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#webtube : Le gouvernement italien a annoncé le déploiement de 500 militaires à Milan, avec des prérogatives de police temporaire. L’onde de choc des tensions sociales qui ébranle la France ne s’arrête pas à ses frontières. Si le coût de la vie et la crise de l’immobilier sont l’étendard relayé par les médias pour expliquer l’exaspération de la jeunesse, les déclinaisons nationales révèlent des réalités pour le moins contrastées. À ce stade, la France demeure le théâtre des débordements les plus spectaculaires et destructeurs — seulement égalés par le niveau de violence brute constaté en Albanie.
Certains mouvements voient désormais dans le modèle contestataire français une source d’inspiration. « Facciamo come in Francia », clame une certaine jeunesse transalpine. Derrière la lutte contre la vie chère essaiment d’autres revendications dont la provenance politique ne fait pas trop de doute : ainsi, les émeutiers prétendent lutter « contre la guerre, le racisme et l’école-caserne ». Hormis des résidus du second, hélas toujours d’actualité, on ne saurait trop leur recommander de lire leurs manuels d’histoire afin de déceler sérieusement les deux autres. Pour l’heure, cela ne semble pas constituer une priorité : un appel à « détruire la ville de Côme » le 24 octobre prochain circule sur les réseaux sociaux, selon La Repubblica. Du moins les autorités sont-elles averties…
À Milan, capitale économique du pays, deux journées consécutives de chaos urbain ont plongé le centre-ville dans une tension dramatique. Bouteilles jetées en direction des forces de l’ordre, vitrines brisées, commerces de luxe pillés et scènes de panique au pied de la cathédrale : le bilan est lourd. Condamnant des agissements menés par « des voyous qui exploitent les manifestations pour semer le chaos et prendre des villes entières en otage », le Premier ministre Giorgia Meloni s’est fait remarquer par la fermeté de ses annonces, qui contraste avec la communication moins percutante d’autres exécutifs.
Meloni évoque un arsenal sécuritaire et juridique hors du commun
Pour enrayer un engrenage à la française, Rome envisage le déploiement d’un arsenal sécuritaire et judiciaire d’exception. Une première mesure est d’ores et déjà actée : un contingent de 500 soldats va être envoyé à Milan, où il stationnera pendant trois mois avec des prérogatives de police temporaires pour prêter main-forte aux carabinieri. Au cœur des discussions figure l’extension de la « garde à vue préventive », une mesure qui autorise l’interpellation et la rétention d’individus ayant déjà pris part à des troubles, en amont même de nouvelles mobilisations annoncées. Un durcissement des sanctions financières et pénales à l’encontre des parents de jeunes casseurs est également étudié. Les jours à venir permettront de constater ou non l’application du tour de vis législatif envisagé, alors même que les contestations s’étendent ailleurs en Europe.
Giorgia Meloni ha sacado al Ejército a la calle para defender Milán de los vándalos. Ya hay 500 militares desplegados. Lo que Macron no ha tenido cojones de hacer en Francia. Lo que Sánchez no quiso hacer en Ceuta. https://t.co/yxG0SLlmra
— Capitán General de los Tercios (@capTercio) October 19, 2026
À ce sujet — [POINT DE VUE] Pour la énième fois, le fantasme (idiot) de l’armée pour maintenir l’ordre
Émeutes violentes : la France comparable à l’Albanie
Ce week-end en Belgique, à Bruxelles comme à Liège, des rassemblements contre la hausse des frais d’inscription universitaire et la détérioration du pouvoir d’achat ont rapidement dégénéré en émeutes. Au Portugal, des milliers de personnes et des campements de tentes ont investi le cœur de Lisbonne pour dénoncer l’explosion des loyers qui asphyxient la classe moyenne. Une méthode similaire à celle en cours en Espagne. En Grèce, les étudiants se sont également soulevés contre la hausse générale des prix, exprimant ouvertement leur solidarité avec la jeunesse européenne. Mais aucun des derniers cas cités ne comporte les casses et pillages massifs observés dans l’Hexagone.
Seule l’Albanie soutient la comparaison. À Tirana, le mouvement étudiant contre la corruption et la précarité a basculé dans l’émeute insurrectionnelle : ministères et commissariats pris pour cibles, jets de cocktails Molotov et riposte des forces de l’ordre aux balles en caoutchouc et aux gaz lacrymogènes, faisant plusieurs centaines de blessés de part et d’autre.
L’Europe s’apprête ainsi à traverser des jours décisifs. Et l’équilibre à trouver entre fermeté et apaisement s’avère particulièrement délicat. Gabriel Attal a lui aussi appelé à mobiliser l’armée. Un terrain tentant mais glissant, dans la mesure où les militaires n’ont traditionnellement pas vocation à encadrer des émeutes, et qu’une riposte jugée trop rigoureuse comporte le risque d’embraser la situation. D’autant que l’état d’urgence invoqué par l’ancien Premier ministre ne leur transfère aucun pouvoir de police. Seul l’état de siège (article 36 de la Constitution), réservé aux insurrections mettant la nation en péril, permettrait d’accorder à l’armée des prérogatives d’intervention directe. Pour l’instant, Sébastien Lecornu a annoncé un dispositif policier « massif » en vue des manifestations prévues samedi.
Martin Dousse, dans BV
