#webtube : Climat : entre fatalisme et culpabilité, qui a raison ? Le réchauffement climatique divise toujours. Pour les uns, l’homme n’y est pour rien, la Terre a toujours évolué ainsi. Pour les autres, l’activité humaine accélère un dérèglement sans précédent depuis l’ère préindustrielle. Les premiers pointent les cycles historiques, les seconds, les records de canicules et les catastrophes en série. La France, elle, subit déjà les conséquences : incendies, surmortalité, infrastructures en crise. Alors, phénomène naturel… ou crime contre l’avenir ? – Autre sujet, Brexit, Frexit : Indépendance ou sécurité, quel choix pour la France ?Le Brexit a permis au Royaume-Uni de retrouver sa souveraineté mais au prix d’un bilan économique contrasté. Pour la France, un Frexit promettrait une libération des contraintes européennes, mais avec des risques importants : dette explosive, hausse du chômage et isolement diplomatique. Entre indépendance et stabilité, quel est le prix à payer ?
#webtube : Contexte –L’Europe est censée disposer des normes de sécurité alimentaire les plus strictes au monde. Le consommateur attend, légitimement, que ce qu’il pose sur sa table soit de qualité et sans danger — et qu’il sache ce qu’il mange. Deux affaires récentes, l’une sur le continent, l’autre au Royaume-Uni, viennent pourtant rappeler que l’exigence de traçabilité n’est pas toujours respectée, avec pour résultat des consommateurs tantôt malades, tantôt trompés, parfois les deux.
Les sources
Une épidémie de salmonelle venue de nouilles instantanées
L’Autorité européenne de sécurité des aliments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ont relié les cas à des produits d’une même marque, recensés en Autriche, au Royaume-Uni, en Tchéquie, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Hongrie, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne et en Suède. Les souches bactériennes en cause pointaient vers un producteur ukrainien. La marque Reeva, propriété de la société vietnamienne Uniben, a fini par reconnaître la « détection alléguée » de Salmonella Stanley dans un lot de nouilles distribué sur le marché balte et fabriqué par Euro Food Service, un industriel ukrainien. Les lots concernés ont depuis été retirés, l’entreprise assurant avoir pris les mesures nécessaires.
Que s’est-il passé et pourquoi ?
Le maillon faible de la traçabilité
Reprenons le fil : une entreprise vietnamienne sous-traite sa production à l’Ukraine, pays en guerre et État non membre de l’Union. Pourquoi pas, dira-t-on. Sauf que ni le Vietnam ni l’Ukraine ne sont tenus de se plier aux standards exigeants imposés aux producteurs européens. Et ces produits finissent malgré tout dans les rayons des supermarchés locaux, où le consommateur, de bonne foi, présume que tout ce qui est mis en vente est propre à la consommation.
Cette faille en dit long sur une contradiction plus large. Dans le même temps, Bruxelles s’emploie à signer des accords comme le Mercosur, qui autorisent l’afflux de produits agricoles issus de pays où les normes environnementales et sanitaires diffèrent de celles de l’Union — au risque de fragiliser des milliers d’exploitations européennes. Le tout sur fond de ce que les agriculteurs dénoncent comme un étouffement de la Politique agricole commune, entre coupes budgétaires et surcharge de règles environnementales. D’un côté, on asphyxie le producteur local sous les contraintes ; de l’autre, on ouvre grand la porte à des importations échappant à ces mêmes exigences.
Des kebabs « à l’agneau »… à la chèvre et au gras
Le second dossier, révélé par la BBC, nous mène outre-Manche. Kismet Kebabs, qui se présente comme l’un des plus gros fabricants de döner kebabs du Royaume-Uni, trompait ses clients depuis des années. Des tests ADN menés par les services de contrôle en 2020 et 2021 ont montré que des kebabs censés contenir « 70 % d’agneau » affichaient en réalité « moins de 10 % de mouton ». L’essentiel était en fait composé de peau, de graisse et de chèvre.
Une descente dans l’usine, en mai 2021, a levé le voile sur la recette : aucune livraison d’agneau n’y parvenait. Un enquêteur cité par la BBC décrit des palettes de chèvre, des chutes à forte teneur en graisse, des cartons de gras et de peau, des morceaux de mouton — le tout passé dans un gigantesque hachoir jusqu’à ressembler à de la pâte à modeler. L’entreprise a écopé le mois dernier d’une amende de 500 000 livres après avoir reconnu une fraude remontant à 2021.
Que faire ?
Deux affaires, un même constat : derrière les promesses d’un modèle sanitaire irréprochable, la réalité de ce que nous mettons dans nos assiettes mérite, plus que jamais, d’être regardée de près.
#webtube : Contexte – Après sept heures de négociations, la coalition au pouvoir en Allemagne a présenté le 2 juillet un vaste ensemble de réformes en 34 points, censé relancer la première économie d’Europe. Fiscalité, retraites, arrêts maladie, bureaucratie : le chancelier Friedrich Merz entend faire adopter les principaux éléments de ce plan par le Parlement d’ici la fin de l’année. « Nous voulons remettre l’Allemagne sur les rails », a-t-il déclaré à Berlin.
Le paquet réunit les conservateurs de la CDU/CSU et les sociaux-démocrates du SPD, qui gouvernent ensemble. Son volet fiscal, le plus disputé entre les deux camps, prévoit environ 10 milliards d’euros d’allégements annuels, principalement au bénéfice des familles à revenus faibles et moyens — un gain estimé à quelque 600 euros par an pour un ménage moyen.
QUI EST CONCERNE ?
Un barème réaménagé pour les hauts revenus
Le compromis trouvé introduit une progressivité accrue en haut de l’échelle. Le seuil d’application du taux de 42 % serait relevé aux revenus supérieurs à 70 000 euros. Au-delà, un taux de 45 % s’appliquerait dès 250 000 euros de revenu annuel, et de 47 % à partir de 280 000 euros. La coalition évoque un « partage équitable de la charge » via une hausse modérée de l’imposition des plus aisés — une exigence portée par le SPD, quand la CDU/CSU avait initialement écarté toute augmentation. Les sources de presse divergent toutefois sur le détail de ce barème, certaines évoquant plus simplement un passage du taux supérieur de 45 à 47 %.
Arrêts maladie : la fin des déclarations sans médecin
Le durcissement des règles sur les congés maladie constitue l’une des mesures les plus commentées. Merz s’était plaint à plusieurs reprises d’un absentéisme jugé trop élevé, nuisible à la productivité. À l’avenir, les employeurs pourraient exiger un certificat médical dès le premier jour d’absence, contre le quatrième aujourd’hui, mettant fin à la possibilité de se déclarer malade quelques jours sans consulter, ou d’obtenir un arrêt par téléphone.
Le plan prévoit aussi d’élargir le recours aux contrats à durée déterminée, d’allonger les horaires d’ouverture dominicaux, d’interdire la nationalisation des sociétés de logement pour rassurer les investisseurs, et de réduire les effectifs des ministères de 8 % grâce à la numérisation. Plusieurs dispositifs administratifs seraient par ailleurs limités dans le temps par des clauses d’extinction.
Une retraite alignée sur l’espérance de vie
Le volet retraites prévoit un relèvement progressif de l’âge de départ — aujourd’hui compris entre 65 et 67 ans selon la durée de cotisation — en l’indexant sur l’espérance de vie, donc potentiellement au-delà de 67 ans. La coalition entend suivre les recommandations d’un groupe d’experts mandaté pour stabiliser un système à bout de souffle, avec l’objectif d’éviter à la fois une baisse des pensions et une forte hausse durable des cotisations. La ministre du Travail Bärbel Bas (SPD) a salué un « chef-d’œuvre ».
Un plan salué par le patronat, contesté par l’AfD
L’accueil a été largement favorable du côté patronal et bancaire. Le président de l’Association des employeurs y a vu un « changement de cap attendu depuis longtemps », tandis que plusieurs analystes, chez ING comme à la Deutsche Bank, ont salué l’un des plans de réformes les plus substantiels depuis des décennies. Le principal syndicat, IG Metall, s’est réjoui des allégements fiscaux tout en dénonçant l’extension des contrats précaires, qualifiée d’« attaque contre les droits des travailleurs ».
QUE RISQUE-T-IL DE SE PASSER ?
Ce calendrier n’est pas neutre : des élections régionales se tiennent en septembre en Saxe-Anhalt, à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) figure en tête des sondages dans plusieurs Länder — et au niveau national depuis des mois. Sa coprésidente Alice Weidel a tourné le plan en dérision, y voyant une « redistribution encore plus à gauche » et des « compromis minimaux qui ne méritent pas d’être appelés des réformes ». Le contexte économique reste lourd : après deux années de récession et une stagnation en 2025, l’Allemagne compose avec la perte du gaz russe bon marché, les difficultés de son industrie automobile et la concurrence chinoise, sur fond de prévisions de croissance revues à la baisse.
#webtube : Marine Le Pen finalement éligible, ou Jordan Bardella candidat-successeur : deux scénarios dont le RN pourra tirer profit. « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ». A Liévin (62) sur ses terres de corons, Marine Le Pen donne le ton. Ce 4 juillet, en reprenant ces paroles du Chant des partisans devant les militants du RN, la députée du Pas-de-Calais se présente résolument combative à trois jours du verdict qui pourrait guillotiner son parcours politique. « Voilà un petit message à destination de ceux qui pensent qu’il suffit de nous mettre des obstacles devant nous pour nous décourager » précise-t-elle lors d’un banquet qui avait comme but premier d’afficher l’unité entre les deux têtes du mouvement.
Les embrassades chaleureuses avec Jordan Bardella peuvent apparaître comme une passation de flambeau avant l’heure. « Jordan et moi nous travaillons ensemble, nous avons une amitié l’un pour l’autre » affirme la chef de file des députés RN qui prévient ses adversaires : « Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’à la victoire ».
Contexte :
Ce mardi 7 juillet, l’ancienne présidente du Rassemblement national connaîtra son sort. Tout est prêt. Avec ses avocats et ses conseillers, tous les scénarios ont été passés au crible, de telle sorte qu’à la prononciation du verdict, Marine Le Pen saura si elle est en mesure de se présenter. Le 20h de TF1 a été réservé. Les Français découvriront, le soir même, s’ils pourront glisser une neuvième fois le bulletin Le Pen dans l’urne d’un scrutin présidentiel. Un jour tant attendu qui sonne déjà comme une délivrance au RN. Depuis un an, impossible de structurer véritablement une campagne et un programme tant que la tête de file n’est pas connue.
Analyse :
Le « Phénix » peut-il renaître ?
« Si je ne peux pas être candidate, je serai une militante » lance à Liévin celle qu’on surnomme en interne « la patronne ». Au RN, à l’image de cette dernière, l’esprit est combatif. « Je ne suis pas madame Irma » soupire toutefois un député RN à BV, témoignant de l’incertitude totale qui règne. « Moi je crois toujours que Marine Le Pen pourra être candidate, affirme auprès de BV, Caroline Parmentier, amie proche de celle qui prit la présidence du RN en 2011, les Le Pen ont toujours eu la baraka.»
« Colère, stress et espoir ». L’eurodéputé Gilles Pennelle dépeint auprès de BV le sentiment qui règne au sein du parti à la flamme. « Colère parce que c’est les juges qui décident maintenant qui est candidat, c’est un grand pas vers le totalitarisme ; stress car c’est une situation incroyable qu’on n’a jamais vue dans l’histoire politique française, cette décision conditionne toute la campagne électorale à venir ». Mais… face je gagne, pile tu perds. Au Rassemblement national, cette tension trouvera deux issues qui pourront lui être favorables. Si Marine Le Pen est, contre toute attente, en mesure de se présenter, alors la fille de Jean-Marie Le Pen renaîtra tel le « Phénix » comme l’a indiqué le député de Marseille Franck Allisio sur Europe 1 ; « elle sera invincible », lance Caroline Parmentier.
QUE RISQUE-T-IL DE SE PASSER ?
« Nous vivons un moment historique »
Dans la seconde hypothèse où elle devrait être empêchée de concourir, le RN pourrait capitaliser sur deux phénomènes : la grande frustration qui animera militants et sympathisants qui auront à cœur de venger dans les urnes celle qui porte le combat national dans le cœur de millions de Français depuis 15 ans. « On priverait les Français de leur candidat » explique Caroline Parmentier qui croit que le « sentiment cruel d’injustice » sera un moteur puissant dans la campagne.
Ensuite « l’espoir » qu’incarne le président du RN, qui est prêt à remplir sa mission au pied levé. « Même si Marine Le Pen était dans l’incapacité de se présenter, nous avons un excellent candidat qui s’appelle Jordan Bardella » rappelle Gilles Pennelle. Une situation d’autant plus gagnante que « Marine Le Pen fera campagne avec lui », s’enthousiasme Caroline Parmentier.
« Nous vivons un moment historique », commente un parlementaire RN contacté par BV. En cette veille de verdict fatidique, les nerfs sont éprouvés. « C’est dure, que cette journée est longue », glisse l’élu.