au mauvais procès que lui fait l’envieux (il est né riche ? C’est la bonne fortune. Il a réussi ? C’est la chance, etc.) Pourquoi européennes ? Parce que les sociétés animistes n’ont généralement pas d’antidote à l’envie puisqu’elles font intervenir le mauvais sort, c’est-à-dire une puissance malveillante : le mauvais œil. À noter qu’il existe un autre expédient contre l’envie : la pitié, comme l’avait remarqué Francis Bacon (oui, cet homme est riche, glamour et célèbre, mais sa femme le trompe, etc.)

L’envie et la gratitude

Mais ce ne sont que des pis-aller. L’envie n’a qu’un véritable antidote : la gratitude. C’est ce que disait le philosophe Emmanuel Kant, rangeant dans la même famille l’envie, l’ingratitude et la Schadenfreude, cette joie mauvaise que procure le malheur d’autrui.

La psychanalyste Melanie Klein reprendra cette réflexion en opposant deux attitudes mentales : l’envie et la gratitude, sur des bases cliniques dont chacun appréciera la pertinence (à partir du sein maternel en l’occurrence). Mais qu’importe. Les termes du débat sont posés.

L’envie naît toujours d’une comparaison défavorable : elle ne convoite pas nécessairement le bien de l’autre, elle souffre d’abord de ce que l’autre le possède. En cela, elle est l’exact envers de l’émulation. L’émulation tire vers l’excellence, l’envie rabat sur la médiocrité. Faute de pouvoir se hisser jusqu’à l’autre, elle entreprend de le ramener à soi, autrement dit vers le bas. Faute aussi de pouvoir s’avouer son propre échec, elle lui cherche des causes extérieures ou surnaturelles. Et s’y emprisonne.

L’envieux se prive ainsi de la seule vertu possible de l’échec : en tirer une leçon. Dès lors, la réussite d’autrui devient proprement insupportable. Puisqu’on ne peut l’attribuer à une supériorité quelconque, il faut la disqualifier en l’imputant à une position de domination. C’est ici qu’entre en scène la victimisation, inséparable doublure de la déresponsabilisation. Le dominant devient la cause de l’échec du dominé. Reste alors à le détrôner par compensation. C’est précisément ce que donnent à voir le racisme antiblanc ou les émeutes. L’envieux ne veut pas forcément s’approprier le statut ou les biens qu’il convoite ; il veut les piller, les brûler, les profaner. La violence devient ainsi la revanche symbolique d’un sentiment d’impuissance et d’un complexe d’infériorité inavoué.

Du misérabilisme à la post-misère

Comme on le voit, l’envie ne travaille pas seulement les individus, elle peut aussi se racialiser et trouver dans le racisme antiblanc un exutoire et un défouloir. C’est le point de départ du raisonnement de Bertrand Duccini : les explications sociologiques habituellement convoquées – misère, relégation, discrimination – n’expliquent pas grand-chose de l’hostilité qu’une partie des populations issues de l’immigration extra-européenne manifeste envers les peuples européens qui les accueillent. Difficile de lui donner tort. Pour paraphraser Marx, la sociologie de la misère n’est trop souvent que le cache-sexe de la misère de la sociologie. Et pour cause : la sociologie passe son temps à plaquer son indémodable grille de lecture marxiste et postmarxiste sur des phénomènes sociaux qui débordent de toutes parts la seule explication économique.

C’est ce qui m’a conduit à parler de « post-misère », cette condition sociale d’un nouveau genre qui prospère dans des banlieues abondamment irriguées par les milliards de l’économie de la drogue et du blanchiment de l’argent sale. Cette post-misère montre ce que les chercheurs ne veulent pas voir : les passions tristes d’une bonne partie des populations d’origine immigrée, au premier rang desquelles le racisme antiblanc, passion de la comparaison toujours défavorable et de la destruction compensatrice, ont des ressorts plus archaïques et plus profonds.

Débiteurs éternels

Inutile de dire que la démonstration de Bertrand Duccini est particulièrement convaincante1. Malheureusement, elle ignore complètement les travaux de René Girard sur la rivalité mimétique, ne convoque Nietzsche qu’à la marge et concentre tout son dispositif sur une passion unique, à l’exclusion de toutes les autres : l’envie donc, principalement pensée à partir des travaux de Helmut Schoeck (1922-1993), sociologue austro-allemand. Ce qui est une erreur. Duccini ne parvient d’ailleurs pas vraiment à maintenir l’envie à bonne distance du ressentiment, sans cependant se résoudre à combler le vide qui les sépare. Il pose que l’envie peut fonctionner sans motif, sans même avoir besoin d’un tort préalable, ce qui n’est pas le cas du ressentiment. C’est pour le moins discutable au regard du lourd passé-passif accumulé de part et d’autre de la Méditerranée. Mais passons. Le ressentiment permet, dans tous les cas, d’aller un cran plus loin. Car il opère une véritable transmutation – un renversement – des valeurs. Incapable d’atteindre ou de vaincre ce qu’elle envie, la créature du ressentiment transmue son impuissance en valeur positive : les émeutes deviennent « sociales », la colère lycéenne « justifiée », le racisme antiblanc « légitime », etc. Le ressentiment ne se contente donc pas de souffrir, il produit un pseudo-discours sociologique sur la souffrance.

C’est d’ailleurs ce que décrit Duccini : la réussite occidentale se métamorphose en oppression et l’opprimé se voit crédité d’une supériorité morale imaginaire. C’est tout le dispositif de l’antiracisme asymétrique : le Blanc est coupable par position, l’extra-Européen innocent par destination. À l’un la dette perpétuelle, à l’autre la créance illimitée. De là cette préférence étrangère et ce privilège du minoritaire qui retournent l’hospitalité contre l’hôte et produisent une assimilation à l’envers : ce n’est plus à l’arrivant d’adopter les codes du pays d’accueil, c’est à l’autochtone de s’adapter.

C’est précisément ce que font les si mal nommées sciences sociales en particulier et la gauche en général, incapables de sortir des grilles anthropologiques désespérément pauvres du marxisme et du postmarxisme. Elles finissent ainsi par donner philosophiquement et socialement raison à l’ingratitude. Si on nous déteste, c’est que nous, Européens, n’avons pas été assez généreux, pas assez accueillants, pas assez repentants. À l’ingratitude, la gauche répond donc par une surenchère dans le don (comme si notre générosité n’était pas déjà sans limites : école gratuite, soins quasi gratuits, logements à loyers modérés, prestations sociales de toutes sortes…)

La gauche s’imagine ainsi apaiser l’envie, la colère ou le ressentiment – peu importe le nom qu’on lui donne. Or, elle obtient exactement l’effet inverse. Elle se condamne à donner toujours plus à ceux qui estiment ne jamais recevoir assez. Chaque nouveau don vient ainsi confirmer qu’une dette existe bel et bien – et en appelle un autre.

Le don sans contre-don

Cette surenchère enferme ceux qui en bénéficient dans un état de dépendance insupportable, que Duccini appelle un état de « mendicité sociale », blessant l’estime de soi. Car recevoir oblige. « Or, la seule manière de ne pas se déshonorer en recevant une aumône est le remerciement, qui permet d’éteindre symboliquement la dette » (p. 30). Mais précisément : si tout ce qui est reçu n’est plus présenté comme un don, mais comme un dû, si le bénéficiaire est constitué en créancier perpétuel d’une société elle-même sommée de se reconnaître perpétuellement débitrice, la gratitude devient psychologiquement impossible et se transforme en violence destructrice. Au lieu de restaurer l’estime de soi, on entretient ainsi une blessure narcissique qui, en plus d’empêcher de reconquérir cette estime, nourrit l’agressivité antiblanche.

Ainsi fonctionne la mécanique de l’émeute et du racisme antiblanc, selon Bertrand Duccini. Il faudrait donc renverser la proposition suivante, comme nous y invite l’auteur : ce n’est pas l’immigration qui est une chance pour la France, c’est la France qui est une chance pour l’immigration. On y verrait plus clair.

Bertrand Duccini, Les émeutes de l’envie. Aux sources du racisme antiblanc, Éditions Perspectives libres, 188 p., 23 €

1. Le livre comporte un autre angle mort. Aucune psychologie, fût-elle celle de l’envie ou du ressentiment, ne peut à elle seule trancher une question de justice. Pas davantage que l’universalité incontestable des inégalités ne nous apprend quoi que ce soit sur la justice de telle inégalité particulière. Certaines inégalités procèdent du talent, de l’effort, de l’héritage culturel ou du hasard ; d’autres, de la prédation, du monopole, du népotisme, de la corruption ou de rapports de force institutionnalisés. Toute bonne politique commence précisément dans cet arbitrage.

François Bousquet, Revue Eléments

– « Il suffit désormais qu’un ouvrage coche toutes les cases du politiquement correct pour qu’il soit immédiatement encensé par le grand chœur du milieu littéraire »

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#webtube : Dans le cadre de « l’affaire Thélyson Orélien » qui secoue actuellement les médias et le milieu littéraire, nos confrères du site de réinformation Breizh Info ont donné la parole à Xavier Eman, rédacteur en chef d’Éléments, pour évoquer les conséquences du développement de l’IA sur la littérature dans un contexte déjà fortement détérioré par l’omniprésence de l’idéologie bien-pensante et l’effondrement de la pratique de la lecture.

Breizh-info.com : Si la question est encore débattue, il semblerait bien que le « roman phare de la rentrée littéraire » du poète et romancier Thélyson Orélien ait été généré, en partie ou dans son intégralité, par l’intelligence artificielle, des passages paraphrasés laissant peu de place au doute. Vous qui connaissez bien ce milieu, qu’est-ce que cela vous inspire ? 

Xavier Eman : Je ne connais ce « milieu » qu’en tant qu’observateur attentif, étant assez éloigné des salons littéraires et des médias centraux et très à l’écart de cet entre-soi germanopratin ben pensant et très satisfait de lui-même. C’est d’ailleurs, à mon sens, ce que révèle en premier lieu cette « affaire », la déconnexion croissante de ce milieu non seulement avec le reste de la population mais avec la littérature elle-même, totalement grand-remplacée par l’idéologie, puisque tous ces braves gens si doctes et suffisants – éditeurs, auteurs, journalistes – ne sont même plus capables de distinguer un texte produit, apparemment assez grossièrement, par une machine d’un texte écrit par un être humain, un écrivain en chair et en os. Il suffit désormais qu’un ouvrage coche toutes les cases du « politiquement correct » (auteur -ou supposé auteur – racisé, victimisation, antiracisme, pleurnicherie féminsito-wokiste…) pour qu’il soit immédiatement encensé par le grand chœur du « milieu littéraire » qui n’est en réalité plus qu’un cénacle de libéraux-libertaires défendant leurs prébendes et leurs situations grassement rémunérées tout en se prenant pour d’éternels résistants à la bête immonde.

Breizh-info.com : À supposer qu’il ait véritablement utilisé l’IA, ne faut-il pas du talent pour parvenir à élaborer un texte et se hisser en tête des récompenses et prix de l’élite littéraire francophone, comme le prétend, par exemple, Virginie Despentes ? 

Xavier Eman : Je n’ai pas lu le livre en question donc il est difficile de me prononcer même si les divers extraits que j’ai pu apercevoir ne m’ont pas semblé particulièrement convaincants. Évidemment, n’importe qui produisant un livre par l’IA ne va pas se retrouver immédiatement aux portes du Goncourt, encensé quasi unanimement par la critique. Mais cet enthousiasme est-il dû à la qualité réelle du texte ou au fait que l’auteur et l’histoire du livre sont paroxystiquement dans l’air du temps et représentent une énième magnifique occasion, à quelques mois de l’élection présidentielle, de sanctifier le « migrant », cette figure iconique de notre temps, et de culpabiliser une nouvelle fois les méchants et les sans cœur qui auraient l’ignoble outrecuidance de na pas voir dans l’accueil illimité des migrations l’horizon indépassable de l’humanité et la condition nécessaire du bonheur terrestre ? Suivez-mon regard…

Breizh-info.com : Libération jubile : l’auteur de la publication ayant dévoilé la supercherie présumée n’est autre que Samuel Fitoussi, « auteur d’un essai contre le wokisme ». Xavier Eman, tout est-il politique ?

