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#webtube : La gauche salue un certain nombre de nouveautés historiques brandies comme des marqueurs de diversité et d’inclusion. Donald Trump en est sorti presque groggy. À la suite d’une élection catastrophique pour le Parti républicain, le président américain n’était pas d’humeur aux fanfaronnades. « Je suis un peu surpris », a déclaré, sur Fox News, celui qui a reconnu sa défaite en assurant que les démocrates avaient fait « du bon boulot ». De fait, la vague bleue a emporté le Sénat et la Chambre des représentants, où une large majorité démocrate se dessine. « L’ingérence de mes lasers spatiaux dans les élections n’a pas fonctionné cette fois », ironise Elon Musk.
Comme à son habitude, Trump n’a pas tardé à reprendre une verve combative, indiquant que s’il avait été candidat, les républicains auraient obtenu une victoire « écrasante », et rappelant qu’il disposait toujours de son pouvoir de veto au Congrès.
Une maigre consolation pour les partisans du président. Cette fois, la presse, de droite comme de gauche, est unanime. Fox News évoque un « bain de sang » et un « tremblement de terre » dont les secousses ont « fait chuter plusieurs candidats choisis sur le volet par le président dans de nombreuses circonscriptions qui, jusqu’aux dernières semaines du cycle électoral de mi-mandat, semblaient hors de portée pour les démocrates ».
« Cette vague a débuté en Géorgie, où le sénateur Jon Ossoff a facilement battu le représentant Mike Collins », décrit la chaîne conservatrice, avant de recenser les victoires démocrates « en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, au Kansas, dans l’Iowa et au Texas, où le représentant James Talarico a infligé une défaite historique et décisive au procureur général du Texas, Ken Paxton ».
Le New York Times célèbre une victoire démocrate « écrasante » et une « réprobation sans appel » de l’ère Trump. Même son de cloche auprès des médias étrangers : le très conservateur journal hispanique Libertad Digital parle de « massacre électoral ». Pour le journal britannique The Telegraph, les républicains « ne peuvent en vouloir qu’à eux-mêmes ». Le Daily Mail évoque, quant à lui, un « tsunami bleu ».
« L’heure de décès du trumpisme a retenti », se réjouit le Guardian. Seul le quotidien argentin Infobae, l’un des plus lus en Amérique latine, reste mesuré, titrant sobrement : « Les démocrates contrôleront la Chambre des représentants et le Sénat, après avoir gagné dans plusieurs bastions républicains ».
CNN exulte devant un ensemble de « premières historiques »
La chaîne amie de la gauche américaine a salué avec enthousiasme un certain nombre de nouveautés historiques, brandies comme des marqueurs de diversité et d’inclusion. Elle applaudit ainsi la victoire de Keisha Lance Bottoms, qui devient la « première femme noire gouverneur » de Géorgie et de l’histoire des États-Unis, tout comme celle de Chris Pappas, « premier sénateur américain ouvertement homosexuel », qui permet aux démocrates de préserver un siège crucial dans le New Hampshire.
CNN se réjouit, entre autres, des résultats au Texas, où Gina Hinojosa s’impose comme la « première gouverneur hispanique » en délogeant le conservateur Greg Abbott, tout comme au Colorado avec Melat Kiros, qui devient la « première femme noire membre du Congrès » pour cet État. Adam Hamawy s’illustre en tant que « premier membre musulman du Congrès élu pour l’État du New Jersey », tandis qu’à New York, Claire Valdez est consacrée « première femme amérindienne » à siéger à la Chambre des représentants sous la bannière progressiste.
En France, Mediapart salue la victoire d’Abdulrahman Mohamed el-Sayed
Des réactions semblables ont eu lieu en France, où Le HuffPost s’amuse de voir Donald Trump « s’emporter devant sa télévision ». Libération parle d’un « vote sanction pour Donald Trump », qui représenterait « un espoir pour le reste du monde », quand Le Monde titre : « Donald Trump, entre « canard boiteux » et « M. Veto », se prépare à un siège démocrate de la Maison-Blanche ».
Conforme à sa ligne, Mediapart salue la victoire d’Abdulrahman Mohamed el-Sayed dans le Michigan, qui devient le premier sénateur musulman de l’histoire des États-Unis. « Ce médecin épidémiologiste, musulman, fils d’immigré·es égyptien·nes, a dû affronter dans les mois qui ont suivi des torrents d’insultes racistes et islamophobes », tient à souligner le journal, indiquant que « Donald Trump a régulièrement déformé son nom, l’appelant « Mohamed » ou « Ramadan », l’accusant d’être un « djihadiste » et demandant à ce que le démocrate passe, s’il est élu, « par un détecteur de métaux avant d’être autorisé à entrer au Sénat » ».
Le média d’extrême gauche poursuit en félicitant le candidat d’avoir « assumé avec joie son identité religieuse, achevant de faire avaler leurs cravates aux commentateurs racistes », celui-ci s’étant exclamé, dans son discours de victoire : « Ce soir, ce « Inchallah » est devenu un « Alhamdulillah ». » Avant d’ajouter, en riant : « Pour les gens de droite, ça veut juste dire « Gloire à Dieu » ! » De bonne guerre, en ce qui le concerne, penseront certains. D’autres pensent sans doute qu’une certaine presse qui s’est réveillée en exultant gagnerait à réfléchir au vieux proverbe espagnol : « Attention à ne pas cracher en l’air, cela retombe toujours sur le nez. »
Martin Dousse, dans BV
