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#webtube : Après deux samedis de violences, les appels à la mobilisation pour Halloween font craindre de nouveaux débordements. « À Halloween, les règles restent les mêmes ! » Ces mots sont ceux de la préfecture de police de Paris. Ils introduisent un rappel de la loi : « Dissimuler son visage dans l’espace public est une infraction passible de 150 euros d’amende. Être porteur d’une arme, même factice, est passible de 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. » Ils sont aussi les témoins d’une crainte, celle que la journée du 31 octobre ne serve d’excuse aux exactions. Après deux week-ends de manifestations émaillées de violences, de dégradations et de pillages, les forces de l’ordre éprouvées et mises à mal appréhendent de vivre un nouveau samedi sous haute tension.
Nuit d’horreur annoncée
Ce n’est pas sans raison. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester et à casser sont nombreux. Sur TikTok, un internaute prévient : « Les gens vont tous venir déguisés. Pendant le temps d’une journée, ça va être littéralement la « Purge ». » Une référence au film American Nightmare dans lequel, durant quelques heures, les crimes sont autorisés. Sur X, un compte nommé « Cerveaux non disponibles » appelle, lui, à la mobilisation : « Samedi prochain, rendez-vous à 20h sur toutes les places de France pour célébrer un Halloween hors norme : des cortèges nocturnes déguisés pour l’Acte 3 du soulèvement. 31 octobre : tous masqués, toute la nuit ! » Il y en a d’autres…
Pour Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat de police UN1TÉ, interrogé par BV, cela n’a rien de surprenant. Tout est désormais « alibi pour aller casser ». De fait, il sait que le message publié par la préfecture n’aura que peu d’impact : « Les vrais casseurs, les pilleurs, les personnes d’ultra-gauche, ils s’en fichent complètement. » Malgré les recommandations préfectorales, ils sauront tirer profit de la situation : « En cas d’interpellation, les avocats rentreront dans la danse en disant : mon client avait un masque de clown, c’était fait pour Halloween. »
À ce sujet — [REPORTAGE] Les émeutes génèrent pillages et incendies volontaires
Depuis plus d’un mois, entre les manifestations lycéennes et les journées d’émeutes, les policiers sont sur le front. La fatigue et le ras-le-bol commencent à se faire lourdement ressentir. La peur, aussi : « En face de nous, il n’y a pas que des messages de haine, on voit le regard, aussi, des gens, de certaines personnes, et s’ils peuvent nous tuer, ils nous tueront. »
Des personnes de plus en plus entraînées : « Ils analysent les stratégies des CRS, les bons offensifs… Il y a une vraie professionnalisation. Ce n’est pas du réactif épidermique, c’est pratiquement militaire. » Jean-Christophe Couvy développe : « Il y a toujours une première base qui essaie d’avoir des boucliers avec des grosses affiches ou des parapluies noirs et, derrière, il y a ceux qui vont casser les pavés et qui récupèrent des objets contondants. Enfin, il y a ceux qui les lancent. »
Voyous masqués et bien préparés attendus
Le policier pointe du doigt la responsabilité de l’État qui a laissé s’installer des ZAD, « des pépinières où se cultive la haine du flic », et dénonce l’absence de vision des gouvernants : « Le rôle de l’État, c’est d’anticiper, de voir qu’il y a une dégradation, une augmentation de la violence et des actes délinquants, et donc de voir qu’il faut construire des prisons. » Il ajoute : « C’est ce qu’ont fait les Pays-Bas. Ils ont aussi mis en place des courtes peines, et avec ça, ils ont enrayé la délinquance du quotidien. »
En attendant un changement de braquet politique et judiciaire, réclamé à la fois par les forces de l’ordre et par une grande partie de la population, les policiers sont en première ligne et comptent leurs blessés. Les honnêtes gens, eux, regardent les images, catastrophés, et ne reconnaissent plus leur pays.
Sarah-Louise Guille, dans BV