Xavier Eman : Je le crains. Ce qui est avant tout un scandale littéraire et une escroquerie médiatico-commerciale s’est presque immédiatement transformé en drama politico-idéologique, offrant un nouveau terrain de pugilat entre « wokistes » et « réacs », nouvelle querelle des modernes et des anciens version TikTok. Si l’on ajoute à cela l’obsession raciale de notre temps (un « racisé » étant forcément innocent pour les uns et nécessairement coupable pour les autres..), et l’on obtient une grande empoignade généralisée, une sorte de néo-hooliganisme numérico-médiatique où les supporters de chaque camp s’écharpent furieusement dans le seul espoir de « marquer des points » contre l’ennemi.

C’est à mes yeux évidemment déplorable, très fatiguant et surtout contre-productif, plus aucun événement, d’un fait divers sordide à une rencontre sportive en passant par une publicité pour des paris sportifs, n’échappant au passage par cette grille de lecture binaire et manichéenne et ouvrant des débats totalement hors de propos et de proportion. L’instantanéité, l’immédiateté, des réseaux sociaux, leur fonctionnement viral, le désir effréné de virtuelle célébrité, la course aux « followers », empêchent désormais tout débat de fond, toute prise de distance et toute réflexion collective apaisée.

Facebook et Tweeter ont tué la nuance et l’objectivité.

Breizh-info.com : À force de considérer l’IA comme un logiciel de plagiat de la créativité humaine, n’était-ce pas prévisible ? Au-delà de ce cas précis, en quoi l’utilisation de l’IA représente-t-elle un danger pour la littérature et pour l’art en général ? 

Xavier Eman: Non seulement c’était prévisible, mais cela a été prévu. J’invite notamment vos lecteurs à lire l’excellent roman d’Alexis Legayet, paru en 2024 aux éditions la Mouette de Minerve, « les Obsolètes » qui se penche sur les conséquences du développement de l’IA dans les domaines artistiques et qui met en scène un éditeur qui reçoit un manuscrit exceptionnel, présenté comme l’œuvre d’un génie. Il le publie, c’est succès commercial retentissant mais le problème est que le texte a en réalité été entièrement généré par une IA, ce qui provoque un énorme scandale… Tout y était.

Pour ma part, je pense que l’IA représente un danger pour l’humanité toute entière, elle annonce un monde post-humain qui me semble absolument cauchemardesque. Mais pour s’en tenir uniquement à l’art, il est évident que l’usage de l’IA pose un abîme de questionnements, ne serait-ce que celui de sa définition. Peut-il exister un art non-humain ? Quel statut donner aux productions de l’IA voire aux futurs « artistes numériques » ? La création artificielle peut-elle surpasser l’art humain ? Nous ne sommes évidemment qu’au début de toutes ces interrogations….

Breizh-info.com : Certains avancent pourtant que créer ne signifie pas tout exécuter soi-même, et que bien des grands artistes ont eu recours à des collaborateurs ou à des outils. Ne peut-on pas considérer l’IA comme l’un de ces outils ? Les artistes devraient-ils renoncer à l’utiliser ? 

Xavier Eman : Ce n’est pas faux. Le développement de l’IA pose, nous l’avons dit, d’innombrables questions et cette affaire devrait être l’occasion d’ouvrir des débats importants, fondamentaux même, sur le rapport à la création. Malheureusement, comme toujours aujourd’hui, on se contente de « politiser » et « racialiser » le problème, chaque « camp » vociférant contre l’autre dans un brouhaha hystérique dont il ne peut rien sortir d’utile ni de constructif pour l’avenir. La société est aujourd’hui tellement « clivée » qu’il semble impossible d’avoir des échanges apaisées et sereins sur quelque sujet que ce soit, alors que celui-ci, en plus, est l’un des enjeux cruciaux des années à venir.

Ce que l’on peut dire c’est que l’on arrêtera pas l’IA par décret, l’IA va continuer à se développer et à être de plus en plus massivement employée. Sa seule limite sera, à mon avis, les limites physiques et écologiques de la planète, une fois qu’il n’y aura plus d’eau pour refroidir les data center et plus de matières premières pour fabriquer des micro-processeurs…

Face à ce développement, pour le moment inexorable, ne reste donc que des choix individuels, personnels. A chacun d’interroger son rapport à l’IA et d’agir en cohérence avec sa vision des choses.

Par ailleurs, il est évident qu’il y a plusieurs façon d’utiliser l’IA. S’en servir comme d’un super dictionnaire ou d’un super correcteur, ce n’est pas la même chose que lui faire rédiger l’intégralité d’un texte. En fait, le plus important est sans doute de ne pas mentir sur la réalité de « l’œuvre » ou du « produit » final, ne pas tricher sur la marchandise. C’est pourquoi il semble indispensable de mettre en place des labels de « certifiés humains » comme il y a des labels d’origine contrôlée pour certains produits alimentaires. Il y aura certainement demain deux types de littérature, l’une largement produite ou « aidée » par l’IA, et une « 100 % bio », 100 % humaine, comme il y a aujourd’hui des plats surgelés industriels et des plats artisanaux. Ce sera donc au lecteur-consommateur de choisir.

Breizh-info.com : S’il y a une crise de la création, elle est doublée d’une autre crise, tout aussi alarmante : l’effondrement de la lecture, en particulier chez les plus jeunes. Accaparés par les écrans, ces derniers ont une capacité de concentration qui dépasse désormais rarement les formats courts. Quelles seront, selon vous, les conséquences concrètes de ce déclin de la lecture sur la société de demain ?

