. Brevet : la farce continue !

Spread the love

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Jusqu’où descendre pour que les élèves puissent faire les exercices ? Je pense que la question essentielle que se posent maintenant les concepteurs des épreuves du brevet est : jusqu’où descendre pour que les élèves puissent faire les exercices ? Cette année, les épreuves étaient d’un bon niveau de CM1. Enfin, d’un vrai CM1, pas le CM1 de la maîtresse écolo-midinetto-influenceuse qui développe des trésors d’imagination niaise pour enseigner trois notions simples.

Tant de difficultés !

En français, le texte était, comme de coutume depuis dix ans, consacré à la guerre. Blaise Cendrars est un grand écrivain ; le texte était beau. Sur ce texte, on leur a posé des questions d’une difficulté effarante. « Quel sentiment ou quelle émotion (on a visiblement renoncé à distinguer entre les deux…) éprouve le narrateur dans [la] première partie du texte ? » On regarde le texte : « J’aurais crié de frayeur » (l.5). Dur ! Question suivante. On isole un passage du texte : « Mais si…J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » Question terrible : « Recopiez les verbes conjugués. Indiquez le mode et le temps de ces verbes. » On leur demande donc d’identifier du présent de l’indicatif, le premier temps que l’on apprend en classe de CP. Question suivante ? Décomposer le mot (tout le sujet utilise le terme « mot » sans jamais être plus précis, de peur que les élèves ne connaissent plus le sens des termes « adjectif », « nom »…) « invisible », en expliquer le sens et donner un mot de la même famille. Seigneur ! Comment ose-t-on confronter nos enfants à de telles difficultés ?

Il suffit de recopier le titre…

Épuisés par l’épreuve de français, les candidats ont eu un week-end (une dominique ?) pour se reposer. Puis ils ont vaillamment abordé l’épreuve d’histoire-géographie. Le premier document était une publicité mettant en scène un randonneur avec un slogan percutant : « Pour tous les joggeurs du métro, option fitness « escalators », venez aussi user vos baskets dans le Morvan ! » Le titre du document était : « Une campagne publicitaire du Morvan (région Bourgogne-Franche-Comté) dans le métro parisien en mars 2019 ». La première question posée aux candidats : « Nommez l’espace de faible densité présenté dans ce document et la région à laquelle il appartient. Une réponse courte est attendue. » Nous sommes bien d’accord, il suffit de recopier le titre ! Juste de le recopier, car on leur demande une « réponse courte » et le sujet nous rappelle, quelques lignes au-dessus, de quoi il s’agit : « On entend par « réponse courte » : un mot, une expression ou une citation de texte. » Voilà, voilà, faire une phrase n’est même plus nécessaire, citer quelques mots suffit. Je suppose que les correcteurs perdaient un temps fou à essayer de déchiffrer des phrases mal construites. Ils ont dû se dire que des réponses constituées de deux ou trois mots feraient tout aussi bien l’affaire et seraient bien plus rapides à corriger. La frise chronologique ? On leur demande ça : « À l’intérieur de la frise, coloriez la période de la Première Guerre mondiale en précisant les dates de début et de fin. »

L’épreuve de mathématiques sauvera-t-elle l’honneur ? En partie. Disons que le sujet en est moins honteux que les autres, même s’il ne présente absolument aucune difficulté. On prend quand même les élèves pour des buses : « Parmi les propositions suivantes, laquelle est le périmètre de la figure ci-contre ? » La figure est un rectangle de 10 mm sur 5 mm, et on leur propose quatre réponses : 30 mm, 50 mm, 30 mm2, 50 mm2. Ah, les coquins qui tendent un piège aux élèves pour vérifier qu’ils savent bien distinguer un périmètre d’une aire ! C’était le programme de CE2 !

À ce sujet — [TÉMOIGNAGE] Dépénalisation du brevet

40 % de réussite aux épreuves écrites

Exercice témoin donné par l’État pour le programme de CE1 : « Dans mes deux coffres, j’ai 227 billes. J’en ai 113 dans mon coffre vert. Combien en ai-je dans mon coffre rouge ? »

Exercice du brevet 2026 : « L’Australie a obtenu au total 63 médailles : 17 d’argent et 28 de bronze. Calculer le nombre de médailles d’or obtenues par l’Australie. »

Malgré la facilité scandaleuse des sujets et les consignes de bienveillance et de cécité sélective que reçoivent les correcteurs, seuls 40 % des élèves obtiennent, chaque année, la moyenne aux épreuves écrites. Mazette !

Notre directeur s’est réjoui hier : quatre de nos élèves ne se sont même pas présentés aux épreuves. Ouf ! Ils ne seront pas dans les statistiques. Pour la direction, ce sont surtout ces statistiques qui comptent, car d’elles dépendent nos crédits, nos heures, nos moyens de fonctionnement. C’est ça, le choc des savoirs !

Virginie Fontcalel, dans BV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *