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#webtube : Thibaut de La Tocnaye a été le témoin de la montée inexorable de l’islamisme révolutionnaire, au Moyen-Orient puis en Europe. Ingénieur centralien et HEC, fondateur et dirigeant de plusieurs entreprises technologiques, Thibaut de La Tocnaye est également un élu engagé sous les couleurs de la droite nationale depuis plusieurs décennies. Mais son engagement dépasse nos frontières. En effet, en 1980, à peine âgé de 22 ans, il part pour le Liban, rencontre Bachir Gemayel et s’engage dans les Forces libanaises durant deux ans. Commence alors, pour lui, un attachement profond pour le Liban qui perdure jusqu’à nos jours. Ainsi, ce 28 octobre, il participait à un meeting à Beyrouth aux côtés de Nadim Gemayel, fils de Bachir, à l’endroit même où ce dernier fut assassiné en 1982. Une occasion, nous confie Thibaut de La Tocnaye, de « rappeler la réalité de l’islamo-progressisme au Liban et de l’islamogauchisme en France ».
Auteur de nombreux ouvrages, dont Mémoires d’un Français : Compagnon de route de la Résistance libanaise (Éditions Saër Al Mashrek), Thibaut de La Tocnaye vient de publier Combats contre l’islamisme révolutionnaire : du Moyen-Orient à l’Europe (Éditions Saër Al Mashrek), un livre plus que jamais d’actualité, comme le soulignait, la semaine dernière, Sabine de Villeroché.

Georges Michel. Pourquoi ce nouveau livre ?
Thibaut de La Tocnaye. C’est en fait l’expérience de toute une vie qui m’a conduit à écrire ces « mémoires politiques ». Je me suis retrouvé, en effet, être le témoin privilégié de la montée inexorable de l’islamisme révolutionnaire, tout d’abord au Moyen-Orient, puis en Europe. Revenu, fin 1984, de deux années d’engagement volontaire au sein des Forces libanaises (milices chrétiennes unifiées par Bachir Gemayel), je décidai tout de suite de faire connaître auprès des Français cet exemple unique de résistance face à un islam conquérant et violent.
Avec le mouvement « Chrétienté-Solidarité », j’ai mené alors une grande campagne de sensibilisation auprès de nos compatriotes sur le phénomène de l’implantation islamiste dans « les quartiers ». Et il s’ensuivit la publication d’une affiche dont le slogan devint rapidement « viral » : « Aujourd’hui le Liban… Demain la France ? ». Et il est malheureusement évident que ce constat était tout à fait prémonitoire.
G. M. Comment est composé votre ouvrage ?
T. d. L. T. Mon but est donc de faire comprendre tous les ressorts de la conquête islamiste sur notre sol. Et c’est ici que le parallèle fondamental entre la France et le Liban, et plus globalement entre l’Europe et le Moyen-Orient, revêt toute son importance. On peut, et on doit, y puiser une part essentielle des enseignements et analyses nécessaires à une riposte intelligente, organisée et efficace contre cette nouvelle idéologie destructrice du XXIe siècle que l’on nomme islamisme et que je qualifie de révolutionnaire dès que celui-ci entre action. Ainsi, dans une première partie, je dépeins de l’intérieur la résistance libanaise depuis son commencement en avril 1975 jusqu’à aujourd’hui. Puis, dans une deuxième partie, je décris comment l’islamisme révolutionnaire s’est « exporté » en France et en Europe.
G. M. En quoi la résistance chrétienne libanaise est-elle emblématique de la lutte contre toutes les formes d’islamisme révolutionnaire ?
T. d. L. T. C’est très simple : le peuple chrétien du Liban a vaincu l’islamisme terroriste des Palestiniens en 1982 (éviction des Fedayins et d’Arafat du sol libanais), a éliminé l’islamo-marxisme du régime syrien en 2005 (évacuation de l’armée syrienne après 29 ans d’occupation du Liban) et est en cours d’éliminer militairement l’intégrisme chiite en transformant le Hezbollah en simple parti politique. Cette troisième phase du combat souverainiste de libération nationale du pays du Cèdre est plus longue que prévu, mais le miracle libanais continuera de s’exercer. C’est ma conviction.
G. M. Qu’en est-il de l’exportation de l’islamisme révolutionnaire en France et en Europe ?
T. d. L. T. La France devient le théâtre de plus en plus violent d’une guerre désormais ouverte menée par la même idéologie révolutionnaire et mortifère qui sévit au Liban et au Moyen-Orient. Un mécanisme révolutionnaire qui s’est accéléré sur une période de vingt ans.
Lors des émeutes de 2005 qui avaient stupéfait la France entière et sonné le glas d’une paix civile durable, j’avais rédigé, en tant que délégué national aux études et argumentaires et au programme du Front national, une note à destination de nos élus et cadres. Je me souviens en avoir longuement discuté avec Jean-Marie Le Pen à Montretout. Nous étions, à l’époque, les seuls à réellement comprendre les enjeux et les mécanismes de cette nouvelle guerre qui n’en portait pas encore le nom…
Depuis 2012, on compte exactement 275 morts, en France, victimes du djihadisme. Et la pression est toujours plus forte. Omniprésente, en quelque sorte. Car, en réalité, la France ne réagit pas à cette menace existentielle, d’ailleurs concomitante de son propre déclin moral, culturel et spirituel ; bref, concomitant de sa décadence de peuple fatigué.
