– L’équipe de France, miroir d’un débat mondial

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#webtube : Les débats enflammés sur la composition raciale de l’équipe de France de football ne sont pas une simple querelle de supporters : ils cristallisent un malaise civilisationnel bien plus vaste. Entre l’équipe « blanche » de 1970 et celle de 1998, et celle d’aujourd’hui, le changement de physionomie est brutal. L’équipe de France de football est ainsi devenu le symbole d’une immigration massive tendant au « grand remplacement ». Au-delà du sport, c’est tout un modèle républicain, colonial et civilisationnel qui est interrogé : celui de Jules Ferry, de la francophonie, et de l’identité française elle-même.

Nous voyons les débats enflammés sur la composition raciale de l’équipe de France. Un des arguments utilisés et largement répétés est  « Les joueurs de NBA (NDLR : la ligue professionnelle de basket aux États-Unis) sont noirs. Et cela ne pose aucun problème ! » Argument fallacieux. Les Euro-Américains ont cessé d’importer des esclaves aux États-Unis dès le 1er janvier 1808. Cependant, cette traite — maintenant que nous en avons le terme ! — commença en 1619. Aux prémisses de la guerre civile américaine, en 1860, le pays comptait environ 4 500 000 noits, soit 15% de la population. Ainsi, le joueur que l’on voit courir sur l’érable de son terrain de basketball ou le voyou de Jackson, Mississippi, qui, dans une volute de fumée, dit sheeeeeeit, bruh… ain’t nobody finna do allat, savent que leurs ancêtres sont arrivés sur des bateaux négriers au XVIIe ou XVIIIe siècle. Quatre-cents-ans ou trois-cents-ans, ce n’est pas quarante ou trente ans. Second point : les Noirs, aujourd’hui, représentent 13% de la population américaine. Troisième et dernier point : les Macroniens, en se croyant progressistes, continuent de dire afro-américain pour désigner un Noir, ce n’est pas un américain-tout-court. Un Mexicain est un Latino. Un Anglais est un Américain. Les Italo-Américains, arrivés bien plus tard, à la fin du XIXe siècle, sont renvoyés à leurs origines. Les Français et les Anglais, arrivés les premiers, avec les Néerlandais, sont les Américains. En Louisiane, ces Français sont les Cajuns — ou Acadiens —. À noter : avec une population dépassant les 40 millions de personnes, les Germano-Américains représentent la principale composante du pays. Les journaux étaient encore imprimés en allemand, au Texas, en 1920. L’auteur de ces lignes participa d’ailleurs à l’Oktoberfest de New Braunfels, très récemment. Pour conclure, comparer la France et l’Amérique est et restera une ânerie. La signature du fat.

            Nous voyons tous passer des photos de l’équipe de France de 1970. Ils sont tous blancs. Leurs prénoms ? Georges, Hervé, Philippe, Claude, Bernard, Jean ou Roger. Si nous prenons une photographie de l’équipe des Bullets de Baltimore, en NBA, ou des Knicks de New York, à la même époque, nous constatons que la ligue était divisée équitablement : moitié de joueurs blancs, moitié de joueurs noirs. Maintenant, si nous évoquons l’équipe de France de 1998, nous nous souvenons de Fabien, notre gardien, Laurent, notre défenseur, Didier, Emmanuel, Robert et Alain, au milieu. Il y avait un Basque. Un autre aux origines portugaises, ayant un prénom français. Un autre aux origines arméniennes, ayant un prénom français. Et nous nous souvenons des tentatives acrobatiques de Stéphane Guivarc’h qui voulut tant enter dans l’histoire. Un Breton.

Ce que nous déplorons, c’est la radicalité et la soudaineté de la transformation qui a mené à l’équipe quasi exclusivement noire d’aujourd’hui.

Invisibilisation des blancs

            Ne plus soutenir l’équipe de France depuis 2002, avec son lot de racailles, n’est pas du racisme. C’est un droit, tant l’expression d’un mal profond doit être analysé et respecté. Nous entendons souvent l’argument : « S’il n’y avait que des Chinois dans l’équipe du Congo, vous crieriez au scandale ! » En effet, imagine-t-on dix joueurs chinois et un joueur noir dans l’équipe de Guinée ? D’autres répondent: « C’est parce qu’il n’y a pas de Français de souche capables d’accomplir de telles performances ! » Encore faudrait-il que les Blancs ne souffrent pas d’un racisme systémique au sein de cette institution sportive, et cela depuis… vingt-cinq ans. Beaucoup de Français, ne se sentant plus représentés, ont cessé de regarder cette compétition — ou soutiennent l’Argentine.

Pire, cela accompagne un mouvement plus général : la disparition des Blancs dans les médias. Hélène de Troie est maintenant noire. Les Vikings sont noirs. La Petite sirène est noire. Hermione Granger est noire. Le racisme systémique grossit. À Londres, certaines annonces interdisent aux non-musulmans l’accès aux biens immobiliers. Nous avons tous à l’esprit les réunions interdites aux personnes blanches. Sarah Knafo a tenté d’alerter l’opinion sur la nouvelle outrance de la commission européenne : les victimes de racisme sont uniquement les personnes noires, musulmanes, juives, asiatiques ou manouches.

            Ainsi, pour couper court à la comparaison, et contrairement aux équipes américaines de basketball, nos joueurs qui représentent la France, au sein de l’équipe nationale, viennent à peine d’être français. Le père de Kylian Mbappé est né au Cameroun. Les parents de Dembélé sont nés en Afrique. Tout ceci procède d’un phénomène très récent. Il est donc normal d’en débattre. Le ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a ainsi déclaré : « Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. » Un présentateur noir américain, Trevor Noah, ajoutait en 2018 : « L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! » Aucune réaction. Mais si c’est Chilavert ou un ou un joueur argentin qui le dit, c’est vilain. 

            En effet, il n’y a pas plus néo-colonial que le football. La Colombie parle espagnol. Le Brésil parle portugais. Les Australiens parlent anglais. Curaçao parle le néerlandais. Les Sénégalais parlent français. Sport anglais inventé en 1863, il s’est exporté partout sur la planète : des Arabes du Qatar jouent au football. C’est même un rappel permanent de ce que nous ne voyons plus : l’équipe de France actuelle est la preuve de la toute puissance historique de notre nation. La coupe du monde est la preuve d’une empreinte européenne durable et totale.

            Les gens qui défendent l’équipe de France, telle qu’elle est, rendent hommage à Jules Ferry. Un petit pays comme la France, capable de coloniser 40 pays à lui tout seul, dut être très puissant pour parvenir à cette fin. Et sur tous les continents. Elle est là notre toute-puissance. La transmission d’une langue et d’une foi. Car je vois partout des Noirs faire le signe de croix (même si l’Éthiopie fut chrétienne avant la France, l’exemple est unique). Et les enfants de nos colonies jouer à présent pour les Européens qui éructent dans les stades. C’était le rêve de la gauche, de Ferry. En civilisant les races inférieures, il fallait reproduire l’apport des Romains envers les Gaulois. Permettre de faire baisser la mortalité infantile sur le continent d’en face, au sud, leur permettre d’accéder à des vaccins, de construire des hôpitaux, des écoles, des routes, de leur apprendre notre langue, de leur transmettre nos croyances — et de les inviter chez nous afin qu’ils profitent de notre prospérité, de notre éducation apatride.

Perte d’identité réciproque

C’est ironique. Les « indigènes » ne le savent pas mais ils vont perdre toute leur culture en venant en Gaule. Tôt ou tard. Kylian Mbappé ne parle pas les langues du Cameroun, il n’est pas animiste. De mère algérienne, il est à peine noir. Francisé, il s’exprime en français. La Gaule l’a assimilé. N’Golo Kanté et Ibrahima Konaté ont un document qui prouve leur citoyenneté. On voit ces vidéos de Noirs agitant leur passeport français devant la caméra, en menaçant Marine Le Pen ! Pas de remigration ! Pas pour tous, mais une commission de dé-naturalisation.

            Car l’Africain s’assimile, il porte des vêtements européens, parle une langue européenne, utilise les inventions européennes, il est déjà largement acculturé. Beaucoup sont en train de s’assimiler à nous. Leur peau s’éclaircit. Ils abandonnent leurs langues (pour certains). Leurs croyances. Leur culture. Mais d’autres résistent encore. Ils font bloc. Récemment, dans Vanity Fair, Mbappé déclarait : « Je sais ce que ça signifie et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes. » Marine Lepen est donnée gagnante à 70% contre Jean-Luc Mélenchon. Kylian Mbappé joue-t-il pour les 30% qui restent ? En prenant le partie de Merzouk, en ne rendant pas hommage à Lola, à Thomas, à Louis et à tous les autres, a-t-il fait sécession ?

            Alors quand la sénatrice paraguayenne commet ses provocations, nous crions au racisme, nous poussons des cris de vierge, sans voir que la majorité du monde, peut-être, pense comme elle. Car c’est évident, les Européens… ce sont les Européens. Le XXIe siècle sera le dernier siècle des Blancs. Comme les jeunes femmes qui se voilent, comme les jeunes hommes qui prient dans la rue, certains Gaulois réfractaires subissent les conséquences des idées folles de Bruxelles. Et ce n’est que le début.

Louis Bance, Revue Eléments

-Barbara Butch et le retour de la censure vertueuse

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#webtube : À Grenoble, Barbara Butch – militante de gauche, icône LGBT et figure de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques – a été conspuée, visée par des projectiles et chassée de scène par des militants propalestiniens proches de La France insoumise. En cause ? Une solidarité jugée excessive envers Israël. Avec cette affaire, la gauche a découvert que la censure idéologique finit toujours par se retourner contre ses propres enfants. L’affaire Barbara Butch révèle aussi une réalité qu’elle refuse de nommer : l’antisémitisme contemporain prospère désormais au cœur de la gauche. Dans ce texte nuancé, Balbino Katz analyse en profondeur cette actualité aux conséquences très importantes.

La Gauche face à elle-même

L’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble révèle moins l’apparition d’un phénomène nouveau que le retournement d’un dispositif ancien. La gauche culturelle découvre à son détriment les méthodes d’exclusion qu’elle applique depuis plusieurs décennies à ses adversaires. L’affaire met également au jour la transformation de l’antisémitisme français, longtemps interprété à travers des catégories historiques devenues insuffisantes.

Le concert de Barbara Butch au festival Cabaret frappé de Grenoble a été interrompu par une centaine de militants propalestiniens, mobilisés notamment par la section locale de La France insoumise. L’artiste fut conspuée, traitée de « complice de génocide » et contrainte de quitter la scène après des jets de projectiles. La municipalité a également signalé la présence de bouteilles de verre sur la scène et la section d’un câble électrique au milieu du public.

L’événement embarrasse d’autant plus la gauche que Barbara Butch appartient pleinement à son univers culturel. Figure de la scène homosexuelle, devenue célèbre lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, elle ne saurait être rangée parmi les adversaires habituels du progressisme. Son tort fut d’avoir signé une tribune favorable à la proposition de loi Yadan, présentée comme un instrument de lutte contre les nouvelles formes d’antisémitisme. Son repentir ultérieur n’a pas suffi à lui rendre son brevet de respectabilité.

Le tract diffusé contre elle la représentait devant un drapeau mêlant l’arc-en-ciel et l’étoile de David, maculé de sang. Le grief politique dissimulait donc assez mal l’assignation identitaire : Barbara Butch n’était plus seulement une artiste ayant pris position, elle devenait une Juive suspecte de solidarité avec Israël.

Quand la censure change de camp

La réaction de Libération mérite l’attention. Le quotidien décrit le boycott culturel comme un procédé « longtemps considéré comme liberticide et trop proche des formes de censures de l’extrême droite ». La formule trahit une stupéfaction presque candide : la gauche découvre que l’interdiction, l’intimidation et la mise au ban pourraient également frapper les siens.

Le boycott culturel n’a pourtant rien de nouveau. Il n’était simplement pas désigné sous ce nom lorsqu’il s’exerçait contre des auteurs, des intellectuels ou des artistes de droite. Il devenait alors « vigilance démocratique », « refus de banaliser », « mobilisation citoyenne » ou « lutte contre les idées de haine ».

Renaud Camus a progressivement disparu des grandes maisons d’édition et des lieux institutionnels, sans cesser pour autant d’écrire ni d’être lu. Alain de Benoist, dont nul historien des idées sérieux ne peut nier le rôle dans la vie intellectuelle française depuis un demi-siècle, reste pratiquement absent des grands programmes culturels. Jean Raspail fut longtemps traité moins comme un écrivain que comme l’auteur d’un livre maudit. Sylvain Tesson lui-même vit sa nomination au Printemps des poètes contestée par plusieurs centaines de professionnels de la culture, au motif qu’il incarnerait une sensibilité réactionnaire.

Le même mécanisme s’observe lorsque des artistes refusent de se produire dans des communes dirigées par le Rassemblement national. Indochine et Louise Attaque avaient décliné leur participation au festival Les Déferlantes après l’annonce de son installation à Perpignan. Mazarine Pingeot renonça à une rencontre à La Flèche après l’élection d’un maire RN. Gaspard Koenig fit savoir qu’il n’accepterait pas d’invitation émanant d’une municipalité de cette couleur. Ces décisions furent généralement décrites comme des dilemmes moraux, non comme des pratiques d’exclusion.

La question n’est pas de contraindre un artiste à se produire là où il ne le souhaite pas. Elle est de comprendre comment un milieu culturel largement financé par l’argent public a pu confondre pluralisme et monopole idéologique. Lorsqu’une seule famille de pensée contrôle les salles, les subventions, les jurys, les maisons d’édition, les festivals et les instruments de consécration, l’absence d’interdiction administrative ne suffit plus à garantir la liberté.

Tocqueville avait déjà discerné cette forme douce de proscription. Le dissident ne serait pas nécessairement emprisonné : « Vous resterez parmi les hommes, mais vous perdrez vos droits à l’humanité. » La censure démocratique se distingue en effet de la censure autoritaire. Elle ne ferme pas toujours la bouche ; elle retire le microphone.

Julien Benda dénonçait dans La Trahison des clercs la transformation des intellectuels en agents des passions politiques. La situation contemporaine ajoute une singularité à son diagnostic : les clercs ne se contentent plus de servir un parti. Ils distribuent les autorisations d’exister dans l’espace public.

Le retournement du mécanisme victimaire

L’affaire Barbara Butch peut être interprétée à la lumière des travaux de René Girard. Toute communauté idéologique tend à préserver son unité par la désignation d’un coupable. L’adversaire extérieur remplit d’abord cette fonction : l’écrivain conservateur, le catholique traditionaliste, l’intellectuel identitaire ou le nationaliste. Lorsque l’ennemi extérieur ne suffit plus, le mécanisme victimaire se retourne contre un membre du groupe dont la fidélité paraît incomplète.

Barbara Butch est précisément une victime intérieure. Elle partage les codes, les mœurs et les engagements de la gauche culturelle. Une divergence sur Israël suffit pourtant à la transformer en étrangère au sein de son propre camp.

Le boycott révèle ainsi la nature inquisitoriale d’une partie du progressisme contemporain. L’orthodoxie ne demande plus seulement l’adhésion à quelques principes généraux. Elle exige une succession d’actes publics de conformité. Sur le Proche-Orient, l’artiste juif doit apporter la preuve qu’il ne se solidarise ni avec le gouvernement israélien, ni avec l’État d’Israël, ni parfois avec le principe même d’une existence politique juive.

Le Juif acceptable devient celui qui consent à transformer son identité en réquisitoire. Celui qui refuse cette cérémonie d’abjuration est aussitôt réduit au « sioniste », puis du « sioniste » au complice, et du complice au criminel.

Une transformation historique de l’antisémitisme

L’antisémitisme européen possède d’abord une origine chrétienne. Durant des siècles, l’hostilité envers les Juifs s’est nourrie de l’accusation de déicide, de la séparation religieuse et des interdits sociaux. Elle se transforma au XIXe siècle lorsque l’antijudaïsme théologique devint un antisémitisme racial, national ou économique. Le Juif n’était plus seulement accusé de refuser la foi chrétienne ; il devenait, dans la pensée racialisée, incapable d’échapper à son origine.

Après la guerre, les organisations juives furent longtemps dirigées par des hommes ayant connu l’Occupation, les persécutions, la clandestinité et la disparition d’une partie de leurs familles. Leur priorité était concrète : protéger les communautés, maintenir les institutions, défendre les écoles et les synagogues, conserver la mémoire des morts.

À partir de la fin des années 1970, une autre génération prit progressivement les commandes. Elle avait moins été formée par l’expérience directe de la guerre que par l’idéologie de l’après-1968, l’antiracisme institutionnel et les catégories politiques de la gauche. La défense communautaire fut alors progressivement subordonnée à une lutte générale contre l’extrême droite, présentée comme le danger principal, permanent et presque exclusif.

Le Front national des origines était pourtant une coalition hétéroclite de nationalistes, d’anciens poujadistes, de catholiques traditionalistes, d’anticommunistes, de partisans de l’Algérie française et de militants venus de chapelles diverses. La présence de préjugés anciens dans certains de ces milieux ne permet pas de réduire toute l’histoire du parti à un projet principalement antisémite. Cette réduction servit néanmoins de principe organisateur à une large part de l’antiracisme français.

Dans le même temps, les nouvelles élites de la communauté organisée adoptèrent le paradigme immigrationniste de la gauche. Elles crurent voir dans les populations récemment installées en France des alliées naturelles contre le nationalisme, le conservatisme et l’identité européenne.

Cette stratégie négligeait un fait élémentaire : les hommes n’abandonnent pas leur mémoire en franchissant une frontière. Ils transportent leurs croyances, leurs conflits, leurs fidélités et parfois leurs haines.

L’immigration arabo-musulmane, ainsi que certaines immigrations afro-musulmanes, a introduit en France un antisémitisme distinct des traditions européennes anciennes. Il se nourrit du conflit israélo-arabe, de la propagande islamiste et d’un imaginaire dans lequel le Juif, Israël et l’Occident sont fréquemment confondus.

Pierre-André Taguieff a décrit ce phénomène sous le nom de « nouvelle judéophobie ». Celle-ci ne revendique plus nécessairement l’antisémitisme racial. Elle emprunte les vocables de l’antiracisme, de l’anticolonialisme et de l’antisionisme. Elle ne dit pas toujours « les Juifs » ; elle dit « les sionistes ». Elle ne se présente pas comme une haine religieuse ou ethnique, mais comme une indignation politique absolue.

La pesanteur électorale

Une partie de la gauche a progressivement adopté ce langage parce qu’elle cherchait dans les banlieues et les populations immigrées le peuple de remplacement d’un mouvement ouvrier qui lui échappait.

Raymond Aron avait montré, dans l’Opium des intellectuels, comment une idéologie peut conduire les esprits les plus instruits à ne percevoir du réel que ce qui confirme leur système. La gauche française avait décidé que l’antisémitisme appartenait essentiellement à l’extrême droite. Lorsque des violences antijuives surgirent dans des milieux qu’elle considérait comme dominés, elle éprouva les plus grandes difficultés à les nommer.

La démographie et l’élection achevèrent de transformer l’idéologie. Les partis ne façonnent pas seuls leurs électeurs ; les électorats transforment aussi les partis. À mesure que certaines populations devenaient indispensables au maintien de circonscriptions, de municipalités ou de réseaux militants, une partie de la gauche adapta ses discours et ses silences.

L’antisionisme joua le rôle de langage de transition. Il permit à des passions antijuives de pénétrer l’univers progressiste sans abandonner le vocabulaire de l’émancipation. L’antisémitisme ne se présentait plus comme une doctrine de droite, mais comme le prolongement supposé du combat contre le colonialisme.

Jean-François Revel a souvent souligné la faculté de l’idéologie à protéger ses adeptes contre l’expérience. L’affaire Barbara Butch constitue à cet égard une expérience difficile à récuser. Une artiste de gauche, juive, queer et engagée contre l’antisémitisme a été chassée de scène par des militants soutenus par La France insoumise. Le fait ne correspond pas au schéma ancien ; il révèle donc la caducité de ce schéma.

Vers une paix civile de la culture

Le boycott de Barbara Butch ne représente pas une rupture soudaine. Il constitue le retour de flamme d’un système d’exclusion longtemps appliqué dans l’indifférence à ceux qui se situaient à droite.

La leçon ne consiste pas à réclamer une nouvelle censure dirigée contre la gauche. Elle impose au contraire de restaurer la distinction entre la critique d’une œuvre, le refus individuel de la soutenir et l’entreprise organisée visant à empêcher son auteur de paraître.

L’Europe a déjà connu des époques durant lesquelles toute coexistence semblait impossible. La paix de Westphalie mit fin à la guerre de Trente Ans en substituant à l’espoir d’anéantir l’adversaire la reconnaissance de son existence politique. La culture française aurait besoin d’un principe analogue.

La gauche n’a pas à aimer Renaud Camus. La droite n’a pas à applaudir Barbara Butch. Chacun doit seulement admettre que l’adversaire puisse écrire, publier, jouer et disposer d’une salle sans que sa présence soit interprétée comme une capitulation.

Sans cette paix minimale, la vie intellectuelle française continuera de se réduire à un art savant de l’excommunication.

Balbino Katz  Polémia / Breizh-Info

– Avant 2027, quelques considérations sur la situation politique de la France

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#webtube : À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, l’attente d’un changement profond n’a sans doute jamais été aussi forte. Mais au-delà du résultat des urnes demeure une incertitude essentielle : celle de la capacité du prochain pouvoir à rompre réellement avec les politiques passées, à surmonter les résistances et à engager le redressement du pays. Car le véritable changement ne se mesurera pas au soir de l’élection, mais dans les décisions qui suivront. Pour mieux saisir l’importance de cette élection, voici une analyse précieuse réalisée par Michel Leblay, cadre financier, ancien administrateur du Club de l’Horloge et patron d’émission à Radio Courtoisie.

Une élection attendue et redoutée

Après deux guerres mondiales, la France avait perdu sa place de puissance mondiale de premier rang dans une Europe ravagée, partagée bientôt entre une alliance dirigée par les Etats-Unis, d’un côté et la domination soviétique, de l’autre. Dans les trois décennies qui suivirent la fin des hostilités, le pays a connu un remarquable redressement économique et, dans les années soixante, il occupa une position internationale reconnue. Depuis un demi-siècle, maintenant, le pays est confronté à un inexorable déclin allant jusqu’à la propagation dans la société d’une violence endémique. D’élection en élection, les réponses politiques n’ont conduit qu’à la déception.
Attendue ou redoutée, l’élection présidentielle de 2027 est-elle susceptible de mener à une inversion du mouvement ?  Cela ne saurait être le cas si les réponses s’avèrent idéologiques, il en est ainsi du « progressisme » ou si le but, non avoué est d’abord la conservation du pouvoir par ceux qui le détiennent. En revanche, si les maux dont souffre le pays sont appréhendés dans leur réalité et dans leurs causes et que les réponses sont à la hauteur de l’enjeu, alors tout est possible.
Ainsi, il est proposé de présenter quelques constats sur la situation politique de la France à quelques mois de cette élection présidentielle et sur les mutations subies ces dernières décennies.

La candidature de Marine Le Pen

Dans ce long parcours qui mène à l’élection présidentielle de 2027 où, plus que jamais, les annonces de candidature s’empilent au fil des semaines avant que la sélection ne vienne avec le temps, l’univers politique et médiatique était dans l’attente de la date du 7 juillet. La Justice par un arrêt de la Cour d’appel de Paris devait décider du sort éléctoral de Marine le Pen. Après le jugement intervenu en première instance et sa sévérité puis les réquisitions du Parquet général en appel, il semblait à la plupart que, même avec quelques assouplissements, l’arrêt ne permettrait pas une éligibilité en 2027. Peut-être la mise en cause de la Justice ces dernières semaines a-t-il pesé mais aussi, juridiquement, la décision du Conseil constitutionnel du 28 mars 2025 dans son point 17[1]. Le Conseil y met en avant « la préservation de la liberté de l’électeur », en référence à la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Répondant peut-être à cette considération du juge suprême, la Cour d’appel, par un sursis partiel, a relevé Marine Le Pen de son inégibilité. En revanche, elle a été condamnée à trois ans de prison dont un an ferme, aménageable sous bracelet électronique. Dans les heures qui suivirent, la cause a paru entendue. Marine Le Pen serait candidate à l’élection présidentielle, les modalités d’application du port du bracelet électronique lui permettraient de mener une campagne dans des conditions acceptables. Certes, la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement National avait annoncé qu’elle renoncerait à sa candidature si le port du bracelet lui était imposé. Mais, l’habitude aidant et les promesses et les annonces des personnalités politiques n’étant généralement que l’engagement d’un moment, la position initiale serait oubliée. Tel ne fut pas le cas. Si, au soir du jugement, Marine Le Pen a annoncé sa candidature, elle a suivi cette annonce du dépôt d’un pourvoi en cassation, suspendant le jugement de la Cour d’appel. Elle ne s’est pas reniée. Le processus n’est pas sans risque en cas de rejet du pourvoi. Mais, le propre d’une femme ou d’un homme d’Etat n’est-il pas de se refuser à subir l’évènement et à assumer le risque politique. La campagne aurait été inévitablement entâchée par la flétrissure de la condamnation et le symbole du port du bracelet.

Si d’autres évènements interviendront qui marqueront la campagne présidentielle et éventuellement l’infléchiront, ces péripéties judiciaires et leur usage par les opposants à Marine Le Pen (c’est le jeu politique) risquent d’altérer grandement le débat de fond sur l’état de la France et son devenir. C’est l’enjeu par rapport à une situation des plus préoccupantes.

Dans le moment présent, depuis les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet 2024, il n’existe aucune majorité possible à l’Assemblée nationale[2]. La France est, d’autant plus dans l’attente de l’élection présidentielle du printemps 2027 qui devrait être suivie d’élections législatives.

L’élection présidentielle de 1965 à 2022

Depuis la première élection du président de la République au suffrage universel de la Vème République, des 5 et 19 décembre 1965 (dans l’histoire de la République, il s’agissait de la seconde élection de ce type après Louis Napoléon Bonaparte en décembre 1848 à une époque où seuls les hommes disposaient du droit de vote), cette élection est l’élément majeur de la vie politique française. Du fait d’un scrutin à deux tours où seuls les deux candidats classés en tête au premier tour accèdent au second, deux grands ensembles allaient structurer la vie politique française (droite-gauche)[3], ceux-ci étant marqués par des divergences internes, parfois fortes, entre les organisations partisanes qui les composaient. Une première exception intervint dans ce duopole politique lorsque Jean-Marine Le Pen lors de l’élection de 2002 parvint au second tour dans un tableau où, à l’issue du premier tour, aucun des candidats n’avait atteint 20% des suffrages exprimés et où les écarts de voix furent particulièrement faibles (Jean-Marie Le Pen ne devança Lionel Jospin, candidat du Parti socialiste que de 0,68% des suffrages exprimés). En 2017, l’électorat mit une fin, peut-être définitive, à la configuration jusque là observée. Emmanuel Macron, en rupture de ban vis-à-vis d’un gouvernement socialiste auquel il avait participé, sans affiliation partisane mais disposant d’un réseau, créant son propre mouvement, l’emporta face à la présidente de ce qui était alors le Front National, renommé Rassemblement National en 2018. Au second tour, elle réunit 33,90 % des suffrages exprimés (son père n’avait obtenu que 17,79% des suffrages au second tour de l’élection de 2002). Emmanuel Macron fut réélu en 2022, sa concurrente Marine Le Pen réunissant au second tour 41,45% des suffrages soit une progression substantielle par rapport à 2017. Au premier tour, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, n’avait obtenu que 1,75% des voix et celle des Républicains, Valérie Pécresse 4,78%.

D’un scrutin à l’autre, de déception en déception

L’affaissement ainsi constaté de ces deux formations partisanes qui se partagèrent le pouvoir jusqu’à l’élection présidentielle de 2017 (le Parti socialiste dominant la gauche, à droite, les héritiers du gaullisme et le centre droit qui leur était associé fusionnèrent en 2002 sous le sigle UMP, devenu Les Républicains) n’est pas intervenu brutalement. Chaque élection générale depuis 1981, qu’il s’agisse de la présidentielle ou des législatives a été marquée par une alternance (Nicolas Sarkozy élu président de la République en 2007 ne s’est pas présenté dans la continuité de son prédécesseur Jacques Chirac). Les électeurs ne cherchaient pas l’alternance pour elle-même mais ils exprimaient leur insatisfaction par rapport aux politiques précédemment menées. A l’origine, outre l’inéluctable alternance (la même majorité gouvernait depuis le début de la Vème République) ce furent les conséquences de la fin des Trente glorieuses avec l’irruption d’un chômage de masse, la fermeture d’entreprises industrielles, une montée de la précarité qui pesèrent dans la victoire électorale de la gauche au printemps 1981, élection présidentielle et élections législatives. D’autant que les 110 propositions dans leur seconde partie économique, dérivée du programme commun de 1972, démagogiques, laissaient à penser que l’injonction politique permettrait de retrouver la voie de la croissance et du plein emploi. Deux ans plus tard, ce fut « le tournant de la rigueur », la gauche avait échoué dans son projet par l’incompréhension d’un environnement économique irréductible aux situations passées. Malgré quelques rebonds éphémères, la croissance moyenne en volume du PIB n’a cessé de baisser, se situant dans la décennie en cours (2020) au-dessous du niveau moyen observé au XIXème siècle (1,7% entre 1830 et 1913, calcul fondé sur les séries reconstituées par Angus Maddison)[4].

Une société française bouleversée dans ses profondeurs

Mais, au-delà du seul domaine de l’économie, la société française, depuis les années soixante-dix, a été marquée par des bouleversements qui ont affecté sa structure la plus profonde, à l’image des autres sociétés occidentales : abaissement continu du système éducatif, immigration de masse touchant à l’identité culturelle, affaissement de l’autorité à tous les niveaux de l’Etat à la famille, montée exponentielle de la violence et de la criminalité. Pour expliquer ce phénomène, au moins pour partie, il semble nécessaire de se référer à la décennie précédente, celle des années soixante. Elles représentèrent l’apogée des Trente glorieuses alors que florissait la génération du baby-boom. Un enrichissement matériel sans précédent, des progrès considérables de la médecine, un champ d’affrontement entre les protagonistes de la guerre froide hors de l’espace occidental et de sa population, tout cela éloignait, pour le plus grand nombre, de la précarité subie aux époques précédentes. Dans cet environnement propice, voire libéré, les « sixties » furent peut-être l’un des moments, au regard des périodes passées où la génération montante eut le plus d’influence par son nombre, déjà et par les modes propagés. Elément majeur, une proportion importante, relativement aux générations passées accéda à l’enseignement supérieur (en France, 15% d’une classe d’âge était titulaire du baccalauréat en 1967 contre 5% en 1950). Ces étudiants, nombreux, devinrent une force de contestation de l’ordre social, en témoigne le Mai 1968 français (les premiers mouvements étudiants avaient débuté à l’université de Berkley en octobre 1964). Herbert Marcuse, pourfondeur de la « société de consommation » fut, à la fin des années 1960, l’une des références intellectuelles des mouvements étudiants. Issu de l’Ecole de Francfort, il se distingua par une forme de synthèse entre le marxisme et le freudisme[5]. Mais, tout compte fait, avec le recul, était-ce moins une tentative de rapprochement entre deux grands mouvements de pensée qu’une expression d’un passage de la société de classes à celle de l’individu[6]. En effet, depuis ce temps, il s’est développé un individualisme aux limites sans cesse repoussées ouvrant la voie à une décomposition sociale. Dans celle-ci, élément majeur de déstabilisation, s’est engouffrée une immigration venue d’autres aires de civilisation, transformant par son nombre la démographie du pays et qui, par le jeu de cette primauté des droits de l’individu sur le destin collectif l’amène, tout au moins pour une partie, à vouloir vivre selon la culture et les mœurs qui lui sont propres, loin de celles du pays d’accueil.

Ainsi, quels bouleversements entre la société des années cinquante, à bien des égards encore traditionnelle et celle présente de la décennie en cours ![7] Les équilibres politiques en ont été profondément modifiés, propulsant des formations partisanes, marginales à l’origine.

Alors, fort téméraire aurait été l’augure politique qui, dans les années 1970, aurait présagé l’ascension du Front National, devenu Rassemblement National en 2018. Créé en 1972, il n’avait réuni que 0,75% des suffrages exprimés à l’élection présidentielle de 1974 comme aux élections législatives de 1978. A l’extrême gauche, La France insoumise, fondée en 2021 par son chef charismatique, Jean-Luc Mélenchon, forge sa puissance électorale sur une population issue de l’immigration musulmane.

Les élections municipales du printemps 2026

A moins d’un an de la douzième élection présidentielle de la Vème République, au-delà des sondages, les élections municipales de 2026 offrent un état des forces politiques. Celui-ci doit cependant être nuancé dans ses enseignements, au moins par la nature d’un scrutin local et aussi par la réforme affectant les communes de moins de 1 000 habitants : introduction de listes paritaires et fin du panachage possible.

En premier lieu, il faut observer que ce scrutin n’a pas échappé à la croissance de l’abstention observé lors des scrutins nationaux (présidentiels, législatifs, européens). En se référant au scrutin de 2014, le taux de participation enregistré au premier tour était de 63,55 %. Il a été pour ce même premier tour de 57,10 % en 2026.

Dans un tableau allant de la gauche vers la droite, il apparait :

La France Insoumise

La concernant, l’électorat visé par Jean-Luc Mélenchon a répondu, au moins en partie[8], à ses attentes, avec la montée d’un vote communautaire dans des communes à forte proportion de populations issues de l’immigration extra-européenne.

Dans cette ligne apparaissent des personnalités issues de l’immigration comme le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui revendique cette origine en se plaçant en opposition avec la société d’accueil pour ce qu’elle représente en termes d’histoire et de traditions.

Cependant, la radicalité des positions du parti a conduit à des échecs significatifs comme à Toulouse.

Les écologistes

Ils ont perdu six villes conquises en 2020 : Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Poitiers, Annecy et Colombes.

S’ls conservent Grenoble, Tours et Lyon, pour cette dernière, ils perdent la présidence de la métropole ce qui limite les pouvoirs du maire.

Le parti socialiste

À la veille du second tour de scrutin, le premier secrétaire du Parti socialiste a exprimé une position apparemment ambiguë : pas d’accord national mais possibilité d’accords locaux.

Selon un article du Monde (24 mars 2026) « Municipales 2026 : les alliances avec LFI ont-elles vraiment fait perdre la gauche ? », s’agissant de 36 communes ou arrondissements de grandes villes où les listes de gauche ont fusionné avec LFI, la victoire a été obtenu dans 14 cas.

Si le candidat du Parti socialiste a gagné à Paris, sans alliance avec LFI, le parti, a conclu dans beaucoup de cas des alliances avec LFI sous l’expression de « fusion technique ».

« La majorité présidentielle »

L’implantation locale des formations « macronistes » demeure très faible, une seule victoire notable a été enregistrée à Bordeaux où Thomas Cazenave l’a emportée contre Pierre Hurmic, maire écologiste sortant (50,95% contre 49,05%).

Les Républicains

Bénéficiant d’une forte implantation locale, les Républicains ont globalement maintenu leurs positions. S’agissant des communes de plus de 30 000 habitants, ils en dirigeaient 78 à la veille du scrutin. Compte-tenu des pertes et des gains, ils administrent dorénavant 74 de ces villes de plus de 30 000 habitants à l’issue du scrutin[9].

Le Rassemblement National

Dirigeant trois villes de plus de 30 000 habitants après les élections municipales de 2020, il est maintenant à la tête de 8 de ces municipalités. En termes de voix, il ne réunit dans ces territoires que 11% des suffrages exprimés. Au regard, des intentions de vote que reflètent les sondages pour l’élection présidentielle de 2027 (environ un tiers des suffrages), ce résultat est un élément qui pourrait traduire cette opposition entre « la France des métropoles » et « la France périphérique ».

Néanmoins, il faut souligner, entre autres, le résultat de Franck Allisio à Marseille qui, bien que battu, a évincé la candidate des Républicains.

L’un des enseignements de ces élections municipales, relevé par plusieurs observateurs, est une certaine porosité entre l’électorat des Républicains et celui du Rassemblement National. Si Marseille en est un exemple dans un sens, dans un autre sens, à Clermont Ferrand, comme le souligne un article du Monde (Olivier Bianchi, ex-maire de Clermont-Ferrand : « Les électeurs de droite sont mûrs pour participer à l’élection d’un candidat d’extrême droite » – 26 mai 2026), le candidat de droite a gagné alors que celui du Rassemblement National qui s’était maintenu au second tour a perdu les trois-quarts de ses voix entre les deux tours (11,29% des suffrages exprimés au premier tour ; 3,64% au second tour).

2027 : Marine Le Pen et ses opposants

Si les sondages successifs pour l’élection présidentielle de 2027 ont montré jusqu’à maintenant qu’à l’issue du premier tour de scrutin le Rassemblement National disposerait d’une large avance sur ses concurrents, une interrogation demeurait sur son candidat. Celle-ci a été levée le 7 juillet, Marine Le Pen sollicitera donc le suffrage des Français. La Cour de cassation, par un communiqué a annoncé qu’elle pourrait se prononcer sur le pourvoi formé par la candidate, au plus tard début avril 2027. En dehors des différentes hypothèses sur les effets strictement judiciaires de la décision de la Cour de cassation en cas de rejet du pourvoi formé par la candidate, donnant un caractère définitif à l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, quelles en seraient les conséquences politiques si elle devait être entravée dans les dernières semaines de la campagne alors que donnée par les sondages comme favorite de l’élection ? De plus, nul ne peut prévoir les évènements qui pourraient jalonner la campagne touchant à la délinquance, la criminalité, l’ordre public avec leurs incidences et, éventuellement, sur l’image de la Justice.

S’agissant des autres candidats, à ce jour, les postulants à la fonction présidentielle ne manquent pas. Peu, bien sûr, pourront réellement peser. A gauche, Jean-Luc Mélenchon qui pourrait bénéficier d’un vote « utile » verra-t-il son espace électoral potentiel affecté par un candidat social-démocrate ayant un crédit suffisant ? Si Raphaël Glucksmann à gauche n’a guère de chances de concurrencer le responsable de LFI, il pourrait en être différemment d’une candidature de François Hollande. Malgré l’échec de sa présidence, celui-ci parait avoir peu de compétiteurs crédibles au sein de la gauche socialiste. Et l’envie de la revanche doit être bien présente, son retour à l’Assemblée nationale en témoigne. Au sein du « bloc central » dont les contours sont mal définis et qui dépendent d’abord du profil des candidats, Edouard Philippe dispose à ce jour d’un avantage sur son concurrent direct Gabriel Attal ce qui amènera probablement ce dernier à se retirer. A droite, la candidature de Bruno Retailleau constitue pour le président d’Horizons un handicap. Si les écarts pour l’obtention de la seconde place à l’issue du premier tour devaient être faibles sinon très faibles, les voix d’un électorat d’une droite modérée qui se seraient portées sur le sénateur de Vendée pourraient manquer au maire du Havre.

Etre élu, certes, mais pour quelle politique ?

L’Etat de la France, tel qu’il a été précédemment présenté, très dégradé dans tous ses aspects, exige pour un redressement une politique d’ensemble à une échelle certainement jamais menée depuis la Libération. Compte-tenu de l’altération générale, cette politique ne saurait être efficace si elle n’englobait pas en une même vue les grands domaines et leurs relations réciproques où s’exerce l’action publique. Ces grands domaines peuvent être présentés comme il suit : l’ordre social (sécurité, justice, politique migratoire, règles de vie sociale, libertés collectives et individuelles… ) ; l’économie et le social (politique économique, fiscalité, budget, interventions publiques, industrie, agriculture, infrastructures, démographie, retraites… ) ; l’éducation et la formation (ensemble du système éducatif et de la formation professionnelle…) ; la santé (infrastructures hospitalières, agencement territorial du système de santé, formation du personnel médical, prise en charge des soins…) ; la  culture (protection du patrimoine, aides à la création…) ; l’action extérieure : les axes de la politique étrangère et la diplomatie qui les appuie –  la défense et les moyens de sa mise en œuvre, notamment industriels.

À ce jour, les annonces et les propositions paraissent encore loin d’être à la hauteur de l’enjeu. Bien sûr, il faut mettre à part La France insoumise dont le projet s’inscrit dans une logique révolutionnaire. Ce n’est plus la société sans classes mais la nouvelle France « créolisée ». Dans cet ordre, le suffrage démocratique par les urnes n’est qu’une voie et, à entendre certains propos, aucune légitimité ne serait accordée à l’élection d’un candidat de la droite nationale.

À droite, concernant notamment l’immigration et les modifications de l’Etat de droit (il doit avoir pour fin d’assurer l’ordre social), le Rassemblement National comme Bruno Retailleau proposent des référendums. La procédure qui serait suivie n’est jamais explicite. Or, toute réforme de la Constitution selon l’article 89 de celle-ci suppose en premier lieu l’adoption d’un projet de loi dans les mêmes termes par les deux assemblées avant qu’il puisse être soumis à référendum. Il n’y a aucune assurance qu’une majorité puisse être obtenue dans chacune des assemblées. En 1962, le Général de Gaulle, pour l’élection du président de la République au suffrage universel, qui modifiait la Constitution, s’était affranchi de l’article 89, recourant à l’article 11. L’époque était différente, le Conseil constitutionnel limitait son rôle et c’était De Gaulle. Il faut donc constater un flou dans ces projets référendaires qui toucheraient à la Constitution.

Si le rétablissement de l’ordre au sens le plus large relève d’une détermination sans faille associée à la plus grande habileté dans le processus suivi, tout autre est la nature de l’action à mener dans le domaine de l’économie. Il ne suffit pas d’adopter des mesures techniques qui ont certes un grand intérêt comme des allègements de charges ou autres, mais déjà de fixer un principe : il ne saurait y avoir de progrès, d’amélioration des conditions de vie collective et individuelle, particulièrement pour les plus modestes sans la création de richesses nouvelles, c’est-à-dire sans croissance du produit intérieur. L’affirmation d’un tel principe peut paraitre banale mais nos sociétés sont confrontées à des idéologies qui remettent en cause non seulement le capitalisme mais la société industrielle. Ainsi, au sein d’une écologie militante, par exemple,  la théorie de l’économiste britannique Tim Jackson qui prône la prospérité sans croissance[10] a ses adeptes bien que le concept soit, pour le moins, flou. Mais les réalités sont présentes, Nicolas Baverez le rappelle régulièrement dans ses articles, la France ne produit que 36% des biens manufacturés qu’elle consomme. Déficits commerciaux, déficits budgétaires, dette publique ne sont que les résultats d’un pays qui consomme plus qu’il ne produit et qui n’a plus les moyens d’une redistribution sociale au niveau où elle se situe.

Si les propositions sur le temps de travail, sur l’âge de la retraite et aussi, le plus souvent oubliées, sur les conditions qui favoriseraient le relèvement du taux de fécondité sont nécessaires, comme d’autres, au regard de la situation du pays, elles ne suffisent pas à la vision dont doit disposer un futur président de la République. Les termes de « réindustrialisation », ou de « relocalisation » laisseraient à penser à un retour à une situation passée alors que les évolutions techniques transforment en profondeur les modes de production et les relations au travail. Il s’agit dans les différents domaines, suivant leurs particularités respectives, d’allouer les moyens réglementaires, fiscaux, financiers, techniques[11]… qui permettent, dans une économie ouverte, d’adapter les systèmes de production, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’industrie manufacturière ou des différents types de services à une automatisation au niveau requis, à l’aide à la décision ou à tout autre recours à une fonction numérique. Les conséquences en sont fortes en termes de formation, d’emplois tant qualitatifs que quantitatifs (disparition d’emplois). Ce qui interpelle, entre autres, sur la politique migratoire et la réalité des besoins. Tout cela ne veut pas dire qu’à ce jour la France ne dispose pas d’atouts. Au contraire, certaines réussites entrepreneuriales démontrent l’existence de capacités au plus haut niveau. Compte tenu des moyens à engager, il ne faut exclure aucune coopération européenne, voire au-delà, toujours dans un intérêt bien compris.

***

*Jamais depuis la première élection présidentielle de la Vème République en 1965, l’attente comme l’incertitude n’auront été aussi élevées.

L’attente parce qu’une majorité substantielle de Français considèrent que dans tous les domaines ou presque la pays va de mal en pis. S’ajoute depuis 2024, l’absence de majorité parlementaire qui place le gouvernement dans une logique de seule survie politique.

L’incertitude qui ne tient pas seulement au futur élu, inhérent à toute élection, mais, à travers lui ou elle, à la voie qui sera choisie. Elle peut être celle d’un candidat issu des formations ayant dirigé le pays ce dernier demi-siècle (Emmanuel Macron n’en fut qu’un nouveau visage). Il ne parait pas hasardeux de supposer, dans ce cas, que la classe politique, intellectuelle, médiatique dominante croirait alors, bien à tort, que le risque du péril est passé. Sous le couvert de quelques ajustements de forme les mêmes politiques seraient poursuivies à condition, certes, de disposer d’une nouvelle majorité parlementaire, rien n’étant moins sûr. La « Nouvelle France » parait à ce jour disposer d’un socle fortement insuffisant et précipiterait le pays dans l’inconnu. Enfin, il y a la promesse d’une rupture, telle que la propose la droite nationale, dans un cheminement démocratique, respectueux des institutions. Encore, pour celle-ci, faut-il être animé de la plus grande détermination et de toute la lucidité nécessaire pour la mener. « Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités » déclarait le Général De Gaulle dans un discours, le 14 juin 1960. Les résistances en tous les domaines ne manqueront pas et l’économie, dans le monde présent, est d’une particulière difficulté. La réussite passe par la froide mesure de l’obstacle. L’incertitude ne sera pas levé au soir de l’élection mais dans sa suite.

Michel Leblay
19/07/2027

[1] Il s’est agi d’une décision n° 2025-1129 relative à une QPC concernant la « Démission d’office d’un conseiller municipal ayant été condamné à une peine complémentaire d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire ». Dans son point 17 le Conseil précise :  Sauf à méconnaître le droit d’éligibilité garanti par l’article 6 de la Déclaration de 1789, il revient alors au juge, dans sa décision, d’apprécier le caractère proportionné de l’atteinte que cette mesure est susceptible de porter à l’exercice d’un mandat en cours et à la préservation de la liberté de l’électeur.

[2] Les deux premiers gouvernements de la législature ont été successivement renversés. Le 4 décembre 2024 après moins de trois  mois d’exercice, le gouvernement dirigé par Michel Barnier était censuré par l’Assemblée. Il s’agissait de la seconde motion de censure votée sous la Vè République, la précédente datant du 4 octobre 1962. Mais, à l’époque, ce n’était pas la politique conduite par Georges Pompidou, premier ministre, et son gouvernement qui était en cause mais le rejet par la majorité des parlementaires de la décision par le président de la République de proposer par référendum une réforme constitutionnelle instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel. Le 8 septembre 2025, pour la première fois sous la Vè République, l’Assemblée nationale a refusé la confiance au premier ministre, François Bayrou, successeur de Michel Barnier, après que celui-ci est engagé la responsabilité de son gouvernement à la suite d’une déclaration de politique générale. Il s’agit du premier rejet de la confiance à l’encontre d’un chef de gouvernement depuis le vote contre Félix Gaillard au soir du 15 avril 1958. Ce rejet allait conduire à la crise de mai 1958 qui emporta la IVè République, marquée depuis son origine par une instabilité gouvernementale.

[3] En 1969, l’élection présidentielle qui a suivi la démission du Général De Gaulle marque l’effondrement de la vieille SFIO, son candidat Gaston Deferre ne réunissant que 5% des suffrages exprimés. Alain Poher, président du Sénat, incarnation d’un centrisme, paraissait comme le seul candidat d’opposition susceptible de l’emporter et il fut présent au second tour. Pour sa part, le candidat du Parti communiste, Jacques Duclos, atteignit 21,27% des suffrages exprimés. Ce fut le chant du cygne du Parti, avant l’inexorable déclin entamé dans la décennie suivante, en parallèle à la recomposition de la gauche socialiste.

[4] Voir article Polémia Un redressement de l’économie française est-il possible ? André-Victor Robert, Michel Leblay, 4 mars 2026.

[5] En ce domaine, il faut souligner aussi la place d’Erich Fromm, lui aussi de l’Ecole de Francfort.

[6] Dans un article publié dans Le Monde du 3 juillet 2026, Sandrine Cassini écrivait : La « conscience de classe » s’est peu à peu diluée, y compris à gauche. « On se définit désormais par son mode de vie, son genre, ses origines, sa religion, moins par son appartenance sociologique », comme le souligne le politologue Jean-Yves Dormagen, fondateur de l’institut Cluster 17.

[7] S’agissant du dernier demi-siècle, 1975-2025, suivant la fin des Trente glorieuses, il faut souligner la remarquable étude publiée par l’Institut Thomas More en juin 2026 : 1975-2025 : les 50 décisions qui ont coulé la France. La revue de ces décisions est précédée d’une analyse particulièrement éclairante.

[8] S’il est incontestable que dans les suffrages exprimés, les électeurs d’origine extra-européenne votent massivement en faveur de La France insoumise, en revanche il faut observer, par exemple, que dans la ville de Saint-Denis à forte proportion de personnes issues de l’immigration, la liste de Monsieur Bally Bakayoko, élue au premier tour n’a recueilli que 13 506 voix sur 63 901 électeurs inscrits. Les suffrages exprimés n’ont représenté que 41,63% des inscrits.

[9] Voir Les quatre leçons des municipales Florent Gougou télos, 3 avril 2026.

[10] Il est l’auteur en 2009 d’un livre intitulé : Prospérité sans croissance : La Transition vers une économie durable.

[11] Dans ce domaine, il s’agirait, entre autres, de réactiver le développement d’un parc de centrales nucléaires et de mettre un terme, dans des conditions à définir à l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) institué en 2011.

Polémia

– Bologne : l’extrême-gauche sème le chaos après la mort d’un marocain par la police

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#webtube : La police anti-émeute a été déployée à Bologne après que les manifestations organisées à la suite du décès du ressortissant marocain Abderrahim Fakir ont dégénéré en violences.

Les émeutiers incendient les voitures des citoyens et pillent #Bologna au nom du trafiquant de drogue marocain Fakir. Nuit de dévastation : voitures en flammes et barricades dans les rues, les terrasses des établissements saccagées 

Voici la place qui porte le nom de @matteolepore à #Bologne, qui a été le théâtre des événements survenus à #Pilastro

Ces scènes ont lieu quatre ans après l’avènement de Meloni… Cela n’a pas vraiment changé en Italie, comme on peut le voir ici.

Les élections de nos jours sont comme le football : Beaucoup de cinéma sur le terrain pour finalement un résultat truqué connu d’avance… A suivre

D’après D.P.

– La dette explose en 2027 : le Système cherche un pompier pyromane – Charles Sannat – Politique & Eco

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#webtube : La dette publique française dépasse désormais les 3 600 milliards d’euros. Alors que les taux d’intérêt restent sous pression, que la croissance ralentit, que les guerres menacent l’économie mondiale et que les crises se multiplient, la France est-elle encore capable d’y faire face ? Pour Charles Sannat, ces difficultés révèlent aussi une crise plus profonde : celle d’un pays qui ne serait plus préparé à affronter le retour du réel.

Dans cet entretien, Charles Sannat (https://legrenierdeleco.com/), entrepreneur, analyste économique et animateur de la chaîne YouTube Le Grenier de l’éco (   / @insolentiaetv  ) , analyse les risques qui pèsent sur l’économie française.

  • Incendies, crises sanitaires, tensions internationales : la France est-elle encore capable d’anticiper les crises ou n’est-elle plus gouvernée ?
  • Guerres en Ukraine et au Moyen-Orient : faut-il craindre un nouveau choc énergétique et une accélération de l’inflation ?
  • La dette française peut-elle encore être maîtrisée alors que le risque obligataire revient au premier plan ?
  • Récession, pouvoir d’achat, énergie : quelles conséquences concrètes pour les Français dans les prochains mois ?
  • Christine Lagarde pourrait-elle devenir le recours du système pour 2027 face à une crise économique majeure ?

Un entretien sans concession sur la dette, les guerres, la BCE, le déclin de la capacité de décision politique française et le scénario qui pourrait accompagner la prochaine crise. A la suite de « Politique & Eco », retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : « France : le double mur de l’emploi et de la dette ». Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade : « Votre épargne face au spectre d’une nouvelle guerre mondiale » :

Source : Chaîne officielle TVL

– Pierre Jovanovic contredit Paris et prouve que le FMI prépare notre chute

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#webtube : Une enquête vidéo exclusive de GPTV révèle un spectacle saisissant dans nos grandes villes. Des temples de la consommation, comme le centre Ivry Grand Ciel ou Montparnasse, sont désormais totalement vides en pleine journée. Les escalators sont barricadés et les vitrines closes se multiplient. Cette désertification commerciale témoigne d’un effondrement économique bien réel et déjà en marche.

Ce désastre n’est pas un accident. Tout indique que la France subit la troisième lame d’une guillotine financière. Après la crise de 2008 et les confinements du Covid, l’explosion des tarifs de l’électricité achève les commerces de proximité. Les petits restaurants ferment en masse, laissant la place aux géants de la malbouffe mondialisée.

Les observateurs notent que la France suit désormais le chemin tragique de la Grèce de 2009. Le FMI tourne autour de notre pays comme un requin. Pendant que l’État distribue des milliards à l’étranger, plus d’un tiers des ménages français ne parviennent plus à payer leurs factures d’énergie. La dépossession nationale s’accélère dans l’indifférence médiatique.

Face à cette faillite imminente, la passivité de la population peut-elle durer éternellement ? Sommes-nous à la veille d’une colère historique ou d’une mise sous tutelle définitive par les créanciers internationaux ? Les citoyens avertis doivent impérativement comprendre les mécanismes de ce sabotage pour protéger leurs économies avant qu’il ne soit définitivement trop tard.

Pierre Jovanovic et Mike Borowski vont discuter de la faillite économique française et des moyens de protéger son épargne sur GPTV.

Source : GPTV L’ESSENTIEL et 2 autre(s)

– Sur les cales où naquit le Titanic : immersion dans le musée le plus impressionnant d’Irlande du Nord

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#webtube : Quatre proues d’acier de vingt-sept mètres, recouvertes de trois mille panneaux d’argent, surgissent au-dessus du quartier portuaire. Le bâtiment du Titanic Belfast ne fait pas dans la discrétion — et il est planté exactement là où il devait l’être : sur l’ancien chantier Harland & Wolff, à l’endroit précis où fut construit le paquebot le plus célèbre de l’histoire. Inauguré le 31 mars 2012 pour le centenaire du naufrage, l’ensemble a bénéficié récemment d’une refonte de 4,5 millions de livres. Le résultat justifie amplement une deuxième visite pour ceux qui connaissaient déjà les lieux.

Prévoyez large : deux heures pour la seule exposition principale, une quarantaine de minutes supplémentaires pour le SS Nomadic et les cales de lancement. Avec les pauses et le temps qu’on passe forcément à relire un panneau ou à refaire un parcours, la demi-journée est vite atteinte.

Une exposition en dix galeries

L’espace intérieur atteint 11 000 mètres carrés — environ deux fois la superficie de la Maison-Blanche. On parle souvent de « musée », mais le terme est réducteur : il s’agit d’une expérience immersive, où l’information est délivrée par des projections monumentales, du son enveloppant, des hologrammes, des maquettes et quelques rares artefacts d’origine, d’autant plus troublants qu’ils sont peu nombreux.

Boomtown Belfast ouvre la marche en plantant le décor : la ville au début du XXe siècle, son industrie, sa politique, sa société. On y apprend notamment que Belfast était alors nettement plus peuplée que Dublin, construisant des navires pour l’Empire britannique et exportant le lin d’Ulster dans le monde entier.

The Ship Yard aborde la construction et les conditions de travail chez Harland & Wolff. C’est ici que se trouve la grande surprise du parcours : une nacelle suspendue emmène le visiteur à travers une reconstitution de la coque en construction. Files d’attente possibles, mais elles avancent vite, et des panneaux permettent de patienter utilement.

The Launch raconte le 31 mai 1911, jour où cent mille spectateurs virent le plus grand navire du monde glisser vers l’eau à une vitesse estimée à 22 km/h. Une salle ouvre sur les cales elles-mêmes, avec une maquette situant le bâtiment actuel par rapport aux portiques d’origine.

The Fit Out réserve une révélation à beaucoup de visiteurs : le navire n’a été aménagé qu’après son lancement. Répliques de cabines de première, deuxième et troisième classe, passagers holographiques, et surtout une visite virtuelle du navire en projection panoramique — quatre minutes de la quille jusqu’aux cheminées, qui valent largement d’être refaites une seconde fois si l’affluence le permet.

The Maiden Voyage, plus brève, retrace en photographies le calme avant la tempête : le départ de Belfast, les escales de Southampton, Cherbourg et Queenstown, l’actuelle Cobh.

La descente

The Sinking change complètement d’atmosphère. Lumières aquatiques, obscurité, morse en SOS, témoignages de survivants, d’équipages, de navires venus au secours. On peut y lire les messages d’avertissement sur la glace, ceux auxquels personne ne prêta attention. Au bout de la galerie, un rouleau de deux étages égrène les noms : sauvés d’un côté, disparus de l’autre. Un gilet de sauvetage original y est exposé — pièce dont on ne peut s’empêcher de se demander si elle a sauvé quelqu’un dans cette eau glacée.

La suite aborde le sauvetage, la récupération et l’inhumation des victimes, les trajectoires individuelles — millionnaires comme membres d’équipage belfastois —, puis les rumeurs qui firent le tour du monde et les témoignages de l’enquête. C’est la partie la plus dure du parcours.

Never Again, première des galeries repensées, remonte la pente en présentant les réglementations maritimes nées de la catastrophe. Un dispositif de panneaux en dominos rappelle utilement qu’aucun facteur unique n’explique l’ampleur du bilan.

Ballard’s Quest revient sur la découverte de l’épave en 1985, événement dont beaucoup de visiteurs plus âgés se souviennent encore.

The Ship of Dreams est le sommet émotionnel du parcours. Musique ample, voix off, visuels du sol au plafond, immense maquette rotative suspendue, plancher de verre donnant sur l’épave. Les vitrines abritent des objets remontés du navire, dont le violon de Wallace Hartley — le chef d’orchestre dont la formation, selon la légende tenace, continua de jouer, et notamment l’hymne Nearer, My God, to Thee.

The Lasting Legacy referme l’exposition sur un registre plus léger : l’obsession de la culture populaire pour le Titanic, film de James Cameron en tête. Une proue reconstituée permet même de se photographier à la manière de Jack et Rose.

Les cales et le SS Nomadic

L’exposition ne s’arrête pas aux portes du bâtiment. Les cales de lancement, qui descendent vers la Lagan, sont librement accessibles : le contour du Titanic y est tracé au sol, tout comme l’emplacement des canots de sauvetage. Un panneau commémoratif y liste les victimes par classe — présentation qui, en soi, en dit long.

À quelques pas, en cale sèche, le SS Nomadic. Ce navire-navette avait été construit pour transporter les passagers jusqu’au Titanic dans la rade de Cherbourg, trop peu profonde pour accueillir le paquebot. Les aménagements intérieurs sont plus sobres que dans l’exposition principale, mais la déambulation dans ce bâtiment classique vaut le détour, ne serait-ce que pour mesurer l’écart avec le mastodonte qu’il desservait.

Informations pratiques

Adresse : 1 Olympic Way, Queen’s Road, Titanic Quarter, Belfast BT3 9EP

Horaires : de 9h à 19h30 en été, de 10h à 17h en hiver. Vérifier sur le site officiel.

Tarifs : les cales de lancement sont en accès libre. Le billet Titanic Experience coûte 24,95 £ adulte et 11 £ enfant en prévente (26,95 £ et 13 £ sur place). Le billet Titanic Anytime revient à 34,95 £ adulte et 21 £ enfant. Le White Star Premium Pass s’établit à 60,95 £ adulte et 33 £ enfant en prévente. Audioguides multilingues disponibles moyennant un supplément ; visite guidée extérieure à 15 £ adulte, 10 £ enfant.

Prévoir aussi un budget boutique, elle est géniale.

Conseil : réservez votre créneau à l’avance, certaines plages sont vite complètes, et le site est particulièrement chargé lorsqu’un navire de croisière est à quai. Guettez les offres Early Bird (avant 10h) ou de fin de journée, qui font économiser environ 5 à 6 £ par adulte — la première permet surtout d’éviter la foule.

Accès : le site se trouve de l’autre côté de la Lagan par rapport au centre-ville, à environ 25 minutes de marche agréable le long de la rivière.

Sur place : deux points de restauration dans le bâtiment, un troisième à proximité (Hickson’s Point, ouvert en saison), consignes à bagages, boutique, distributeur automatique.

Où loger : le Titanic Hotel, installé dans l’ancien siège de Harland & Wolff et décoré dans un esprit Art déco, se trouve à quelques pas ; plusieurs de ses chambres donnent sur le musée.

Il y a toujours quelque chose de délicat à bâtir une attraction touristique autour d’une catastrophe ayant coûté la vie à des centaines de personnes. Le Titanic Belfast évite l’écueil : on en ressort mieux informé, très secoué, et surtout plus modeste. C’est probablement le meilleur compliment qu’on puisse faire à ce genre de lieu.

YV

breizh-info.com

– Saxe-Anhalt. L’AfD lance sa campagne à Magdebourg avec 41 % dans les sondages

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
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#webtube : L’AfD de Saxe-Anhalt a tenu, ce samedi 18 juillet 2026, au sein du hall des foires de Magdebourg, le rassemblement électoral de lancement de sa campagne en vue des élections du 6 septembre 2026 pour le Parlement de Saxe-Anhalt. Cette formation politique est donnée dans les sondages à 41 %, alors que l’autre parti patriotique, celui de gauche, le BSW, est, lui, estimé à 5 %. Grâce au seuil électoral de 5 %, qui élimine les petits partis de toute représentation, ces deux formations patriotiques pourraient obtenir ensemble une majorité des sièges au sein de l’assemblée.

Au vu de l’importance considérable de ce scrutin, la coprésidente fédérale de l’AfD Alice Weidel a pris part à cet événement, alors qu’elle devait initialement se rendre à un mariage afin d’y être témoin. Ulrich Sigmund, la tête de liste de l’AfD en Saxe-Anhalt et candidat au poste de ministre-président, a été, bien entendu, présent. Des messages vidéo de soutien ont été adressés par les sections de l’AfD des autres États fédérés allemands, ainsi que par des représentants de partis patriotiques d’autres pays, notamment par le président du parti patriotique autrichien FPÖ Herbert Kickl.

La presse allemande du système, mais également les médias patriotiques allemands de réinformation, ont largement couvert l’événement, car l’ensemble de l’Allemagne a le regard tourné vers la Saxe-Anhalt, qui compte un peu moins de 2,2 millions d’habitants, l’Allemagne étant peuplée de plus de 83 millions de personnes.

Devant le public constitué de plusieurs milliers de personnes, Alice Weidel a déclaré : « Si Ulli, Ulrich Siegmund, devient ministre-président, nous nous souviendrons tous de ce jour. » Une vidéo a été projetée, montrant les flux d’immigrants traversant en 2015 les Balkans afin de se rendre en Allemagne, à la suite de l’ouverture des frontières par la chancelière démocrate-chrétienne de l’époque Angela Merkel, l’attaque contre un marché de Noël à Berlin en 2016 et Angela Merkel prononçant la phrase devenue tristement célèbre « Wir schaffen das » (Nous y arriverons), visant à intégrer massivement des immigrants.

En réponse, Ulrich Siegmund a déclaré : « Tout est possible ! Il est possible que le 6 septembre nous écrivions l’histoire et que nous reprenions notre État fédéré ! »

Reste à voir si l’AfD parvient à obtenir les 45 % nécessaires afin de disposer d’une majorité en sièges au sein du Parlement de Saxe-Anhalt, ou, sinon, à détacher une partie des élus du parti démocrate-chrétien CDU, une autre solution pouvant être un front transversal entre l’AfD et le BSW, ce dernier ayant indiqué jusqu’à présent être favorable à l’élection d’un ministre-président de Saxe-Anhalt indépendant des partis politiques chargé d’aller chercher des majorités au cas par cas au sein de l’assemblée.

L’avenir de la Saxe-Anhalt est donc incertain et pourrait conduire à une ingouvernabilité ou à un rapprochement entre les démocrates-chrétiens de la CDU et les post-communistes de Die Linke.

Comme un poisson dans l’eau

Malgré la présence de nombreux migrants et de quelques gauchistes dans les rues ou à la gare, l’AfD est en eaux favorables dans cet endroit. À l’issue de l’événement, les participants venus en transport en commun ont emporté des panneaux électoraux de l’AfD et des fanions aux couleurs allemandes en tram, puis à l’intérieur de la gare, sans que la police ne soit présente pour les protéger, et ont rencontré la sympathie de nombreux passants, à l’exception de l’un ou l’autre bobo roulant à vélo.

L’AfD de Saxe-Anhalt prévoit de remplacer les hauts fonctionnaires, de mettre fin au traité sur la radiodiffusion publique, de réviser les manuels scolaires d’histoire et de remplacer le nom de la campagne publicitaire de la Saxe-Anhalt « Penser moderne » par « Penser allemand ».

