– Émeutes : « acte II » le 24 octobre, avant une nuit des « ténèbres » le 31 ?

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#webtube : De nouveaux appels aux émeutes circulent sur les réseaux. Les autorités sont prévenues. Des commerces pillés, des bâtiments publics attaqués, des voitures incendiées : le 17 octobre, les violences ont frappé plusieurs villes de France. L’État n’a pas réussi à empêcher le chaos et la perspective de recommencer pourrait bien en tenter certains. Sur les réseaux sociaux, les appels à une nouvelle mobilisation circulent déjà. Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 24 octobre.

Contacté par BV, Yoann Maras, délégué national Alliance Police, refuse que la responsabilité des événements soit rejetée sur les seuls policiers. « On essaie de faire de la police nationale le bouc émissaire de ce qu’il s’est passé samedi. Mais la police nationale a essayé de tenir la République et elle le fera encore samedi prochain. » Le représentant syndical conteste les critiques formulées après les débordements. « C’est un peu facile de venir dire ensuite que le dispositif n’était pas à la hauteur. Ce n’est pas une science exacte. »

Un « acte II » le 24 octobre ?

Sur les réseaux sociaux, des messages appellent à une « alliance » entre les cités de Marseille et celles de Paris. L’objectif affiché est de prolonger les violences du 17 octobre. Le phénomène inquiète d’autant plus que les appels circulent rapidement, échappant en partie aux circuits habituels de mobilisation. « Nous, Marseille, on va partir à Paris ! Y a plus rien à récupérer chez nous, on arrive chez vous ! », prévient un « jeune », menaçant. « Ça va péter, wesh », ajoute un autre.

Face à ces appels, les services de police gardent leur calme. « On se prépare avec des dispositifs policiers qui seront faits au dernier moment, comme à chaque fois, parce qu’on attend d’être au plus près de l’événement avant de déclencher les dispositifs, nous confie Yoann Maras. À trop anticiper le dispositif, parfois, il finit par être connu parce qu’il peut y avoir des fuites, et ça peut nous mettre en difficulté. Jusqu’au dernier jour, on travaille pour essayer de calibrer le dispositif au mieux par rapport à l’événement. »

Le 31 octobre, les « ténèbres » annoncées sur TikTok

Après le 24 octobre, une autre date circule, sur TikTok : le 31 octobre. « Les 17-18, c’était échauffement. Le max, c’est le 24, et la victoire, c’est le 31 ! », annonce ainsi un certain « Isma ». Un visuel largement relayé met en scène des silhouettes masquées aux visages grimaçants, sur fond de flammes, devant une mairie, un commissariat et une préfecture.

Faut-il prendre ces annonces au sérieux ? Yoann Maras rappelle la difficulté de distinguer les menaces crédibles des effets d’annonce. « C’est toute la complexité de ces phénomènes, avec les réseaux sociaux, les boucles cryptées et l’intelligence artificielle. Tous ces visuels sont faits à base d’IA. Même un môme de 14 ans peut faire ça en trois clics. » Il souligne que le phénomène s’était déjà manifesté avant les événements du 17 octobre. « On avait déjà vu ce phénomène grandir sur la journée du 17 octobre et une multitude de visuels circuler sur beaucoup de réseaux sociaux, TikTok, Snapchat, etc. » Le syndicaliste décrit cependant un effet d’entraînement susceptible de transformer quelques messages en mobilisation réelle. « L’effet de foule qu’on voit sur le terrain existe aussi sur les réseaux. Plus le message est diffusé, plus ça peut enclencher une mécanique. »

Police/justice : l’urgence d’un changement de cap

Au-delà des prochaines échéances, le syndicat réclame une réponse structurelle. « Ça fait plus d’un an qu’on explique qu’on n’est plus dimensionné pour répondre à la délinquance de notre pays. On se fait déborder d’événement en événement. Il faut un changement complet de paradigme au plus haut sommet de l’État… Quand on est dans une situation comme celle-là, ce ne sont pas des couvre-feux, qu’il faut faire. On devrait déclarer l’état d’urgence, interdire toutes les manifestations jusqu’à nouvel ordre pour éviter que samedi, on se retrouve à vivre la même chose que le 17 octobre. »

Reste la question cruciale de la Justice. Les premiers majeurs interpellés sont actuellement jugés en comparution immédiate et les décisions rendues sont scrutées de près. Yoann Maras prévient : « Si vous avez une fermeté telle qu’elle est annoncée par notre garde des Sceaux et que des détentions provisoires ou des mandats de dépôt tombent en rafales, ça peut avoir un effet dissuasif. Si, au contraire – et les premières informations qui me remontent vont dans ce sens-là –, le message envoyé est : « Le 24, allez-y, c’est open bar, vous pouvez recommencer »… il ne faut pas s’étonner qu’on en arrive là. »

Jean Kast, dans BV

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