#webtube : Jusqu’où descendre pour que les élèves puissent faire les exercices ? Je pense que la question essentielle que se posent maintenant les concepteurs des épreuves du brevet est : jusqu’où descendre pour que les élèves puissent faire les exercices ? Cette année, les épreuves étaient d’un bon niveau de CM1. Enfin, d’un vrai CM1, pas le CM1 de la maîtresse écolo-midinetto-influenceuse qui développe des trésors d’imagination niaise pour enseigner trois notions simples.
Tant de difficultés !
En français, le texte était, comme de coutume depuis dix ans, consacré à la guerre. Blaise Cendrars est un grand écrivain ; le texte était beau. Sur ce texte, on leur a posé des questions d’une difficulté effarante. « Quel sentiment ou quelle émotion (on a visiblement renoncé à distinguer entre les deux…) éprouve le narrateur dans [la] première partie du texte ? » On regarde le texte : « J’aurais crié de frayeur » (l.5). Dur ! Question suivante. On isole un passage du texte : « Mais si…J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » Question terrible : « Recopiez les verbes conjugués. Indiquez le mode et le temps de ces verbes. » On leur demande donc d’identifier du présent de l’indicatif, le premier temps que l’on apprend en classe de CP. Question suivante ? Décomposer le mot (tout le sujet utilise le terme « mot » sans jamais être plus précis, de peur que les élèves ne connaissent plus le sens des termes « adjectif », « nom »…) « invisible », en expliquer le sens et donner un mot de la même famille. Seigneur ! Comment ose-t-on confronter nos enfants à de telles difficultés ?
Il suffit de recopier le titre…
Épuisés par l’épreuve de français, les candidats ont eu un week-end (une dominique ?) pour se reposer. Puis ils ont vaillamment abordé l’épreuve d’histoire-géographie. Le premier document était une publicité mettant en scène un randonneur avec un slogan percutant : « Pour tous les joggeurs du métro, option fitness « escalators », venez aussi user vos baskets dans le Morvan ! » Le titre du document était : « Une campagne publicitaire du Morvan (région Bourgogne-Franche-Comté) dans le métro parisien en mars 2019 ». La première question posée aux candidats : « Nommez l’espace de faible densité présenté dans ce document et la région à laquelle il appartient. Une réponse courte est attendue. » Nous sommes bien d’accord, il suffit de recopier le titre ! Juste de le recopier, car on leur demande une « réponse courte » et le sujet nous rappelle, quelques lignes au-dessus, de quoi il s’agit : « On entend par « réponse courte » : un mot, une expression ou une citation de texte. » Voilà, voilà, faire une phrase n’est même plus nécessaire, citer quelques mots suffit. Je suppose que les correcteurs perdaient un temps fou à essayer de déchiffrer des phrases mal construites. Ils ont dû se dire que des réponses constituées de deux ou trois mots feraient tout aussi bien l’affaire et seraient bien plus rapides à corriger. La frise chronologique ? On leur demande ça : « À l’intérieur de la frise, coloriez la période de la Première Guerre mondiale en précisant les dates de début et de fin. »
L’épreuve de mathématiques sauvera-t-elle l’honneur ? En partie. Disons que le sujet en est moins honteux que les autres, même s’il ne présente absolument aucune difficulté. On prend quand même les élèves pour des buses : « Parmi les propositions suivantes, laquelle est le périmètre de la figure ci-contre ? » La figure est un rectangle de 10 mm sur 5 mm, et on leur propose quatre réponses : 30 mm, 50 mm, 30 mm2, 50 mm2. Ah, les coquins qui tendent un piège aux élèves pour vérifier qu’ils savent bien distinguer un périmètre d’une aire ! C’était le programme de CE2 !
Exercice témoin donné par l’État pour le programme de CE1 : « Dans mes deux coffres, j’ai 227 billes. J’en ai 113 dans mon coffre vert. Combien en ai-je dans mon coffre rouge ? »
Exercice du brevet 2026 : « L’Australie a obtenu au total 63 médailles : 17 d’argent et 28 de bronze. Calculer le nombre de médailles d’or obtenues par l’Australie. »
Malgré la facilité scandaleuse des sujets et les consignes de bienveillance et de cécité sélective que reçoivent les correcteurs, seuls 40 % des élèves obtiennent, chaque année, la moyenne aux épreuves écrites. Mazette !
Notre directeur s’est réjoui hier : quatre de nos élèves ne se sont même pas présentés aux épreuves. Ouf ! Ils ne seront pas dans les statistiques. Pour la direction, ce sont surtout ces statistiques qui comptent, car d’elles dépendent nos crédits, nos heures, nos moyens de fonctionnement. C’est ça, le choc des savoirs !
#webtube : Au nom d’une prétendue « fraternité », Bally Bagayoko plaide pour un accueil illimité des clandestins en France. Une ambition parfaitement assumée. Au cours d’un entretien accordé à Darius Rochebin et diffusé ce dimanche sur LCI, Bally Bagayoko, le sulfureux maire de Saint-Denis, n’a pas fait mystère de son idéologie immigrationniste. Hors de question pour lui de renvoyer les clandestins qui zonent dans nos rues.« Nous considérons que la France doit être sur le chemin de la promesse : l’égalité, la liberté, la fraternité. Et donc, c’est cette main de la fraternité que nous devons tendre en toutes circonstances », a déclaré l’élu, au sujet de ceux qui prennent « le chemin de l’aventure ». Ne faudrait-il pas plutôt expulser ces étrangers présents illégalement sur notre sol ? « Notre question à nous, est de pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions, le plus possible, pour celles et ceux qui souhaitent s’établir durablement. La France doit être un pays de fraternité et donc, accueillir, a encore ajouté M. Bagayoko. Nous sommes clairs : toutes les populations qui sont sur le territoire français doivent être accompagnées ». Et l’élu LFI de marteler : « La régularisation de tous les sans-papiers, c’est l’ambition que nous incarnons, parce que c’est principalement la promesse de la France ».
«Nous avons l’ambition de régulariser tous les sans-papiers.»@BallyBagayoko, maire de Saint-Denis et figure de LFI, prône la régularisation intégrale des clandestins. Il estimant que cela peut avoir aussi un effet «dynamisant sur un pays dont la démographie s’affaisse». pic.twitter.com/gXSpLqM2Nl
Durant l’entretien, Darius Rochebin a fait valoir à son invité que toutes les gauches ne partageaient pas sa position, à commencer par les sociaux-démocrates danois qui n’ont pas hésité à mettre en place des centres de départ en dehors de l’Europe afin de mieux expulser les clandestins. « J’observe l’Espagne qui a fait un choix extrêmement important », a alors objecté Bally Bagayoko, prenant ses distances avec l’approche danoise. Il faisait là référence au plan lancé au printemps dernier par le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. Présenté d’abord pour 500.000 clandestins, ce plan devrait donner lieu au final à la régularisation de plus d’un million d’illégaux ! Autant d’individus qui seront dès lors autorisés à se déplacer dans les pays voisins…
Le retournement des valeurs françaises… contre la France
A plusieurs reprises, Bally Bagayoko a défendu la régularisation de l’ensemble des clandestins – rebaptisés « sans-papiers » afin de mieux nous attendrir – au nom de « la promesse de la France ». Mais à quel moment notre pays a-t-il « promis » d’accueillir sur son territoire toute la misère du monde ? Jamais. De même, l’élu d’extrême gauche explique que « la fraternité » dont s’enorgueillit la France lui commande d’ouvrir ses frontières et de prendre en charge « en toutes circonstances » ceux qui veulent s’y installer. Il fait mine d’ignorer que le triptyque républicain « liberté, égalité, fraternité » vaut pour les citoyens français, et ne concerne nullement les habitants d’autres contrées. A tout prendre, la responsabilité « fraternelle » de l’État français vis-à-vis de ses administrés lui commanderait plutôt d’expulser au plus vite ces illégaux qui représentent bien souvent une menace pour notre sécurité.
‼️🇫🇷 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Mahamadou C., un Ivoirien en situation irrégulière et sous le coup d’une interdiction du territoire français, a agressé une femme dans un parc à Montmagny avant de la VIOLER.
Mis en cause par Radio France pour ses liens avec une famille lourdement impliquée dans le trafic de drogue, Bally Bagayoko ne semble guère s’inquiéter du profil des clandestins qu’il souhaite régulariser, ni de l’impact qu’aurait une telle politique sur la société française en général. Les électeurs de gauche, eux-mêmes, souhaitent majoritairement une immigration « négative » et le renvoi des indésirables, mais le maire de Saint-Denis voit les choses autrement : l’accueil et la « fraternité » avant tout. L’entrée en France érigée en droit de l’Homme.
Une volonté affirmée de remplacer le peuple français
Ce n’est pas la première fois que le nouveau maire de Saint-Denis tient ces propos. En avril dernier, l’édile avait déjà appelé à la régularisation de tous les clandestins. « En France, c’est entre 600 000 et 800 000 étrangers, c’est à peu près 1 % de la population, c’est-à-dire quasi rien ! », avait-il alors prétendu.
Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis réclame la régularisation de tous les clandestins présents en France.
"En France, c'est entre 600 000 et 800 000 étrangers, c'est à peu près 1% de la population, c'est à dire quasi rien" pic.twitter.com/DHGvHcQPuc
Un « quasi rien » qui pourrait néanmoins avoir un effet « dynamisant sur un pays dont la démographie s’affaisse », comme l’a avancé Bally Bagayoko, face à Darius Rochebin. Cherchez l’erreur… Cette volonté de remplacer la population de souche, ces Français « tout blancs, tout moches », par du sang neuf venu d’Afrique est au cœur du projet migratoire de LFI. Elle est bien entendu défendue avec encore plus de force par un élu qui se présente comme « un homme noir », d’origine malienne, et qui prône la fraternité envers ses « semblables ».
#webtube : L’émergence récente de l’intelligence artificielle s’apparente à une petite révolution qui fait énormément parler. Guillaume d’Aram de Valada, chroniqueur régulier dans nos colonnes, livre à nos lecteurs sa réflexion sur l’IA. Rappelons que Polémia n’est pas opposée à l’IA. La preuve, nous avons même lancé notre propre IA, éloignée de tout politiquement correct : ia.polemia.com
Le progrès technique face au libre arbitre
Comme une accélération de l’histoire, nos vies semblent n’être devenues que des variables d’ajustement.
L’intelligence humaine n’ayant aucune limite, le monde moderne l’utilise au profit de sa course effrénée vers un paradis artificiel où l’homme n’aurait plus qu’à contempler sa propre mutation et sa transposition virtuelle.
Il ne s’agit pas de nier la capacité de l’intelligence humaine à produire des avancées technologiques de plus en plus impressionnantes, mais d’en observer les véritables bienfaits comme les redoutables méfaits. Tout est dans la destination des objectifs.
L’harmonie sociale, nécessaire à l’équilibre de toute société civilisée, ne s’acquiert véritablement qu’en se prémunissant de ce qui peut la détruire.
Ainsi, à l’aune de la loi dite « de l’aide à mourir », l’homme sera sommé d’indiquer sa propre date de péremption, comme pour un vulgaire pack de yaourts allégés en tête de gondole d’un supermarché !
C’est un peu, pour ne pas dire beaucoup, ce qui se déroule dans nos vies connectées, dépendantes, nuit et jour, des autoroutes numériques de nos téléphones portables et autres ordinateurs, sans que nous puissions en maîtriser les limites.
— Alors, qui décidera demain de notre date de péremption ?
— Notre propre intelligence ou l’intelligence artificielle ?
Autant de questions qui se posent à notre libre arbitre, pourtant si sublimé et mis en avant quotidiennement.
Le remplacement de l’homme par la machine
L’intelligence artificielle, nous dit-on, participera à la construction de notre bien-être de demain. Elle apportera, nous dit-on, toute la substitution nécessaire à ce que l’homme ne veut plus faire ou ne peut plus faire.
Faudra-t-il se résoudre à voir pratiquement tout être remplacé par cet « alien » numérique ?
Après avoir fini par entériner « le grand remplacement de population » par une immigration totalement hors de contrôle, certains esprits « éclairés » évoquent maintenant « le grand remplacement » des métiers par l’IA comme un moyen de substitution à une main-d’œuvre immigrée ayant vocation à se réduire.
Dans les années 1970, « Big Other » nous avait vendu la nécessité de remplacer une main-d’œuvre de souche déficiente et en régression. La solution politique fut d’ouvrir les vannes de l’immigration, extra-européenne principalement. La roue du productivisme à bas coût, au mépris des conséquences désastreuses pourtant prévisibles, autorisera l’arrivée de centaines de milliers d’immigrés par an, sans discontinuer depuis plus de quarante ans.
La nouvelle tendance serait maintenant d’ouvrir d’autres vannes de substitution, virtuelles et artificielles.
Alors, comme un « miracle technologique », la main-d’œuvre issue de l’immigration serait remplacée par des machines commandées par l’intelligence artificielle !
L’argument est d’une naïveté déconcertante, au mieux, ou d’un cynisme froid, au pire. Avec l’IA, le monde des vivants renonce à vivre par lui-même pour se mettre en pilotage automatique. Ainsi, l’homme du futur concocté par l’IA ne sera vraisemblablement pas un homme augmenté, mais plutôt une créature diminuée sous assistance électronique.
Si cet outil technologique impressionnant et redoutablement efficace devait devenir notre seul avenir indépassable, il y a fort à parier que nous serions bel et bien des prisonniers en liberté conditionnelle.
Les conditions de notre libération seraient dans les mains de ce monstre froid respirant exclusivement par la fibre numérique.
Récuser ou réfuter cette incroyable avancée technologique paraît bien évidemment stérile. On n’arrête pas l’intelligence humaine dans sa volonté d’aller toujours plus loin dans le transfert de son énergie vers la machine.
Bernanos, dans son esprit souvent prémonitoire, l’exprimait à sa façon dans son livre La France contre les robots :
« Un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité. Les imbéciles y dominent donc par le nombre, ils y sont le nombre… La civilisation des machines est celle de la quantité opposée à celle de la qualité… Je prédis que la multiplication des machines développera d’une manière presque inimaginable l’esprit de cupidité. »
Ce grand Français ne croyait pas si bien dire quand il écrivait sa prémonition en 1944. Notre société post-soixante-huitarde, cultivant l’hédonisme comme un aboutissement de la liberté individuelle, arrive maintenant, à marche forcée, dans une sorte de cupidité virtuelle n’ayant plus besoin de l’assentiment de son géniteur ni de ses cobayes.
Dormez, dormez, bonnes gens, l’IA veille !
Transhumanisme, éducation et contrôle des consciences
Alerter sur les dangers de l’intelligence artificielle ne devrait pourtant pas être réduit à une volonté caricaturale rétrograde de refuser ou de nier le monde tel qu’il est avec ses progrès techniques. Il s’agit surtout de savoir où, quand et comment l’homme acceptera d’être constamment l’objet de sa transformation, y compris contre son gré.
La vitesse vertigineuse générée par l’intelligence artificielle nous laisse toujours derrière, avec plusieurs longueurs de retard, réduits au rôle de spectateurs passifs.
Ce n’est pas contestable.
Ce qui l’est, en revanche, ce sont les effets néfastes de toutes ces manipulations intellectuelles inoculables à l’infini.
Pour ne prendre que le domaine de la transmission des savoirs, l’IA s’est déjà introduite à l’université, dans les collèges et les lycées, avant d’investir les écoles.
Alors que le savoir élémentaire est en recul constant dans l’enseignement, de l’orthographe à l’enseignement de l’histoire, l’intelligence artificielle, sous couvert de progrès permettant la transmission du savoir à la vitesse du numérique, prétend remplacer l’éducation traditionnelle en la rangeant dans un rôle d’observateur, au mieux, de supplétive, au pire.
Tous les docteurs « Jekyll » et « Mister Hyde » nous assènent que le pouvoir du numérique et de l’artificiel est sans limite. Du haut de leurs chaires, ils avancent leur certitude comme devant s’imposer à tous, sous peine de se voir dépassés.
Et quand la « grande panne du numérique » surviendra, ce qui ne manquera pas d’arriver, comme des toxicomanes en manque de numérique, nous serons les orphelins de l’outil ayant emprisonné nos cerveaux dans un brouillard infini.
Les inconditionnels de l’intelligence artificielle sont clairement entrés dans une autre conception de l’humanité. Ils prédisent un avenir où les humains n’auront pas d’autre choix que de fusionner avec l’intelligence artificielle ! Leur messianisme exacerbé pousse même le raisonnement jusqu’au point où l’homme se débarrassera de « son enveloppe biologique pour une entité digitale immortelle » évoluant dans le « cyberespace ».
Le docteur Laurent Alexandre, fasciné par ce bouleversement technologique, dit lui-même que nous sommes devenus « une deuxième espèce intelligente » derrière la première : « l’intelligence artificielle ».
Comme un laborantin fasciné par ses éprouvettes, il n’hésite pas une seconde à affirmer : « La science donnera à l’homme le pouvoir d’un dieu ! »
Jacques Chardonne l’exprimait à sa façon en 1943 :
« Les hommes suivent leur pente. Le noble a été remplacé par le bourgeois, à qui succédera un homme sans nom, vague émanation du prolétaire et de l’agrégé. Nous serons gouvernés, ou plutôt supprimés, par des gens entichés de technique… »
Quelques questions :
— Où cette nouvelle révolution transhumaniste de l’intelligence artificielle s’arrêtera-t-elle ?
— Doit-on accepter tout son « catéchisme » comme inéluctable et irréfutable ?
— Ou doit-on tenter de la maîtriser au mieux en fixant des limites à ne jamais dépasser ?
Ces questions ne trouveront de véritables réponses durables que par une remise en question de ce « progressisme », né au XIXe siècle, toujours plus enclin à asservir qu’à soigner les maux d’un monde forcément imparfait.
Les nouveaux tenants du « monde parfait », réduisant toute transcendance à leur seul hédonisme messianique, nous mèneront-ils dans une galaxie dominée par des robots n’obéissant qu’à des robots ?
À l’instar du « panoptique », cher à Michel Foucault, le tricoteur des cerveaux, cette nouvelle technologie informatique permet de voir sans être vu !
Ainsi, des théories rousseauistes aux jouisseurs soixante-huitards, la mécanique intellectuelle est finalement toujours la même. Il s’agit de détourner le bonheur de l’homme de son principal objet : s’élever par l’effort ! Seule compte sa jouissance immédiate, et peu importe si elle n’est qu’hallucinatoire.
La société des « droits de l’homme et du citoyen » régit nos vies en légiférant de la conception à la mort sous couvert d’humanisme. L’intelligence artificielle consacre en quelque sorte ce transhumanisme effréné, concepteur d’un Eldorado où le libre arbitre finira par mourir subitement, sans fleurs ni couronnes, virtuellement, artificiellement.
La mort subite de « l’Homo Festivus » pourrait voir resurgir son remplaçant diamétralement opposé. Ce dernier, dans une réaction salvatrice et régénératrice, s’appliquerait à guider les évolutions techniques plutôt que de se laisser guider par elles.
#webtube : Le 2 mars 2026, à Bruxelles, le président de la Confédération Guy Parmelin a signé avec Ursula von der Leyen le paquet d’accords dit des « Bilatérales III ». Derrière la poignée de main protocolaire se joue l’évolution institutionnelle la plus lourde qu’ait connue la Suisse depuis le rejet de l’Espace économique européen en 1992. Depuis le printemps, tout s’est accéléré : transmission du paquet au Parlement, bataille juridique sur la nature du référendum, fronde inédite d’une partie des milieux économiques, votation du 14 juin sur l’immigration. Panorama d’un pays qui demeure le dernier d’Europe où le peuple peut encore dire non – et où tout est désormais mis en œuvre pour que ce non devienne trop coûteux pour être prononcé.
Une signature qui engage bien plus qu’un traité
Les drapeaux suisse et européen flottaient côte à côte devant le Berlaymont lorsque Guy Parmelin – conseiller fédéral UDC, ironie de la collégialité helvétique – a apposé sa signature au bas de dix-huit accords négociés entre Berne et Bruxelles de mars à décembre 2024. Le 13 mars 2026, le Conseil fédéral transmettait l’ensemble au Parlement : quelque 94 actes législatifs européens à reprendre, 36 lois fédérales à modifier, quatre crédits d’engagement, et la pérennisation de la contribution financière suisse à la « cohésion » européenne – ce « milliard » jadis présenté comme un geste ponctuel, transformé en rente perpétuelle versée à Bruxelles.
Le paquet se décompose en deux volets. Le premier, dit de « stabilisation », actualise cinq accords existants – libre circulation des personnes, transports terrestres et aériens, agriculture, reconnaissance mutuelle des normes techniques. Le second, dit de « développement », ajoute trois accords nouveaux : électricité, sécurité alimentaire, santé. Mais le véritable changement ne réside ni dans les chiffres ni dans les domaines couverts. Jusqu’à présent, la Suisse négociait ses relations avec l’Union européenne accord par accord, en conservant à chaque étape la maîtrise du rythme et du contenu. Les Bilatérales III instaurent autre chose : un cadre institutionnel permanent destiné à faire évoluer automatiquement le droit suisse au rythme du droit européen. C’est un changement de nature, non de degré.
L’anatomie d’un engrenage : la reprise « dynamique » du droit
Le cœur du dispositif porte un nom d’apparence technique : la reprise dynamique du droit. Dans les domaines liés au marché intérieur – libre circulation, transports, électricité, sécurité alimentaire –, la Suisse s’engage à reprendre les évolutions futures de la législation européenne. Berne insiste : chaque reprise suivra les procédures démocratiques suisses, référendum compris, et la Confédération conservera formellement le droit de refuser. C’est exact. Mais c’est précisément là que l’architecture révèle son ingéniosité.
Car en cas de refus, l’Union européenne pourra décider de « mesures de compensation », présentées comme « proportionnées » aux inconvénients subis. En cas de désaccord sur ces rétorsions, un tribunal arbitral tranchera ; et dès qu’une question d’interprétation du droit européen se posera – c’est-à-dire presque toujours, puisque les accords reprennent le droit européen –, ce tribunal devra saisir la Cour de justice de l’Union européenne, dont l’interprétation le liera. En clair : la juridiction suprême de l’une des deux parties devient l’arbitre ultime du différend. Aucun État souverain n’accepterait pareille clause dans un traité commercial ordinaire ; on demande à la Suisse de l’accepter comme cadre permanent de ses relations avec son principal voisin.
Le droit de dire non subsiste donc, mais il devient un droit payant. Chaque votation populaire future sur une reprise de droit européen se déroulera sous la menace chiffrée de représailles commerciales préalablement légitimées par traité. Les partisans du paquet invoquent, pour rassurer, le précédent de Schengen/Dublin, où la reprise dynamique existe déjà et où le peuple a voté à plusieurs reprises. L’argument se retourne aisément : il démontre que l’accoutumance institutionnelle fonctionne, et que ce qui était hier une exception sectorielle devient aujourd’hui la règle générale. Ce n’est pas l’adhésion à l’Union – c’est, du point de vue de Bruxelles, mieux que l’adhésion : les obligations du club sans siège à la table où s’écrivent ses règles.
Longtemps, la Suisse a incarné l’idéal de la neutralité : un État indépendant, prospère, capable de demeurer à l’écart des blocs. Cette image, solidement ancrée dans l’imaginaire collectif, nourrit encore aujourd’hui l’idée d’une singularité helvétique jalouse de sa souveraineté.
La bataille du référendum : quand on choisit la règle du jeu en fonction du résultat
Un second front s’est ouvert au printemps, plus discret mais tout aussi décisif : celui de la procédure. Le Conseil fédéral propose de soumettre le paquet au référendum facultatif, c’est-à-dire à la seule majorité du peuple si 50 000 signatures sont réunies. La commission de politique extérieure du Conseil national avait ouvert la voie dès février 2025, estimant que les critères du référendum obligatoire n’étaient remplis pour aucun des accords, faute d’« adhésion à une communauté supranationale ». Fin mars, la Commission des institutions politiques du Conseil des États a organisé des auditions publiques d’experts sur la question.
Plusieurs juristes de premier plan y ont défendu la thèse inverse. Le professeur Andreas Glaser, de l’Université de Zurich, estime que l’arrêté fédéral revêt un caractère matériellement constitutionnel et devrait donc être soumis au référendum obligatoire, exigeant la double majorité du peuple et des cantons. Il relève en outre que les modifications de l’accord sur la libre circulation pourraient entraîner une hausse de l’immigration incompatible avec l’article 121a de la Constitution – cet article sur la gestion autonome de l’immigration, adopté par le peuple le 9 février 2014 et jamais réellement appliqué depuis, résumé saisissant du sort réservé aux votations qui déplaisent.
Le choix du référendum facultatif n’a rien d’un détail de procédure. Écarter la double majorité, c’est neutraliser le poids des cantons ruraux et alémaniques conservateurs, là où le scepticisme européen est le plus enraciné. Chacun se souvient que le 6 décembre 1992, l’Espace économique européen fut rejeté à la fois par le peuple et par une nette majorité des cantons. Lorsqu’un gouvernement ajuste la règle du jeu en fonction du résultat qu’il redoute, il avoue la fragilité de sa cause – et affaiblit par avance la légitimité du verdict qu’il espère obtenir. Le Parlement tranchera ; ce débat-là mériterait autant d’attention que le contenu des accords eux-mêmes.
Un front du refus qui déborde largement l’UDC
L’UDC a fait savoir de longue date qu’elle combattrait le paquet, et nul ne doute qu’un référendum sera lancé sitôt le vote parlementaire acquis. Mais la nouveauté de 2026 est ailleurs : la fronde n’est plus l’apanage du national-conservatisme. Elle s’étend désormais à une fraction du capitalisme entrepreneurial suisse, incarnée par le mouvement Kompass/Europa et son « initiative Boussole », lancés par des cofondateurs de Partners Group – l’un des géants mondiaux du capital-investissement –, dont Alfred Gantner et Urs Wietlisbach. Fin mai, leur congrès de Dübendorf, près de Zurich, a réuni environ 1 700 participants : économistes, juristes, entrepreneurs, et jusqu’à des élus PLR en rupture avec la ligne europhile de leur parti.
Cette dissidence patronale change la physionomie du débat. L’argument massue des partisans du paquet – l’économie exige les accords, 73 % des exportations suisses vers l’Union bénéficieraient de la reconnaissance mutuelle des normes techniques – perd son monopole sur la parole économique. Car la thèse inverse se défend, et elle est désormais portée par des hommes qui ont bâti des groupes mondiaux : la prospérité helvétique repose précisément sur la capacité du pays à légiférer autrement que l’Union européenne – marché du travail flexible, fiscalité compétitive, monnaie propre, densité normative contenue. S’aligner structurellement sur le droit d’un ensemble économiquement stagnant et réglementairement boulimique, c’est renoncer à l’avantage comparatif qui fait la différence suisse.
En face se dresse le bloc central habituel : Conseil fédéral, economiesuisse, syndicats et gauche gouvernementale. Ce dernier ralliement fut d’ailleurs laborieux : l’aile syndicale du Parti socialiste, emmenée par Pierre-Yves Maillard, a longtemps fait de la protection des salaires son point de rupture, avant que des « mesures d’accompagnement » renforcées, ficelées en février 2026, ne scellent un ralliement qui demeure précaire. La coalition du oui est large ; elle est aussi hétéroclite, et son ciment principal reste la peur du vide plutôt qu’une adhésion positive au projet.
Le 14 juin : une défaite en trompe-l’œil
C’est dans ce contexte qu’il faut lire la votation du 14 juin 2026. L’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions ! », qui entendait plafonner la population résidante à dix millions d’habitants d’ici 2050, quitte à dénoncer la libre circulation des personnes, a été rejetée par 54,8 % des votants. Le ministre de la Justice Beat Jans y a aussitôt vu un plébiscite de la « voie bilatérale » ; la classe médiatique a suivi. Pour Oskar Freysinger, c’est un tout autre résultat : « On a perdu une bataille, mais on n’a de loin pas perdu la guerre. »
Il faut dire que la lecture mérite d’être affinée : contre ce texte s’était constituée l’une des coalitions les plus écrasantes de l’histoire politique récente. Tous les partis gouvernementaux hormis l’UDC, le patronat, les syndicats, le Conseil fédéral, brandissant des études économiques selon lesquelles la fin des accords bilatéraux coûterait quelque 2 500 francs de revenu par habitant et par an. Malgré ce front unanime, plus de 45 % des votants ont dit oui – et les sondages donnaient encore, trois semaines avant le scrutin, partisans et opposants à égalité parfaite. Le clivage entre les centres urbains, massivement opposés, et les campagnes, largement favorables, s’est révélé béant. Une partie considérable des électeurs du PLR et du Centre a voté contre la consigne de ses propres états-majors. Voilà le socle sur lequel s’ouvrira la campagne des Bilatérales III : près d’un votant sur deux, mobilisé contre l’ensemble de l’établissement, sur une question – l’immigration – que le rejet de l’initiative ne fait pas disparaître, dans un pays qui vient de franchir le cap des neuf millions d’habitants.
Un détail du soir du 14 juin mérite enfin d’être retenu : Ursula von der Leyen a publiquement salué le rejet de l’initiative au nom de la Commission européenne, tandis que le président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Suisse y voyait un « nouvel élan » pour le paquet d’accords. Bruxelles ne juge même plus nécessaire de feindre la réserve dans les scrutins nationaux d’un État tiers. On imagine le tollé si Berne s’était permis de commenter, un soir d’élection, le choix des électeurs d’un pays membre.
Une souveraineté déjà entamée, de Washington à Bruxelles
Réduire l’affaire au seul face-à-face avec Bruxelles serait d’ailleurs incomplet. Depuis une vingtaine d’années, plusieurs piliers de l’indépendance helvétique ont cédé sous des pressions extérieures convergentes. Sous l’impulsion des États-Unis, le secret bancaire a été démantelé au début des années 2010 ; la législation américaine FATCA a transformé les établissements financiers suisses en auxiliaires du fisc américain ; le choix du F-35 comme futur avion de combat a placé la défense aérienne du pays sous dépendance technologique de Washington.
L’Union européenne procède par une voie plus feutrée, mais non moins efficace : la diffusion normative. Protection des données calquée sur le RGPD, reconnaissance mutuelle des normes techniques, alignements réglementaires successifs – depuis des années, la Suisse adapte sa législation pour préserver son accès au marché européen. Et lorsque la persuasion douce ne suffit pas, Bruxelles sait manier la coercition : le retrait de l’équivalence boursière en 2019, puis l’exclusion des chercheurs suisses du programme Horizon Europe après l’abandon de l’accord-cadre en 2021, furent des mesures de rétorsion assumées, destinées à ramener Berne à la table. La réassociation aux programmes européens, signée en novembre 2025 avec effet rétroactif, n’est intervenue qu’une fois les Bilatérales III paraphées. Le message est limpide : la coopération scientifique elle-même est un levier de pression politique. Les Bilatérales III ne créent pas ce rapport de force ; elles le constitutionnalisent, en transformant une pression de fait en obligation de droit.
Le miroir français
Pour un lecteur français, ce panorama a valeur de miroir. Ce que les Suisses s’apprêtent à trancher dans les urnes – le degré d’intégration de leur pays au système juridique européen –, les Français l’ont vu leur échapper : au non du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel répondit, trois ans plus tard, la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, qui en reprenait l’essentiel du contenu. L’expérience française enseigne qu’un non populaire peut être contourné ; l’expérience suisse montre, elle, qu’un non populaire peut fonder trois décennies de politique – c’est tout l’héritage du 6 décembre 1992, qui accoucha du modèle bilatéral aujourd’hui en cause.
La Suisse demeure ainsi le seul pays d’Europe où la question européenne est encore posée au peuple avant l’engagement, et non ratifiée après coup par des chambres acquises. C’est cette exception démocratique que le débat en cours met à l’épreuve : elle ne survivra que si les règles du jeu – le type de référendum, la majorité requise – ne sont pas ajustées en cours de partie, et si le verdict populaire, quel qu’il soit, n’est pas soumis à l’usure des représailles économiques que le nouveau cadre institutionnalise.
Ce qui attend la Suisse
Le calendrier est désormais tracé. Les chambres fédérales débattront du paquet en 2026 et 2027 ; la question du référendum obligatoire ou facultatif sera tranchée en cours de route ; la votation populaire n’interviendra vraisemblablement pas avant 2027 ou 2028. Une chose est certaine : le peuple votera, que ce soit par la voie obligatoire ou par un référendum que l’UDC et Kompass/Europa lanceront sans coup férir.
La question qui sera alors posée dépasse de très loin les 94 actes législatifs et les 36 lois à modifier. Elle ne porte pas d’abord sur l’accès au marché, ni sur les points de PIB que les instituts se disputent. Elle porte sur ce qui fait qu’un pays s’appartient : qui écrit la loi, qui la juge, et devant qui répond celui qui la vote. En 1992, sept millions de Suisses avaient répondu qu’ils préféraient écrire la leur. Trente-cinq ans plus tard, neuf millions de Suisses devront dire si cette réponse tient toujours – et l’Europe entière, qui a partout renoncé à poser la question, regardera le dernier peuple du continent à qui on la pose encore.
Yves Lejeune, Polémia
Notes
Sur ce sujet, je vous invite à consulter cette analyse qui permet de mieux comprendre ce à quoi la Suisse fait face : Suisse : une souveraineté à rude épreuve, et dont j’ai redéveloppé quelques grandes lignes ci-dessus.
Yves Lejeune suit depuis de nombreuses années l’évolution de la vie politique et économique. Ancien rédacteur du défunt NovoPress, il poursuit son travail d’analyse critique et de commentaire sur les enjeux contemporains au sein de différents médias.https://www.polemia.com/author/yves-lejeune/
#webtube : Alors que les incendies se multiplient sur l’arc méditerranéen et mobilisent des moyens considérables, le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) a lancé, dimanche 5 juillet, un appel solennel aux employeurs publics et privés : libérer sans délai leurs salariés et agents engagés comme sapeurs-pompiers volontaires, afin qu’ils puissent partir en renfort dans les départements touchés.
Une situation opérationnelle « extrêmement préoccupante »
Dans les Pyrénées-Orientales, le Gard, l’Aude et plus largement sur tout le pourtour méditerranéen, les feux se succèdent depuis plusieurs jours. Les surfaces brûlées progressent rapidement, les évacuations s’enchaînent et les moyens humains sont sous très forte tension. Les sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires, affrontent des incendies violents, mobiles, difficiles à fixer, rendus d’autant plus dangereux par la chaleur, le vent et la sécheresse.
Le syndicat le martèle : cette lutte ne peut reposer uniquement sur les moyens aériens ou sur les effectifs déjà engagés localement. Le modèle français de sécurité civile s’appuie majoritairement sur l’engagement des volontaires. Sans leur disponibilité, souligne le SSPVF, il n’existe pas de capacité durable de renfort, de relève et de tenue dans le temps.
Le nœud du problème : la disponibilité
Là réside toute la difficulté. Beaucoup de sapeurs-pompiers volontaires sont aujourd’hui salariés du privé, agents publics, artisans, indépendants ou chefs d’entreprise. Ils travaillent la journée, interviennent la nuit, repartent en renfort sur leurs temps de repos et reviennent parfois épuisés à leur poste. Une situation que le syndicat juge « plus tenable » si la saison des feux se prolonge à ce rythme.
Le SSPVF demande donc à tous les employeurs de prendre leurs responsabilités et de libérer, chaque fois que possible, les personnels susceptibles d’être mobilisés. Il insiste sur un point : l’effort ne doit pas peser sur les seules entreprises privées. Collectivités territoriales, hôpitaux, établissements publics, services de l’État — l’ensemble des employeurs publics doivent montrer l’exemple. Il serait incompréhensible, relève le communiqué, d’exiger des entreprises qu’elles libèrent leurs salariés si, dans le même temps, la sphère publique ne facilitait pas la disponibilité de ses propres agents.
Parmi ses demandes concrètes figurent la facilitation immédiate des autorisations d’absence, le maintien du salaire par les entreprises avec prise en charge des rémunérations par l’État et les collectivités, l’adaptation temporaire des plannings, la mise en place de relais internes pour ne pas pénaliser les personnels engagés, ainsi que l’activation ou la généralisation des conventions de disponibilité entre employeurs et SDIS.
Une crise qui révèle une fragilité de fond
Au-delà de l’urgence, le syndicat dénonce une fragilité plus profonde du modèle de sécurité civile. Depuis des années, les sapeurs-pompiers volontaires alertent sur la dégradation de leurs conditions d’engagement : perte de sens, contraintes administratives croissantes, manque de reconnaissance, difficultés de disponibilité et pratiques locales qui, parfois, découragent l’engagement au lieu de le protéger.
Le SSPVF formule un reproche direct : les SDIS ne peuvent pas, d’un côté, appeler massivement les volontaires en temps de crise et, de l’autre, ignorer les alertes répétées sur l’érosion du volontariat. Le manque de volontaires disponibles n’est pas une fatalité, insiste le communiqué, mais le résultat d’années de décisions, de rigidités administratives et parfois d’un défaut de dialogue réel avec ceux qui font vivre le dispositif au quotidien. La France, résume le syndicat, ne peut pas redécouvrir à chaque grande crise que son modèle repose sur les volontaires, pour oublier ensuite leur fatigue et leur fidélisation une fois l’urgence passée.
Le syndicat rappelle toutefois un principe essentiel : les volontaires ne doivent jamais partir de manière isolée ou spontanée. Toute mobilisation doit s’inscrire dans les chaînes opérationnelles officielles, sous l’autorité des SDIS et des dispositifs de renfort organisés.
Un appel à toute la Nation
Le communiqué se conclut sur une adresse sans détour aux employeurs de France : « Libérez vos sapeurs-pompiers volontaires. Permettez-leur d’aller renforcer leurs collègues. Permettez-leur de protéger les populations. Permettez-leur de tenir dans la durée. »
Le syndicat réclame en parallèle l’ouverture d’un véritable chantier national sur la disponibilité, la fidélisation, la protection et la reconnaissance des volontaires, associant SDIS, présidents de CASDIS, directions départementales et État. Car, conclut-il, la lutte contre les feux de forêt n’est pas seulement l’affaire des SDIS : elle est celle de toute la Nation.
#webtube : Deux buts dans le dernier quart d’heure, un gardien remplaçant héroïque et une Seleção en larmes : la nuit de dimanche à lundi a scellé l’un des plus retentissants renversements de cette Coupe du monde 2026. Au MetLife Stadium de New York, la Norvège a éliminé le Brésil (2-1) grâce à un doublé d’Erling Haaland, se hissant pour la première fois de son histoire en quarts de finale. Quelques heures plus tôt, dans la fournaise du stade Aztèque, l’Angleterre avait déjà validé son billet aux dépens du Mexique (3-2).
Nyland et Haaland brisent le rêve brésilien
Longtemps, le Brésil a cru à sa bonne étoile. Dominateur, porté par la vitesse de Vinicius Junior et de Gabriel Martinelli, il a buté sur un homme : Ørjan Nyland. Le gardien remplaçant du Séville FC, propulsé titulaire, a livré un match proche de la perfection, multipliant les parades décisives et repoussant même un penalty de Bruno Guimarães dès la 14e minute. Un arrêt d’autant plus lourd de sens qu’aucun Brésilien n’avait manqué de penalty en Coupe du monde depuis Zico, quarante ans plus tôt, face aux Bleus.
Alors que la rencontre semblait promise à la prolongation, Haaland est sorti de sa réserve. D’une tête à bout portant sur un centre d’Andreas Schjelderup (79e), puis d’une frappe croisée tranchante dans le temps additionnel (90e), l’avant-centre de Manchester City a puni un adversaire incapable de concrétiser sa domination. Neymar, entré en fin de match pour ce qui restera son dernier acte en Coupe du monde, a réduit l’écart sur penalty dans les arrêts de jeu avant de fondre en larmes. Le doublé porte le géant norvégien en tête du classement des buteurs, à égalité avec Messi et Mbappé.
Pour le Brésil, l’élimination est cruelle et symbolique. Deuxième sortie dès les huitièmes dans son histoire, la Seleção prolonge une disette qui dure depuis vingt-quatre ans. Carlo Ancelotti hérite d’un chantier considérable, et l’on retiendra ce constat sans appel : les très grands joueurs brésiliens siègent désormais dans les tribunes VIP plutôt que sur la pelouse.
L’Angleterre survit à la fournaise aztèque
Dans un stade Aztèque incandescent, l’Angleterre a vécu une tout autre épreuve : celle d’un public entièrement acquis à l’adversaire, saluant chaque touche mexicaine d’un « olé » et couvrant de sifflets la moindre possession anglaise. Dominés techniquement pendant une demi-heure, les hommes de Thomas Tuchel ont d’abord été sauvés par leur gardien Jordan Pickford, avant de renverser le cours du jeu grâce à Jude Bellingham, auteur d’un doublé en deux minutes (36e, 38e) sur des offrandes de Bukayo Saka.
La suite fut un chaos maîtrisé. Réduits à dix après l’expulsion de Jarell Quansah (54e), menant 3-2 grâce à un penalty transformé par l’inévitable Harry Kane — son sixième but dans le tournoi —, les Anglais ont subi une fin de match étouffante face à une Tri poussée par sa ferveur. Deux penalties litigieux, un manque d’occasions franches côté mexicain malgré la supériorité numérique, et le score a tenu. Pragmatiques puis solidaires, les Trois Lions ont arraché leur qualification.
Un choc nordique contre les Trois Lions
Le tableau des quarts se dessine donc : la Norvège d’Haaland affrontera l’Angleterre de Bellingham et Kane, le samedi 11 juillet à Miami. Un duel entre une nation qui découvre les sommets et une sélection anglaise habituée aux promesses non tenues, mais qui avance cette fois avec le sérieux des équipes qui vont au bout. Entre la puissance létale du cyborg norvégien et la profondeur de l’effectif de Tuchel, l’affiche promet un combat que les amateurs de football à l’ancienne — ferveur, engagement, hymnes chantés à pleins poumons — savoureront sans réserve.
Ce soir, grose affiche avec Portugal-Espagne, suivi d’USA-Belgique
#webtube : Ils étaient environ 4 500, ce dimanche 5 juillet à Narbonne, vêtus de blanc, drapeaux tricolores au vent, à remonter en silence de l’hôtel de ville jusqu’à ce chantier où Louis, 17 ans, a été abandonné inconscient par ses agresseurs. Le jeune homme, passé à tabac le soir du 19 juin lors d’un guet-apens filmé par ses tortionnaires, a succombé quatre jours plus tard à ses blessures. Cinq individus âgés de 16 à 19 ans, dont trois mineurs, ont été mis en examen pour tentative d’assassinat et placés en détention provisoire.
Le chagrin d’une mère, la colère d’un pays
Devant la foule rassemblée sur les lieux du drame, la mère de Louis, qui n’a jamais souhaité livrer son nom, a pris la parole. Les organisateurs venaient de diffuser une chanson que l’adolescent, passionné de guitare, aurait écrite pour elle. Dans le cortège, on ravalait ses larmes.
Puis, aux sanglots a succédé une colère froide, méthodique. La mère a réclamé la fin de ce qu’elle nomme « l’excuse de minorité », rappelant que son fils aussi avait « une vie à construire ». Elle a exigé des peines lourdes, « incompressibles », et promis de se battre pour « redonner tout son sens au mot perpétuité ». Sous les applaudissements, une partie de la foule est allée plus loin encore, réclamant à plusieurs reprises le rétablissement de la peine capitale — au point qu’une femme, dans le cortège, dut rappeler que « ce n’était pas le moment ».
On peut discuter de ces revendications, de leur portée, de leurs limites juridiques. On ne peut pas discuter la douleur qui les porte, ni le sentiment, largement partagé, d’une justice devenue impuissante ou complaisante face à une violence gratuite et croissante.
BREAKING
Thousands join 17-year-old Louis’ mother in a protest march in Narbonne today to protest against how the state treated her son
Louis was head stomped to death in June for filing a police complaint against a previous assault by a migrant gang 🇫🇷 pic.twitter.com/fM50LRfx6s
Il faut rendre justice à la vérité des faits : l’hommage à Louis n’a pas été unique ni monolithique. Le week-end précédent, une première marche avait été organisée par des identitaires. La famille avait alors choisi de ne pas s’y associer, précisément pour éviter, selon ses mots, « toute récupération politique ». Le père de Louis a conduit de son côté un rassemblement plus sobre, à l’écart des drapeaux partisans. Et dimanche, la marche de la famille maternelle a rassemblé la foule la plus nombreuse, dans une ambiance ouvertement politique, avant que les proches ne s’éclipsent — laissant place à un bain de foule autour d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal, présents dans le cortège.
Ce respect du choix des proches, qui ont voulu tenir leur deuil à distance des étiquettes, n’appelle aucune réserve. Il mérite au contraire d’être salué. Mais il ne saurait servir d’alibi à ce qui a suivi dans une large partie du traitement médiatique.
L’ignominie d’un mot
Car voilà le procédé, désormais rodé : dès qu’une foule se lève pour pleurer une victime et réclamer justice, une partie de la presse et de la classe politique dégaine le même mot, « récupération », comme on abaisse une herse. Le message implicite est glaçant : ce chagrin serait suspect, cette colère illégitime, ces milliers de gens manipulés. Comme si le deuil populaire ne pouvait être sincère qu’à condition de rester muet, désarmé, sans revendication.
Ce reproche perpétuel de « récupération » n’est pas neutre. Il vise à disqualifier avant même d’écouter. Il transforme la question de fond — celle de la réponse pénale, de la récidive, de l’impunité ressentie — en simple affaire de posture partisane, qu’on peut donc balayer. Et il aboutit, in fine, à une forme d’effacement : que Louis meure, que sa famille souffre, mais que tout cela ne « serve » surtout à rien, ne débouche sur aucune leçon, aucune remise en cause, aucun débat. Que la victime retourne à l’anonymat d’où elle n’aurait jamais dû sortir.
BREAKING:
Thousands of furious Frenchmen are protesting in Narbonne today against 17-year-old Louis’ murder by a migrant gang.
On mesure là un deux poids deux mesures qui n’échappe plus à grand monde. Selon le profil des victimes ou des auteurs présumés, un fait divers deviendra « cause nationale » ou sombrera dans un silence pudique. Certaines morts ouvrent les éditions spéciales ; d’autres, gênantes, appellent surtout des précautions de langage et des mises en garde contre « l’instrumentalisation ».
Ne pas laisser mourir Louis une seconde fois
Le procureur de Narbonne a tenu à préciser que le crime n’avait « aucun lien avec un motif d’ordre racial ». Dont acte : rien ne justifie de plaquer sur ce drame une lecture qu’il ne porte pas. Mais l’inverse est tout aussi vrai : rien ne justifie de sommer un peuple endeuillé de se taire au nom de la crainte qu’il ne pense « mal ».
Une société qui interdit à ses morts de servir de leçon est une société qui a renoncé à se protéger. Les 4 500 personnes de Narbonne ne réclamaient rien d’autre, au fond, que d’être entendues : que la vie de Louis ait compté, et que sa mort ne soit pas vaine. C’est peut-être cela, la véritable dignité — non pas le silence qu’on exige d’elles, mais le refus obstiné de l’oubli.
#webtube : L’esprit barbare n’est pas l’apanage des casseurs et des racailles. Les élites « humanistes » participent à la décadence en se flattant d’accélérer « la mort dans la dignité ».
L’esprit barbare n’est pas l’apanage des casseurs et des racailles. Les élites « humanistes » participent à la décadence en se flattant d’accélérer « la mort dans la dignité ».
Monstrueux est le système qui veut euthanasier les vieux et ne protège plus les enfants. Or cette horreur démocratique est là, sous nos yeux. La découverte, le 4 juin dans un silo à grains du Gers, du corps de Lyhanna, 11 ans, a révélé l’inhumanité de la machinerie d’État guidée par un régime détraqué. La fillette a été violée et tuée par un pédophile, Jérôme Barella, laissé en paix par la justice et la gendarmerie en dépit de plaintes déposées par des familles. Ce drame, ajouté à d’autres, dit une indifférence pour les enfants sacrifiés.
Effarements
Derrière les effarements médiatiques contre les comportements de Gabriel Matzneff, dont les goûts pour « les moins de 16 ans » (un de ses livres) étaient applaudis naguère par la Rive gauche aujourd’hui courroucée, prospère un monde abject.
Les agressions des petits dans le périscolaire public, notamment à Paris (132 animateurs suspendus en juin), commencent à peine à être dévoilées. Elles existeraient depuis la réforme des rythmes scolaires, il y a une dizaine d’années. Or Emmanuel Grégoire (PS) s’est fait élire à la Mairie en étouffant le sujet. Une commission d’enquête parlementaire sur d’éventuels réseaux Epstein en France se heurte également aux refus de Yaël Braun-Pivet, pour l’Assemblée, et de Gérard Larcher, pour le Sénat. L’écrivain Chahdortt Djavann a présenté les dirigeants iraniens comme « des pédocriminels qui ont baissé l’âge du mariage pour les filles à 9 ans » (Le Figaro, 10 juin). Pourtant, l’omerta demeure sur le traitement sexuel des jeunes filles dans la partie la plus fondamentaliste du monde musulman, ici et ailleurs. Ainsi de suite…
Monde vicié
Rompre avec ce monde vicié est la seule issue pour ne pas se laisser entraîner dans sa chute. Le gouvernement ne maîtrise plus rien. Pas même les finances publiques proches de la banqueroute. Les émeutes du 30 mai, au prétexte de la victoire du PSG contre Arsenal à Budapest (Hongrie), ont à nouveau mis en scène la « nouvelle France », sublimée par Jean-Luc Mélenchon, dans ses ressentiments ethniques contre la nation. Aux cris de « Free Palestine ! », mot d’ordre agréé par le Qatar propriétaire du club parisien et sponsor du Hamas, des jeunes des cités ont terrorisé Paris (178 policiers et gendarmes blessés), dans une énième répétition d’une guerre civile. À Nantes, « ville refuge » pour les exilés et les gangs, les morts par armes à feu s’additionnent (quatre en mai).
L’esprit barbare n’est pas seulement chez ceux qui, au nom d’un marxisme islamisé, veulent en découdre avec la France. Les élites « humanistes » exhibent aussi leur décadence en se flattant d’accélérer « la mort dans la dignité » des improductifs. Dominique de Villepin désinforme quand il accuse Jordan Bardella de « mensonge », lui reprochant de faire un lien entre l’immigration et le rituel des razzias. L’imprécateur feint d’ignorer que nombre de ces jeunes Français se réclament de leurs origines arabo-musulmanes et de la charia. Les magistrats qui protestent de leur mise en cause dans la mort de Lyhanna confirment la déconnexion de leur caste. Et quand Emmanuel Macron déclare sur ce crime : « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur », il réitère son mépris pour ceux qui souffrent.
En Grande-Bretagne, le peuple excédé descend violemment dans les rues, à Southampton ou Belfast. La France des oubliés s’empêche encore. Tant mieux. Mais pour combien de temps ?
#webtube : La stratégie de Pathé, la canicule et la fête du cinéma n’expliquent pas à elles seules ce succès. Il y a quelque chose de plus. De Gaulle – le film – a opéré un rétablissement aussi inattendu que spectaculaire, et conforme au destin du paria de 1940 devenu le libérateur de 1944. En effet, le premier volet, sorti le 3 juin, intitulé La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer, connut un démarrage poussif faisant redouter, au bout d’une semaine, une catastrophe commerciale pour ce diptyque de 75 millions d’euros : seulement 380.000 entrées. La deuxième semaine, le film perd encore 40 % de son public ! Mais la troisième semaine (17-23 juin), le film, étonnamment, se redresse (+17 %), phénomène rare dans les annales du box-office. Que s’est-il donc passé pour que le miracle ait lieu ?
La stratégie de la production
Le producteur-distributeur Pathé bouleverse le calendrier de la sortie du second volet (La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom) et décide de l’avancer d’une semaine, le vendredi 26 juin, afin de profiter des quatre jours de la fête du Cinéma (du 28 juin au 1er juillet) et de ses tickets à 5 euros. La stratégie est payante : le premier volet enregistre 114 % d’entrées en plus par rapport à la précédente (464.184 entrées) et affiche un cumul de 1.354.770. La barre des deux millions se rapproche. Et la seconde partie réalise un bon démarrage, à 401.441 entrées. La mayonnaise a pris, la canicule poussant le public à rechercher des heures intelligentes et fortes à l’abri de la chaleur tout en revitalisant sa fibre patriotique. Par ailleurs, la production fait appel au youtubeur Inoxtag pour toucher un public plus jeune. Ce dernier a organisé plusieurs projections avec sa communauté dans des cinémas Pathé, avant d’échanger avec le réalisateur Antonin Baudry après les séances : de Gaulle devient tendance auprès d’un public pour qui il était un nom poussiéreux des cours d’histoire et qui découvre, stupéfait, l’héroïsme français des hommes de Kœnig et Leclerc dans les sables d’Afrique. Il faut saluer l’entreprise.
Le bouche-à-oreille, les réseaux
Mais la stratégie, la canicule et la fête du Cinéma n’expliquent pas, à elles seules, ce succès. Les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, à la sortie des salles comme dans les salles (applaudissements), en famille, avec les élèves et les étudiants, révèlent un phénomène plus profond : on partage son émotion, on découvre des épisodes peu connus, on manifeste le désir d’en savoir plus, on admire, on discute, et des partis pris du film (et de ses écarts avec la vérité historique) et de la geste et du personnage. On s’intéresse aux figures – complètement méconnues pour les plus jeunes – de Darlan, Giraud, Bonnier de La Chapelle. On est retourné par les batailles de Bir Hakeim et de la ligne Mareth. On désire en savoir plus, on lit, on va déterrer les vieilles éditions reliées des Mémoires de guerre : le livre ainsi que l’ouvrage de Julian Jackson De Gaulle – Une certaine idée de la France, qui est à la base du film, deviennent numéros 1 des ventes sur Amazon. Le film devient un véritable phénomène de société.
Un phénomène de fond
Ce phénomène s’inscrit d’abord dans le salutaire tournant de la production cinématographique française de ces dernières années : après Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, l’heure est à l’épopée et au panache français. Mais il révèle aussi, en creux, la défaillance de l’Éducation nationale qui n’a pas su transmettre cette épopée de la France libre aux jeunes générations, y compris dans les départements d’histoire de nos universités, préférant les questions de genre, d’études postcoloniales ou de développement durable. On peut d’ailleurs espérer que le film contribuera à relancer les études sur les Français libres : beaucoup a été écrit, mais bien des héros anonymes méritent de sortir de l’ombre en devenant des sujets de mémoires universitaires, de livres ou même de films ! Enfin, il traduit les inquiétudes profondes de la population française de tous âges sur la situation française actuelle face à l’impuissance politique et à la dilution de l’identité française, prise en étau entre l’Union européenne et la mondialisation, d’un côté, et l’immigration de masse, de l’autre. La question qui hante chacun, en sortant de ces films, à un an de l’élection présidentielle qui est l’un des derniers legs vivant que de Gaulle nous a faits, est bien celle-ci : s’il revenait maintenant, que penserait-il de la situation de la France et que ferait-il ?
Et cette question lancinante tout au long des deux films : à quoi bon tant de sacrifice et de courage quand on voit ce que nous avons fait de ce pays et ce qu'il est devenu aujourd'hui. https://t.co/j1bLwky6to
#webtube : Pendant que les Français subissent l’inflation, la hausse des impôts, l’insécurité et le déclin industriel, les politiciens centristes et de gauche de l’UE font avancer l’un de leurs projets les plus dangereux pour nos libertés et notre souveraineté nationale : l’euro numérique. Présenté comme une innocente « modernisation technologique », cette monnaie digitale de banque centrale recèle en réalité un risque de contrôle social et une nouvelle étape dans la dépossession des États nations.
L’euro numérique est une monnaie numérique de banque centrale émise directement par la BCE. Il s’agit de l’équivalent électronique des billets et pièces, mais avec des fonctionnalités qui vont bien au-delà : paiements instantanés, traçabilité potentielle et possibilité future de programmation des usages.
La BCE jure qu’il complétera l’argent liquide sans le remplacer. Pourtant, dans un monde où ce dernier est déjà en recul constant, cette « complémentarité » ressemble fort à une transition vers l’extinction progressive du seul moyen de paiement réellement anonyme. Les citoyens pourront détenir des euros numériques dans un portefeuille digital distribué via les banques ou des prestataires agréés, avec des plafonds de détention (autour de 500 à 3000 euros selon les scénarios testés) censés protéger les banques commerciales.
En apparence technique, ce projet pose une question politique fondamentale : qui doit contrôler l’argent des citoyens ? La réponse de la BCE est claire : elle-même, au niveau supranational.
Une procédure à marche forcée
Le projet avance à grande vitesse. La phase préparatoire s’est terminée en octobre 2025. La BCE est désormais dans une phase de préparatifs techniques intensifs : rédaction des règles techniques, sélection de fournisseurs européens, tests d’interopérabilité et plateforme d’innovation. Un projet pilote avec de véritables transactions est programmé pour le second semestre 2027. L’objectif affiché est une première émission à grande échelle en 2029.
Sur le plan législatif, la Commission a déposé sa proposition de règlement en juin 2023. Le Parlement européen a voté sa position en 2025-2026 avec une majorité favorable (Renew, PPE, socialistes). Le Conseil de l’UE a adopté son mandat fin 2025.
La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen vient de voteren faveur de la création de l’euro numérique (position sur le règlement établissant l’euro numérique). Le texte a été adopté adopté par 43 voix pour, 14 voix contre et 1 abstention.
Principaux groupes qui ont voté en faveur (majorité) :
Renew Europe (incluant Renaissance, MoDem, Horizons) → Très majoritairement pour
PPE (Parti Populaire Européen, incluant Les Républicains2) → Majoritairement pour
S&D (Socialistes & Démocrates, incluant PS et Place Publique) → Majoritairement pour
Verts/ALE → Largement pour
Une partie de The Left dont les parlementaires LFI.
Principaux opposants (contre) :
Patriotes pour l’Europe / ID (dont le Rassemblement National) → Majoritairement contre
ECR (Conservateurs et Réformistes, dont une partie de la droite) → Majoritairement contre ou abstention.
Ce vote en commission est une étape importante qui renforce la probabilité d’une adoption finale du texte par le Parlement européen dans les mois à venir.
Le clivage est net : les fédéralistes européens contre ceux qui défendent encore la nation et les libertés concrètes des citoyens.
Les risques pour les libertés publiques : vers un système de surveillance généralisée
Les autorités de protection des données ont multiplié les alertes sévères :
Traçabilité massive : toutes les transactions en ligne seraient enregistrées pour lutter contre le blanchiment et le terrorisme. Même avec une pseudo anonymisation, la ré-identification reste possible via recoupement de données. Au surplus, rien n’interdira d’élargir le champ de la traçabilité à d’autres domaines, tels que les opinions opposées aux idéologies promues l’UE ;
Version hors ligne insuffisante : censée offrir un anonymat proche du numéraire, elle est encore immature techniquement et limitée dans ses usages ;
Actuellement il n‘est pas prévu de système de monnaie programmable : mais compte tenu du virage de plus en plus autoritaire de l’extrême-centre, la possibilité existe d’ajouter des règles (date d’expiration des fonds, restriction à certains achats, incitations ou blocages selon le comportement). Ce pourrait prendre la forme d’une modification du règlement ou d’une extension autorisée par la cour de justice de l’Union européenne ;
Exclusion numérique : les plus vulnérables (personnes âgées, ruraux, précaires, sans smartphone) risquent d’être progressivement marginalisés.
C’est la porte grande ouverte à un crédit social à l’européenne : votre argent deviendrait un outil de contrôle social et idéologique.
Au-delà des libertés individuelles, l’euro numérique représente une perte majeure et supplémentaire de souveraineté pour les États nations.
En confiant à la BCE le contrôle direct d’une nouvelle forme de monnaie accessible à tous, les gouvernements nationaux abdiquent un peu plus leur pouvoir monétaire. La France, comme les autres pays, perdra encore davantage la maîtrise de sa politique économique. Les décisions sur les flux monétaires, les incitations ou les restrictions éventuelles seront prises à Francfort, hors de tout contrôle démocratique national.
C’est l’aboutissement logique de l’euro classique : après avoir supprimé les monnaies nationales, on supprime désormais le contrôle concret de l’usage de l’argent par les citoyens et par les États. La souveraineté monétaire, budgétaire et politique s’efface au profit d’une Europe fédérale imposée par la bande. Les États deviennent de simples provinces administratives d’un empire technocratique.
Autres dangers concrets
Désintermédiation bancaire : fuite des dépôts vers l’euro numérique, réduction de la capacité des banques à financer l’économie réelle, risques sur la stabilité financière ;
Cybersécurité : une infrastructure centrale ultra-sensible deviendra une cible privilégiée pour les cyberattaques étatiques. Une panne majeure pourrait paralyser l’économie européenne ;
Coûts exorbitants : plusieurs milliards d’euros pour le développement et le fonctionnement, financés in fine par le contribuable.
L’alternative : des systèmes décentralisés sur une base intergouvernementale :
L’euro numérique est une fausse solution fédéraliste. La vraie souveraineté passe par des systèmes nationaux puissants ou une coopération volontaire entre États souverains. La France a les moyens (savoir-faire bancaire, technologies financières dynamiques, Banque de France) de redevenir leader sans se soumettre à la BCE. C’est une question de volonté politique.
Au lieu de créer un monopole centralisé sous l’autorité exclusive de la BCE, on peut renforcer et accélérer des solutions interbancaires comme Wero (European Payments Initiative), actuellement purement privé.
Une autreoption est de développer ce dispositif sur une base intergouvernementale stricte : une coopération volontaire entre États souverains, sans transfert de souveraineté à une institution supranationale.
Pourquoi cette approche est supérieure à l’euro numérique
Gouvernance partagée et droit de veto national. Chaque État participant conserverait un droit de veto sur les décisions stratégiques (standards techniques, règles d’accès, localisation des données). Contrairement à l’euro numérique où la BCE décide seule, aucun pays ne serait mis en minorité. La France pourrait bloquer toute évolution qui nuirait à ses intérêts nationaux ;
Concurrence saine entre systèmes nationaux. Au lieu d’un système unique imposé à tous, chaque pays pourrait développer ou maintenir sa propre infrastructure tout en l’interconnectant avec celles des partenaires. Cela créerait une émulation positive : la France pourrait innover plus rapidement sans attendre l’accord de 27 États ;
Données et infrastructures sous contrôle des États. Les données de paiement resteraient sous juridiction nationale (hébergement en France, soumises au droit français). Cela limite considérablement les risques de surveillance centralisée et renforce la souveraineté numérique réelle ;
Innovation encouragée au niveau national. Les banques et jeunes pousses françaises seraient directement incitées à développer des solutions compétitives. On évite le frein bureaucratique d’un grand projet européen unique.
Jean Lamolie, Riposte Laïque
1 Guy de la Fortelle, et Philippe Herlin : « L’euro numérique est un pas supplémentaire vers notre soviétisation ! » : https://lemediaen442.fr/guy-de-la-fortelle-et-philippe-herlin-leuro-numerique-est-un-pas-supplementaire-vers-notre-sovietisation/
3 Contribuables associés : derrière l’euro numérique se profile un transfert d’argent vers la BCE – la Banque centrale européenne – et une addition de plusieurs milliards pour les contribuables européens. https://contribuablesassocies.org/2026/06/26/euro-numerique-la-bce-a-lassaut-de-votre-compte-courant/