Xavier Eman : Les dégâts sont déjà constatables au quotidien : l’effondrement du niveau culturel, de la capacité d’attention, de l’expression orale, de la maîtrise de l’écriture, de la syntaxe, de la grammaire, de la conjugaison, l’appauvrissement accablant du langage… Bref un abrutissement général de grande envergure. Par ailleurs, ces phénomènes favorisent également l’isolement social, l’obésité, l’instabilité sentimentale… C’est pour moi une catastrophe anthropologique sans précédent.

Tout cela va aboutir à un société toujours plus atomisée, composée d’individus toujours plus dépendants de la technologie et donc des oligarchies qui les détiennent et les contrôlent, toujours plus manipulables du fait de la faiblesse de leur bagage culturel et intellectuel… Dépouillez aujourd’hui un homme de son « smartphone », il devient immédiatement une sorte de gros bébé perdu et hagard, en état de « manque » quasi immédiat, incapable de s’orienter, de se diriger, de communiquer et même de se divertir.

On est loin des chimères transhumanistes d’un « homme augmenté » !

Breizh-info.com : Ceux qui nous lisent et s’adonnent encore à la lecture connaissent sûrement vos Chroniques d’une fin de monde sans importance. Ils savent bien que vous demander si vous restez optimiste quant à l’avenir de la littérature serait purement rhétorique. Nous préférons donc vous poser cette question : que pouvons-nous encore faire pour essayer d’endiguer ce triste phénomène ?

Xavier Eman : Instinctivement, je répondrais : rien. Mais ce n’est pas tout à fait vrai, des choses sont possibles mais réclameraient une énergie et une volonté dont je ne suis pas certain que les générations actuelles et à venir soient encore capables. Il s’agirait sans doute, en premier lieu, aux parents d’interdire totalement l’accès précoce aux smartphones, et ce au moins jusqu’à la fin du collège (folle utopie n’est -ce pas?), de limiter drastiquement l’exposition aux autres écrans, et d’inciter, même de façon coercitive (horreur!), leurs enfants à la lecture tout en leur donnant l’exemple d’un environnement où le livre est omniprésent et la lecture une activité importante, à la fois culturelle et ludique. Dans un monde où plus personne ne lève la tête de son Iphone, du lit conjugal au restaurant en passant par les transports et le cinéma, et où les parents ont du mal à faire dire « bonjour » et « merci » à leur progéniture HPI, j’ai hélas de sérieux doutes quand à la possibilité de réalisation d’un tel scénario.

Propos recueillis par Audrey D’Aguanno pour Breizh Info

– Arrêt cardiaque : ces signes qui préviennent souvent des semaines avant

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#webtube : L’arrêt cardiaque semble souvent survenir sans prévenir. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. Une étude publiée en 2016 dans les Annals of Internal Medicine, menée notamment par le cardiologue français Éloi Marijon sur 839 patients de 35 à 65 ans victimes d’un arrêt cardiaque soudain, a montré qu’environ la moitié d’entre eux, hommes comme femmes, avaient présenté des symptômes dans les semaines précédentes. Avec l’âge, les artères perdent de leur souplesse et le système cardiovasculaire est plus sollicité. Savoir repérer les signes d’alerte et adapter quelques habitudes peut faire la différence.

Les signes qui doivent alerter

Une gêne dans la poitrine. Oppression, serrement, sensation de poids : ces symptômes sont souvent mis sur le compte de la fatigue ou d’une mauvaise digestion, surtout chez les personnes surmenées, qui dorment peu ou mangent gras. Ils doivent pourtant être pris au sérieux, tout comme un essoufflement, une faiblesse inhabituelle ou des palpitations. Lors d’un infarctus, la douleur peut aussi irradier vers le dos, la mâchoire, le cou ou l’intérieur du bras gauche, jusqu’à l’auriculaire. Devant ces symptômes, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112 : la rapidité de la prise en charge peut sauver une vie.

Un mollet gonflé ou douloureux. Une douleur ou un gonflement d’un seul mollet, différent d’une simple courbature, doit faire consulter. Il peut s’agir d’une phlébite, c’est-à-dire d’un caillot dans une veine profonde, favorisée par les longues périodes assis, en avion ou au bureau. Si une partie du caillot migre jusqu’aux poumons, elle peut provoquer une embolie pulmonaire, potentiellement mortelle.

Des indices plus discrets. Certaines études ont relevé une association entre le risque cardiovasculaire et des rides du front marquées, ou un pli diagonal sur le lobe de l’oreille, appelé signe de Frank. D’autres travaux ont établi un lien modeste entre les maladies des gencives et l’infarctus. Ces signes ne permettent en rien un diagnostic, mais ils justifient d’en parler à son médecin, surtout s’ils s’accompagnent d’autres symptômes.

Le froid, ennemi du cœur

Les changements brusques de température mettent les vaisseaux à rude épreuve : le froid les contracte, la chaleur les dilate. Les variations rapides font fluctuer la tension artérielle et surchargent le cœur, en particulier chez les personnes âgées, hypertendues ou cardiaques. Le froid est d’ailleurs associé à une hausse du risque d’infarctus, et un effort intense par temps froid sollicite davantage le cœur.

L’hiver, la salle de bains peut devenir un piège : se déshabiller dans une pièce froide puis plonger aussitôt dans un bain chaud impose au corps un choc thermique brutal.

Le matin aussi demande de la prudence. Au réveil, l’organisme libère des hormones de stress, comme le cortisol et l’adrénaline, et la tension comme le rythme cardiaque varient davantage. Un effort violent à ce moment-là, surtout dans le froid, peut faire grimper brutalement la tension. La médecine traditionnelle chinoise fait le même constat à sa manière : elle déconseille les efforts intenses trop tôt, quand le corps sort à peine du repos.

Des gestes simples au quotidien

  • Se lever en douceur : bouger quelques instants sous la couette avant de sortir du lit, le matin comme la nuit.
  • Éviter les écarts de température : couvrir son cou en passant du chaud au froid, sécher sa transpiration, et préférer les heures où la température est stable pour les activités en extérieur.
  • Faire travailler ses mollets en position assise : pieds à plat, soulever puis reposer les talons de façon lente et régulière. Une étude de 2022 a montré que solliciter ainsi le muscle soléaire améliore la circulation et le métabolisme pendant les longues périodes assises.
  • Assouplir le haut du dos : de légers balancements des épaules et du buste, d’un côté à l’autre, détendent la nuque et le haut du dos et facilitent la respiration, surtout après de longues heures devant un écran.

Ces conseils ne remplacent pas un suivi médical. En cas de doute, de symptômes répétés ou de maladie chronique, le médecin traitant reste le premier interlocuteur.

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– Midterms américaines : ce que le scrutin du 3 novembre peut changer pour le dollar et les taux

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#webtube : Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans a touché 5,34 % le 1er octobre, son plus haut niveau depuis 24 ans, avant de revenir autour de 5,24 %. Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a légèrement reculé à 5,24 % au 2 octobre, après avoir brièvement atteint 5,34 % le 1er octobre, un plus haut depuis 24 ans. C’est dans ce contexte tendu que les Américains renouvellent leur Congrès le 3 novembre. L’enjeu est simple : déterminer quelle marge de manœuvre Donald Trump conservera pendant les 2 dernières années de son mandat, et donc quelle politique budgétaire les marchés devront financer.

L’histoire joue contre le parti du président. Sur les 23 élections de mi-mandat organisées de 1934 à 2022, le parti au pouvoir a perdu des sièges à la Chambre dans 87 % des cas et au Sénat dans 65 % des cas, soit en moyenne 27 sièges de députés et 3 sièges de sénateurs. Les sondages vont dans le même sens. L’avance démocrate dans les intentions de vote génériques varie de 8 à 14 points selon les enquêtes : Emerson College donne 53 % aux démocrates contre 42 %, CNN mesure 49 % contre 41 %.

Le Congrès divisé, scénario central

Les grandes banques de Wall Street convergent vers un même scénario. Morgan Stanley, JPMorgan et UBS retiennent tous une Chambre démocrate et un Sénat républicain, et l’enquête de Bank of America montre que 47 % des gérants de fonds anticipent un gouvernement divisé. La banque BBH en fait aussi son hypothèse de base, tout en notant que l’avantage démocrate se renforce. Les démocrates n’ont besoin que de 4 sièges supplémentaires pour prendre la Chambre, et les chances de les voir contrôler le Sénat sur Polymarket sont passées en septembre d’environ 50 % à 65 %.

Pour les marchés, un Congrès divisé présente un avantage évident : il bloque les grands projets budgétaires. Selon BBH, un tel Congrès limiterait le programme fiscal et budgétaire du président, mais lui laisserait la main sur le commerce, la politique étrangère, la réglementation et les décrets. Un Sénat républicain lui permettrait aussi de continuer à faire confirmer ses juges et ses nominations, notamment à la Fed.

Ce blocage ne protège pas pour autant le dollar et les obligations. La principale leçon historique, selon BBH, est qu’un blocage politique ne se traduit pas toujours par un blocage budgétaire. Les précédents vont tous dans le même sens. En 2019, après la vague démocrate de 2018, le S&P 500 a gagné près de 29 % tandis que le dollar reculait de 0,8 %. Après les élections de 2002 et 2006, le dollar avait perdu respectivement 9,3 % en 2003 et 7,6 % en 2007. Autrement dit, quelle que soit la majorité, le dollar a reculé l’année suivant chacun de ces 3 scrutins.

Le consensus lui-même est un risque. Si le résultat final s’écarte nettement de ce que tout le monde attend, les marchés pourraient connaître de fortes turbulences.

Reconciliation 3.0 et plafond de la dette

2 dossiers budgétaires peuvent faire monter les taux longs après le scrutin.

Le premier est un 3e plan budgétaire, centré sur les dépenses militaires. La Chambre a adopté le 22 juillet une résolution budgétaire pour l’exercice 2027, surnommée « Reconciliation 3.0 ». Elle prévoit jusqu’à 95 milliards de dollars de déficit supplémentaire sur 2027-2036, mais pourrait grossir si le Congrès se rapproche des 350 milliards demandés par le président pour la défense. Le calendrier ajoute un risque : en cas de défaite, les républicains pourraient vouloir faire voter le plan entre l’élection et l’installation du nouveau Congrès. Tout retard repousserait probablement son adoption à la session de transition (« lame duck »), le Congrès sortant restant en place jusqu’au 3 janvier. La tentation de faire passer les priorités budgétaires en suspens serait d’autant plus forte que les républicains auraient perdu le Congrès. Son impact reste toutefois limité. Même à 350 milliards, le Bureau du budget du Congrès (CBO) estime que ces crédits n’ajouteraient qu’environ 0,3 % du PIB aux dépenses fédérales au plus fort, en 2028 et 2029.

Le second dossier est le plafond légal de la dette, qui sera à nouveau atteint en 2027. La plupart des institutions financières estiment que les États-Unis atteindront leur plafond de 41 100 milliards de dollars à la mi-2027, ce qui obligera le Congrès à le relever ou à le suspendre. L’agence de notation Scope prévient que le nouveau rapport de forces au Congrès peut compliquer la négociation. Selon elle, le paysage politique après les midterms pourrait favoriser des affrontements partisans prolongés.

La société de gestion Schroders décrit le risque pour les obligations en 2 temps. Les rendements pourraient d’abord baisser après l’élection, les investisseurs anticipant moins d’expansion budgétaire, puis remonter à l’approche de la négociation sur le plafond de la dette, quand l’attention se portera sur le coût du compromis final. Si le compromis politique se traduit par davantage de déficit plutôt que par un effort budgétaire, les investisseurs pourraient exiger une prime plus élevée pour détenir des titres longs, ce qui accentuerait durablement l’écart entre taux courts et taux longs.

