– L’intelligence artificielle achèvera-t-elle la vieille gauche ?

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#webtube : L’intelligence artificielle est généralement abordée par la gauche européenne sous quatre angles : les emplois qu’elle menace, l’énergie qu’elle consomme, les œuvres qu’elle pille et les profits qu’elle promet aux géants du numérique. La réponse en découle presque mécaniquement : réglementer, taxer, ralentir, socialiser. Une telle réaction n’est pas seulement défensive. Elle révèle l’embarras d’une famille politique confrontée à une révolution technique qui s’attaque précisément aux médiations collectives sur lesquelles elle avait construit sa puissance depuis le XIXe siècle.

Un bouleversement

C’est tout l’intérêt d’un remarquable article d’Evgeny Morozov publié dans le numéro d’août 2026 du Monde diplomatique. Le mensuel présente lui-même la question en ces termes : comment imaginer un socialisme de l’intelligence artificielle qui ne se bornerait pas à socialiser le capital des entreprises, mais transformerait l’IA en « capacité collective » ? Morozov prend notamment ses distances avec la proposition de Bernie Sanders de transférer une partie massive du capital des géants du secteur vers un fonds populaire.

La question est infiniment plus intéressante que celle de savoir combien de secrétaires, de traducteurs ou de comptables seront remplacés par des algorithmes. Morozov comprend que l’intelligence artificielle bouleverse quelque chose de beaucoup plus ancien : les conditions mêmes dans lesquelles un individu acquiert la capacité de se défendre, de comprendre et d’agir.

Le prolétaire n’a plus besoin du permanent syndical

L’émancipation, dans le grand récit de la gauche, était une entreprise collective. L’individu isolé ne pouvait rien ; organisé, il devenait une force. Il fallait rejoindre le syndicat, la coopérative, la mutuelle, le parti, parfois la cellule. Le savoir politique, juridique et social s’accumulait dans ces institutions avant d’être restitué au militant ou au salarié qui venait demander secours.

Ce récit comporte sa part de vérité et sa part de mythologie. Toutes les conquêtes sociales ne sont évidemment pas sorties des barricades. L’élévation spectaculaire du niveau de vie européen tient aussi à la croissance économique, aux gains de productivité et à des compromis noués entre dirigeants, patrons et salariés. Bismarck, qui n’avait rien d’un révolutionnaire, mit en place dans l’Allemagne des années 1880 des assurances sociales dont l’influence fut considérable. La protection sociale ne fut donc jamais le monopole historique du mouvement socialiste.

L’IA introduit aujourd’hui une rupture d’une tout autre nature. Celui qui ne sait pas contester une décision administrative peut se faire expliquer la procédure. Un locataire peut préparer sa réponse à un propriétaire. Un salarié peut analyser son contrat, un contribuable déchiffrer une réglementation, un malade préparer ses questions avant une consultation. Les résultats ne sont pas infaillibles et exigent contrôle et prudence, mais l’asymétrie entre celui qui sait et celui qui ignore se réduit avec une rapidité extraordinaire.

Le prolétaire contemporain vient de trouver au bout de son clavier un secrétaire, un professeur, un documentaliste et, dans certaines limites, un conseiller juridique. Il ne lui demande ni cotisation, ni fidélité doctrinale, ni présence à une réunion le jeudi soir.

C’est ici que commence le véritable problème politique.

La puissance des organisations de gauche reposait largement sur leur rôle d’intermédiaire. Face à l’employeur, au propriétaire ou à l’État, elles concentraient l’expérience accumulée des conflits précédents. Elles savaient quel formulaire remplir, quelle jurisprudence invoquer, quel fonctionnaire appeler, comment rédiger une réclamation. Le parti fournissait en outre les concepts permettant d’interpréter le monde. L’intelligence artificielle commence à rendre une fraction de ce viatique directement accessible à chacun.

Ce n’est d’ailleurs pas seulement le permanent syndical qui doit s’inquiéter. Le journaliste, le professeur, le traducteur, le consultant, le fonctionnaire, le juriste et quantité de professions intellectuelles découvrent qu’une part de leur autorité procédait de la rareté de l’information et de la difficulté à l’organiser. La bibliothèque s’est mise à parler et, circonstance aggravante, elle répond à tout le monde.

Quand la machine détruit les médiateurs

Sur ce point, Jacques Ellul avait vu plus loin que la plupart des marxistes. La technique n’est pas seulement, chez lui, un instrument détenu par une classe et dont il suffirait de modifier la propriété pour en changer la nature. Elle tend à constituer son propre système, gouverné par la recherche de l’efficacité. Dans La Technique ou l’Enjeu du siècle, Ellul allait jusqu’à écrire qu’il était « vain de déblatérer contre le capitalisme » si l’on ne comprenait pas d’abord la puissance autonome de la machine.

La gauche demeure pourtant largement prisonnière du vocabulaire de la société industrielle. Elle compte les emplois supprimés, réclame des formations, demande des compensations salariales et réfléchit à la taxation des gains de productivité. Toutes ces questions sont recevables. Elles deviennent dérisoires si elles empêchent de voir l’essentiel : l’IA ne modifie pas seulement le marché du travail, elle redistribue des capacités.

Morozov le comprend fort bien. Les modèles contemporains concentrent une formidable accumulation d’expériences humaines, de textes, de raisonnements, de méthodes et de savoir-faire. Il propose donc, en substance, que cette accumulation cesse d’être seulement appropriée par le capital et soit restituée à la société. Une victoire individuelle contre une administration, un propriétaire ou une entreprise pourrait nourrir un savoir commun dont bénéficierait ensuite celui qui se trouverait dans une situation analogue.

L’idée est intelligente. Elle est même beaucoup plus sérieuse que le socialisme fiscal consistant à laisser fonctionner la machine puis à prélever une part de ses profits. Elle rencontre pourtant un obstacle anthropologique que Morozov paraît sous-estimer.

Son intelligence artificielle appartient déjà au XXIe siècle. Sa conception de la solidarité demeure largement celle du XIXe.

Il suppose qu’une communauté de situation peut redevenir une communauté humaine. Les locataires se regrouperaient parce qu’ils sont locataires, les travailleurs parce qu’ils travaillent, les usagers parce qu’ils rencontrent le même problème. De ces rapprochements circonstanciels naîtraient des institutions capables de recueillir puis de restituer le savoir commun.

Or l’intelligence artificielle pourrait produire exactement l’effet contraire. Pourquoi demeurer membre d’une organisation si l’expérience qu’elle accumule peut m’être transmise sans que je rencontre ceux qui l’ont acquise ? Pourquoi assister à dix réunions si la machine peut me fournir en quelques secondes la solution issue de dix années de contentieux ?

La gauche risque ici de perdre beaucoup plus qu’un répertoire de procédures.

Une permanence syndicale n’était pas seulement une base de données. C’était une table, du café, des disputes, des fidélités, des souvenirs de grève, quelques vieux briscards et des jeunes gens qui apprenaient auprès d’eux. La transmission de l’expérience engendrait simultanément une sociabilité. Le savoir fabriquait du lien parce qu’il fallait rencontrer des hommes pour y accéder.

L’IA dissocie les deux. Elle conserve l’expérience et rend la réunion facultative.

La revanche des appartenances

Cette disparition progressive des médiations ne signifie pourtant pas que l’individu deviendra nécessairement cet atome solitaire que rêvaient certains libéraux. C’est peut-être ici que les réflexions de la Nouvelle Droite apportent une clé que Morozov ne possède pas.

Alain de Benoist rappelait récemment une évidence que le libéralisme comme le marxisme ont eu tendance à sous-estimer : « L’identité est proprement vitale : sans identité on n’est rien. » La formule vaut politiquement parce que les solidarités ne naissent jamais de la seule coïncidence des intérêts matériels. Pour durer, elles ont besoin de mémoire, de confiance, de proximité, d’un langage partagé et du sentiment d’un destin commun.

Le mouvement ouvrier historique lui-même n’échappait pas à cette loi. L’usine rassemblait les hommes, mais elle n’expliquait pas seule leur solidarité. Ils vivaient souvent dans les mêmes quartiers, parlaient la même langue, fréquentaient les mêmes cafés, partageaient des coutumes, des fêtes, parfois une foi et presque toujours un horizon culturel commun. Le syndicat poussait sur un terreau préalable. Il n’avait pas créé de toutes pièces la société sur laquelle il s’appuyait.

Cette évidence devient plus sensible lorsque les sociétés se fragmentent. L’immigration de masse, l’individualisme, la disparition des sociabilités villageoises ou ouvrières et l’État-providence bureaucratique ont contribué, par des mécanismes différents, à affaiblir les anciennes formes d’entraide. La solidarité devient de plus en plus souvent une prestation administrative ou une alliance ponctuelle autour d’un intérêt précis.

Parallèlement reviennent les appartenances que les théories de la modernisation annonçaient condamnées : origine, religion, famille élargie, communauté culturelle, mémoire historique. L’homme hypertechnologique ne devient pas nécessairement post-identitaire. Il peut, au contraire, employer la technologie la plus moderne pour renforcer des fidélités très anciennes.

Guillaume Faye avait tenté de saisir ce paradoxe avec son concept d’archéofuturisme. Il refusait l’alternative simpliste entre retour au passé et fuite progressiste en avant. « Le futur n’est donc pas la négation de la tradition », écrivait-il, mais sa métamorphose et sa régénération.

L’intelligence artificielle pourrait bien être archéofuturiste malgré elle.

Les mêmes outils capables d’universaliser le savoir peuvent permettre à des communautés particulières de se renforcer. Une technologie planétaire n’engendre nullement une humanité homogène. Demain, des individus utilisant les mêmes modèles, les mêmes puces et les mêmes réseaux pourraient vivre dans des univers culturels, religieux et identitaires de plus en plus distincts.

La société qui se profile serait alors fort éloignée du rêve socialiste universel. Elle pourrait ressembler à une mosaïque de communautés utilisant une infrastructure technique commune sans partager pour autant la même vision du bien, de l’histoire ou de l’avenir. Une sorte de libanisation technologiquement assistée : extrêmement moderne dans ses instruments, beaucoup plus archaïque dans ses appartenances.

Une machine à rendre la gauche inutile ?

C’est pourquoi l’intelligence artificielle représente peut-être une menace existentielle pour la gauche beaucoup plus profonde que celle décrite par Morozov. Elle ne lui enlève pas seulement des emplois à protéger. Elle rend moins nécessaires certaines institutions dont la fonction consistait à transformer le savoir collectif en pouvoir individuel.

La vieille proposition socialiste était simple : seul, tu es faible ; rejoins-nous et tu deviendras fort. L’intelligence artificielle répond : explique-moi ton problème et nous allons commencer immédiatement.

La différence est considérable. La gauche historique promettait une émancipation différée, obtenue par l’organisation, la discipline, la solidarité et le rapport de forces. L’IA procure des capacités immédiatement disponibles. Elle n’exige ni Grand Soir ni conscience de classe.

D’où le caractère presque pathétique de certaines réactions contemporaines. En refusant de penser l’intelligence artificielle autrement que comme une nouvelle « ruse du capital », une source d’inégalités ou un danger écologique, la gauche reproduit devant le numérique le réflexe des adversaires de la mécanisation au commencement de l’âge industriel. Elle croit défendre le travail quand elle défend parfois les intermédiaires que la technique rend superflus.

Morozov a donc raison sur un point capital : la gauche ne survivra intellectuellement à l’intelligence artificielle qu’en cessant de raisonner exclusivement en termes de propriété du capital et de redistribution des profits. Là où son analyse demeure insuffisante, c’est lorsqu’il suppose qu’une technique nouvelle pourra ressusciter sous une autre forme les solidarités sociales du monde industriel.

Le problème dépasse finalement le socialisme. L’IA oblige à penser une société dans laquelle une part croissante de la puissance intellectuelle sera directement accessible aux individus, tandis que ceux-ci rechercheront probablement avec d’autant plus de force ce qu’aucun modèle linguistique ne leur fournira : une filiation, une mémoire, une appartenance et des raisons de faire corps.

Pour comprendre ce monde-là, les romans d’Iain M. Banks seront peut-être plus utiles que les vieux manuels d’économie politique. Dans le cycle de La Culture, l’automatisation et l’intelligence artificielle ont déjà rendu largement obsolète la question classique de la possession des moyens de production. La politique ne disparaît pas pour autant. Elle se déplace vers d’autres interrogations : que faire de la liberté, pourquoi agir, quel mode de vie choisir et pour quelles fidélités accepter encore de se battre ?

La gauche européenne est née de la machine industrielle. Elle pourrait mourir de la machine intelligente. Non parce que celle-ci accomplirait le socialisme, mais parce qu’elle rendrait caduc le monde humain dont le socialisme avait besoin pour exister.

Balbino Katz, Via Breizh-Info et Polémia

– Loire-Atlantique (et ailleurs) : l’arnaque aux faux agents fait son retour

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#webtube : Faux agent des eaux, faux gestionnaire de location, faux policier : en Loire-Atlantique, des malfaiteurs usurpent des fonctions pour pénétrer chez leurs victimes et dérober leurs biens. La police nationale alerte sur une recrudescence des « vols à la fausse qualité » après deux affaires survenues jeudi 6 août à Saint-Herblain et Pornichet. Personnes âgées et touristes figurent parmi les publics visés par ces scénarios particulièrement rodés.

À Saint-Herblain, une femme âgée a d’abord reçu la visite d’un homme portant un gilet fluorescent et se présentant comme un agent des eaux. Il prétextait une prochaine coupure et la nécessité de vérifier la pression des robinets.

Selon CNews, qui a interrogé la police de Nantes, la victime l’a laissé entrer et circuler dans les différentes pièces de son appartement. Plusieurs objets ont alors été dérobés. Un second homme s’est ensuite présenté comme policier en civil et a tenté à son tour de pénétrer dans le logement. Cette fois, la victime a refusé de le laisser entrer.

À Pornichet, des vacanciers également visés

Le même jour, un autre scénario a été signalé à Pornichet. Un couple de retraités en vacances dans une location a reçu la visite d’un homme se faisant passer pour un agent de la société chargée de la gestion du logement.

Sous prétexte de vérifier du matériel, celui-ci est entré dans les lieux avant de dérober des moyens de paiement ainsi que des documents d’identité.

La police de Nantes a décrit un phénomène « rodé », dont les auteurs forment « souvent un petit duo » et peuvent multiplier les faits en série. Les deux affaires ont donné lieu à des plaintes et des enquêtes ont été ouvertes. Aux dernières informations, aucun suspect n’avait encore été identifié ou interpellé.

Vérifier avant d’ouvrir

Face à cette recrudescence, la Direction interdépartementale de la police nationale de Loire-Atlantique appelle à la vigilance. Elle recommande de demander systématiquement une carte professionnelle ou un justificatif de passage et de vérifier l’identité de toute personne prétendant intervenir au domicile.

En cas de doute, la consigne est simple : garder la porte fermée et composer le 17. Une précaution élémentaire face à des individus qui misent précisément sur l’autorité supposée d’une fonction, d’un uniforme ou d’un simple gilet fluorescent pour obtenir ce qu’ils cherchent avant tout à franchir : la porte du domicile.

Arthur Keraudren,
breizh-info.com

– Affaire Deranque : gants coqués, appel aux secours non transmis… l’entretien avec Jean Bexon.

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#webtube : Quentin Deranque, 23 ans, est mort le 14 février 2026 à Lyon, deux jours après avoir été roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po. Le 19 février, 7 hommes de 20 à 26 ans ont été mis en examen : 6 pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs, le septième — Jacques-Elie Favrot, alors collaborateur du député LFI Raphaël Arnault — pour complicité d’homicide volontaire par instigation. L’instruction, confiée à 3 juges d’instruction du tribunal judiciaire de Lyon, se poursuit.

Jean Bexon, journaliste à Boulevard Voltaire, suit ce dossier depuis le début. Il a signé le 1er mai les photographies inédites des agressions visant les militantes Némésis, et publié le 9 août une nouvelle enquête sur les circonstances du meurtre. Il a consulté la version définitive du rapport d’autopsie, s’est procuré des images de vidéosurveillance documentant une agression antérieure impliquant Jacques-Elie Favrot, et affirme avoir identifié plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne des secours comme dans la conduite de l’enquête. Il répond à nos questions. Plusieurs passages décrivent précisément les blessures de la victime. Les personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence.

Quentin Deranque, 23 ans, est mort le 14 février 2026 à Lyon, deux jours après avoir été roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po. Le 19 février, 7 hommes de 20 à 26 ans ont été mis en examen : 6 pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs, le septième — Jacques-Elie Favrot, alors collaborateur du député LFI Raphaël Arnault — pour complicité d’homicide volontaire par instigation. L’instruction, confiée à 3 juges d’instruction du tribunal judiciaire de Lyon, se poursuit.

Jean Bexon a consulté la version définitive du rapport d’autopsie, s’est procuré des images de vidéosurveillance documentant une agression antérieure, et affirme avoir identifié plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne des secours comme dans la conduite de l’enquête. Il répond à nos questions. Plusieurs passages décrivent précisément les blessures de la victime. Les personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence.

Breizh-info.com : Vous écrivez avoir consulté le rapport d’autopsie. Sans compromettre vos sources, que établit-il précisément sur la cause du décès ?

Jean Bexon : J’ai consulté ce rapport dans sa version finale. Il établit clairement que Quentin est mort à cause des coups qu’il a reçus. Le document indique que certains ont été portés avec des gants coqués, qui ont laissé des lésions sur les os. On ne sort pas indemne de la lecture de ces 8 pages. C’est atroce. Je pense à la famille, qui a dû voir le visage de la victime marqué d’un coup de pied indélébile.

Généralement, le nombre de coups est dénombré. Ici, le médecin légiste n’a pas pu le déterminer, pour la simple et bonne raison qu’il y en avait énormément. Le rapport évoque un très grand nombre de coups portés notamment à la tête, mais aussi sur l’ensemble du corps. Un coude a par exemple été déboîté. Il y a des écorchures partout. Les chocs étant extrêmement violents, le corps inerte de la victime a été écorché par les frottements sur le béton, un antifa tirant dans le même temps Quentin par les jambes pour le maintenir pendant le supplice.

Breizh-info.com : Le rapport parlerait de coups « caractérisant la volonté de tuer ». Est-ce une formulation du rapport lui-même, une lecture de votre source, ou la qualification retenue par les magistrats instructeurs ? La distinction est décisive.

Jean Bexon : C’est une formulation du rapport. Il y a en fait 2 rapports dans le dossier d’autopsie : un rédigé par le personnel médical qui tente de sauver Quentin, un autre rédigé après son décès. Tous ces professionnels soulignent la violence des coups portés à la tête et sur l’ensemble du corps. Il y a des détails qui entrent dans le champ de l’intolérable pour les proches, et que je ne divulgue pas. C’est une horreur : on dirait la description d’une victime de torture et de sévices physiques atroces.

J’ai pris conseil auprès d’un médecin légiste en lui présentant les constatations médicales. Connaisseur des agressions en groupe, il m’a dit qu’il avait rarement vu de tels impacts sur ce type d’affaire. Il souligne d’ailleurs : « Donner des coups d’une telle violence au niveau du cerveau sans vouloir donner la mort, ça ne veut rien dire. »

Les chirurgiens ont tenté une opération miracle, mais dès leur premier geste de soin, ils se rendent compte que Quentin est hélas condamné.

J’ai pour ma part été confronté à un dilemme moral : faire état de la réalité de cette agression, ou rester pudique par respect pour l’entourage. J’ai contacté une proche de Quentin en lui demandant son avis. Elle m’a dit qu’on ne pouvait pas laisser la vérité tue. J’ai essayé de trouver un compromis : ne pas dire toute l’atrocité des blessures sans pour autant euphémiser la réalité de l’agression.

La vidéo prise par un témoin du lynchage parle d’elle-même. Mais son angle de vue est trompeur : un plan en contre-plongée et depuis un point haut minimise de facto l’horreur de la scène.

Breizh-info.com : Une thèse a circulé selon laquelle le délai de prise en charge aurait joué un rôle dans le décès. Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer qu’aucune intervention plus rapide n’aurait sauvé Quentin Deranque ?

Jean Bexon : Une thèse ? Un mensonge monté de toutes pièces. Les soutiens des meurtriers présumés ont été abjects et efficaces pour modifier les perceptions de l’opinion publique. Un antifa a filmé Quentin et son ami, tous deux blessés violemment après avoir été tabassés à plusieurs. Un individu hostile leur a conseillé de ne pas aller à l’hôpital par « peur de la police ». Contrairement à ce qu’a affirmé M6, reprenant le récit des canaux antifas, il ne s’agit pas d’un membre du groupe des nationalistes.

Dans tous les cas, le médecin légiste est très clair : Quentin n’aurait pas pu être sauvé. Même pris en charge par le meilleur hôpital, à l’endroit exact où il a été lynché, cela n’aurait rien changé. Le rapport précise que la victime présente des « lésions au-delà de toute ressource thérapeutique ».

Breizh-info.com : Vous décrivez des traces de gants coqués et une blessure en forme de T d’origine inconnue. Sur quoi repose l’identification de ces impacts ? Et où en est l’hypothèse du poing américain évoquée par LCI ?

Jean Bexon : Les nationalistes m’ont dit avoir vu plus de la moitié du groupe de Favrot équipée de gants coqués. On peut le constater sur les images des témoins et sur celles prises par le renseignement territorial. Cet élément est désormais entièrement confirmé par le rapport médical : la victime présente des séries de bosses incurvées inversées, des lésions que le rapport relie à l’utilisation de cet équipement. Il faut bien comprendre que le gant coqué est une sorte de poing américain déguisé. C’est une arme contondante par destination, efficace en ce qu’elle protège celui qui frappe et maximise les lésions sur celui qui reçoit.

Par ailleurs, les enquêteurs ont trouvé sur les lieux du crime un poing américain, arme de catégorie A interdite à la détention. LCI a identifié un des antifas qui, selon la chaîne, pourrait en avoir été équipé. Quentin présente des lésions en forme de T dont l’origine est inconnue. J’émets l’hypothèse qu’elles puissent éventuellement être liées à l’utilisation de ce poing américain.

Le précédent de 2024

Breizh-info.com : Vous établissez un précédent impliquant Jacques-Elie Favrot lors d’une action revendiquée par la Jeune Garde. Comment avez-vous procédé à cette identification ? Ce précédent est-il versé au dossier d’instruction ?

Jean Bexon : Cette agression a été filmée, diffusée et revendiquée à l’époque par la Jeune Garde. Le mouvement avait pris soin de flouter tous les complices tout en affichant le visage ensanglanté de la victime. Sauf que je me suis procuré récemment les images de vidéosurveillance du bar dans lequel les victimes — des jeunes femmes et des jeunes hommes accusés par la Jeune Garde d’être de droite — prenaient un verre avant d’être agressées.

Dans ce document, on voit distinctement Favrot et Lelio Le B., à visage découvert, accompagnés d’une quinzaine de membres de leur mouvement, pour la plupart masqués, certains armés.

Cette agression suit exactement les mêmes étapes que celle qui a mené au décès de Quentin : repérage par une jeune femme antifa, assaut en groupe, isolement d’une victime, lynchage. Un des accompagnants de Favrot est équipé d’une matraque et porte de nombreux coups avec.

L’avocat d’un des nationalistes — pas celui de la famille de Quentin — m’a dit qu’il comptait transmettre ces nouveaux éléments au parquet. Notons que, selon mes informations, 3 plaintes antérieures visant Favrot ont déjà été classées sans suite.

La chaîne des secours

Breizh-info.com : L’appel d’un ami de la victime n’aurait pas été transféré au standard, et une riveraine dit avoir tenté d’alerter sans succès. Une enquête administrative a-t-elle été ouverte ?

Jean Bexon : Il y a un couac notifié dans l’enquête judiciaire. Un des amis de Quentin compose le 112 ou le 15, mais l’appel n’est pas transmis au standard, pour des raisons qui restent mystérieuses.

Par ailleurs, une témoin, Edwige, qui sortait de chez une amie qui l’hébergeait, a vu le corps inerte de la victime. Elle a le bon réflexe : elle appelle les secours, qui lui répondent qu’ils ne peuvent pas envoyer d’équipe. C’est juste après que des individus ont « conseillé » à Quentin, qui n’a plus ses facultés de raison, de ne pas aller à l’hôpital. Aucune enquête administrative n’a été ouverte, ce qui est dommage.

Au même moment, les autres nationalistes mettent en sécurité les jeunes femmes de Némésis, elles aussi agressées.

L’asymétrie de l’enquête

Breizh-info.com : Vous affirmez que Lelio Le B. n’a jamais été interpellé, alors que les téléphones des nationalistes et des militantes Némésis ont été exploités. Comment expliquez-vous cette asymétrie ?

Jean Bexon : Oui, c’est incompréhensible. Lelio Le B., identifié sur les vidéos de témoins en train de filmer les violences commises par ses camarades, n’a été ni interpellé ni auditionné. On le voit aussi dépouiller une victime au sol.

J’ai un lien direct avec le tribunal judiciaire de Lyon, mais cette enquête est pour le moment confiée à 3 juges d’instruction.

De façon générale, les groupes qualifiés d’ultra-droite par le ministère de l’Intérieur sont dans le viseur de la Justice. Parmi les 16 nationalistes présents le 12 février, 2 sont connus des services de renseignement comme affiliés à un groupe d’ultra-droite. Partant de là, les juges d’instruction ont dû estimer qu’il fallait absolument saisir tous les téléphones des victimes. Ces 2 militants ont d’ailleurs été placés en garde à vue au même moment pour une affaire antérieure de collage d’affiches qui faisait l’objet d’une filature du ministère de l’Intérieur.

Pour la petite anecdote, il leur a été reproché de ne pas avoir ouvert leur domicile pour la perquisition des téléphones. Sauf qu’ils étaient dans l’impossibilité de le faire, puisque déjà placés entre les quatre murs d’une cellule. Le PSIG a été mobilisé pour certains nationalistes. La police a même fouillé dans la corbeille à linge d’une jeune femme de Némésis, agressée le 12 février, dont l’appartement a été perquisitionné à 6h15 du matin.

Côté antifa, l’enquête estime qu’ils étaient une trentaine sur place. Seuls 9 ont été auditionnés, contre 13 côté nationaliste. Aucune des 50 personnes qui ont hué et molesté le groupe des Némésis n’a pour l’heure été entendue. Rappelons que 2 jeunes femmes ont été étranglées lors de cette agression, qui s’est déroulée dans une rue adjacente au lynchage de Quentin.

Breizh-info.com : Vous soutenez que ce même Lelio Le B. n’était pas un simple témoin, et qu’il aurait sélectionné les captures d’écran envoyées aux canaux antifas. Qu’est-ce qui, dans vos preuves, distingue un tri de photos d’une construction délibérée de récit ?

Jean Bexon : Il faut savoir que la Jeune Garde avait pris l’habitude de filmer l’ensemble de ses agressions, de les revendiquer, puis de les publier sur ses canaux. Il s’agit ordinairement de vidéos, pas de photos. Sur les images des témoins, on voit clairement Lelio Le B. filmer, en format vertical, les violences commises par ses camarades. Sauf que cette fois-ci, pour la première fois, il y a rupture dans ce qui est habituellement diffusé : seules sortent des captures d’écran, dans des médias de gauche radicale, ou un extrait confus de moins de 2 secondes censé montrer la charge des nationalistes.

Ces captures d’écran sont bien fournies par Lelio Le B. — j’ai pu le prouver. Ce matériau sert de preuve apparente pour expliquer que les nationalistes sont à l’origine de l’affrontement. Le vrai contexte est que ceux-ci essaient de casser la ligne antifa pour récupérer leur ami inanimé, tabassé et dépouillé au sol.

La fabrique du récit

Breizh-info.com : Au-delà du cas Deranque, décrivez-vous un mode opératoire structuré ?

Jean Bexon : Le processus est simple. Des « seeders » plantent le mensonge, puis sont repris par des « quoters », des relais institutionnels comme les députés LFI, qui vont leur donner une légitimité. Viennent ensuite les médias traditionnels qui, inconsciemment, reprennent l’infox. C’est le cas de M6 qui, lors de son JT, explique que les amis de Quentin l’ont dissuadé de se rendre à l’hôpital par crainte de la police. La machine est huilée et fonctionne pour d’autres infox. Par exemple, la gauche radicale a fait croire que Macron portait une montre à 80 000 euros ; il s’agissait d’un modèle vendu 2 400 euros.

Breizh-info.com : Vos publications ont fait l’objet de propositions de notes de communauté et vous êtes accusé de mener une enquête à charge depuis un média engagé. Que répondez-vous ?

Jean Bexon : Ceux qui contestent mon travail sont souvent du camp antifa, à savoir le camp qui a frappé ce jour-là : la vérité les dérange forcément. J’ai reçu des menaces de mort d’un membre de l’ultra-gauche, fiché S et connu du renseignement territorial, depuis que je travaille sur ce drame. Pharos a été saisi et m’a conseillé de porter plainte.

Je précise que c’est moi qui ai publié, par transparence, les propositions de notes de communauté formulées par une minorité. Elles n’ont jamais été validées par la communauté, preuve qu’elles ne sont pas fondées.

Propos recueillis par YV

breizh-info.com

– Les candidats à la présidentielle se fichent de l’immigration ou nous mentent !

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#webtube : Ce n’est pas comme si on ne les connaissait pas, ces candidats pléthoriques qui nous promettent tout ce qu’ils ne feront pas s’ils sont élus et surtout : qu’ils n’ont jamais fait du temps où ils tenaient le manche. Pire, ils n’ont même pas l’élégance d’une pudeur de façade et avancent décomplexés, tant ils sont persuadés que les Français sont amnésiques et idiots. Ce en quoi on ne saurait leur donner complètement tort, sachant par exemple que les incendiaires sont déjà presque oubliés parce qu’il y a la rentée qui arrive et qu’ensuite ce sera Noël ! Une information en chasse une autre, et les chaînes spécialisées en la matière aident ces braves Français à brouiller les ondes à très courte distance de leur mémoire.

Donc, le défilé des bonnes intentions programmatiques a débuté, particulièrement celles liées à l’immigration, dont ce microcosme, habituellement indifférent à nos malheurs causés par ce fléau, a décidé de s’emparer, comme ils disent. Mais ils ne s’emparent en réalité de rien et participent au contraire à notre chute.

Prenons pour commencer Gabriel Attal, le petit ambitieux à tête de premier de la classe qui, comme la plupart de ses petits camarades, a déjà fait la preuve de son incompétence volontaire sur ce sujet comme sur tant d’autres. En effet, son cynisme en matière d’immigration, alors qu’il fut un servile macroniste de la première heure en 2016 – ayant gravi les marches aussi vite qu’un prétendant au moment crucial, le meilleur selon Clemenceau ! –, force le respect. Quand on connaît le bilan désastreux de la politique migratoire de la diva élyséenne qu’il a servie durant de longues années, on se dit qu’Attal se fout du monde, et le monde c’est nous, les dindons autochtones de la farce meurtrière immigrationniste ! Cependant, tout honte bue jusqu’à la lie, Attal prétend durcir le ton dans cette matière et lutter contre l’immigration illégale, et les réseaux de passeurs, en renforçant les contrôles aux frontières, un peu comme le promettait son mentor qui n’en a rien fait. La vérité sort tout de même parfois de la bouche de cet enfant gâté qui veut par ailleurs soutenir l’intégration, refuser l’immigration zéro et surtout s’en remettre au responsable principal de l’invasion de la France, c’est-à-dire l’Europe : « La France ne peut pas agir seule face à ce défi. Nous devons travailler avec nos partenaires européens pour trouver des solutions communes. » Conclusion : avec Attal ce sera pareil qu’avec Macron, en plus jeune.

Vient ensuite le cogneur des Gilets jaunes, le pourfendeur de la voix populaire, Édouard Philippe, lui aussi Premier ministre de Macron en son temps. Philippe veut de son côté installer un « verrou Schengen », afin, dit-il, « qu’aucun État européen ne puisse “engager seul une régularisation massiveˮ de clandestins “au-delà d’un seuil défini collectivementˮ et “sans accord préalableˮ ». Parce qu’il n’a toujours pas compris que nous ne pourrons lutter efficacement contre l’immigration qu’en reprenant le contrôle de nos propres frontières et en lançant un programme de remigration forcée. Il propose encore de mettre fin à l’accord de 1968 avec l’Algérie, mais, s’il est élu président, il ira ramper comme tout le monde à Alger. Alors c’est bien beau, Édouard, de crier comme une poissonnière « Je refuse l’impuissance migratoire », tu as prouvé tout le contraire lorsque tu dirigeais le gouvernement. Et ta seule fermeté fut d’ordonner la répression des « riens » autochtones !

https://www.cnews.fr/france/2026-08-10/presidentielle-2027-verrou-schengen-suspension-de-lasile-ce-que-propose-edouard

Vient Bruno Retailleau, autrement appelé Canada Dry, car il a le goût de la droite patriotique mais n’en a pas la consistance. Retailleau est lui aussi un « Européen » convaincu, proposant, après la tentative d’invasion de Ceuta, de réunir un Conseil européen extraordinaire. Parce que, nous affirme-t-il dans un jargon abscons de politicien confirmé : « Pour Bruno Retailleau, l’Europe n’a pas réussi à protéger ses frontières. Pour y parvenir, il appelle donc à une révolution diplomatique qui consisterait notamment à utiliser tous les leviers de fermeté pour mieux contrôler l’immigration. » L’Europe, toujours l’Europe, à qui l’on doit en grande partie cette catastrophe migratoire qui écrase notre continent depuis des décennies. Car tous les défenseurs de l’Europe furent des immigrationnistes, malgré leurs prétentions du contraire. Sinon, Retailleau a tout de même accepté de participer à un gouvernement macroniste, c’est un signe de sa duplicité. Dommage, on y aurait bien cru à Retailleau.

https://www.cnews.fr/monde/2026-08-03/crise-migratoire-ceuta-bruno-retailleau-plaide-pour-un-conseil-europeen

Viennent ensuite les gauchistes, alors là c’est un festival. Entre Glucksmann pour qui la submersion migratoire n’existe pas – peut-être pas dans les beaux quartiers qu’il habite, c’est possible ! – ; La Tondelier qui défend les droits humains pour les migrants – un peu moins pour des Philippine, des Quentin ou des Louis ! –, leur accueil et leur intégration au détriment des autochtones qui passeront leur tour, tout en défendant une politique migratoire européenne solidaire ; Mélenchon qui prône le grand remplacement – lui au moins il annonce la couleur, pas blanche de préférence ! –  ; nous sommes mal barrés. Et on ne parlera pas des scories d’ultragauche qui feront au mieux 5 % mais dont les nuisances n’en sont pas moins réelles, on pense par exemple au NPA ou à Lutte ouvrière.

Ah oui, on allait oublier Fabien Roussel qui, en bon communiste et malgré les admonestations de son camp qui le trouve trop blanc, persiste dans l’erreur diversitaire, allant jusqu’à nous faire porter le chapeau du dérèglement climatique, à nous Européens, justifiant ainsi l’immigration des pauvres déréglés allogènes : « Parlons des migrations à venir, que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. Si nous n’agissons pas fortement, ces migrations vont se multiplier, jetant sur les routes des familles qui auront tout perdu. L’Union européenne est parmi les 3 principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ? ». D’accord, il a écrit ça en 2019 mais il n’a pas trop changé d’avis.

https://www.pcf.fr/actualite_immigration_lettre_ouverte_de_fabien_roussel_emmanuel_macron

En face, qu’avons-nous ? Zemmour, Marine, d’accord. Mais l’hydre progressiste a, comme son modèle mythologique, une capacité incroyable de régénération dès qu’elle est attaquée. Si on lui coupe une tête, il en repousse deux et l’une d’entre elles est immortelle. Aussi, et même si nous voulons tous croire à un sursaut électoral de la part des Français, malgré la propagande et l’intimidation qui sévit déjà sur notre sol contre le patriotes – voir Vincent Présumey, autrement appelé le benêt du Bourbonnais ! –, il est à craindre que le système ne neutralise un vainqueur identitaire et ce, par tous les moyens. Que nous reste-t-il comme recours ? La guerre…

  « Il n’y a pas cinquante manières de combattre, il n’y en a qu’une, c’est d’être vainqueur » (André Malraux).

Cyrano, Riposte Lïque

– Agriculture : les pétrodollars du Golfe poussent nos paysans vers la sortie

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#webtube : Alors que nos agriculteurs tirent la sonnette d’alarme, épuisés moralement et physiquement par cette crise inédite, outre les fortes chaleurs, il pèse sur eux une autre menace que BV vous révélait en mai dernier. Les chiffres ont l’élégance brutale d’un coup de pelle dans un champ déjà ravagé. Selon le Guardian, des entreprises liées aux Émirats arabes unis auraient perçu près de 70 millions d’euros d’aides de la PAC, entre 2019 et 2024, grâce à des dizaines de milliers d’hectares acquis en Roumanie, en Espagne et en Italie. Une situation qui scandalise jusque dans les rangs agricoles et pose une question explosive : à qui profite encore réellement la politique agricole commune ?

Des aides européennes qui prennent la route du Golfe

Le groupe agroalimentaire émirati Al Dahra, via sa filiale Agricost, contrôlerait à lui seul près de 57.000 hectares en Roumanie. Des terres agricoles européennes qui ouvrent mécaniquement le droit aux aides de la PAC. « Le problème réside surtout dans l’accaparement de nos terres par des fonds d’investissement ou des entreprises étrangères », explique, à Boulevard Voltaire, l’eurodéputé RN Gilles Pennelle, membre de la commission Agriculture du Parlement européen.

Pour lui, le scandale dépasse largement la question des subventions. « La majorité des produits de ces exploitations possédées par l’Émirat y sont expédiés », souligne-t-il. En clair : des terres européennes, des aides européennes, mais une production destinée au Golfe. Même colère chez Christian Convers, agriculteur et ancien secrétaire général de la Coordination rurale. « L’aide doit venir aux agriculteurs qui travaillent, il y a beaucoup de tri à faire », dénonce-t-il, auprès de BV. Avant d’ajouter : « On met de l’argent partout, sauf là où il y en aurait besoin. »

À ce sujet — Après l’effondrement de l’industrie, voici celui de notre agriculture

La grande braderie du foncier agricole

Au-delà des aides, c’est surtout la question de la souveraineté foncière qui surgit. Les exploitations agricoles françaises et européennes deviennent peu à peu les proies de capitaux étrangers disposant de moyens financiers colossaux. « Vu la crise agricole actuelle, les jeunes n’ont plus les moyens d’accéder au foncier. On est la proie de fonds d’investissement étrangers », alerte Gilles Pennelle. L’eurodéputé cite également les investissements chinois massifs dans les vignobles bordelais, phénomène dénoncé depuis plusieurs années.

Christian Convers évoque, lui aussi, des soupçons dépassant le simple enjeu agricole : « Derrière ça, il y a sans doute des intérêts de nations, d’espionnage. » Certaines acquisitions de terres proches de sites industriels ou militaires interrogent, nous explique-t-il.

Pendant ce temps, les agriculteurs français, eux, croulent sous les charges, les normes et les dettes. Chaque année, plusieurs centaines mettent fin à leurs jours dans un silence devenu presque administratif. Dans ce contexte, voir des groupes étrangers capter des millions d’euros de subventions européennes agit comme un révélateur brutal du malaise agricole.

L’Ukraine, future bombe à retardement de la PAC

Pour Gilles Pennelle, le dossier émirati révèle surtout une autre menace : l’éventuelle entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. « Si, demain, l’Ukraine rentre dans l’Union européenne, elle toucherait plus de primes PAC que la France, pourtant contributeur net », affirme-t-il. Selon les estimations avancées par l’élu RN, Kiev pourrait capter jusqu’à 11 milliards d’euros d’aides agricoles, contre environ 9 milliards, aujourd’hui, pour la France. Un bouleversement colossal pour une PAC déjà fragilisée par les négociations budgétaires en cours.

L’eurodéputé dénonce également le projet de Bruxelles de réduire de 24 % le budget agricole européen à partir de 2027 et de mettre fin à sa « sanctuarisation ». « Le budget agricole serait noyé dans une immense enveloppe où il y aurait aussi la défense ou l’immigration », avertit-il.

Une Europe qui protège les marchés, plus les paysans

Au fil des années, la PAC semble avoir changé de nature. Pensée à l’origine pour garantir l’autonomie alimentaire européenne et protéger les producteurs, elle apparaît désormais comme un immense mécanisme technocratique où les logiques financières prennent le dessus. Pendant que Bruxelles négocie le Mercosur, ouvre davantage le marché européen et empile les normes environnementales, les exploitants français disparaissent les uns après les autres. Les plus jeunes peinent à reprendre les fermes, étranglés par le coût du foncier et la concurrence mondiale.

« Le gros sujet est plus là que sur les aides », insiste Gilles Pennelle. Derrière le scandale des millions versés aux Émirats, c’est finalement une question simple qui ressurgit : l’Europe veut-elle encore une agriculture européenne ?

Yann Montero, dans BV

– RATP : derrière l’affaire Bagayoko, un système impliquant 200 élus ?

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#webtube : L’affaire Bagayoko pourrait n’être que la première station d’un scandale impliquant quelque 200 élus. Les polémiques se suivent, pour Bally Bagayoko. Le 5 août, Le Canard enchaîné révélait les conditions pour le moins avantageuses dans lesquelles le nouveau maire LFI de Saint-Denis avait mené sa carrière à la RATP. L’ex-basketteur aurait intégré la Régie en 2000 sur simple proposition de Jacques Marsaud, ancien bras droit du maire communiste de Saint-Denis Patrick Braouezec, devenu cadre dirigeant de l’entreprise publique. Il aurait ainsi été recruté sans passer le moindre concours ni entretien.

« C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers », s’est défendu Patrick Braouezec à l’hebdomadaire. Une justification qui ressemble fort à l’aveu d’une préférence territoriale et sociale. Ceux que l’on dit victimes d’effroyables « contrôles au faciès » seraient-ils, en réalité, les bénéficiaires de très favorables embauches au faciès ? Allez savoir. Mais Kader Chibane, élu écologiste et chef de l’opposition municipale à Saint-Denis, livre une tout autre version : cette embauche aurait été « clairement » politique et serait le fruit d’un accord avec le Parti communiste. « À Saint-Denis, c’est un secret de polichinelle », assure-t-il.

Promu ensuite adjoint au maire, conseiller général puis vice-président du département de Seine-Saint-Denis, Bally Bagayoko aurait eu la chance de conserver, en parallèle, un poste de cadre à temps plein à la RATP. Selon Le Canard, sa rémunération dépassait la somme rondelette de 6.000 euros mensuels, treizième mois et primes compris. Et en 2015, après la perte de son mandat départemental, ses indemnités d’adjoint au maire ont encore bondi de plus de 100 %… Il faut croire que la ville roulait sur l’or, à l’époque.

La victimisation pour toute réponse

Bien entendu, Bally Bagayoko conteste vigoureusement les soupçons portant sur la réalité de son travail. Dans une longue réponse publiée sur les réseaux sociaux, l’élu d’extrême gauche accuse Le Canard enchaîné de préférer le « sous-entendu » à la « démonstration ». Il jure avoir réellement exercé ses fonctions et présente son parcours comme le fruit de son dur labeur et de ses « compétences ». Mais l’élu insoumis déplace également l’affaire sur le terrain racial. Selon lui, les attaques dont il fait l’objet viseraient plus globalement la « nouvelle génération d’élus » dont il fait partie et qui « ressemble aux habitants qu’elle représente ». Dans un autre tweet, il évoque encore plus explicitement le « racisme » supposé de ceux qui le mettent en cause. Une manière habituelle et commode de se poser en victime et d’intimider les opposants.

À ce sujet — Bagayoko visé par une plainte pour emploi fictif à la RATP : il se victimise

La direction de LFI a, elle aussi, préféré s’en prendre au messager. Manuel Bompard a ainsi désigné Frédéric Haziza comme l’auteur des articles du Canard consacrés à Bally Bagayoko. « La haine de cette personne contre La France insoumise suffit à nous éclairer sur le sérieux de cette enquête », a-t-il lancé. Jean-Luc Mélenchon a renchéri en accusant le journaliste d’être à l’origine d’une « campagne de calomnies », tout en le réduisant au statut d’« animateur de Radio J ». Comme une façon de rappeler, implicitement, sa religion ?

Deux cents élus concernés ?

La contre-attaque était d’autant plus mal ajustée que Le Canard enchaîné a poursuivi ses révélations. Dans un nouvel article, publié cette fois sous la signature de Camille Eider – et non de Frédéric Haziza –, l’hebdomadaire affirme que Bally Bagayoko serait loin de constituer un cas isolé. Selon Le Canard, donc, quelque 200 agents de la RATP titulaires d’un mandat électif auraient bénéficié d’un emploi à temps plein « mais pas très prenant », ainsi que de facilités leur permettant d’exercer leurs responsabilités politiques. Des élus de droite, de gauche et du centre seraient concernés. En contrepartie, ces agents auraient pu servir de relais à la Régie auprès des municipalités, des collectivités et, parfois, des ministères.

Cette organisation n’est pas seulement décrite par des adversaires politiques. Jacques Marsaud lui-même l’évoquait dans Passion commune (Atelier), ouvrage publié en 2018. L’ancien dirigeant de la RATP expliquait y avoir animé ce réseau de quelque 200 élus salariés, chargés de constituer autant de points d’appui locaux pour l’entreprise. Le député LFI Rodrigo Arenas a d’ailleurs livré au Canard un étonnant élément de confirmation : « Votre article ne fait que révéler une information que tout le monde connaît. »

Une pratique légale ou des emplois de complaisance ?

Être salarié et élu local n’a, en soi, rien d’irrégulier. La loi accorde aux élus des autorisations d’absence et des crédits d’heures pour remplir leur mandat. Encore faut-il distinguer ces droits (parfaitement légitimes) d’un système dans lequel une entreprise publique proposerait des postes volontairement peu exigeants afin d’entretenir son influence politique. Le 7 août, l’association AC!! Anti-Corruption a déposé une plainte contre X auprès du parquet national financier. Elle estime que des salaires versés pour un travail qui n’aurait pas été effectivement accompli pourraient caractériser une utilisation indue de fonds publics.

En réponse, la RATP a formellement démenti toute « allégation d’emploi de complaisance ». Elle affirme appliquer, comme les autres entreprises, le cadre légal permettant aux salariés de concilier activité professionnelle et mandat local, et précise que leurs absences ne sont pas rémunérées. Concernant Bally Bagayoko, elle assure qu’il a été recruté en 2001 après avoir passé les entretiens préalables à son embauche puis à sa titularisation.

Ce démenti suffira-t-il à refermer le dossier ? Reste à établir la réalité du travail effectué par les quelque 200 élus concernés et la nature exacte des facilités qui leur étaient accordées. Sollicitée par Boulevard Voltaire sur les critères de recrutement et l’activité effective des personnes concernées, la RATP ne nous avait pas encore répondu, au moment de la publication de cet article. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, réclame de son côté que toute la lumière soit faite sur ces recrutements, anciens comme actuels, et évoque une mission flash à l’Assemblée nationale. En attendant, ce n’est donc plus seulement le parcours controversé de Bagayoko qui doit être éclairci, mais tout un système souterrain circulant depuis des années sur les lignes de la RATP.

Jean Kast, dans BV

– Ce qu’on vous cache : journée du 13 août 2026

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#webtube : Livron-sur-Drôme (26) : Au moins deux individus forcent sept conteneurs d’un train de fret – Lyon : arrêté après un vol sous la menace d’un couteau, 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’ITF – Hardelot-Dannes (62) : 180 hectares ravagés par deux incendies, une maison détruite et 1 200 campeurs évacués – Zurich (Suisse) : Un Érythréen de 52 ans condamné à 6 mois avec sursis après avoir séquestré ses deux fils – Écoquartier de la Duchère (Lyon) : Un spectacle gratuit de danse interrompu par des insultes homophobes…

A lire ICI : https://webtube.fr/index.php/ce-quon-vous-cache/

Livron-sur-Drôme (26) : Au moins deux individus forcent sept conteneurs d’un train de fret et retardent un TER de deux heures ; préjudice inconnu à ce stade

Lyon : arrêté après un vol sous la menace d’un couteau, 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’ITF pour un ressortissant étranger qui est remis en liberté. Une vidéo montrant une autre agression découverte dans son téléphone

Hardelot-Dannes (62) : 180 hectares ravagés par deux incendies, une maison détruite et 1 200 campeurs évacués ; des témoins et élus mettent en cause des migrants, la préfète reste silencieuse

Zurich (Suisse) : Un Érythréen de 52 ans condamné à 6 mois avec sursis après avoir séquestré ses deux fils Suédois de 8 et 11 ans dans un appartement, sans eau ni nourriture

Édimbourg (UK) : Abdul Nabizada, ancien interprète afghan des armées britannique, américaine et danoise, condamné à 7 ans de prison pour le viol d’une jeune femme de 19 ans dans sa voiture

Écoquartier de la Duchère (Lyon) : Un spectacle gratuit de danse interrompu par des insultes homophobes et une dizaine de tirs de mortiers ; un artiste blessé à l’audition et son ordinateur détruit ; plainte déposée (MàJ : Témoignage des artistes)

Paris : Six hommes originaires de Côte d’Ivoire et du Mali condamnés pour des razzias dans des magasins de vêtements ; quatre incarcérés, jusqu’à 18 mois de prison, pour un préjudice estimé à 500 000 euros

« Pourquoi tu me regardes de travers ? » : à Montpellier, un adolescent de 16 ans poignardé à mort lors d’une rixe. Un suspect de 17 ans interpellé (MàJ : La victime s’appelait Amine)

Polémique à Berlin : Le « Volksbad », piscine temporaire financée sur fonds publics, réservée exclusivement la journée du 14 août aux personnes noires

Alpes-Maritimes : 6 ans de prison ferme et ITF définitive pour un Algérien, au lourd casier judiciaire, ayant tenté de frapper à la carotide avec un couteau des policiers en gare de Cannes. Il était sous OQTF depuis 2018

FDS

– Météo du Jeudi 13 au Mercredi 19 Août 2026

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#webtube : Souvent 35 à 40°C jeudi et vendredi ! Week-end orageux avec un recul de la canicule.

– Venezuela : la ruée vers l’or noir

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#webtube : Le paria est devenu l’eldorado. Huit mois après la spectaculaire arrestation de Nicolas Maduro, la nouvelle présidente du Venezuela assouplit les normes et les règles pour faire venir les entreprises étrangères pour l’exploitation du gaz et du pétrole. Une transformation profonde, mais en douceur, du pays ?

Les majors sont de retour, comme Chevron, Repsol, ENI, BP, Shell, ainsi qu’une entreprise française peu connue du grand public, Maurel & Prom. Un retour pour relancer l’économie exsangue d’un pays en dépression et pour faire couler le pétrole concentré dans l’une des plus grandes réserves mondiales. Derrière ces ouvertures économiques, c’est un autre jeu qui se trame : Washington reprend la main sur les réserves, en écartant Moscou et Pékin, et en se gardant bien de faire du regime change et de demander l’application de la démocratie.

Le calendrier fut millimétré. Le 3 janvier, Nicolas Maduro était arrêté et extradé vers les États-Unis. Le 9 janvier, Donald Trump convoquait 17 compagnies à la Maison-Blanche, dont Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips, Shell, ENI et Repsol pour leur exposer un plan d’aide à « reconstruire rapidement l’industrie pétrolière vénézuélienne en ruine et à produire des millions de barils de pétrole au profit des États-Unis, du peuple vénézuélien et du monde entier ». Comme toujours avec Trump, le projet était alléchant, exubérant et disproportionné.

Mais il semblerait que, cette fois-ci, les États-Unis aient appris de leurs erreurs. Fini la volonté d’exporter la démocratie, comme en Irak ou en Afghanistan, finis les investissements coûteux et, souvent, inutiles, pour reconstruire le pays. Il s’agit ici, de façon plus modeste et plus réaliste, de relancer le pétrole, d’une part pour indemniser les compagnies américaines spoliées par le gouvernement Chavez / Maduro, d’autre part pour affaiblir la Russie, et enfin pour ouvrir des marchés aux entreprises américaines. Et pour faire bonne figure, Donald Trump consentait même à proposer des parts aux entreprises européennes.

Rêve d’or noir

Sur le papier, le pétrole du Venezuela fait rêver : le pays aurait les plus grandes réserves de pétrole au monde, avec 303 milliards de barils, soit environ 17 % du total mondial.

Un rêve attirant, sur le papier seulement. D’abord, il n’est pas certain que les réserves avancées soient les réserves réelles, tant on peut avoir des doutes sur les chiffres communiqués par le gouvernement vénézuélien. Ensuite, la qualité du pétrole y est très différente de celle du Golfe : il est plus lourd, plus visqueux, moins fin que le pétrole arabe. Donc beaucoup plus difficile à extraire et à raffiner. Enfin, les infrastructures du pays sont vieilles et obsolètes. Avant de pouvoir faire couler le pétrole, il faut d’abord investir en masse pour tout remettre à niveau. Les promesses de Trump ne sont pas encore les réalités de demain.

Accélérateur d’investissements

Mais, avec l’arrivée de Delcy Rodriguez et la pression de Washington, le Venezuela a adopté une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui ouvre le secteur au privé et réduit le contrôle de l’État.

Les licences délivrées par l’OFAC (l’Office de contrôle des actifs étrangers) du Trésor américain ont rapidement suivi. Depuis janvier, le Trésor américain a ainsi délivré des licences aux multinationales Shell, Maurel & Prom (France), Repsol, ENI, BP et Chevron pour opérer au Venezuela. Parallèlement, les ministres américains de l’Intérieur Doug Burgum et de l’Énergie Chris Wright se sont rendus personnellement à Caracas pour promouvoir la réouverture énergétique du pays.

Chevron : l’avantage du survivant

Dans ce nouveau jeu, Chevron part avec une longueur d’avance. C’est la seule grande compagnie américaine à n’avoir jamais quitté le Venezuela depuis son arrivée en 1923. Pendant toutes les années de sanctions, elle avait conservé ses positions grâce à une autorisation spéciale de l’OFAC renouvelée périodiquement.

Wall Street considère Chevron comme la compagnie américaine la mieux positionnée pour bénéficier de l’intervention américaine au Venezuela. Ses concurrents, comme ExxonMobil, sont réticents à revenir en raison de l’histoire du pays, qui a saisi les actifs des grandes compagnies pétrolières internationales.

Les résultats confirment cette position privilégiée. Au premier trimestre 2026, la compagnie a produit 4,05 millions de barils par jour, une augmentation d’environ 21 % par rapport aux 3,35 millions de barils par jour du quatrième trimestre 2024. Le Venezuela est appelé à renforcer encore ces chiffres : la compagnie a signé mi-avril de nouveaux accords dans la ceinture de l’Orénoque.

Repsol et ENI : le retour d’une alliance de trente ans

Ces deux entreprises ont réactivé des opérations de la société Cardón IV SA, une entreprise commune à participation égale entre Repsol et ENI. Les deux sociétés opèrent au Venezuela depuis plus de trois décennies, mais elles avaient suspendu leur activité en 2019, contraintes par les sanctions imposées par le premier gouvernement de Donald Trump. Cardón IV est l’un des plus grands gisements de gaz d’Amérique latine et dispose d’une capacité de production de 580 millions de pieds cubes de gaz par jour.

L’accord signé en mars entre Delcy Rodriguez, Repsol et ENI porte sur la continuité de la production gazière à Cardón IV et une extension vers l’exportation. Repsol a parallèlement signé un accord distinct pour augmenter la production pétrolière à Petroquiriquire, un gisement détenu à 60 % par PDVSA et 40 % par Repsol. Pour y parvenir, Repsol a bénéficié de la délivrance par l’OFAC de la licence générale GL 50A, qui autorise ses filiales à effectuer des transactions liées aux opérations pétrolières et gazières avec le gouvernement vénézuélien et PDVSA.

ExxonMobil et ConocoPhillips : la partie délicate

Le cas des deux autres géants américains est politiquement plus complexe. ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le Venezuela lors des nationalisations des années 2000 sous Hugo Chávez et n’ont jamais été indemnisés. Le Venezuela leur doit aujourd’hui plus de 13 milliards de dollars.

La réunion du 9 janvier à la Maison-Blanche a tourné à l’affrontement feutré. Le PDG d’ExxonMobil Darren Woods a déclaré que l’entreprise était prête à envoyer une équipe technique dans les semaines à venir pour évaluer l’état des infrastructures pétrolières, mais a souligné que sans réformes fondamentales, l’entreprise ne peut pas justifier sa réintégration.

Une partie des activités d’ExxonMobil avait fini par être partiellement détenue par la société russe Rosneft après que le géant texan fut évincé par Chávez. La Maison-Blanche et le Département d’État ont informé les dirigeants des compagnies pétrolières américaines que, pour obtenir une compensation pour les actifs saisis il y a vingt ans, ils devraient revenir rapidement et investir des capitaux substantiels. La compensation et le retour sont liés : pas de remboursement sans réinvestissement.

Maurel & Prom : le Français du Venezuela

L’histoire de Maurel & Prom au Venezuela illustre le fonctionnement du nouveau régime de sanctions américaines. La compagnie française n’a jamais cessé ses opérations au Venezuela. Elle détient 40 % d’un gisement dans le lac de Maracaibo via une filiale, en partenariat avec PDVSA, après avoir racheté en 2019 la participation de Shell dans ce projet.

Mais en mai 2025, l’OFAC révoquait ses autorisations d’exportation, avec celles de Repsol et ENI. Maurel & Prom se retrouvait dans une situation délicate : opérant sur le terrain, mais ne pouvant ni percevoir ses revenus ni payer ses impôts locaux, conformément aux sanctions. Depuis la réouverture de janvier 2026, la situation se normalise.

Un retour, vraiment ?

Il faut aller au-delà des effets d’annonces. Si le Venezuela rouvre ses frontières et signe de nouveaux contrats, rien n’est réglé pour autant. L’insécurité juridique est toujours présente, et toujours dans la mémoire des entreprises spoliées. Les compagnies sont prises en tenaille entre les menaces du gouvernement du Venezuela et les risques de sanctions économiques et juridiques de la part des États-Unis. La fameuse compliance qui est si essentielle pour les entreprises.

Si les investissements sont colossaux, nul ne sait s’ils pourront être rentables. On l’a dit, le pétrole est de mauvaise qualité et les infrastructures sont à reprendre. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle, même poussée par les foucades de Trump ?

Les chiffres de la reprise sont réels, mais encore modestes. Les exportations ont atteint 1,25 million de barils par jour en mai 2026, en hausse sensible. Le ministère vénézuélien du Pétrole cible 1,4 million de barils par jour d’ici fin 2026, soit une progression de 22 %. Mais un niveau qui resterait toutefois inférieur de moitié aux pics des années 2000.

Moins de 30 % des 31 000 puits de pétrole du pays sont en activité. L’exploration de nouveaux gisements est à l’arrêt depuis une décennie. Le réseau électrique est dans un état de délabrement avancé et c’est précisément pour cette raison que GE Vernova a été mandatée pour fournir cinq gigawatts d’énergie supplémentaire d’ici quatre ans. Le PDG de ConocoPhillips Ryan Lance a déclaré que PDVSA pourrait avoir besoin d’être restructurée et que les banques, y compris l’Exim Bank, devaient être impliquées pour fournir le financement nécessaire à la réparation des infrastructures.

L’exploitation du pétrole vénézuélien reste six fois plus émettrice de gaz à effet de serre par baril produit que la moyenne mondiale, et le torchage y est dix fois plus important qu’ailleurs dans le monde. Deux tristes records de pollution qui compliquent le retour des compagnies soumises à des engagements ESG stricts. TotalEnergies a d’ailleurs explicitement invoqué ces contraintes pour justifier sa sortie définitive en 2022.

La question démocratique reste enfin posée. Le retour d’ExxonMobil et de ConocoPhillips est décrit comme une priorité absolue pour le gouvernement vénézuélien. Mais le régime en place reste chaviste dans sa structure et ses cadres. Au Venezuela, le pétrole pourrait changer beaucoup de choses, mais, pour l’instant, il faut encore attendre un peu.

Jean-Baptiste Noé , IDL

– La puissance américaine : renouveau ou chant du cygne ?

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#webtube : A l’occasion de la sortie du nouveau hors-série de la revue Éléments consacré aux États-Unis, Edouard Chanot, pour l’émission « Chocs du monde » sur TV Libertés, reçoit Alain de Benoist afin d’évoquer l’histoire et l’actualité des relations entre l’Amérique et le reste du monde, et plus particulièrement l’Europe. Impérialisme moral, interventionnisme militaire, « soft power », arasement culturel, marchandisation du monde, colonisation de l’imaginaire… pourquoi les USA sont-ils nos « meilleurs ennemis » ?

Alain de Benoist, Revue Eléments et TVL