– Livreurs « menacés » : quand l’audiovisuel public s’intéresse enfin à l’insécurité, MDR !

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#webtube : Pendant que les agressions barbares se multiplient, les médias préfèrent s’alarmer de « menaces » encore bien floues. C’est ce qu’on appelle un écran de fumée particulièrement bien préparé. Alors que les agressions se multiplient dans le pays, souvent dans une indifférence médiatique assourdissante, un sujet autrement plus anecdotique occupe depuis quelques jours les rédactions : les « menaces » qui pèseraient sur les livreurs racisés en France.

À l’origine de cette polémique, L’Humanité. Le 1er novembre, le journal titre : « Menacés par des guet-apens de l’extrême droite, les livreurs contraints de s’organiser pour se protéger des agressions racistes ». Il affirme que « des militants d’extrême droite ont appelé à cibler explicitement les livreurs, en utilisant les plateformes de livraison pour organiser des guets-apens ». En cause, des conversations sur un espace de discussion vocale de X, où certains participants évoquent sur le ton de la plaisanterie la nécessité de « reconquérir le territoire » pour « franciser et annuler l’islamisation », notamment en Seine-Saint-Denis et à Paris.

Il n’en fallait pas davantage pour que la députée écolo de Paris, ancienne de LFI, Danielle Simonnet s’empare de l’histoire. Sur X, elle s’emballe : « Des appels de membres de l’extrême droite aux meurtres racistes contre des livreurs, parce qu’ils sont ciblés comme étant sans papiers, noirs ou arabes ! » La parlementaire ne s’arrête pas là. Elle réclame que les livreurs Uber Eats qui se rendent dans un commissariat pour déposer plainte ne soient pas inquiétés en raison de leur situation irrégulière et ne fassent pas l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Instrumentalisation, quand tu nous tiens.

L’audiovisuel public en relai complaisant

Le lendemain, Franceinfo reprend la polémique à son compte avec un titre alarmiste : « Des livreurs menacés par des guet-apens racistes ». La chaîne donne la parole à Fabian Tosolini, délégué national d’Union-Indépendants, qui affirme : « Aujourd’hui, les livreurs sont très très apeurés ». Il évoque des « agressions discriminatoires » et déplore une médiatisation qui pourrait alimenter « un sentiment d’insécurité au sein de la profession », voire susciter des passages à l’acte. « On est très très en colère par rapport à cela », ajoute-t-il. Mais lorsqu’il s’agit de préciser les faits, le tableau devient nettement plus flou. Ces agressions ont-elles réellement eu lieu ? Sont-elles caractérisées ? Ont-elles été commises par des militants d’extrême droite ? Rien n’est moins sûr. Le syndicaliste reconnaît lui-même que ces dossiers « n’ont pas eu de suivi auprès des instances judiciaires »…

L’audiovisuel public s’intéresse enfin à l’insécurité, y compris lorsqu’elle relève du sentiment ! Voilà qui est assez neuf. En poussant un peu plus loin ses investigations, Franceinfo pourrait même apprendre que près de 1300 Français sont victimes d’agressions physiques chaque jour dans leur pays. Mais ces violences bien réelles ne semblent pas mériter la même attention…

Qui agresse les livreurs ?

Il arrive cependant que les livreurs soient effectivement victimes de violences. Mais les auteurs ne correspondent pas vraiment au portrait-robot que cette séquence médiatique voudrait imposer… De nombreux exemples en attestent : en août 2026, à Paris, un livreur malien frappé et dépouillé de son vélo par Mohamed H., un multirécidiviste algérien en situation irrégulière ; en avril 2026, à Toulouse, un livreur Uber Eats agressé dans un quartier tenu par des trafiquants de drogues ; en avril 2026, à Reims, trois livreurs à vélo blessés au couteau lors d’une violente rixe entre employés Uber Eats et Deliveroo d’origine afghane ; en novembre 2021, à Tarare, un livreur violemment agressé par Louai Boudjouabi, 19 ans, qui le menace de l’égorger, etc.

Quitte à parler des violences, parlons aussi de celles commises par certains de ces livreurs : en février 2023, à Chatou, dans les Yvelines, un livreur Uber Eats sous OQTF mis en examen pour avoir aspergé d’essence et gravement brûlé un automobiliste après un différend routier ; en novembre 2021, à Paris, un livreur mis en cause pour avoir insulté une cliente transgenre ; en septembre 2020, à Lyon, un livreur accusé d’avoir pris à partie un homosexuel devant un McDonald’s tout en déplorant vivre dans un « pays de merde » ; en juillet 2020, à Saint-Raphaël, un jeune couple tabassé par des livreurs de la société Uber Eats, etc.

On attend toujours une mobilisation des journalistes de L’Humanité et Franceinfo pour dénoncer ces faits, comme les autres milliers d’agressions qui frappent quotidiennement les Français.

Jean Kast, dans BV

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