Une trajectoire de dette qui pèse sur les taux

Au-delà du scrutin, c’est la trajectoire de la dette qui préoccupe. Selon les projections du CBO, à politique inchangée, le déficit primaire (hors charge d’intérêts) s’établirait en moyenne à 2,1 % du PIB sur 10 ans, portant la dette publique au record de 120 % du PIB en 2036. Les taux du marché sont déjà bien au-dessus des hypothèses officielles. À 5,27 %, le rendement à 10 ans dépasse largement les prévisions de long terme du CBO, qui le voyait à 4,3 % de 2028 à 2031 puis à 4,4 % de 2032 à 2036. Le Committee for a Responsible Federal Budget estime que si les rendements restent environ 1 point au-dessus des projections du CBO, environ 3 500 milliards de dollars s’ajouteraient à la dette sur 10 ans. BBH en tire une conclusion inquiétante pour le dollar. Si la hausse des rendements reflète de plus en plus le risque budgétaire plutôt qu’une croissance américaine plus forte, un dollar structurellement plus faible pourrait devenir la soupape face à la dégradation de la crédibilité budgétaire des États-Unis.

La Fed de Kevin Warsh

Le scrutin intervient alors que la Réserve fédérale a changé de cap. Le 16 septembre, son comité de politique monétaire a voté à l’unanimité (12 voix contre 0) une hausse de 25 points de base, portant les taux directeurs entre 3,75 % et 4 %. C’est la première hausse depuis 2023. Son président, Kevin Warsh, l’a justifiée par une inflation jugée trop élevée depuis trop longtemps, Donald Trump critiquant de son côté la décision et réclamant une baisse rapide des taux. Les projections des membres du comité situent désormais les taux entre 4,1 % et 4,4 % en fin d’année, contre 3,6 % à 4,1 % auparavant.

Les élections peuvent jouer sur ces anticipations par 2 canaux. Le premier est budgétaire : un Congrès qui bloque toute nouvelle relance limite la pression inflationniste. Selon BBH, l’impulsion budgétaire de Reconciliation 3.0 est négligeable. Elle ne modifiera pas les anticipations de taux, mais rend à la marge plus probable un assouplissement de la Fed, ce qui pèserait sur le dollar.

Le second canal est institutionnel. Le Sénat confirme les gouverneurs de la Fed nommés par le président. Un Sénat démocrate bloquerait les nominations de Donald Trump à la Fed, dans la justice et dans les agences de régulation. Un tel blocage limiterait la capacité du président à peser sur la composition de la banque centrale, dont il conteste ouvertement la politique.

À court terme, les marchés restent surtout suspendus aux propos des responsables de la Fed. Après les déclarations de John Williams, président de la Fed de New York, la probabilité d’une hausse des taux en octobre serait passée de près de 70 % à environ 26 %.

Les scénarios pour le dollar

Le billet vert a récemment profité de la hausse des taux américains. L’indice du dollar a culminé à 102,01 et clôturé la semaine dernière à 101,64, sa 3e hausse hebdomadaire consécutive. Mais la relation entre taux et dollar n’est plus mécanique. Des rendements plus élevés peuvent soutenir le dollar, mais les inquiétudes sur le déficit ou le commerce peuvent jouer en sens inverse.

Le Congrès divisé (Chambre démocrate, Sénat républicain) est le scénario le plus probable et le plus neutre à court terme : pas de nouveau grand plan budgétaire, et une continuité politique. Pour Lombard Odier, un gouvernement divisé se traduirait par une continuité politique plutôt que par une réorientation. Le risque se reporte sur la négociation du plafond de la dette en 2027.

Le basculement démocrate des 2 chambres est jugé plus défavorable au dollar à court terme. Selon les analyses relayées par les marchés, une victoire démocrate complète pourrait faire baisser à la fois le dollar et les rendements obligataires. Les obligations y gagneraient, le dollar y perdrait, avec en plus un affrontement institutionnel autour des nominations.

Le maintien républicain au Congrès ouvrirait la voie à de nouvelles dépenses non financées, donc à plus d’émissions de dette. C’est le scénario le plus risqué pour les taux longs, mais il est aussi le moins probable. Les marchés de prévision n’attribuaient il y a quelques semaines que 10 à 16 % de chances à un maintien républicain dans les 2 chambres. Son précédent historique, 2002, avait été suivi d’une forte baisse du dollar.

Dans tous les cas, la question budgétaire domine. Le scénario le plus risqué pour le dollar n’est pas tant un résultat électoral précis qu’une combinaison de taux longs en hausse, de déficit persistant et de confrontation sur le plafond de la dette.

Franc suisse, yen, euro et or

Diversifier en devises est une réponse classique à l’incertitude américaine. Mais aucune grande monnaie n’offre aujourd’hui de refuge parfait.

Le franc suisse reste la référence. Contrairement au dollar et au yen, il bénéficie de la stabilité politique de la Suisse, de sa faible dette et de son économie diversifiée, ce qui en fait une valeur refuge. Il a toutefois perdu du terrain depuis janvier. Avec un taux directeur de la Banque nationale suisse maintenu à 0 %, le franc fait partie des devises du G10 qui rapportent le moins, ce qui en fait une monnaie d’emprunt privilégiée pour les stratégies de « carry trade », qui empruntent dans une devise à faible taux pour placer dans une devise à taux plus élevé.

Le yen, autre refuge traditionnel, souffre de la politique budgétaire japonaise. Selon BBH, un dépassement du plafond de 40 000 milliards de yens d’émissions d’obligations d’État aggraverait les inquiétudes budgétaires et affaiblirait la devise. À l’inverse, si ce plafond est tenu, la combinaison japonaise d’une politique budgétaire souple et d’une politique monétaire restrictive serait favorable au yen.

Pour un épargnant français, l’euro n’offre pas non plus de rempart solide, parce que la crise budgétaire française pèse sur lui. La monnaie unique est tombée lundi à son plus bas niveau depuis 17 mois, sous 1,12 dollar, et s’est aussi affaiblie face à la livre, au franc suisse et au yen. Certains analystes envisagent même un passage sous le seuil symbolique de 1,10 dollar.

Reste l’or, qui ne dépend d’aucune politique budgétaire. Lombard Odier juge qu’il garde un rôle dans un portefeuille, et privilégie par ailleurs les bons du Trésor américain à 5-7 ans, estimant qu’un léger frein budgétaire en 2027 et une incertitude politique plus faible pourraient alléger la pression sur les taux longs.

La période qui suit le scrutin s’ouvre le 3 novembre. Le Congrès élu siégera à partir du 3 janvier 2027, et le plafond de la dette devrait être atteint dans le courant de l’année.

breizh-info.com

– Bientôt l’analyse des cahiers de CE2 de Jordan Bardella ?

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#webtube : L’ « enquête journalistique » contre le président du RN ressemble de plus en plus à une vaste blague. Jordan Bardella l’a révélé lors d’une conférence de presse, mardi : « Ces dernières heures, les journalistes de Mediapart en sont réduits à contacter un à un les amis avec qui j’étais au collège et au lycée, certains entre mes 12 et 16 ans, pour leur demander des conversations privées. » L’excuse de minorité, tant évoquée par la gauche et l’extrême gauche quand des racailles sont mises en cause, ne compte pas dès lors qu’il s’agit d’incriminer le président du Rassemblement national.

Après Mediapart, qui avait trouvé dans une erreur de langage courante une « preuve » de l’authenticité des messages exhumés des limbes de Meta – une « preuve », donc, de la culpabilité antisémite de Bardella –, c’est au tour de Marianne de déceler des références « soraliennes », voire « dieudonnéennes », dans de vieux tweets de Jordan Bardella écrits lorsqu’il avait 18-22 ans.

À ce sujet — [ÉDITO] La nouvelle « preuve » de Mediapart contre Jordan Bardella : un banal lapsus

Vous avez la ref du gimmick ?

L’expression en cause ? « Merde, quand même. » À l’origine, détournement d’une citation de Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à la communauté juive, à Israël, merde, quand même ! » (Il avait déclaré cela le 7 juin 2011, sur les ondes de Judaïques FM.) L’expression était devenue un gimmick, autrement dit une phrase culte, qu’on utilise en ayant « la ref »… ou pas. D’autant que l’expression existait avant. Suivant ce principe, toute personne disant « Ben voyons » se rendrait coupable de zemmourisme ordinaire, puisque elle est devenue, elle aussi, un gimmick.

« Merde, quand même » est une tournure si naturelle, si bien française, qu’on la rencontre partout. Un rappeur tel que Sheldon n’hésite pas à dire de lui-même : « Merde, quand même, t’es un sacré petit con de parvenu. » Cela, dans une interview où il fait acte d’humilité woke. Le scénariste de bande dessinée Mathieu Gabella, tout autant progressiste (il est l’auteur d’Idoles, BD qui raconte, pour la dénoncer, une France dirigée par un gouvernement d’extrême droite !), utilise aussi, dans une interview, le « merde, quand même ».

À moins qu’il ne s’agisse de crypto-soraliens ? Mais des écrivains aussi différents qu’Anna Gavalda, Driss Chraïbi, Louis-Ferdinand Céline et tant d’autres écrivains de polar ont utilisé le « merde, quand même » inscrit dans l’ADN du français depuis des siècles. Où vont les classer tous ces journalistes-linguistes, adeptes d’une politisation de l’expression courante d’un agacement ? Chacun des clous qu’ils croient enfoncer dans le cercueil de Bardella condamne, en fait, l’enquête de Mediapart en en révélant la faiblesse. Alors, bientôt l’analyse des cahiers de CE2 de Jordan Bardella, cahiers de brouillon, cahiers du jour, cahiers de texte ? On a envie de répondre : « Merde, quand même ! »

Samuel Martin, dans BV

– En 2018, 800 policiers protégeaient Macron, terré à l’Elysée : en 2026 il les désarme !

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#webtube : Notre Président a la mémoire courte. Les forces de l’ordre, il leur doit tout. Le 8 décembre 2018, au plus fort de la crise des Gilets jaunes, les services de renseignement redoutaient une tentative de prise d’assaut du palais présidentiel. Le dispositif de protection directe et indirecte de l’Élysée était hors norme : 8000 policiers et gendarmes étaient déployés dans Paris, dont le tiers protégeaient l’Elysée, le ministère de l’Intérieur et les zones alentour.

Et aujourd’hui, non seulement Macron se joint à la meute en jugeant que les forces de l’ordre sont trop brutales, mais il décide de les désarmer en capitulant misérablement devant les casseurs. Honte à ce pouvoir incapable de gérer une simple crise sociale et de rétablir l’ordre républicain.

Et c’est ce même pouvoir désemparé devant des casseurs cagoulés qui prétend aller casser du Russe en Ukraine ! Ce régime est pitoyable.

Depuis la fin du mois de septembre 2026, notre pays traverse une crise d’une violence inouïe. Sous couvert de blocus lycéens, les abords de nos établissements scolaires se sont transformés en scènes de guérilla urbaine. Pourtant, face à ce déchaînement, l’opinion publique assiste à un étrange renversement des valeurs : le procès est presque exclusivement fait aux forces de l’ordre, tandis que les véritables fauteurs de troubles bénéficient d’une complaisance médiatique et politique révoltante.

Nos forces de l’ordre subissent un lynchage permanent

La meute enragée se déchaîne chaque jour davantage, les médias les accablent avec des images à charge, tandis que le pouvoir les lâche, donnant ainsi raison à LFI qui ne reconnait que l’autorité de la rue et clame que la police tue.

La solitude de nos policiers et gendarmes est totale. Personne ne les défend. Tous ces illuminés qui les haïssent et leur crachent dessus seront les premiers à les supplier de les protéger quand la France, qui n’est plus gouvernée, sera livrée à la loi des insurgés. Car c’est l’anarchie qui se profile, avec son cortège de violences qui accompagne toute insurrection.

Quand les médias ne cessent de décrire le « déchaînement des violences policières », quand le sommet du pouvoir lui-même semble douter de la légitimité de l’action policière face aux émeutiers, cela prouve que notre démocratie est mûre pour basculer dans le chaos et l’anarchie.

Mais le plus douloureux reste le silence d’une large partie du peuple français, qui assiste à ce lynchage médiatique sans réagir, oubliant que la police est le dernier rempart de sa propre sécurité.

Le bilan humain est lourd 

761 policiers et gendarmes ont été blessés au total depuis le début des blocages le 28 septembre, dont plusieurs centaines pour la seule journée de mardi. Du côté des manifestants, Matignon recense 215 élèves blessés, tout en précisant immédiatement que l’immense majorité d’entre eux l’ont été lors d’accidents ou du fait d’individus cagoulés présents autour des lycées. Les forces de l’ordre font face à une accumulation quotidienne de violences et ont dû procéder à 6629 interpellations pour tenter de maintenir un semblant d’ordre républicain.

Policiers et gendarmes sont présumés coupables avant d’être entendus

En 2026, tout policier qui fait usage de la force « légitime » est aussitôt jeté en pâture aux médias et à la vindicte populaire. 18 enquêtes de l’IGPN sont en cours. À Lens, un adolescent a eu la main arrachée. Bien que les premières pistes policières indiquent que ce jeune garçon a été blessé en tentant de ramasser une grenade pour la relancer sur les forces de l’ordre, les oppositions politiques ont immédiatement dénoncé cette thèse avant les conclusions officielles de l’enquête. Cette présomption de culpabilité paralyse l’action publique au plus haut niveau.

Le mercredi 7 octobre au matin, cédant à la panique politique après un recadrage de l’Élysée, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a aussitôt annoncé la suspension provisoire de ces grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen. Comme si le fait de désarmer les policiers en signe d’apaisement allait calmer les casseurs cagoulés et autres professionnels des émeutes. À chaque manifestation, on désarme.

Date de retraitÉquipement supprimé / suspenduContexte politique et médiatique du retraitConséquences concrètes pour le terrain
2014 – 2017Grenade offensive F1 (à effet de souffle)Suspendue en 2014 par B. Cazeneuve, puis interdite définitivement par décret en 2017.Perte du principal outil d’impact psychologique à distance pour repousser les assauts de foule radicalisée.
2016 – 2017Flash-Ball Superpro (calibre 44 mm)Supprimé progressivement sous F. Hollande en raison de son manque de précision à moyenne distance.Remplacé par le LBD 40, dont l’usage reste aujourd’hui soumis à un harcèlement juridique permanent.
2020Grenade GLI-F4 (contenant 25g de TNT)Interdite par Ch. Castaner après les polémiques sur les blessures graves survenues pendant les Gilets jaunes.Retrait d’une munition de triple action (son, souffle, gaz) indispensable pour briser les encerclements.
Octobre 2026Grenade assourdissante (GM2L / ASSD)Suspendue par L. Nuñez face aux émeutes lycéennes, à la suite du drame de Lens et d’un recadrage de l’Élysée.Les policiers sont privés d’une arme de dispersion intermédiaire et se retrouvent poussés au corps-à-corps direct avec les casseurs.

La légitime colère des syndicats de police

L’annonce du ministre de l’Intérieur a provoqué une onde de choc, d’incompréhension et de colère légitime parmi les syndicats de police (Alliance, Unité SGP). Ils dénoncent une capitulation en rase campagne du pouvoir. Retirer les grenades GM2L des mains des CRS et des gendarmes mobiles en pleine crise revient à les priver d’une arme de dispersion essentielle face à des émeutiers armés de pavés et de mortiers. Sans ces grenades, les policiers seront au contact direct avec les émeutiers, comme si 12 000 policiers et gendarmes blessés chaque année en mission opérationnelle ne suffisaient pas.

Le mouvement étudiant est confisqué par les professionnels du chaos

Ce n’est pas nouveau. La violence crapuleuse est systématiquement passée sous silence pour mieux dénoncer des brutalités policières sur les étudiants. Ces derniers se font voler leur mouvement pacifique par des casseurs cagoulés dont on n’évoque jamais les violences contre les policiers mais aussi contre les étudiants.

À Belfort, un commandant de police a été jeté au sol et roué de coups de pied à la tête ; à Paris, une policière isolée a été pourchassée et frappée à terre. Les projectiles utilisés ne laissent aucun doute sur la volonté de tuer ou de mutiler : pavés, cocktails Molotov, barrières de chantier et mortiers d’artifice. Ce sont eux qu’il faudrait désarmer avec des peines sévères et dissuasives.

Il ne faut donc pas s’étonner de la grave crise de recrutement

Qui veut encore être policier pour se faire cracher dessus dans l’indifférence totale de la hiérarchie et du pouvoir ? Voir les policiers traînés dans la boue, entendre les cortèges clamer « la police tue », ne suscite pas les vocations. Un jour viendra où le « 17 » ne répondra plus. Et ce sera mérité par une majorité de citoyens incapables de comprendre que sans police il n’y a plus d’Etat mais l’anarchie.

12 000 policiers et 15 000 gendarmes quittent l’uniforme chaque année. Les deux institutions ne parviennent pas à combler ces pertes. Des centaines de jeunes quittent les écoles de formation avant même d’être envoyés en unité. Et selon la Cour des comptes l’hémorragie s’accélère.

Est-ce vraiment le chaos que veulent les parents ?

Le jour où les forces de l’ordre poseront casque et bouclier, la rue appartiendra aux plus violents. Il sera inutile d’appeler le 17. Épuisés, blessés, écœurés, visés par l’IGPN au moindre geste de défense, de nombreux agents appliquent désormais le principe du « pas de zèle superflu ».

Le pouvoir, les médias, les citoyens, les parents veulent-ils le chaos ? C’est la question que chacun doit aujourd’hui se poser. Soutenir nos forces de l’ordre n’est pas un choix partisan, c’est une nécessité vitale pour la survie de notre démocratie.

Que chaque citoyen comprenne que le jour où nos écoles de police et de gendarmerie seront désertées, l’anarchie sera reine.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque