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#webtube : Coups de Jarnac et épée de Damoclès… Plus que jamais, tout est permis contre le RN. Le mois écoulé donne le ton de la campagne présidentielle. Contre le RN, tous les coups sont et seront permis, y compris les coups montés, mal ficelés ou spécieux. Et ça n’est que le début.
L’enquête « journalistique »
Le coup bas de l’enquête « journalistique » a ouvert le bal. Première livraison, les « messages antisémites » signés Jordan Bardella et qu’aurait exhumés Mediapart. Une découverte annoncée de façon tonitruante, parée des plumes de la certitude. À y regarder de plus près, les preuves ressemblaient davantage à des allégations, au point que les journalistes se sont rabattus ensuite sur des analyses de style censées suppléer la faiblesse de la démonstration. Même le tribunal médiatique dans son ensemble ne les a pas trouvées bien solides.
Quel sera le prochain dossier ? Des accusations de harcèlement sexuel contre Jordan Bardella ? Des liens financiers du RN avec la Russie ? Des photos de tel ou tel responsable départemental faisant un black face ? Une quenelle ? Nul ne sait. Le procédé est bien rodé : un média sort un dossier, d’autres servent de caisse de résonance.
À ce sujet — [ÉDITO] La nouvelle « preuve » de Mediapart contre Jordan Bardella : un banal lapsus
L’attentat de Trappes
À peine un mois après les accusations de Mediapart, l’attentat de Trappes a relancé la machine. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, demande qu’on interdise le RN de parole. Le député écologiste Benjamin Lucas, qu’on ferme CNews. Le maire de Trappes Ali Rabeh, qui appartient à Génération.s, est loué par Libération pour avoir eu « les mots les plus clairs et les plus fermes contre les dangers de l’extrême droite et le rôle de certaines chaînes d’info en continu dans la banalisation et parfois même la promotion des propos de Marine Le Pen et de ses lieutenants ou affidés ».
Grâce aux réseaux sociaux, grâce au procureur qui n’a pu que démentir une « fake news » du Monde tellement elle était énorme – les fameux tracts du RN… qui n’existaient pas, ni dans le coffre, ni dans la boîte à gants –, on sait que le profil du terroriste ne rentre pas dans la case « extrême droite » aussi simplement que les médias et les politiques l’ont dit. Mais ce qui compte, en ce domaine, est l’ampleur de la réprobation médiatico-politique à l’égard du RN. En ce domaine, l’exploitation de la profanation du cimetière de Carpentras en 1990 reste le mètre étalon.
La Justice selon Le Monde
L’encre de la « fake news » était à peine sèche que Le Monde publiait un entretien avec Didier Guérin. Ce haut magistrat honoraire (c’est-à-dire en retraite) y défend, longuement, la thèse de l’inéligibilité actuelle de Marine Le Pen. La menace n’est pas voilée. Il envisage, par des arguments de droit que sa position professionnelle est supposée cautionner, que la candidate ne soit tout simplement pas reconnue comme telle : « C’est au Conseil constitutionnel qu’il appartiendra toutefois d’établir la liste des candidats à l’élection présidentielle, au plus tard le 26 mars 2027. » Elle pourrait donc être rayée d’un trait de plume. Simple comme un coup de fil ! Marine Le Pen a répondu, sur X, que « sous le couvert de considérations juridiques, ce magistrat développe des thèses à finalité, en réalité, purement politiques (sic) ».
L’épée de Damoclès de l’inéligibilité va donc continuer de plomber la campagne présidentielle. Bien que non prouvés, les « messages antisémites » seront brandis comme un argument dans les débats, tout comme les tenants et aboutissants médiatiques de l’attentat de Trappes dans les discours. Et comme rien ne lasse plus que ces rabâchages, de nouvelles enquêtes paraîtront, des faits seront exploités pour que, d’ici au premier tour, l’électeur comprenne bien le message. À défaut de bourrer les urnes, bourrer les crânes.
Samuel Martin, dans BV
