. La Bataille de Gaulle est gagnée : les ressorts du miracle

Spread the love

Articles : Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : La stratégie de Pathé, la canicule et la fête du cinéma n’expliquent pas à elles seules ce succès. Il y a quelque chose de plus. De Gaulle – le film – a opéré un rétablissement aussi inattendu que spectaculaire, et conforme au destin du paria de 1940 devenu le libérateur de 1944. En effet, le premier volet, sorti le 3 juin, intitulé La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer, connut un démarrage poussif faisant redouter, au bout d’une semaine, une catastrophe commerciale pour ce diptyque de 75 millions d’euros : seulement 380.000 entrées. La deuxième semaine, le film perd encore 40 % de son public ! Mais la troisième semaine (17-23 juin), le film, étonnamment, se redresse (+17 %), phénomène rare dans les annales du box-office. Que s’est-il donc passé pour que le miracle ait lieu ?

La stratégie de la production

Le producteur-distributeur Pathé bouleverse le calendrier de la sortie du second volet (La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom) et décide de l’avancer d’une semaine, le vendredi 26 juin, afin de profiter des quatre jours de la fête du Cinéma (du 28 juin au 1er juillet) et de ses tickets à 5 euros. La stratégie est payante : le premier volet enregistre 114 % d’entrées en plus par rapport à la précédente (464.184 entrées) et affiche un cumul de 1.354.770. La barre des deux millions se rapproche. Et la seconde partie réalise un bon démarrage, à 401.441 entrées. La mayonnaise a pris, la canicule poussant le public à rechercher des heures intelligentes et fortes à l’abri de la chaleur tout en revitalisant sa fibre patriotique. Par ailleurs, la production fait appel au youtubeur Inoxtag pour toucher un public plus jeune. Ce dernier a organisé plusieurs projections avec sa communauté dans des cinémas Pathé, avant d’échanger avec le réalisateur Antonin Baudry après les séances : de Gaulle devient tendance auprès d’un public pour qui il était un nom poussiéreux des cours d’histoire et qui découvre, stupéfait, l’héroïsme français des hommes de Kœnig et Leclerc dans les sables d’Afrique. Il faut saluer l’entreprise.

Le bouche-à-oreille, les réseaux

Mais la stratégie, la canicule et la fête du Cinéma n’expliquent pas, à elles seules, ce succès. Les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, à la sortie des salles comme dans les salles (applaudissements), en famille, avec les élèves et les étudiants, révèlent un phénomène plus profond : on partage son émotion, on découvre des épisodes peu connus, on manifeste le désir d’en savoir plus, on admire, on discute, et des partis pris du film (et de ses écarts avec la vérité historique) et de la geste et du personnage. On s’intéresse aux figures – complètement méconnues pour les plus jeunes – de Darlan, Giraud, Bonnier de La Chapelle. On est retourné par les batailles de Bir Hakeim et de la ligne Mareth. On désire en savoir plus, on lit, on va déterrer les vieilles éditions reliées des Mémoires de guerre : le livre ainsi que l’ouvrage de Julian Jackson De Gaulle – Une certaine idée de la France, qui est à la base du film, deviennent numéros 1 des ventes sur Amazon. Le film devient un véritable phénomène de société.

Un phénomène de fond

Ce phénomène s’inscrit d’abord dans le salutaire tournant de la production cinématographique française de ces dernières années : après Les Trois MousquetairesLe Comte de Monte-Cristo, l’heure est à l’épopée et au panache français. Mais il révèle aussi, en creux, la défaillance de l’Éducation nationale qui n’a pas su transmettre cette épopée de la France libre aux jeunes générations, y compris dans les départements d’histoire de nos universités, préférant les questions de genre, d’études postcoloniales ou de développement durable. On peut d’ailleurs espérer que le film contribuera à relancer les études sur les Français libres : beaucoup a été écrit, mais bien des héros anonymes méritent de sortir de l’ombre en devenant des sujets de mémoires universitaires, de livres ou même de films ! Enfin, il traduit les inquiétudes profondes de la population française de tous âges sur la situation française actuelle face à l’impuissance politique et à la dilution de l’identité française, prise en étau entre l’Union européenne et la mondialisation, d’un côté, et l’immigration de masse, de l’autre. La question qui hante chacun, en sortant de ces films, à un an de l’élection présidentielle qui est l’un des derniers legs vivant que de Gaulle nous a faits, est bien celle-ci : s’il revenait maintenant, que penserait-il de la situation de la France et que ferait-il ?

À ce sujet — [Cinéma]La Bataille de Gaulle, une première partie qui peine à convaincre

Frédéric Sirgant, dans BV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *