– Le couteau, ou le retour de la violence sacrée

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#webtube : Samedi à Berlin, une attaque à la voiture-bélier contre la « Marche des fiertés » des homosexuels a fait un mort et 29 blessés. L’auteur, Abdul Ballout, était un islamiste fiché dès ses 16 ans et avait notamment tenté de rejoindre Daech. Lundi matin à Paris, un homme de 31 ans armé de couteaux et apparemment déséquilibré s’en est pris à trois femmes, dont une enceinte, avant d’être maîtrisé alors qu’il déclarait qu’Allah l’envoyait tuer… Face au développement de ce terrorisme artisanal et devant le retour d’une violence importée, l’Europe semble s’enfermer dans l’aveuglement.

René Girard nous avait prévenus. Les sociétés ne suppriment jamais la violence, elles apprennent seulement à la contenir. Toute civilisation n’est finalement qu’une tentative de la domestiquer, de l’enfermer dans le droit, de l’arracher au sacré. Lorsqu’elle redevient sacrée, lorsqu’elle retrouve une justification transcendante, elle cesse d’être un simple crime, elle redevient un devoir. C’est peut-être ce qui est en train de se produire sous nos yeux.

Un terrorisme devenu presque artisanal

Samedi soir 25 juillet, à Berlin, une Gay Pride est frappée. Un homme – un ressortissant germano-libanais de 21 ans radicalisé, selon la police allemande – fonce avec sa camionnette sur les participants avant de poursuivre son attaque à la machette, puis de prendre la fuite. Une femme a été tuée et vingt-neuf personnes blessées, dont plusieurs grièvement. L’agresseur a finalement été abattu par la police après une traque de vingt-quatre heures.

Lundi matin 27 juillet à Paris, porte de Clichy (17e arrondissement), un individu armé de deux couteaux de cuisine s’en prend à trois femmes de 19, 24 et 36 ans, dont deux sont gravement blessées à l’abdomen et dans la région lombaire, sans que leur pronostic vital soit engagé, selon le ministre de l’Intérieur.  L’agresseur a été maîtrisé grâce à l’intervention de courageux passants.  Des vidéos de la scène montrent l’homme criant notamment : « C’est Allah qui m’a ordonné. »

À Berlin, les autorités ont immédiatement dénoncé un nouvel attentat islamiste, tandis qu’à Paris on en a appelé à la prudence bien que le Parquet national antiterroriste (PNAT) a pris en main le dossier sans en avoir été officiellement saisi.

Les enquêtes établiront les responsabilités, les qualifications pénales et les motivations exactes. Elles doivent le faire avec la rigueur que commande un État de droit. Mais elles ne répondent pas à la question essentielle.

Pourquoi ces scènes deviennent-elles si fréquentes, si familières ? Pourquoi l’Europe, qui croyait avoir relégué cette violence aux marges de son histoire, la voit-elle réapparaître au cœur de ses villes ? Depuis une quinzaine d’années, le terrorisme a changé de visage. Les grandes organisations existent toujours, mais elles n’ont plus besoin de logistique complexe. Un véhicule, un couteau, une machette suffisent désormais à tous les illuminés au regard noir et au front vengeur, qui sont hélas légion. Le terrorisme est devenu individuel, improvisé, presque artisanal.

Mises en scènes macabres

Pourtant, cette simplicité est trompeuse. Le couteau n’est pas un hasard. Il n’est pas seulement une arme facile à se procurer. Il est un symbole. Il tue au contact, oblige l’assassin à regarder sa victime, transforme le meurtre en mise en scène. Il rappelle les égorgements filmés de Daech, les décapitations, l’assassinat de Samuel Paty, les lynchages, les supplices exhibés comme des trophées. Il appartient à une culture où la violence n’est pas seulement efficace, elle est signifiante. Autrement dit, la mort devient un langage.

Cette représentation n’est évidemment pas celle de l’ensemble du monde musulman. Elle serait injuste et absurde si on la lui attribuait globalement. Mais elle irrigue une partie de l’islam politique contemporain, du salafisme au djihadisme, en passant par toutes les formes de radicalisation qui réhabilitent la violence au nom du sacré.

C’est là que notre aveuglement commence. Nous continuons à raisonner comme si nous étions confrontés à une simple succession de faits divers, à des déséquilibres psychologiques ou à des trajectoires individuelles. Toutes ces dimensions existent sans doute, mais elles ne suffisent pas. Car ce qui voyage avec les hommes n’est pas seulement leur langue et leur cuisine, ce sont aussi des visions du monde. L’Europe n’importe pas uniquement des populations, elle importe parfois des imaginaires, des croyances, des rapports à la liberté, au droit, à la femme, à l’autorité, à la mort. Or certaines de ces représentations sont frontalement incompatibles avec la civilisation européenne. Notre erreur est d’avoir cru que toute culture finissait spontanément par adopter les catégories intellectuelles de l’Occident libéral.

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L’histoire enseigne exactement l’inverse. Une civilisation ne transforme pas instantanément ceux qui la rejoignent. Elle est aussi transformée par ceux qu’elle accueille. L’Europe moderne s’est pourtant construite contre cette violence. Pendant des siècles, elle connut les guerres de religion, les massacres, les supplices publics, les bûchers et les vendettas. Puis, lentement, au prix de conflits immenses, elle inventa autre chose. Elle substitua le droit à la vengeance, le juge au bourreau, l’Etat au clan, la discussion au poignard.

Ce patient travail de plusieurs siècles constitue peut-être le véritable miracle européen. Non parce que les Européens seraient moralement supérieurs aux autres peuples, mais parce qu’ils ont progressivement décidé qu’aucune vérité religieuse ou politique ne pouvait plus légitimer le meurtre. L’islamisme remet précisément ce principe en cause. Il ne tue pas au hasard. Les Juifs parce qu’ils incarnent une altérité insupportable; les  enseignants parce qu’ils transmettent un savoir indépendant de la révélation; les journalistes et les caricaturistes parce qu’ils revendiquent le droit de rire du sacré; les policiers parce qu’ils représentent la loi des hommes; les homosexuels parce qu’ils rappellent qu’une société libre reconnaît à chacun le droit de vivre selon son désir plutôt que selon une norme religieuse.

Notre civilisation attaquée

À chaque fois, ce n’est pas seulement une personne qui est visée, c’est une idée de la civilisation. Pourtant, bizarrement, notre premier réflexe consiste encore à détourner le regard. Nous devenons infiniment prudents dès lors que la religion est invoquée. Nous parlons de fragilité psychologique, de parcours chaotique, de radicalisation individuelle. Nous attendons, nous suspendons le jugement. Cette prudence est nécessaire lorsqu’elle est juridiquement justifiée, mais c’est pure lâcheté lorsqu’elle est intellectuelle.

Nous savons parfaitement reconnaître une idéologie lorsqu’elle provient de l’extrême droite. Nous savons en analyser les références, les filiations, les discours. Mais lorsqu’un homme tue en invoquant Dieu, l’idéologie semble soudain s’évaporer.

Comme si le véritable danger résidait moins dans le couteau que dans les mots employés pour le décrire. George Orwell écrivait que le premier devoir des intellectuels est de voir ce qui se trouve sous leurs yeux. Notre époque semble avoir choisi l’exercice inverse. Elle voit, mais refuse de nommer.

Une  civilisation ne disparaît pas seulement lorsqu’elle est conquise. Elle peut aussi mourir lorsqu’elle cesse de croire aux principes qui l’ont fondée. L’Europe avait fait reculer la violence sacrée. Elle découvre aujourd’hui qu’aucune conquête n’est irréversible. Les couteaux de Berlin ou de Paris ne sont pas seulement des armes. Ils sont les éclats d’une autre vision du monde, importée au cœur de sociétés qui avaient fait le pari, fragile mais magnifique, que le droit remplacerait définitivement le sacrifice.

Encore faut-il avoir le courage de reconnaître que ce pari est désormais mal engagé.

Patrick Atlan, Causeur

– L’Allemagne coupe les subventions aux énergies renouvelables et change de cap

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#webtube : Berlin met fin aux aides automatiques à l’éolien et au solaire pour les soumettre davantage au marché. L’Allemagne a décidé de mettre fin au système de subventions accordées aux nouvelles installations éoliennes et solaires, avec l’objectif affiché de « responsabiliser » les producteurs d’électricité renouvelable. Ces derniers devront désormais être davantage exposés aux mécanismes du marché et aux fluctuations du prix de l’électricité, une rupture avec le modèle de soutien public qui accompagnait l’Energiewende depuis plus de vingt ans.

Berlin justifie cette réforme par la maturité atteinte par les filières éolienne et solaire, qui doivent désormais gagner en compétitivité sans dépendre systématiquement de l’argent public. Le gouvernement souhaite également réduire le coût des aides, alors que la multiplication des périodes de surproduction d’électricité renouvelable pèse sur l’équilibre du réseau et sur les finances publiques.

Les partisans de la réforme y voient une correction des excès d’un système très subventionné, tandis que ses détracteurs craignent un ralentissement des investissements dans les énergies décarbonées.

En France, l’État continue de soutenir largement le développement des énergies renouvelables à travers des mécanismes de soutien financier, notamment des compléments de rémunération et des appels d’offres garantissant des revenus aux producteurs. La décision allemande pourrait relancer le débat sur le coût des politiques de soutien aux énergies renouvelables et sur leur place dans le futur mix énergétique français.

Boulevard Voltaire

– Pour sa première conférence de presse, Zidane unit les Français et les Bleus

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#webtube : Le nouveau sélectionneur des Bleus a dit son soutien aux pompiers, aux sinistrés et a appelé à la libération de Gleizes. Mardi 28 juillet, Zinédine Zidane a officiellement été nommé sélectionneur de l’équipe de France pour les quatre années à venir. Pour sa toute première conférence de presse, celui qui prend la suite de Didier Deschamps n’a pas seulement parlé de foot ou de performances sportives, non, il a tenu à saluer les pompiers et à dire son soutien aux sinistrés des incendies et a appeler à la libération du journaliste sportif Christophe Gleizes. Pour sa première prise de parole officielle en tant que sélectionneur des Bleus, le champion de 1998 fait montre d’une volonté claire de souder les Français : coup de com’ ou discours sincère, en tout cas l’effet est réussi.

Le choix de la France et des Bleus

Philippe Diallo, président de la FFF (Fédération française de Football) explique que « depuis de nombreuses années [Zidane] avait fait savoir que l’un de ses rêves était de diriger l’équipe de France », et que « du côté de la FFF, il y avait l’envie d’avoir quelqu’un qui aura la compétence, le cœur de nos fans, pour diriger l’une des meilleurs nations de football » ; « c’est la rencontre entre ces deux envies » qui permet cette nomination officielle. En effet, tout dans la prise de parole de Zidane montre que cette nomination représente pour lui une sorte de Graal : « un rêve » qui se réalise pour ce joueur clef de 98. Manifestement, c’était les Bleus ou rien puisqu’il continue : « Je peux vous dire que j’ai reçu des propositions […] pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour l’équipe de France ». Le nouveau sélectionneur explique que « c’est la seule chose qu’ [il] voulai[t] faire après [s]on expérience au Real Madrid » puisque, l’équipe de France, il l’a connue « gamin », il a « commencé minime, [a] franchi toutes les étapes jusqu’à arriver à la sélection A ». Pour un sélectionneur de l’équipe de France, un telle déclaration est rassurante et semble normale, mais les Français apprécieront tout de même entendre cette figure tutélaire du football international, d’origine algérienne et dont le fils joue même dans l’équipe d’outre-Méditerranée, choisir la France avec tant de cœur.

Le soutien de Christophe Gleizes

D’ailleurs, l’ancien numéro 10 des Bleus n’a pas hésité à appeler clairement à la libération de Christophe Gleizes lorsque l’un de ses collègues et ami de So Foot lui a demandé s’il avait un message à lui adresser alors que celui-ci est enfermé en Algérie depuis plus d’un an, que « la fédé a été très active pour son soutien », et que Didier Deschamps avait adressé un message à sa famille pendant la Coupe du Monde. « Bien sûr que je soutiens, la FFF soutient Monsieur Gleizes et sa famille » a-t-il déclaré en ajoutant « espère[r] qu’il puisse rentrer à la maison, avec ses parents ».  Et puis, il continue en expliquant ne s’être « jamais trop exprimé, mais pas simplement pour ce dossier-là [puisqu’il] ne prend pas la parole dans n’importe quel cas ». Et d’ailleurs, il le dit clairement : « Cela ne va pas changer » et les Français sauront apprécier cette discrétion dont Mbappé pourrait s’inspirer.

À ce sujet — Football : Zidane fils choisit l’Algérie

Mais une telle déclaration est déjà de trop pour certains internautes algériens qui l’insultent et le qualifient de « harki » : « C’est une affaire politique et sécuritaire. De quoi te mêles-tu, espèce de harki ? Il sortira de prison une fois sa peine purgée. L’Algérie est souveraine dans ses décisions, et la loi lui sera appliquée.Tu as été un grand joueur, mais tu es un harki.» écrit l’un sur X, tandis qu’un autre, journaliste chez Al-Sharq, tweete : « On vous a dit que « Harkis » reste « Harki », Zidane soutient le journaliste français “Christophe Ghez” arrêté en Algérie. Ils auraient dû le laisser partir, vous avez ramené “Luca Zidane” en sélection ce soir. Voilà que commence le décompte et la punition… Comment c’est possible, là, il compatit encore avec eux ou avec nous ».

Sélectionneur enraciné, équipe moins déconnectée ?

Pourtant, cette conférence de presse est un sans-faute. En ouverture, Zidane commence : « Moi ce que je voulais commencer par faire […] c’est un message de soutien. C’est à toutes les personnes, tous les pompiers et tout le monde agricole qui s’occupe de toutes ces personnes qui sont en difficulté aujourd’hui. Voilà, c’est un message de soutien, une grosse pensée pour eux. […] c’est ma première pensée, c’est celle-là ». A l’heure où la France est si durement éprouvée, où les regards sont unanimement tournés vers les feux et ceux qui luttent contre eux dans une extraordinaire solidarité, le nouveau sélectionneur de l’équipe de France s’adresse autant aux supporters qu’aux Français en général : sincérité ou coup de com’, cette posture ne peut que raffermir le lien entre les Français et leur équipe.

Et, parce que Zidane connaît bien les paysans de France et comprend leur attachement à la terre,  ce soutien ne peut pas être considéré seulement comme un coup de communication. En Aveyron, berceau de sa femme Véronique, il est considéré comme l’un des leurs par les locaux rapporte Ici Occitanie. Sa « nomination […] sonne comme une petite fierté à Rodez et à Onet-le-Château ». Il est d’ailleurs, depuis 1999, citoyen d’honneur de cette commune, mais la reconnaissance ultime sort surtout de la bouche du maire qui explique au média local « qu’il ressemble aux Aveyronnais : il est discret, calme, travailleur ». Une reconnaissance que le nouveau sélectionneur leur rend bien puisqu’il a aidé le club de Rodez, où a joué l’un de ses fils, lorsque ce dernier avait des problèmes financiers. C’est certain, avec leur nouveau sélectionneur l’équipe de France a toutes les chances d’être moins déconnectée de la réalité des Français !

Victoire Riquetti, dans BV

– Météo du Jeudi 30 Juillet au Mercredi 5 Août 2026

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#webtube : Localement 40°C dans l’est ce jeudi ! Quelques orages vendredi. Week-end chaud.

Source : Météo Express

– Mauvaises mœurs dans les temps nouveaux

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#webtube : Gregg Araki ne vieillit pas. Qui n’a pas eu la chance de voir Mysterious Skin (2004), ce chef d’œuvre d’une affreuse mélancolie, ou encore Kaboom (2010), film parfaitement barré au meilleur sens du mot, ferait bien de ne manquer sous aucun prétexte I Want Your Sex, dernier né du génial – et trop méconnu – cinéaste californien.

Contre les codes de la doxa progressiste

A l’âge de 66 ans, riche d’une filmographie conséquente – une douzaine de longs métrages, depuis la cavale foudroyante de The Living end (1992) jusqu’au mélodramatique White Bird (2014) – sans compter, plus récemment, les séries de son cru (10 épisodes de Now Apocalypse, 2019) et autres participations ponctuelles (cf. sur Netflix l’épisode 10 de Monstre : l’histoire de Jeffrey Dahmer ; ou l’épisode 4 de la série American Gigolo) -, Araki, à la longue, s’était fait oublier du grand écran. C’est qu’indépendant, il l’est, à tous les sens du mot – jusque dans sa façon de savoir se faire rare. Cinéaste ouvertement homosexuel, certes, mais prenant à rebrousse-poil, avec constance, âpreté et non sans un humour corrosif à souhait, tous les codes de doxa, y compris ceux de la militance LGBTQIA+ et de la tartufferie woke

Les histoires d’amour finissent mal, en général

Entre bain de sang et bain de jouvence, conjuguant le suspense du thriller et les couleurs acidulées de la comédie trash incrustée de cartoons, I Want Your Sex, coscénarisé avec la chroniqueuse et journaliste Karley Sciortino, déjà sa partenaire sur Now Apocalypse, est de l’aveu même du réalisateur un projet de longue haleine ; il ne pouvait être placé dans les mains de n’importe quels comédiens. C’est peu dire que le duo Cooper Hoffman/Olivia Wilde fusionne, dans une réjouissante alchimie. Le premier incarne le rouquin grassouillet Eliott, étudiant désargenté en quête d’une première expérience professionnelle. La seconde campe Erika Tracy, une artiste-contemporaine-influenceuse cupide, dont l’esthétique exploite dans l’outrance la veine commode de l’éros débridé. Laquelle Erika, contre toute attente, embauche comme assistant ce garçon bêta, mal dégrossi (il partage avec la revêche Minerva une vie de couple banale), pour faire d’Eliott son esclave sexuel… Esclave bientôt consentant, voire addictif. Mais comme nous l’aurons appris d’emblée dans un flash- back initial, l’histoire, entre eux, finira mal. D’où une enquête où Eliott, interrogé par la police, doit rapporter les faits et, si possible, se disculper – contrepoint des péripéties hautes en couleur qui jalonnent l’intrigue.

A lire aussi: «Obsession», l’amour qui bouffe les vivants

Oiseau rare

Sous les dehors d’une comédie érotique mâtinée de film à suspense, conjuguant burlesque, noirceur et acidité, I Want Your Sex est, en réalité, un brûlot dénonçant, plus radicalement qu’il n’en a l’air, l’imposture ontologique de l’art contemporain, l’obscène marchandisation de la célébrité, mais surtout cette libido puissamment entravée aujourd’hui par les diktats de la bien-pensance.

Prenant le contre-pied de la sexualité contractuelle et aseptisée portée par les réseaux et promue par les vestales du woke, Araki, en 2026, fait vraiment figure d’oiseau rare : loin du manichéisme de rigueur et aux antipodes du discours formaté sur le consentement, la domination, etc., tout son cinéma suggère l’ambivalence des stratégies de séduction, la réversibilité du processus de manipulation, l’ambiguïté fondamentale de la pulsion libidinale. A ce titre, il est plaisant que la critique actuelle, désormais si frileuse en matière de mœurs, communie benoitement dans la célébration de ce dernier opus « sulfureux », sans appréhender qu’Araki incarne la réfutation radicale des préjugés de l’époque en matière érotique : jouir sans entrave est son credo – celui d’une autre jeunesse. 

P-S : à noter que L’invitation, long métrage réalisé par Olivia Wilde, sortira en salles le 16 septembre prochain            

Julien San Frax, Causeur


I Want Your Sex. Film de Gregg Araki. Avec Olivia Wilde, Cooper Hoffman… Etats-Unis, couleur, 2025. Durée: 1h30.
En salles le 29 juillet 2026

– Robotique humanoïde: cette révolution industrielle que les Européens refusent de regarder

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#webtube : Les robots chinois apprennent un métier plus vite que n’importe quels ouvriers, et travailleront demain pour un dollar de l’heure. Pendant ce temps, les Européens peaufinent leurs règlements, comptent sur une main-d’œuvre du XXᵉ siècle et découvriront sans doute cette nouvelle ère inquiétante une fois qu’elle sera terminée…

On l’a appris à l’occasion de la World Artificial Intelligence Conference qui s’est tenue à Shanghai du 17 au 20 juillet : en quatre mois, le taux de réussite du robot humanoïde utilisé par Xiaomi dans son usine automobile est passé de 90,2 % à 98 % dans la pose d’écrous autotaraudeurs, à un point seulement de la performance d’un ouvrier expérimenté. L’information décisive n’est pas qu’un robot sache poser un écrou, mais la vitesse à laquelle il a progressé et s’est intégré dans une véritable chaîne de production.

« Je regrette, Dave. J’ai bien peur que ce soit possible… »

Cette accélération ne se limite pas à Xiaomi. En Chine, AgiBot a fait travailler plusieurs robots sur une ligne active de production de tablettes. Pendant une démonstration diffusée sur six jours, ils ont cumulé plus de 64 heures d’activité et réalisé près de 65 000 opérations.

Du 13 au 22 mai 2026, l’entreprise américaine Figure AI a fait fonctionner quatre robots humanoïdes sur une ligne active de tri logistique au cours d’une démonstration de 200 heures consécutives, intégralement diffusée sur YouTube. Ils ont traité près de 250 000 colis à une cadence proche de celle d’un opérateur humain.

A lire aussi, Jean-Baptiste Roques : IA: la direction du futur

Le 16 juillet 2026, à Shenzhen, le combat inaugural du championnat mondial de MMA robotique a confronté des humanoïdes afin d’évaluer leurs frappes, leur stabilité, leurs capacités d’esquive et leur résistance. Derrière le spectacle, cette compétition a permis de perfectionner des aptitudes essentielles aux futurs usages industriels : équilibre dynamique, coordination générale du corps, capacité à se relever après une chute et réaction dans un environnement imprévisible.

Le mastodonte américain Tesla, dirigé par Elon Musk, est quant à lui en train de finaliser, à Fremont, la reconversion des anciennes lignes des Model S et X afin de produire, à terme, jusqu’à un million de robots Optimus par an. Une seconde ligne, projetée au Texas, viserait une capacité dix fois supérieure afin de faire du robot humanoïde un produit de masse, au même titre que les voitures, les machines à laver ou les fours à micro-ondes.

« Ex machina » , film SF de Alex Garland (2015) © DNA Films
On le voit, les performances progressent, les usages

On le voit, les performances progressent, les usages se diversifient et les capacités de production augmentent simultanément. Le laboratoire, l’usine et le marché ne sont plus séparés par dix ou vingt ans. Le temps industriel se comprime désormais en mois, voire en semaines.

Humains VS. Machines, le match du siècle

Pour comprendre cette accélération, il faut saisir ce qui distingue radicalement le robot humanoïde d’un salarié débutant dans un nouvel emploi. Un salarié commence sa carrière doté de sa seule formation. Il apprend ensuite progressivement, au fil des mois et des années. Un nouveau robot peut, au contraire, recevoir dès sa mise en service les compétences acquises par toutes les machines reliées au même système : procédures, gestes réussis, erreurs corrigées, incidents rencontrés et solutions trouvées dans des milliers de situations réelles. C’est comme si un salarié débutant dans un nouvel emploi commençait son premier jour avec l’expérience cumulée de mille, dix mille, puis un million de travailleurs…

Chaque robot supplémentaire n’ajoute donc pas seulement une paire de bras : il enrichit l’expérience de toute la flotte. Plus leur production progressera, plus les situations rencontrées et les données accumulées seront nombreuses, et plus les tâches maîtrisées se multiplieront. La production de masse accélérera ainsi à la fois la diffusion des machines et l’élargissement des compétences partagées par l’ensemble de la flotte.

Le monde qui vient

Le basculement sera également économique. Si l’on analyse le coût horaire d’un travailleur peu qualifié aux États-Unis et celui d’un robot humanoïde, l’écart est considérable : environ 16,67 dollars par heure pour le premier, contre 9 dollars pour un robot faiblement utilisé et 1 dollar en fonctionnement intensif. Cela ne signifie pas qu’un robot humanoïde remplacera demain un métier entier. Il n’en a pas besoin. La substitution progressera tâche par tâche : manutention, tri, nettoyage, réassort, déplacement de charges, préparation ou surveillance simple. Dès lors qu’une machine accomplit une opération de manière suffisamment fiable et à un coût durablement inférieur, la décision cesse d’être philosophique. Elle devient comptable.

Les États-Unis et l’Asie ont compris le monde qui vient. La Chine développe des capacités de production massives et multiplie les déploiements industriels. Le Japon et la Corée du Sud font de la robotisation une réponse au vieillissement et à la contraction de leur population active. Les États-Unis mobilisent leurs géants technologiques, leurs marchés financiers et leurs infrastructures de calcul pour préserver leur leadership technologique et économique. Tous raisonnent en termes de puissance productive, de souveraineté technologique et d’anticipation démographique.

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L’Union européenne, seule, suit le chemin inverse. Elle dispose de chercheurs et de quelques entreprises prometteuses mais peine à transformer l’innovation en production de masse. Elle réglemente des technologies étrangères qu’elle ne maîtrise pas, sous-capitalise ses acteurs et poursuit son effacement économique. Entre 1993 et 2024, l’Union européenne a perdu 32,4 % de son poids dans l’économie mondiale (la France, elle, s’est effondrée, avec une chute de 43,7 % de son poids relatif).

Corolaire de ce décrochage, l’UE continue d’organiser sa politique migratoire comme si les besoins actuels de main-d’œuvre peu qualifiée devaient se prolonger pendant plusieurs décennies. Or, les travailleurs immigrés sont fortement surreprésentés dans la construction, la logistique, la restauration, le nettoyage, l’agriculture, la sécurité et les services à la personne. Ce sont précisément les secteurs qui concentrent le plus de tâches physiques, répétitives et automatisables, et dans lesquels les robots humanoïdes se déploieront le plus rapidement. Jensen Huang, le patron de Nvidia, a d’ailleurs résumé cette bascule lors d’une séance de questions-réponses avec la presse en janvier dernier, en qualifiant ces machines d’« immigrants IA », prêts à accomplir « le type de travail que nous avons décidé de ne plus faire ».

Les Européens analysent le monde qui vient avec des logiques héritées du XVIIIe siècle. Ils continuent de penser la puissance par la démographie et l’abondance de main-d’œuvre, au moment même où elle repose désormais sur la maîtrise technologique, le capital et l’automatisation. Le risque pour les populations européennes n’est donc pas seulement que les robots humanoïdes apprennent très vite et vont bouleverser leur vie, mais que leurs dirigeants comprennent lentement et n’ont rien anticipé sur les plans social, sociétal, éducatif et migratoire.

Cyrille Dalmont, Causeur


Cyrille Dalmont, directeur de recherche à l’Institut Thomas More, et Jean-Thomas Lesueur, directeur général de l’Institut Thomas More, viennent de publier la note « Immigration et robotisation de l’économie: la nouvelle donne » (disponible ici).

– Brûlures d’estomac : ce qui marche vraiment, et ce qui relève de la croyance

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#webtube : C’est une sensation que des millions de Français connaissent : cette brûlure qui remonte derrière le sternum, souvent le soir, souvent après un repas copieux, parfois au moment précis où l’on se couche. Le reflux gastro-œsophagien touche une part considérable de la population adulte, et il augmente avec l’âge, le poids et le stress.

Ce qui fonctionne, et que la médecine occidentale confirme

Les mesures les plus efficaces contre le reflux ne coûtent rien et ne s’achètent pas en pharmacie. Elles tiennent en quelques règles de vie.

Ne rien avaler dans les 2 à 3 heures qui précèdent le coucher. C’est la mesure la plus rentable de toutes. La production d’acide gastrique culmine entre une demi-heure et deux heures après le repas, au moment où la digestion bat son plein. S’allonger pendant cette fenêtre revient à supprimer la seule chose qui retient l’acide en bas : la gravité. Si vous vous couchez à 22 heures, dînez avant 19 heures.

Rester debout après le repas. Beaucoup s’installent dans un fauteuil ou s’allongent immédiatement. Mieux vaut faire la vaisselle, ranger, ou marcher 10 minutes. Le mouvement léger accélère la vidange gastrique.

Alléger le dîner. Éviter le soir le très sucré, le très gras, le très épicé, et limiter les boissons pendant le repas. Un estomac plein et distendu exerce une pression mécanique sur le sphincter qui sépare l’œsophage de l’estomac. Ce sphincter n’est pas une valve étanche : c’est un muscle qui cède quand on le sollicite trop.

Mâcher lentement. L’auteur recommande 20 à 30 mastications par bouchée. Le chiffre est indicatif, mais le principe est juste : manger vite produit de gros fragments alimentaires, que l’estomac doit travailler plus longtemps, ce qui augmente la pression interne.

Ajoutons une mesure absente de l’article original et pourtant l’une des mieux documentées : surélever la tête du lit de 15 à 20 centimètres, en calant les pieds de tête et non en empilant des oreillers, qui ne font que plier la nuque.

Le stress, un facteur qu’on sous-estime

C’est probablement la partie la plus intéressante du texte, et la mieux étayée.

Une revue systématique publiée en 2023 établit une association entre anxiété, dépression et risque accru de reflux gastro-œsophagien. Autrement dit, la mécanique digestive n’est pas indépendante de l’état nerveux, et le reflux peut être lu comme un signal d’alerte.

L’auteur souligne que le phénomène frappe particulièrement les adultes entre 40 et 60 ans, pris entre les responsabilités professionnelles la journée et les charges familiales le soir. Manger en travaillant, manger en répondant à des messages, manger en surveillant autre chose : la digestion n’est pas conçue pour ce régime-là.

Sa recommandation est d’une simplicité désarmante : s’accorder 5 minutes de calme réel avant le coucher, ou dès que la tension monte. S’asseoir, respirer lentement, ne rien faire. Cela paraît dérisoire. C’est l’une des rares interventions dont le rapport coût-bénéfice est infini.

Côté assiette

L’article cite plusieurs aliments réputés protecteurs pour la muqueuse gastrique. Restituons-les avec les nuances qui s’imposent.

Le chou revient constamment dans les diététiques traditionnelles. On lui attribue une substance parfois appelée « vitamine U » — appellation historique et non reconnue par la nomenclature officielle des vitamines — à laquelle on prête un effet cicatrisant sur les ulcères. Les données scientifiques existent mais restent limitées.

Les aliments à texture gélatineuse, comme certaines algues, l’igname ou le champignon blanc, formeraient une couche protectrice sur la paroi de l’estomac. Le mécanisme est plausible, la démonstration clinique modeste.

La banane est fréquemment citée comme neutralisant partiellement l’acidité, et la papaye contient effectivement des enzymes protéolytiques qui allègent le travail de digestion des protéines. Ces éléments sont réels mais leur effet sur un reflux installé n’a rien de spectaculaire.

Enfin, les fibres — que l’article associe aux feuilles de patate douce, plus faciles à trouver à Taïwan qu’à Quimper — favorisent le transit et réduisent les ballonnements. En Bretagne, un poireau, un chou vert ou une pomme feront le même office.

La partie traditionnelle, présentée comme telle

L’auteur propose deux points d’acupression : l’un situé à environ trois travers de doigt au-dessus du pli du poignet, entre les tendons de l’avant-bras ; l’autre à quatre travers de doigt sous la rotule, légèrement en dehors du tibia. Une pression douce de quelques minutes soulagerait les brûlures et les ballonnements.

Il inscrit ces gestes dans le cadre théorique de la médecine chinoise, selon lequel la cause du reflux n’est pas l’excès d’acide mais une inversion du flux de l’énergie gastrique, censée descendre et qui remonterait sous l’effet des repas trop rapides, trop tardifs, ou du stress.

Disons les choses clairement : ce cadre explicatif n’a pas d’équivalent en physiologie occidentale, et l’efficacité de l’acupression sur le reflux n’est pas démontrée par des essais robustes. Cela ne rend pas le geste dangereux — appuyer sur son avant-bras n’a jamais tué personne — mais il ne faut pas le confondre avec un traitement.

Un point sur lequel il faut être ferme

Le texte original affirme qu’un recours prolongé aux médicaments antiacides pourrait affaiblir la motricité digestive et, à terme, aggraver le reflux.

Cette phrase mérite une mise au point, parce qu’elle peut conduire quelqu’un à arrêter un traitement de son propre chef.

Il est exact que les inhibiteurs de la pompe à protons sont massivement prescrits en France, souvent pour des durées excessives et parfois sans indication réelle. C’est un vrai sujet de santé publique, régulièrement pointé par les autorités sanitaires. Il est également exact que leur arrêt brutal provoque un effet rebond désagréable.

Mais dans un reflux avéré, ces traitements protègent la muqueuse œsophagienne de lésions qui peuvent, à long terme, dégénérer. Aucun ajustement ne doit se décider seul. Si vous prenez ce type de médicament depuis des mois, la bonne démarche consiste à en parler à votre médecin pour envisager une réduction progressive — pas à l’interrompre après avoir lu un article, fût-ce celui-ci.

Les signes qui imposent une consultation

L’article d’origine n’en dit pas un mot, et c’est sa principale lacune. Le reflux est banal ; certaines de ses présentations ne le sont pas.

Consultez sans attendre en cas de difficulté ou de douleur à la déglutition, d’amaigrissement inexpliqué, de vomissements répétés, de vomissements sanglants ou de selles noires, d’anémie, de douleur thoracique inhabituelle, ou lorsque des brûlures apparaissent pour la première fois après 50 ans. Idem si les symptômes persistent malgré plusieurs semaines de mesures hygiéno-diététiques bien menées.

Une brûlure derrière le sternum peut aussi n’avoir aucun rapport avec l’estomac. En cas de doute sur une douleur thoracique, on appelle le 15. On ne tente pas l’acupression.

 breizh-info.com

– Arnault et Bolloré débarquent sur X : les grands patrons sortent du silence

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
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#webtube : De grands patrons rejoignent X pour répondre à leurs détracteurs. Un signe du déclassement des médias traditionnels ? Un milliardaire qui en félicite un autre : la scène suffira sans doute à provoquer quelques crises d’urticaire, dans les rédactions de gauche. Ce mardi 28 juillet, Vincent Bolloré a adressé un message chaleureux au célèbre entrepreneur Bernard Arnault, sur les réseaux sociaux.

 « Je me réjouis de l’arrivée de Bernard Arnault sur X ! », écrit le propriétaire de Vivendi, avant de saluer sa « réussite exceptionnelle » mais aussi « une personne d’une très grande profondeur et d’un grand cœur ». Et l’industriel breton de glisser, au passage, une appréciation peu charitable sur l’état du pays : « Dans ces moments où la France s’enfonce, par une gestion désastreuse, dans de graves difficultés, ses avis seront précieux. »

Le message envoyé est clair. Aux yeux de Vincent Bolloré, le patron de LVMH n’a pas seulement vocation à parler sacs à main, montres et résultats trimestriels. Il peut aussi apporter sa voix au débat public.

Bernard Arnault descend dans l’arène

Cette arrivée n’est pas tout à fait spontanée. Elle ressemble plutôt à une contre-offensive. Quelques heures auparavant, Bernard Arnault avait rompu avec sa légendaire discrétion pour répondre à l’enquête que Le Monde venait de consacrer à son « empire ». Six mois de travail, deux journalistes mobilisées, six épisodes en double page : le quotidien du soir a sorti l’artillerie lourde pour ausculter les affaires, les relations politiques et même les rivalités familiales du patron français. La riposte de l’intéressé, sobrement intitulée « Merci » et postée sur le compte X (ex-Twitter) du groupe LVMH, est un petit chef-d’œuvre d’ironie froide. Arnault feint d’abord de se réjouir du vif intérêt que lui porte Le Monde« Je n’avais pas eu droit à pareil traitement depuis la reprise de Boussac en 1984. On m’appelait alors « The Terminator ». Je préfère « la dernière famille royale », c’est plus élégant », ironise-t-il. Mais derrière l’humour perce une réelle exaspération. Alors que le quotidien présente les Arnault comme une dynastie travaillée par les ambitions intestines, les jalousies et les complots de succession, le père rétorque que ses enfants se contentent de diriger des équipes, prendre des décisions et, comble du romanesque, « s’appellent le dimanche »

Bernard Arnault répond également au procès économique qui lui est fait. Depuis des décennies, une partie de la presse réduit volontiers la réussite des grands entrepreneurs aux avantages fiscaux, aides publiques ou relations bien placées. Le milliardaire rappelle donc quelques vérités bien senties. « En 1984, quand j’ai repris Boussac, votre journal aurait-il parié un franc sur le fait que la France abriterait, quarante ans plus tard, le leader mondial du luxe », interroge-t-il, avant de souligner que son groupe emploie 220.000 collaborateurs, dont 40.000 en France, et aurait contribué à hauteur de plus de 40 milliards d’euros au Trésor public. Et l’entrepreneur de promettre qu’il continuera néanmoins à faire les mots croisés du Monde« qui, eux, sont excellents ». À bon entendeur.

Bolloré, le précurseur

Bernard Arnault n’est pas le premier grand patron français à comprendre l’intérêt d’une parole directe. Le 22 mai dernier, Vincent Bolloré avait inauguré son compte X par un laconique « Bonjour ». Deux mois plus tard, il rassemble déjà plusieurs dizaines de milliers d’abonnés. Une façon de court-circuiter les éditorialistes chargés, depuis des années, de traduire ses actes, ses convictions et parfois même ses silences.

L’arrivée de ces deux patrons consacre aussi la montée en puissance des réseaux sociaux, et notamment de X, comme véritable contre-pouvoir. Pendant des décennies, quelques grands titres détenaient presque seuls le pouvoir de choisir les sujets, de distribuer les bons et les mauvais points et d’imposer leur doxa. Cette époque est révolue. Une enquête peut désormais être contestée point par point devant des millions de lecteurs, sans filtre et sans intermédiaire. Le journaliste conserve le droit d’investiguer ; sa cible conquiert celui de lui répondre à armes presque égales.

Jean Kast, dans BV

– « C’est le tiers-monde ». Incendie de Cotignac : la colère contre l’État

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
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#webtube : « Livrés à nous-mêmes », « une vaste fumisterie »… La détresse de ceux qui luttent, seuls, contre les flammes. De la cendre et de la colère. Dans le feu du gros Bessillon, au cœur de la forêt varoise, entre les villages de Pontevès, Cotignac et Châteauvert, 4.500 hectares sont partis en fumée, laissant un goût d’abattement à ceux qui ont lutté pour sauver le bien de toute une vie de labeur. Face au géant de feu, qui a tout dévoré sur son passage, la population s’est organisée et dénonce désormais l’incurie des autorités. Car malgré la valeur des pompiers sur le terrain, unanimement reconnue et saluée, beaucoup constatent un État aux abonnés absents, dans ce drame. Au cœur des collines de Barjols, dans le quartier des Piouroux, en ce 29 juillet, la résistance s’est organisée. 

Voilà sept jours que les habitants se battent sans relâche contre un incendie qui menace à tout moment de reprendre de plus belle. « On est à bout, on n’a pas dormi depuis une semaine », témoigne Anne, qui ne décolère pas. Tous dénonce une administration à la dérive. « C’est la débâcle la plus totale. » Cyril, forestier, évoque « un sentiment de colère contre les autorités ». Pas un pompier, depuis que le feu ravage la région, n’est venu défendre sa maison et celle de ses voisins, « on a été complètement abandonnés, livrés à nous-mêmes, constate-t-il avec amertume, les pompiers n’avaient pas la consigne de défendre nos maisons des collines ». Par chance, le feu les a, pour l’heure, épargnés.

A la guerre comme à la guerre

Dans le paysage calciné que nous traversons avec sa camionnette se déroule, sous nos yeux, la mobilisation d’un pays tout entier. Dans ce petit champ s’est constitué un PC où convergent toutes les informations et les bonnes volontés. C’est un ballet de bénévoles qui viennent apporter sueur et camaraderie dans une lutte engagée contre l’ogre de flammes : qui une cuve d’eau, qui une pompe, qui un tuyau. « Les chasseurs font un boulot fantastique », souligne Cyril. Plus loin, un relais ombragé, tenu par Myriam et deux enfants de la garrigue, permet de trouver ravitaillement et boisson, alors que des patrouilles de civils arpentent toutes les lisières susceptibles de s’enflammer à nouveau et éteignent fumerolles et braises menaçantes. « On s’est organisé notre propre petite milice, dans les moments difficiles, le peuple arrive à se souder », raconte Cyril. Les agriculteurs ravitaillent certaines piscines qui servent de point d’eau, les groupes s’organisent, communiquent entre eux. Comme dans les tranchées de la Meuse et les chemins creux de Vendée. À la guerre comme à la guerre. « Le dimanche, on a lutté de 14h à 19h30, seuls contre les flammes, avant d’enfin apercevoir un camion de pompier », souligne cet habitant, au bord de l’épuisement. À leur arrivée, leur radio de communication est HS. Les habitants leur confient leurs talkies- walkies. « C’est totalement le tiers-monde », s’alarme Cyril, révolté que la sous-préfète ait pu donner des consignes à la population locale de « cesser la solidarité ».