G. M. Selon vous, quelles sont les caractéristiques essentielles de la philosophie sous-jacente à l’idéologie islamiste ?
T. d. L. T. Je voudrais insister sur un certain nombre de concepts propres à l’islam, incompatibles avec la loi française, que nous avons inlassablement dénoncés lors des nombreux colloques, organisés tant par « Chrétienté-Solidarité » et l’AGRIF que, parfois, par le FN, devenu RN.
L’islamisme pratique la promotion permanente de la « charia » contre la loi française, de la « oumma » contre la souveraineté nationale et de la « dhimmitude » contre la citoyenneté unique, héritée du droit romain et perpétrée par la civilisation chrétienne. Pour mémoire, en islam, le concept de dhimmitude prévoit et réserve dans toute société islamique des statuts différents pour les musulmans et non-musulmans : citoyen à part entière pour les musulmans et « citoyen de seconde zone » (« dhimmis ») pour les non-musulmans.
Ce triptyque « charia-oumma-dhimmitude » est déjà, à lui tout seul, un véritable condensé de l’idéologie islamiste de conquête de la France et de l’Europe. Il remet en cause et vise à détruire sur notre propre sol les valeurs fondatrices de notre société que sont la nation, la citoyenneté et la loi française.
Or, nous en sommes arrivés à un tel stade de déstabilisation de la société française qu’il va bien falloir que tout ce que compte l’islam de « responsables » ou de « représentants » en France rejette explicitement ces trois concepts auxquels il convient certainement de rajouter, au minimum, la irtidad (crime d’apostasie en islam, passible de la peine de mort…) qui s’oppose violemment à notre liberté religieuse et, bien sûr, l’inégalité homme-femme. C’est en effet, à notre avis, le seul moyen de délégitimer définitivement, au sein même de la communauté islamique, les crimes, les exactions et les actes de violence, de toutes sortes, perpétrés par les terroristes islamistes ou djihadistes !
Source – timide – d’espérance dans l’avenir : l’université al-Azhar du Caire, qui fait référence dans la pensée islamique, sunnite mais aussi chiite, a osé pour la première fois, en 2017, remettre en cause la dhimmitude au profit de la « citoyenneté unique ». Ceci montre le bien-fondé capital de notre démarche de remise en cause d’un certain nombre de concepts de l’islam. Notre clairvoyance en la matière et d’un certain nombre d’intellectuels et de responsables politiques du souverainisme en Europe auront évidemment été un facteur clé du « retournement » (sincère ?) de al-Azhar…
G. M. Quelle riposte, face à cette idéologie destructrice ?
T. d. L. T. La riposte doit être multi-dimensionnelle ! Il faut tenir plusieurs fronts : philosophique et juridique, politique, judiciaire et sécuritaire et… religieux. Par ailleurs, la lutte doit être menée au plan intérieur mais aussi extérieur.
Ainsi, en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027 d’un nouveau Président – ou d’une nouvelle Présidente (!) – issu du camp souverainiste, anti-immigrationniste et anti-européiste, celui-ci devra immédiatement mettre en place les mesures urgentes suivantes (non exhaustives) :
– Interdiction et dissolution de toutes les organisations islamistes violentes en France (salafistes, Tabligh, Frères musulmans…) ;
– Expulsion des imams étrangers prônant explicitement la charia ;
– Fermeture de 139 mosquées des Frères musulmans, identifiées comme relais actifs de l’islamisme violent ;
– Accélération du grand chantier de l’aggiornamento de l’islam avec le renforcement de la Charte de la laïcité et son application auprès des imams et des mosquées ;
– Lutte pied à pied dans toutes les institutions contre l’entrisme des Frères musulmans ;
– Interdiction des financements étrangers des organisations islamistes en provenance du Qatar, de la Turquie, de l’Iran…
G. M. Pour conclure, au plan international, quelles seraient, d’après vous, les priorités pour endiguer la progression de l’islam conquérant en France et plus largement en Europe ?
T. d. L. T. Alors que le Liban est sur le point de devenir un exemple unique de résistance face à toutes les formes de l’islamisme révolutionnaire, il serait urgent d’œuvrer au changement – ou tout au moins à l’affaiblissement significatif – d’un certain nombre de régimes, compagnons de route de celui-ci… Je pense évidemment à l’Iran des mollahs mais aussi à l’Algérie du FLN, au Qatar de Al Jazeera et, demain, à la Turquie d’Erdoğan, sachant que l’élimination du régime Baas syrien, promoteur de tous les islamismes révolutionnaires (mais… en dehors de son territoire !), a porté un premier coup d’arrêt au djihad islamique international.
Georges Michel, dans BV