Les tee-shirts de campagne électorale à l’effigie d’Ulrich Siegmund portent dans le dos l’inscription : « Écrivons l’histoire ! » Le 6 septembre au soir, les dés seront jetés.

Lionel Baland

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– Dès 1947, Churchill voulait raser le Kremlin

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#webtube : La russophobie d’un Anglo-Saxon est gravée dans son ADN. Ce qui explique qu’au printemps 2022, Boris Johnson s’est précipité à Kiev pour que Zelensky refuse les accords d’Istanbul, qui ramenaient la paix en Europe.Curieuse façon de remercier l’allié russe qui a éliminé 80 % de l’armée allemande, permettant ainsi à l’Angleterre de préparer le débarquement de juin 1944 et d’offrir ainsi aux Anglo-Saxons les lauriers de la victoire. Il faut dire qu’Hollywood n’a pas ménagé ses efforts pour rafler la mise. En 2026, les 3/4 des Allemands pensent encore que ce sont les Américains qui les ont vaincus.

« En 1947 Churchill avait demandé au sénateur républicain Styles Bridges de persuader le président américain Harry Truman de lancer une bombe atomique sur l’URSS pour rayer de la surface de la Terre le Kremlin et transformer l’Union soviétique en un problème mineur. »

https://observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=1974

Il est vrai qu’à cette date, l’Empire britannique était à son apogée, son démantèlement ne faisant que commencer avec la partition des Indes, qui donnait naissance à deux États indépendants, le Pakistan et l’Inde, afin de séparer musulmans et hindous.

On ne change pas un Anglais et sa vision du monde. À défaut de rester britannique, ce monde doit rester anglo-saxon, en passant le relais à la puissante Amérique.

Toutes les guerres, les coups d’État, les révolutions à travers le monde depuis 1945 ne sont que les soubresauts d’un Empire fatigué qui entend conserver son hégémonie planétaire coûte que coûte. La Russie est toujours l’ennemie.

Et on peut dire que le peuple russe revient de loin. Après les dix années de gestion calamiteuse de Boris Eltsine, qui ont laissé la Fédération de Russie exsangue, mise en coupe réglée par une poignée d’oligarques sans foi ni loi, les Anglo-Saxons étaient bien décidés à démembrer et à dépecer la bête à bouts de force. 75 000 milliards de richesses minières à se partager.

C’est l’arrivée de Vladimir Poutine qui a sauvé le pays des griffes de l’Aigle américain. Un leader à poigne face aux prédateurs de l’intérieur comme de l’extérieur. Un sauvetage que le peuple russe n’a pas oublié.

Mais aujourd’hui, si l’Europe entière suit docilement Londres et Washington dans leur croisade antirusse, comme un pitoyable troupeau bêlant, c’est parce qu’elle reste persuadée que sa survie dépend de cette Amérique dominatrice. 

Or, ce faisant, elle se suicide, oubliant les leçons du gaullisme.

Si l’Europe est en guerre contre la Russie, ce n’est que la continuité d’un conflit de longue date entre deux empires, le britannique et le russe, comme nous le rappelle le lien ci-dessous, que je vous invite à lire.

On ne répétera jamais assez que cette guerre est une guerre voulue et préparée par les Anglo-Saxons depuis la chute de l’URSS.

Qu’on nous explique pourquoi en 2008 la Géorgie et l’Ukraine ont été pressenties pour intégrer l’Otan. Qu’on nous explique pourquoi l’Alliance est passée de 16 à 32 membres depuis la fin de l’Union soviétique et la dissolution du pacte de Varsovie. Qui veut la guerre ?

Trump, qui ne cesse d’attiser les braises et de poursuivre son double jeu, n’a qu’une obsession : priver Poutine de ses revenus pétroliers et gaziers.

Il prive d’abord la Chine du pétrole vénézuélien et iranien, il tente ensuite d’interdire aux Indiens et aux Chinois d’acheter du pétrole russe, en les menaçant de taxes à 100 % sur leurs exportations vers le marché américain.

Conscient de sa faiblesse face au colosse chinois qui se renforce à grande vitesse, Trump espère l’attaquer dans le domaine énergétique, son point faible. Affaiblir à la fois la Russie et la Chine, tout en volant le pétrole d’autres pays, c’est la conception américaine du droit internationale. Rien de bien nouveau. Et tout a empiré depuis la fin de la guerre froide.

Je termine en rappelant aux Européens qu’ils ont bien de la chance d’avoir un sage comme Poutine aux commandes de la Russie. Car avec un faucon du genre Patrushev, après quatre années d’escalade irresponsable, il y a longtemps que toute l’Europe serait en feu.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

– A l’heure où 2 et 2 font 5, réapprendre à calculer est une urgence

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#webtube : Alors que la nouvelle épreuve de mathématiques du brevet 2026 était censée marquer le retour de l’exigence, les enseignants ont dénoncé un sujet d’une grande facilité. Notre rapport au calcul s’est progressivement dégradé, au point de devenir une compétence en voie de disparition.

Sur les étals des librairies, les cahiers de vacances promettent aux plus jeunes de ne pas perdre le rythme pendant la période estivale, tout en permettant aux parents de se donner bonne conscience. Certains de ces carnets d’été sont consacrés à l’orthographe, actuellement en capilotade dans toutes les tranches d’âge et catégories sociales ; d’autres à l’anglais, demain nous serons tous bilingues « français de chez Wish/Wesh – globish » ; et enfin, au calcul. À l’heure où nous sommes entrés dans une civilisation qui a désappris à calculer, cette dernière compétence devait être urgemment revalorisée.

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Généralement, les plus madrés s’amusent à déceler, dans les messages postés dans les boucles WhatsApp ou sur les réseaux sociaux, les fautes d’orthographe de leurs congénères. Ils s’indignent aussi de temps en temps du manque criant de culture générale chez leurs semblables (« Victor Hugo, je sais pas c’est qui »), mais ils se désolent rarement de l’incapacité à effectuer un calcul mental. Bien sûr, les chiffres sont sans doute moins sexy que les belles lettres, mais n’est-ce pas le signe d’une dyscalculie généralisée que de si peu s’en inquiéter ?

Désormais, une addition en apparence simple nécessite l’usage, non plus de la calculette Casio fonctionnant à l’énergie solaire de notre enfance — et sur laquelle nous tapotions 713705 pour faire apparaître le mot « SOLEIL » une fois retournée — mais de la calculatrice intégrée à nos smartphones ou, plus simplement encore, de Grok. Et c’est ainsi qu’ils sont désormais d’usage pour calculer la somme de trois ou quatre nombres entiers. Il n’est pas nécessaire d’ajouter que les opérations plus complexes, comme une règle de trois, le calcul d’un pourcentage ou la résolution d’une équation, sont encore moins bien maîtrisées.

Compter, c’est déjà penser

Le calcul mental est la porte d’entrée vers les mathématiques qui nous emmèneront, au fil de notre scolarité, vers les probabilités, les statistiques, les logarithmes, la trigonométrie avec ses sinus et ses cosinus. C’est ainsi qu’un pays finit par former des ingénieurs et à façonner une marche du monde… qui ne dépendra jamais des étudiants en sociologie et de leurs recherches sur le genre. Bref, mieux vaut la tignasse ébouriffée d’Albert Einstein que la chevelure mauve et en broussaille de Myrtille. À l’inverse, un pays où deux et deux font cinq et qui ne sait plus calculer, de l’opération de base à un budget en équilibre, ne peut tourner correctement.

Signe encourageant, le génie français a accouché, à travers son histoire féconde, de grands mathématiciens dont on retient, indice révélateur du manque d’intérêt pour la discipline, souvent les à-côtés : Blaise Pascal, érudit touchant à toutes les disciplines et inventeur de la pascaline — ancêtre de la Casio —, Évariste Galois, plus connu pour le duel qui mit fin à sa vie de façon tragique que pour la théorie portant son nom, ou encore Henri Poincaré, précurseur du calcul infinitésimal et cousin de Raymond, qui fut président de la République. D’ailleurs, on ne peut que se réjouir du don de 50 millions d’euros de Bernard Arnault à l’École polytechnique, en vue de créer un institut de mathématiques à l’horizon 2030.

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Surtout, le calcul et tout ce qui en découle offrent bien des avantages à celui qui les maîtrise. Faites le test : vos interlocuteurs resteront ébaubis quand votre vivacité aura fini d’achever une opération de calcul. Mais, par-delà la passagère gaudriole, il y a plus essentiel encore : l’intelligence mathématique (ou rationnelle, ou cartésienne, ou logique) ouvre bien des portes. Si j’étais directeur des ressources humaines, je recruterais en priorité des candidats qui en sont abondamment dotés. D’ailleurs, il faut toujours se méfier des grandes vérités émanant des déconstructeurs, car bien souvent elles trahissent un manque d’exigence ou d’ambition, un fourvoiement idéologique ou, plus prosaïquement, une incapacité à être soi-même à la hauteur. Parmi celles-ci, le fait que l’intelligence serait devenue multiple, y compris émotionnelle. C’est évidemment aussi révélateur de l’époque que faux.

À l’ère de l’intelligence artificielle, il semble loin le temps où nous comptions sur les doigts de nos mains en trompant l’attention du professeur, où nous faisions des concours de tables de multiplication, où nous calculions des angles et où, simplement, nous entrions dans un nouvel univers. En pleine époque lacrymale où les émotions priment sur la raison, il fait parfois bon renouer avec l’implacable froideur des chiffres.

Gregory Vanden Bruel; Causeur