« Ça, le préfet ne le dit pas trop à la télé »

À nos côtés, une femme des collines, dont le mari vient d’éteindre un feu recommençant cinq minutes auparavant, arrive enfin à joindre le maire : « Pourquoi les pompiers ne sont pas là, pour noyer les départs de feu ? L’évacuation du quartier a été levée alors qu’il y a encore du danger. » L’édile semble impuissant : « Les pompiers font par ordre de priorité et les évacuations sont décidées au-dessus de moi. »

À ce sujet — « Le temps n’est pas à la polémique », dit le gouvernement ? Bien sûr que si !

Beaucoup de questions auxquelles chacun aimerait avoir une réponse. Pourquoi les pompiers ne sont arrivés que 45 minutes après le départ du feu dans un champ de chaume, alors que le département était classé en vigilance rouge incendie ? Le camion des pompiers était bloqué à la caserne de Barjols, faute d’effectifs suffisants. « En risque très sévère, nous n’avions pas un camion prêt à partir, s’indigne Cyril, ça, le préfet ne le dit pas trop à la télé. » D’après certains témoignages, les pompiers qui arrivent d’autres régions ou de l’étranger ne sont pas mêlés aux effectifs du Var. « Ils ne connaissent rien au terrain, ils sont livrés à eux-mêmes. » Quand les habitants apprennent, par l’auteur de ces lignes, que la préfecture a mis en place une cellule médico-psychologique et propose à Cotignac, ce 29 juillet, un temps d’écoute et de soutien, ils s’esclaffent en chœur : « C’est nos élus qui en ont besoin. »

« Ils font briller l’invisible »

Le samedi, alors que la colline était en feu, pas un Canadair ne volait. Quand un restaurateur du village apporte des repas dans des glacières aux pompiers sur les zones de lutte, la mairie lui demande de cesser sa « collecte sauvage »« Ils reprochaient une rupture de la chaîne du froid, un problème de traçabilité des produits », commente Anne, qui lève les yeux au ciel, désabusée.

Malgré le courage des pompiers, le manque de moyens, la désorganisation et l’incohérence des ordres sont pointés du doigt. Un sentiment partagé par certains soldats du feu eux-mêmes, qui ont confié aux habitants leur « honte d’être pompier » face à cette situation d’abandon. Les soldats du feu travaillent encore avec des cartes en papier, dont les chemins forestiers ne sont pas mis à jour. Certains camions ne peuvent, au mépris du bons sens, communiquer depuis l’extérieur de l’habitacle entre eux. « Ils n’arrivent pas à aller sur le site qu’on leur indique, ils tournent en rond », s’émeut un villageois. Tous dénoncent la différence entre les annonces des autorités et la réalité du terrain. « Le préfet nous explique qu’il y a plus de 1.000 pompiers sur le site, mais en fait, ils ne sont que la moitié à lutter contre le feu à cause des rotations, commente Cyril, pour les autorités, tout est sous-contrôle, Je trouve cela scandaleux, c’est une vaste fumisterie. » Avant de rapporter la parole prophétique d’un de ses voisins : « Ils font briller l’invisible. »


Yves-Marie Sévillia
, dans BV

– Xenia Fedorova expulsée alors que nous ne sommes pas en guerre

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
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#webtube : La chroniqueuse russe Xenia Fedorova, ancienne présidente de la chaîne RT France et journaliste sur CNews, fait l’objet d’un arrêté d’expulsion du ministère de l’Intérieur. Expulsée pour délit d’opinion et traitée comme une terroriste !

Motif :

Elle est accusée de porter gravement atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. En effet, l’Etat français estime que :

  • Sa présence constitue une « menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ».
  • Elle agit comme le relais des campagnes de désinformation pilotées par Moscou.
  • Ses interventions médiatiques visent à manipuler l’opinion et à saper la confiance envers les institutions.

On se souvient que Macron la qualifiait de propagandiste du Kremlin. Il est clair que les russophobes intégristes, qui ne supportent pas la contradiction et ne tolèrent que le narratif otanien, ont fini par obtenir son expulsion, alors qu’elle venait d’obtenir le renouvellement de sa carte de séjour de 10 ans.

Recours juridique

Son avocat forme un recours contre cet arrêté.

Cette expulsion appelle plusieurs remarques :

– c’est l’assassinat pur et simple de la liberté d’expression, un des piliers de notre République,

– c’est la preuve que cette journaliste fait peur au système par son discours dissonant et argumenté,

– il est permis de s’interroger sur cette décision quand on sait que les 120 000 OQTF prononcées chaque année à l’encontre des clandestins ne sont jamais exécutées,

– on sait que des assassins et des violeurs sont souvent inexpulsables

– on s’étonne que des islamistes étrangers qui sèment la haine de la République, ne soient jamais inquiétés,

– on est aussi en droit de s’étonner qu’une citoyenne russe, légalement installée en France, n’ait pas le droit d’afficher son patriotisme envers son pays, alors que la France n’est pas officiellement en guerre contre la Russie.

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Décidément, la fin de règne de l’autocrate Macron, qui ne cesse d’attiser les braises du conflit ukrainien sans avoir consulté le peuple ni le Parlement, prend mauvaise tournure. Ce n’est pas encore la Corée du Nord mais on y vient.

La France, terre d’accueil historique des intellectuels de tous pays pourchassés pour leurs idées dissonantes, devient la patrie de la censure et du terrorisme intellectuel.

Les jours de CNews sont comptés avec la campagne de 2027, c’est le seul média d’information objective et impartiale. Les autres font le choix de relayer la parole élyséenne.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque