. Après la visite de Trump en Chine, le « coup de massue » américain à l’Iran ?

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Articles : Mai 2026Avril 2026Mar. 2026Fev 2026
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#webtube : Y a-t-il eu un pacte faustien entre Donald Trump et son homologue chinois sur les questions de Taïwan et de l’Iran ? La visite du président Trump en Chine n’a apparemment rien apporté aux Américains de ce qu’ils en attendaient pour une quelconque résolution de la crise du Golfe. Bref, les Chinois ne se sont pas joints à eux pour faire pression sur le gouvernement des Gardiens de la révolution afin que ces derniers abandonnent, notamment, leur harcèlement des navires commerciaux sur le détroit d’Ormuz.

Le « piège de Thucydide » des Américains à Taïwan

Les entretiens sino-américains commencèrent par une menace du président Xi Jinping à son homologue américain, faisant référence à l’essai du professeur Graham Allison sur le risque mortel de guerre d’une puissance dominante contre la principale puissance émergente. L’idée en est que les États-Unis et la Chine se dirigent vers un conflit armé dont ils ne veulent pourtant ni l’un ni l’autre. Le président chinois évoque ce risque de manière très claire devant son homologue américain en précisant, concernant Taïwan : « La Chine et les États-Unis ont tout à gagner d’une coopération et tout à perdre d’une confrontation. Nous devrions être des partenaires, et non des rivaux. Nous devrions nous aider mutuellement à réussir et à prospérer ensemble. » Cette mise dans l’ambiance diplomatique ne concernait pas l’Iran mais Taïwan, ce qui aurait tendance, aussi, à prouver que la diplomatie chinoise serait prête à tolérer, sans pour autant l’approuver, une opération militaire des Américains en Iran. Toutefois, l’essentiel serait pour eux de recouvrer cette « terre irrédente » de Formose dont la victoire de 1949 n’avait pu leur assurer la possession.

Le président Trump a expliqué plus tard aux journalistes qu’il aurait beaucoup discuté avec le président Xi Jinping sur Taïwan « sans prendre d’engagement ni dans un sens ni dans l’autre ». Les historiens trancheront dans les décennies à venir, une fois que les archives américaines auront été déclassifiées… En attendant, on pourrait penser à un pacte faustien du président américain avec son homologue chinois sur le thème : « Je t’échange le droit de poursuivre la guerre en Iran contre celui d’étendre mon influence sur Taïwan sans que cette dernière ne déclare son indépendance et sans que tu continues à l’aider militairement. » Ainsi, on apprenait, justement, que le président Trump « mettait en garde Taïwan contre toute proclamation d’indépendance ».

L’opération « Massue » en préparation

Alors que les négociations se poursuivaient entre les deux présidents, les médias militaires américains ont évoqué une opération « Massue » (Sledgehammer, en anglais) qui ferait suite à l’opération « Furie épique » du 28 février dernier. Cette opération déclencherait des frappes ciblées plus violentes et plus précises ayant pour but de faire revenir les Iraniens à la table des négociations avec des idées plus conformes aux objectifs des Américains et des Israéliens. Toujours les mêmes : l’abandon d’un quelconque programme de développement nucléaire militaire, l’arrêt de la fabrication de missiles balistiques et la fin du soutien aux groupes terroristes de la région. Cette reprise des opérations militaires se ferait en cas d’échec du cessez-le-feu actuel. Les Israéliens, qui poursuivent leurs frappes sur le Liban, se déclarent prêts à reprendre des opérations aériennes contre les infrastructures sensibles du gouvernement iranien dès que les Américains leur auront donné leur feu vert et assuré de leur soutien logistique, notamment en termes de ravitaillement aérien et de munitions.

Qui croire, sur cette reprise des opérations aériennes ? Sinon, peut-être, méditer sur l’autre opération « Sledgehammer » prévue par l’US Air Force de 1942 sur la région de Cherbourg et qui devait tout éliminer en vue d’un possible débarquement allié en 1942 dans la presqu’île du Cotentin. Elle n’eut finalement pas lieu, les Britanniques ayant estimé que la situation n’était pas mûre pour un débarquement en Normandie. De même aujourd’hui ou demain, comme il l’avait fait le 28 février dernier, le Mossad pourra juger de la situation en Iran comme étant mûre pour de nouvelle frappes, avec une chance ou non de faire tomber le gouvernement des Gardiens de la révolution.

Pendant ce temps, Jean-Noël Barrot rêve de Macédoine…

Alors que le détroit d’Ormuz n’est toujours pas rouvert et que les Iraniens s’emparent ou coulent même des navires commerciaux, certains Européens commenceraient à vouloir se plier aux règles de péage fixées par les autorités iraniennes en vue de faire sortir du détroit des navires, notamment pétroliers. C’est ce que déclarent, du moins, les autorités iraniennes. Alors, s’il est vrai que « cette guerre n’est pas notre guerre », les Européens et la coalition des cinquante nations autour du projet de rétablir la circulation maritime sur le détroit d’Ormuz, en lien à la fois avec les autorités iraniennes et américaines, a pour l’instant du mal à voir le jour. Mais Jean-Noël Barrot rêve d’une Europe devenue « macédonienne » et, ainsi, « sortir par le haut du piège de Thucydide »… On ne peut que vouloir rêver avec lui, mais ce serait aussi oublier que l’empire de Philippe a commencé avec la victoire de Chéronée en 338 av. J.-C. contre une coalition de cités grecques menée par Athènes et Thèbes et que le grand Alexandre a lui-même forgé son empire jusqu’à l’Indus au terme d’une épopée sillonnée d’une quinzaine de batailles et de sièges victorieux, dont celle de Gaugamèles, sept ans après Chéronée, qui lui offrait la totalité de l’Empire perse. C’est oublier un peu vite que les empires terrestres se sont d’abord forgés « au fil de l’épée ». Il ne suffit pas d’être fort pour être craint, mais aussi – et surtout – de le prouver. C’est ce que referont, tôt ou tard, les Américains et leurs alliés israéliens au Moyen-Orient.

Vincent Arbarétier, dans BV



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