– Jacques Bainville, nouvelle victime de la bien-pensance

Spread the love

Articles : Oct 2026 – Sep 2026 – Aou 2026 – Juil. 2026 – Juin 2026 –
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Des académiciens chenus se battant comme des chiffonniers et s’invectivant vertement – normal, peut-être, pour ces partisans de la couleur verte qui symbolise leur tenue créée par Bonaparte en 1801 – c’est la triste image que laisse la séance du mardi 20 octobre dernier célébrant, comme chaque année, la création de l’Institut qui vit le jour en 1795 et qui regroupe cinq académies dont la prestigieuse Académie française, mais également l’Académie des sciences ou celle des sciences morales et politiques pour ne citer que les principales.
Françoise Monestier

Soumission tous azimuts

L’origine de cette querelle ? La dénonciation par le biologiste Antoine Triller, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, de la tenue le 9 octobre d’un colloque consacré à Jacques Bainville, journaliste et historien étroitement lié à l’histoire de l’Action française. Dreyfusard à l’origine, il fut l’une des plumes du journal dirigé par Charles Maurras et élu à l’Académie française en 1924 au fauteuil de Raymond Poincaré.

Pour la première fois depuis plus de 230 ans, un membre de l’Institut a ainsi fait voler en éclats l’esprit de concorde lors de la séance solennelle annuelle en vouant aux gémonies un de ses membres prestigieux. Son crime ?

Avoir été « une figure majeure de l’extrême droite maurrassienne des années 1900/1930, de la droite antisémite et xénophobe », « ce qui ne peut que susciter l’indignation, d’autant plus que les événements actuels nous incitent à la plus grande vigilance ».

Il n’en fallait pas plus au président de l’Académie des sciences morales et politiques Jean-Daniel Levitte qui, pourtant, n’ignorait rien de ce colloque, pour rétropédaler et réformer, illico presto, les conditions d’organisation des colloques, désormais soumis aux décisions politiquement correctes du bureau qui veillera à « lutter contre toute forme d’antisémitisme et de haine de toute religion ». Veut-il parler de la religion chrétienne ? J’en doute fort.

Les nouveaux censeurs n’ont pas hésité à fouiller dans les poubelles de l’Institut, regrettant l’audition récente de Peter Thiel, magnat de la Silicon Valley et proche de Trump, venu faire la peau du libéralisme, et déplorant vivement qu’un colloque « climatosceptique » organisé par Chantal Delsol ait pu se tenir quai Conti. Ils ont toutefois bien pris soin de ne pas citer Georges-Henri Soutou qui présidait le colloque bainvillien mais dont le père prit une part active dans le sauvetage d’enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui valut de recevoir le titre de Juste parmi les Nations en 1994.

Le sycophante de service

À l’origine de cette mise au ban, on trouve – faut-il s’en étonner ? – StreetPress, site financé par Georges Soros et qui dénonce régulièrement tout ce qui est à droite ou à droite de la droite, qu’il s’agisse des saluts romains de militants RN quand ils étaient au berceau ou de tel ou tel article écrit par des journalistes de droite. On leur doit une carte de France extrêmement précise des différentes associations pouvant se réclamer de la droite nationale. Un véritable travail de flic mené de main de maître par son rédacteur en chef, Mathieu Molard – le nom ne s’invente pas – qui pourrait faire équipe avec le camarade Mouchard (rebaptisé par ses soins Laurent Joffrin). Ce triste sire a une devise qui dit tout du personnage : « Je suis immigrationniste. Je suis pour le droit des étrangers. » Tout est dit dans cette phrase.

Dans un article de flic, StreetPress démonte le colloque consacré à Bainville, donne les noms des intervenants et indique les liens entre les différentes associations à l’origine de la réunion, qu’il s’agisse du Cercle de Flore ou de la Revue universelle que Bainville dirigea un temps. Bref, un travail qui n’a rien à envier à ses camarades de Mediapart qui avaient dénoncé Darmanin pour avoir cité Jacques Bainville en présentant sa loi sur l’immigration en 2022.

Pourquoi tant de haine ?

Il faut un sacré culot pour tomber à bras raccourcis sur Jacques Bainville, qui passa son temps à dénoncer les dangers que représentait l’Allemagne avant 1914 et après 1933 et qui avait regretté en des termes fort clairs (comme d’ailleurs Maurras) l’assassinat de Jaurès par Raoul Vilain : « Tuer Jaurès au moment où […] il importait au salut public que la France conservât tout son calme, tuer Jaurès, c’était plus qu’un crime, c’était une faute. » Quelques mois plus tôt, comme le rappelle Olivier Dard dans son Histoire de l’extrême droite française, il dénonçait une « République inerte incapable de se servir de l’admirable point d’appui par la résistance obstinée et, qui plus est, croissante, des Alsaciens-Lorrains à la germanisation ». Fin 1915, Bainville se voyait confier par Aristide Briand, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, une mission d’observation en Russie qu’il mena à bien. Des années après son décès, François Mauriac, pourtant peu coupable de liens avec l’Action française, redisait toute son admiration pour le personnage et saluait sa rigueur d’analyse en ces termes : « D’une science conjecturale, Bainville a fait une science exacte. » On ne saurait mieux dire.

Françoise Monestier, Polémia

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *