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#webtube : Relaxes, peines avec sursis et travaux d’intérêt général… Les premières décisions contrastent avec la fermeté promise. « Une réponse judiciaire extrêmement ferme. » Voici ce qu’avait promis Gérald Darmanin, en réponse aux émeutes qui ont saccagé la France, samedi 17 octobre. Il demandait, notamment, que la détention provisoire soit requise contre ceux qui s’en étaient pris aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces. Mais deux jours plus tard, la fermeté affichée par le gouvernement se heurte déjà à la réalité judiciaire, bien moins sévère.
Le profil des condamnés
À l’issue des premières audiences en comparution immédiate, plusieurs décisions ont été rendues. À Paris, Manuel, un cuisinier de 21 ans, déclare être venu dans la capitale « sur un coup de tête » pour organiser un barbecue pour son anniversaire. Une excuse toute trouvée pour cet individu au casier judiciaire vierge dont le sac a été fouillé par les CRS, en marge de la manifestation. Les autorités ont ainsi mis la main sur des bouteilles en verre, des chiffons et un briquet. Mais pas de chance pour ce jeune homme, puisque son téléphone indique une recherche ChatGPT en amont : « Comment se protéger d’un cocktail Molotov ? » Ce manifestant qui se revendique « pacifique » écope ainsi de deux mois ferme avec incarcération immédiate, en plus de six mois avec sursis.
À Nantes, les premières condamnations sont encore pires. Trois individus sont condamnés à 4, 6 et 8 mois de prison avec sursis, c’est-à-dire sans prison ferme. Il en est de même à Toulouse où Ylane, 18 ans, est condamné à un an de prison avec sursis et 140 heures de travaux d’intérêt général pour avoir jeté un cocktail Molotov sur des policiers. Un autre jeune homme, Hector, étudiant en musique de 21 ans interpellé près de la place de la République avec une clef à molette et une fiole contenant un mélange de soufre et d’ammoniac, a été relaxé. Il affirmait vouloir fabriquer des boules puantes. Le parquet avait requis six mois de prison ferme, aménageables sous bracelet électronique, mais le tribunal a déclaré qu’au moment de son interpellation, il ne faisait pas usage de son arme.
À Bobigny, enfin, trois jeunes hommes interpellés à Bondy avec, entre autres, des mortiers d’artifice, des cagoules et un briquet ont, également, écopé de 10 mois avec sursis à sept mois ferme sous bracelet. Une étudiante de 19 ans, Mathilde B., reçoit quant à elle une peine de cinq mois de prison avec sursis, et un intérimaire de 20 ans, François D., est déjà en prison pour huit mois, dont deux ferme. Le motif ? Leurs échanges par messages où il était question de « tabasser des CRS ». D’autres audiences sont prévues mardi 20 octobre concernant des personnes mises en cause dans les faits les plus graves.
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La fermeté, sempiternel refrain gouvernemental
Le problème est désormais bien connu, puisqu’à chaque fois, c’est la même rengaine. Souvenez-vous, en 2023, déjà, Éric Dupond-Moretti réclamait aux procureurs une réponse judiciaire « rapide, ferme et systématique » à l’encontre des émeutiers après la mort de Nahel. Emmanuel Macron avait lui-même déclaré avoir appris de ces émeutes en déclarant : « La leçon que j’en tire, c’est l’ordre, l’ordre, l’ordre », évoquant ensuite un besoin viscéral de « retour de l’autorité, à chaque niveau, et d’abord dans la famille ». « Il faut affirmer l’ordre républicain », disait-on, déjà, à l’époque, au gouvernement. Aurore Bergé, le ministre délégué chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, insistait également sur l’importance d’apporter des « réponses claires de fermeté et d’autorité ». Mais bien évidemment, comme à chaque flambée de violences, les déclarations se succèdent et les promesses de sanctions pleuvent pour, finalement, de la pacotille.
Gérald Darmanin avait pourtant indiqué qu’il souhaitait que les parquets fassent appel des décisions qu’ils jugeraient trop clémentes. Une précaution révélatrice, puisque si le gouvernement entend réellement faire de la fermeté une priorité, encore faut-il que les sanctions prononcées soient suffisamment dissuasives et que les recours nécessaires soient engagés. En bref, une sévérité que le gouvernement est incapable d’appliquer.
Le Spectator donne une leçon
La critique ne vient d’ailleurs pas seulement de France puisque, dans un article publié le 20 octobre, le magazine britannique The Spectator, sous la plume de Gavin Mortimer, titre sans détour : « France is far too soft on crime », autrement dit « la France est bien trop laxiste face à la criminalité ». Le journaliste britannique compare la situation française aux condamnations infligées au Royaume-Uni après les émeutes de Southport, en 2024, au cours desquelles les juges ont condamné des centaines de personnes, avec des peines allant de deux à neuf ans. Le parallèle mérite donc d’être relevé. Notons, au passage, que le journaliste pointe du doigt deux éléments communs à ces excès de violence dans nos pays : les militants d’extrême gauche et l’immigration. CQFD.
Mardi 20 octobre, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a affirmé que des moyens de police considérables (plus de deux cents enquêteurs, notamment) ont été mobilisés pour identifier les auteurs de pillages. Il sera intéressant de suivre cela dans les prochaines semaines et prochains mois avec, surtout, la réponse pénale qui sera apportée par la Justice…
Thomas Bertin, dans BV
