– Dette publique : la France se rapproche des 125 % du PIB, prévient Morningstar DBRS

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#webtube : Le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre, prévoit de ramener le déficit public à 5 % du PIB l’an prochain, contre 5,4 % attendus cette année. Pour l’agence de notation canadienne Morningstar DBRS, cet objectif, déjà moins ambitieux que les engagements de Paris, risque même de n’être qu’un scénario optimiste. Dans un commentaire publié le 8 octobre, elle juge de plus en plus improbable un retour du déficit à 3 % en 2029 et voit la dette publique continuer de monter vers 125 % du PIB.

5,4 % en 2026, 3,6 % pour la zone euro

L’agence rappelle que la France a manqué ses objectifs budgétaires à plusieurs reprises ces dernières années, sans réduire l’écart avec ses voisins. Avec environ 5,4 % du PIB en 2026, son déficit figure probablement parmi les plus élevés de la zone euro. Dans ses projections de septembre, la Banque centrale européenne prévoit un déficit moyen de 3,6 % pour l’ensemble de la zone cette année.

Pour 2027, le gouvernement annonce 54 milliards d’euros de mesures de redressement : 43 milliards de mesures nouvelles et 11 milliards issus de mesures votées en 2026, qui produiront leur plein effet l’an prochain. Environ 2/3 de l’effort portent sur les dépenses. Hors charge de la dette, les dépenses publiques augmenteraient moins vite que l’inflation.

Malgré ces mesures, le déficit visé reste au-dessus des 4 % que la France s’était engagée à atteindre en 2027 dans son plan budgétaire et structurel de moyen terme, transmis à Bruxelles. Ce nouveau report confirme, selon l’agence, la perte de crédibilité de la politique budgétaire française.

Une Assemblée fragmentée, une croissance à 1 %

Même l’objectif de 5 % paraît fragile à Morningstar DBRS. À l’approche de l’élection présidentielle, le gouvernement devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée et risque de devoir faire des concessions pendant le débat parlementaire. L’hypothèse de croissance de 1 % sur laquelle repose le budget pourrait aussi être remise en cause si les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés de l’énergie.

Conséquence de ces déficits élevés, la dette publique atteindrait 121,7 % du PIB en 2027, selon les projections du gouvernement lui-même. Faute d’un redressement significatif, elle se rapprocherait ensuite de 125 % du PIB dans les années suivantes.

L’écart avec l’Allemagne au plus haut depuis la crise de l’euro

La hausse générale des taux d’emprunt des États a particulièrement frappé la France ces dernières semaines. L’écart entre le taux à 10 ans français et le taux allemand a atteint son plus haut niveau depuis la crise des dettes souveraines de la zone euro, au début des années 2010.

Le projet de budget prévoit déjà que la charge d’intérêts passe de 79,2 milliards d’euros en 2026 (2,6 % du PIB) à 91,2 milliards en 2027, soit près de 3 % du PIB. La durée moyenne de la dette négociable de l’État, de 8,5 ans, amortit pour l’instant la hausse des taux, mais chaque emprunt arrivé à échéance est refinancé plus cher. D’après les estimations du gouvernement, une hausse de 1 point des taux pendant 1 an alourdirait la charge d’intérêts d’environ 3 milliards d’euros la 1re année, 8 milliards la 2e et 12 milliards la 3e.

Une note sous perspective négative

Morningstar DBRS attribue à la France la note AA. Le 18 septembre, elle a fait passer la perspective de « stable » à « négative », estimant que le risque de voir le gouvernement échouer à corriger les déséquilibres budgétaires avait augmenté.

L’agence surveillera la capacité du gouvernement à faire adopter un budget conforme à l’objectif de 5 % de déficit, ainsi que l’évolution des conditions de financement. Elle envisage d’abaisser la note si les déséquilibres budgétaires structurels ne sont pas corrigés à court ou moyen terme, si la conduite des politiques publiques se dégrade, ou si la dette continue de monter durablement vers 125 % du PIB avec une charge d’intérêts nettement plus lourde. Pour l’agence, la situation politique intérieure pourrait y conduire si elle ne s’améliore pas.

breizh-info.com

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