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#webtube : L’Observatoire des libertés politiques et le rapport Freedom in the World (2025) classent 80 % des pays à majorité musulmane comme « non libres » ou « partiellement libres » [1]. Pire, malgré des ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz), leur Indice de développement humain (IDH) reste souvent inférieur à la moyenne mondiale [2]. N’en déplaise aux islamo-gauchistes cette situation n’a rien à voir avec la colonisation que ces pays ont d’ailleurs aussi largement pratiquée. Alors comment expliquer cette corrélation entre islam , autoritarisme et retard économique ?
Des sociétés majoritairement autoritaires et sous-développées
Typologie des régimes musulmans : une constante autoritaire
Les pays musulmans ne forment pas un bloc homogène, mais leur point commun réside dans l’influence, voire la domination, de la charia sur les institutions. Quatre modèles se dégagent :
- Monarchies absolues du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis) où la famille régnante gouverne en alliance avec le clergé. La charia y est appliquée intégralement, limitant les libertés individuelles (statut des femmes, apostasie, liberté d’expression) ;
- Régimes semi-démocratiques autoritaires de type islamo-fasciste (Turquie, Algérie, Malaisie, Tunisie). Des élections existent, mais le pouvoir est verrouillé par une alliance des classes politiques, religieuses ou militaires et la charia est une source de droit ;
- Dictatures théocratiques (Iran, Afghanistan, Syrie ).
Point commun : dans tous ces cas, la charia influence le droit, même de manière indirecte, limitant les réformes libérales.
L’échec des idées démocratiques et libérales
L’Occident a connu les Lumières, la Révolution française, puis la démocratie libérale. Les pays musulmans, eux, ont raté leur rendez-vous avec la modernité à plusieurs reprises :
- L’échec de la « Nahda » (Renaissance arabe, XIXe-XXe siècles) : des intellectuels ont tenté d’importer les idées libérales et scientifiques européennes. Mais ces mouvements ont été étouffés par la réaction cléricale (les oulémas de Al-Azhar ont condamné ces idées comme « hérétiques ») ;
- L’échec des régimes nationalistes et laïcs agressés par les États-Unis :
- Gamal Abdel Nasser (Égypte) : socialisme arabe et parti unique : corruption et stagnation économique ;
- Saddam Hussein (Irak) : régime baasiste laïc mais culte de la personnalité ;
- Bachar al-Assad (Syrie) : laïcité mais dictature familiale ;
- L’échec du socialisme :
Les expériences socialistes (Algérie de Ben Bella, Irak de Qassem) ont échoué économiquement (nationalisations désastreuses, clientélisme) et ont cédé la place à l’islamisme.
Résultat : aujourd’hui, aucun pays musulman n’est une démocratie libérale consolidée. Dès que des élections libres sont organisées, les islamistes arrivent au pouvoir. Ces pays n’ont d’autre alternative qu’un régime militaire ou un régime islamo-fasciste, dominé par les Frères musulmans.
Sous-développement persistant malgré la rente pétrolière
Les pays musulmans regorgent de ressources naturelles (60 % des réserves mondiales de pétrole), pourtant :
- Dépendance à la rente pétrolière : les monarchies du Golfe ont des PIB par habitant élevés, mais une économie non diversifiée. En 2024, environ 60 % des revenus de l’État saoudien proviennent du pétrole, selon les données officielles du ministère des Finances. La richesse pétrolière a renforcé l’autoritarisme via un système d’assistanat clientéliste ;
- Indicateurs économiques alarmants : taux de chômage des jeunes élevé : 25 % en moyenne dans les pays arabes et fortes inégalités ;
- Dépendance aux importations : malgré leurs ressources, les pays musulmans importent massivement (nourriture, technologies). L’Arabie saoudite importe 80 % de sa nourriture.
La violence comme norme : persécutions et conflits
- Persécutions des minorités :
- Chrétiens d’Orient : passés de 20 % à 4 % de la population au Moyen-Orient en un siècle (génocide des Assyriens en 1915, exode des coptes d’Égypte) ;
- Yézidis : génocide par Daech en 2014 (5 000 morts, 7 000 femmes réduites en esclavage) ;
- Ahmadis (Pakistan) : considérés comme « hérétiques », interdits de pratiquer leur foi ;
- Bahaïs (Iran) : 7 000 emprisonnés depuis 1979, propriétés confisquées.
- Guerres civiles et extérieures :
- Syrie : 500 000 morts depuis 2011 ;
- Yémen : guerre depuis 2014 (Arabie saoudite vs. Houthis) ;
- Soudan : conflits ethniques et religieux récurrents (Darfour, 2003-2020 : 300 000 morts) ;
- Afghanistan : 40 ans de guerre (invasion soviétique, talibans, OTAN, retour des talibans en 2021).Conséquence : 9 des 15 pays les plus instables au monde sont à majorité musulmane (indice de fragilité des États, 2025) [5].
Les causes profondes : un système verrouillé par l’islam
Pourquoi ces sociétés peinent-elles à évoluer vers plus de liberté et de prospérité ? Plusieurs facteurs structurels expliquent cette situation.
L’islam, une idéologie totalitaire
L’islam, dès ses origines, fusionne religion et politique :
- Mahomet était à la fois prophète, chef militaire et gouvernant ;
- Le Coran contient des versets juridiques et politiques ;
- La charia : code légal divin et immuable, couvrant tous les aspects de la vie (mariage, héritage, peine de mort pour apostasie).
Conséquences :
- Pas de séparation Église/État : l’islam refuse la laïcité ;
- Hostilité à la démocratie : pour les islamistes (Frères musulmans, salafistes), la souveraineté appartient à Allah, pas au peuple.
L’alliance de l’État et de la classe cléricale
Dans la plupart des pays musulmans, le pouvoir politique et les religieux sont alliés pour légitimer leur autorité :
- Arabie saoudite : pacte entre la famille Saoud et les oulemas wahhabites (1744) → État théocratique ;
- Iran : Velayat-e faqih (gouvernement du juriste islamique) → Le Guide suprême (Khamenei) a plus de pouvoir que le président ;
- Maroc : le roi Mohammed VI est aussi « Commandeur des Croyants » et contrôle les mosquées et les prêcheurs ;
- Égypte : l’État finance Al-Azhar, qui en retour soutient le régime (même sous Sissi, qui réprime les Frères musulmans).
Résultat : aucune réforme libérale n’est possible sans l’aval des religieux.
L’absence de culture scientifique
- Âge d’or de l’islam (VIIIe-XIIe siècles) : les musulmans ont traduit et développé les savoirs grecs, indiens et persans (médecine, mathématiques, astronomie) ;
- Déclin à partir du XIIe siècle :
- Hostilité au rationalisme : les acharites (courant théologique) rejettent la philosophie grecque au profit d’un littéralisme coranique ;
- Persécutions des philosophes :
- Averroès (Ibn Rushd) : ses livres brûlés à Cordoue (1195) pour hérésie ;
- Al-Ghazali (XIe siècle) : dans L’Incohérence des philosophes, il attaque la raison au profit de la foi ;
- Fermeture des maisons de la sagesse.
Conséquence : aujourd’hui, la plupart des pays musulmans dépensent moins de 1 % de leur PIB en R&D (contre 2-3 % en Occident)[6].
Un enseignement sous contrôle religieux
- Monopole des religieux sur l’éducation :
- Madrasas (écoles coraniques) : 50 millions d’élèves dans le monde musulman (UNESCO, 2023) [7] avec l’apprentissage par cœur du Coran, pas de sciences modernes ;
- Exemple : au Pakistan, 2 millions d’enfants étudient dans des madrasas financées par l’Arabie saoudite (wahhabisme) ;
- Universités : en Arabie saoudite, les facultés de charia sont plus nombreuses que celles de sciences ;
- Madrasas (écoles coraniques) : 50 millions d’élèves dans le monde musulman (UNESCO, 2023) [7] avec l’apprentissage par cœur du Coran, pas de sciences modernes ;
- Problèmes structurels :
- Arabe classique : langue du Coran, difficile à maîtriser ; taux d’alphabétisation bas (ex. : Yémen : 50 %) [7] ;
- Faible traduction d’ouvrages étrangers : selon les données de l’UNESCO (Index Translationum), le monde arabe traduit aujourd’hui environ 1 500 à 2 000 livres par an, un chiffre très inférieur à celui de l’Espagne (20 000 livres/an) ou de la Grèce. Historiquement, l’ALECSO estimait que seulement 10 000 livres avaient été traduits dans le monde arabe depuis l’époque du calife Al-Ma’mûn (IXe siècle), soit l’équivalent de ce que l’Espagne traduit en 6 mois ;
- Classements PISA : derniers en mathématiques et sciences : Qatar (70e), Arabie saoudite (72e), Indonésie (74e) sur 80 pays (2022)[9].
Résultat : 60 % des jeunes Arabes veulent quitter leur pays [10] .
Une idéologie patriarcale ancrée
- Statut des femmes :
- Polygamie : légale dans 40 pays musulmans ;
- Tutelle masculine : en Arabie saoudite, une femme ne peut pas voyager sans l’autorisation de son tuteur masculin ;
- Héritage : une femme hérite de la moitié de la part d’un homme ;
- Violences conjugales : pas criminalisées dans 10 pays musulmans (dont l’Arabie saoudite et l’Iran) [10]. En mars 2021, le Président Recep Tayyip Erdoğan a annoncé le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul (traité international du Conseil de l’Europe pour lutter contre les violences faites aux femmes), effective à partir du 1er juillet 2021 ;
- Conséquences économiques :
- Taux d’activité féminine : 34 % en Arabie saoudite, 15 % en Iran (contre 60 % en France) ;
- Mariages précoces : 15 % des filles mariées avant 18 ans en Égypte, 30 % au Yémen[12].
Impact : l’exclusion des femmes du marché du travail coûte cher aux économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : selon l’OCDE la perte annuelle s’élève à environ 575 milliards de dollars, tandis que la Banque mondiale estime que combler ces écarts pourrait faire croître significativement le PIB par habitant de la région.
Jean Lamolie, Riposte Laïque
Notes et sources
[1]: Freedom in the World 2025, Freedom House, www.freedomhouse.org. 80 % des pays à majorité musulmane sont classés « non libres » ou « partiellement libres ».
[2]: Rapport sur le développement humain 2023-2024, PNUD, hdr.undp.org. L’IDH moyen des pays musulmans est de 0,689 (moyenne mondiale : 0,737).
[3] World Bank Middle East and North Africa Economic Update, octobre 2025.
[5] Fragile States Index 2025, The Fund for Peace, fragilestatesindex.org.
[6] UNESCO Science Report 2021, unesdoc.unesco.org.
[7]Global Education Monitoring Report 2023, UNESCO, en.unesco.org.
[8] The Arab Human Development Report 2022, PNUD, www.arab-hdr.org.
[9] PISA 2022 Results, OCDE, www.oecd.org.
[10] https://www.agbi.com/employment/2023/07/60-of-young-arabs-want-to-emigrate-survey/
[11]: World Bank Gender Data Portal, 2025, genderdata.worldbank.org.
[12] Child Marriage in the Middle East and North Africa, UNICEF, 2023, www.unicef.org.
