– Quand la gauche devient réactionnaire : Libération face à l’intelligence artificielle

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#webtube : Il arrive qu’un journal fournisse, à son corps défendant, un document intellectuel plus précieux que les idées qu’il entend défendre. Le numéro de Libération du 8 août consacré aux robots humanoïdes appartient à cette catégorie.

Vertiges à Libé

Le reportage est correctement informé : la Chine a fait de la robotique une priorité nationale, les progrès de l’intelligence artificielle donnent aux machines une autonomie nouvelle, Renault envisage plusieurs centaines de robots dans ses usines et les expériences se multiplient dans la logistique, l’industrie ou les services. L’avenir décrit par le journal est celui d’une rupture technique d’une ampleur que personne ne sait encore mesurer.

Pourtant, plus les possibilités paraissent immenses, plus le commentaire politique se rétrécit. L’éditorial d’Alexandra Schwartzbrod est intitulé « Vertigineux » et le mot révèle assez bien le sentiment dominant : devant l’inconnu, le vertige davantage que le désir. Aux promesses médicales et industrielles succèdent immédiatement les questions sur le coût écologique, les sommes investies, les emplois supprimés, les cotisations sociales perdues et les dépenses qu’il faudra financer. L’intelligence artificielle ouvre peut-être une nouvelle époque de l’histoire humaine ; Libération se demande d’abord ce qu’elle coûtera à la Sécurité sociale.

Ce réflexe mérite davantage que la moquerie. Il révèle une mutation considérable de la gauche européenne. Celle qui s’était historiquement définie par le progrès, l’émancipation à l’égard des anciennes contraintes et l’ambition de transformer matériellement le monde est devenue l’une des grandes puissances conservatrices de notre temps. Le mot « réactionnaire », dont elle a si longtemps fait une arme infamante contre ses adversaires, commence curieusement à lui convenir : elle ne réactionne plus contre l’ordre ancien, mais contre ce qui vient.

Du socialisme de l’abondance au socialisme de la précaution

L’entretien accordé dans le même numéro par Benoît Hamon est particulièrement instructif. L’ancien candidat à l’élection présidentielle ne se dit pas hostile à l’innovation et il serait injuste de le transformer en luddite briseur de machines. Son raisonnement est plus subtil : puisqu’un salarié acquitte indirectement des cotisations sociales alors qu’une machine qui le remplace n’en verse aucune, il faudrait déplacer l’assiette du prélèvement vers la richesse produite. La taxation de l’automatisation financerait notamment le revenu universel qu’il défend depuis 2017.

La cohérence comptable du raisonnement masque cependant son extraordinaire conservatisme historique. La machine se voit sommée de préserver le système social construit autour du salariat au moment même où elle pourrait précisément transformer la place du salariat dans l’existence humaine. Le problème n’est plus : que pouvons-nous faire de cette libération possible ? Il devient : comment préserver les circuits financiers de l’ancien monde si le nouveau advient ?

C’est un renversement presque parfait du socialisme historique. Saint-Simon voyait dans l’industrie l’instrument d’une réorganisation générale de la société. Fourier, avec toute l’excentricité de son système, imaginait l’abondance et la transformation des passions plutôt que leur rationnement. Marx lui-même pensait le développement des forces productives comme l’une des conditions matérielles permettant de sortir du règne de la nécessité. Jean Fourastié, dans un tout autre registre intellectuel, attendait du progrès technique l’accroissement de la productivité qui libérerait progressivement l’homme de la servitude du travail.

La gauche contemporaine s’est éloignée de cette tradition. Elle demeure socialiste lorsqu’il s’agit de distribuer les richesses, mais devient conservatrice lorsqu’il s’agit de les produire autrement. Elle veut encore l’émancipation, à condition que les structures économiques qui rendaient nécessaire l’ancien travail demeurent en place. Elle rêve du revenu universel et s’effraie simultanément des machines qui pourraient rendre économiquement pensable une séparation croissante entre revenu et emploi.

La contradiction est remarquable.

Le pachyderme et son cornac vert

Cette conversion ne s’explique guère sans la domination intellectuelle progressivement exercée sur la gauche par l’écologie politique. Le vieux pachyderme socialiste, qui avançait naguère sous les bannières du progrès, de l’électrification, des grands travaux, de l’industrie et de l’amélioration indéfinie des conditions matérielles, s’est laissé mettre au licol par un cornac vert beaucoup plus petit que lui. Celui-ci lui a appris que la puissance était suspecte, que l’abondance devait être regardée avec méfiance et que l’avenir désirable consistait moins à augmenter les possibilités humaines qu’à diminuer notre emprise sur le monde.

Le vocabulaire est désormais celui de la réduction : sobriété, empreinte, limite, modération, décroissance, renoncement. Moins de consommation, moins d’énergie, moins de déplacements, moins d’artificialisation, moins d’industrie. Le progressisme politique cohabite ainsi avec une étrange philosophie matérielle du « moins ». On veut bouleverser les mœurs et immobiliser les infrastructures ; déconstruire l’anthropologie européenne et conserver le niveau de consommation énergétique ; proclamer qu’aucune tradition ne doit limiter les désirs individuels tout en expliquant que les désirs matériels doivent, eux, être contenus au nom de la planète.

Il ne s’agit évidemment pas de nier les limites physiques ni les dégâts que peut produire la technique. Jacques Ellul avait montré, bien avant que l’écologie devienne un appareil électoral, que la technique tend à constituer un système autonome imposant sa logique d’efficacité à l’ensemble de la société. Son avertissement conserve une force considérable. Gilbert Simondon, presque au même moment, suivait pourtant une voie différente : il jugeait indispensable de réconcilier la culture avec l’objet technique et refusait cette ignorance des machines qui nourrit à la fois leur idolâtrie et leur rejet. Entre la technolâtrie et la technophobie, la pensée française avait donc produit des instruments autrement plus subtils que l’injonction actuelle à ralentir.

L’écologie politique ressemble davantage, lorsqu’elle devient doctrine générale du monde, à une secte au sens ancien et fort du terme : non pas nécessairement une organisation au sens juridique moderne, mais une secta, une école séparée, ordonnant autour de quelques dogmes une lecture complète de la société. La faute originelle y prend le nom d’empreinte écologique, l’hubris remplace le péché, la sobriété tient lieu d’ascèse et la catastrophe climatique de jugement dernier. Toute augmentation de puissance doit alors comparaître devant un tribunal moral avant même d’avoir démontré son utilité.

Cette disposition d’esprit est un avatar contemporain du luddisme, avec cette différence que les luddites du début du XIXe siècle avaient au moins l’excuse très concrète de voir leurs métiers et leurs salaires directement menacés par les métiers mécaniques. Le néo-luddisme écologique est devenu beaucoup plus abstrait : il peut être pratiqué par des catégories sociales hautement diplômées dont l’existence quotidienne dépend précisément de l’accumulation technique qu’elles dénoncent.

L’intelligence artificielle contre la fatalité migratoire

Le paradoxe devient plus saisissant encore lorsqu’il rencontre la question du travail immigré. Une partie importante de notre économie repose aujourd’hui sur des fonctions peu qualifiées ou pénibles dont on assure qu’elles ne pourraient être occupées sans l’arrivée régulière de travailleurs étrangers. La restauration, la manutention, le nettoyage, certains emplois industriels, les entrepôts, le bâtiment ou l’aide aux personnes âgées sont invoqués à l’appui de cette nécessité.

Il y a pourtant quelque étrangeté à présenter comme socialement progressiste un système qui consiste à faire venir des populations des régions moins riches du monde afin qu’elles accomplissent chez nous les travaux dont les Européens ne veulent plus aux conditions salariales proposées. Les pays d’émigration perdent une partie de leurs forces actives ; les pays d’immigration voient leur composition démographique et culturelle profondément transformée ; les secteurs utilisateurs disposent d’une réserve de travail qui contribue à contenir le prix de certaines tâches.

La robotisation ouvre ici une perspective politiquement considérable. L’automatisation pourrait permettre à une Europe vieillissante de maintenir, voire de rapatrier, des activités industrielles et de services sans transformer l’importation permanente de main-d’œuvre en nécessité structurelle. Ce qui est présenté comme une menace contre l’emploi pourrait donc également devenir un instrument de souveraineté économique et de stabilité démographique.

Il faudrait au moins poser la question. Une pensée véritablement progressiste devrait même s’y précipiter. Or l’on retrouve trop souvent le réflexe inverse : préserver l’emploi humain existant, conserver les anciens mécanismes de financement social, compenser, réglementer, taxer. Le monde extérieur change ; il s’agit surtout d’empêcher le monde intérieur de bouger.

Iain M. Banks ou le communisme rendu possible par la puissance

C’est ici que la science-fiction devient paradoxalement plus réaliste que la politique. Dans son cycle de la Culture, le Britannique Iain M. Banks a imaginé une civilisation anarchiste, égalitaire, post-monétaire et presque entièrement affranchie du travail obligatoire. La propriété matérielle y perd largement son sens parce que la rareté a elle-même été vaincue. Des intelligences artificielles immensément supérieures aux hommes organisent les grandes infrastructures, tandis qu’une énergie pratiquement surabondante permet de satisfaire les besoins matériels sans qu’il soit nécessaire d’administrer la pénurie.

Banks était un homme de gauche. Il a peut-être pourtant imaginé la seule version matériellement cohérente du vieux rêve communiste : le communisme non par la vertu, la contrainte ou la collectivisation, mais par une telle accumulation de puissance technologique que la compétition pour les biens matériels devient dérisoire.

Le rapprochement avec le discours contemporain de la gauche écologique produit un effet presque comique. La Culture de Banks représente à peu près tout ce que celle-ci devrait détester matériellement : débauche d’énergie, machines omniprésentes, intelligence artificielle souveraine, capacité industrielle gigantesque, exploration spatiale, maîtrise technique à une échelle démesurée. Pourtant, elle réalise précisément les fins auxquelles la gauche affirme rester attachée : disparition de la misère, fin du travail contraint, autonomie individuelle presque absolue et effacement des hiérarchies économiques.

Banks prend donc le chemin inverse de celui de l’écologie politique. Celle-ci veut diminuer les besoins parce que les ressources sont rares ; il augmente la puissance jusqu’à rendre la rareté presque insignifiante. Elle répond à la contrainte par le renoncement ; il répond à la contrainte par l’invention.

La différence est philosophique avant d’être économique.

Le défaut anthropologique de l’utopie

La Culture ne saurait pourtant constituer un modèle politique pour qui considère l’homme comme un héritier et non comme le simple support de désirs successifs. L’abondance de Banks permet de satisfaire presque toutes les aspirations matérielles, mais elle dissout aussi la plupart des nécessités historiques qui attachèrent les hommes à une communauté. Les habitants de la Culture peuvent vivre presque partout, transformer leur corps, changer indéfiniment d’expérience et habiter des constructions spatiales n’ayant plus guère de rapport avec le territoire ancestral.

C’est l’accomplissement technologique de l’individualisme occidental : l’homme définitivement délivré non seulement de la faim et du travail, mais presque de toute appartenance dont il n’aurait pas choisi les termes.

Cette utopie résout la question sociale en laissant béante la question anthropologique. Que devient la transmission lorsque rien ne doit nécessairement être transmis ? Que signifie l’enracinement dans une civilisation où le lieu lui-même est mobile ? Quelle fonction reste-t-il à l’histoire lorsque les individus peuvent satisfaire leurs désirs sans dépendre d’une communauté concrète ?

La leçon de Banks n’est donc pas qu’il faudrait devenir la Culture. Elle est plus intéressante : une civilisation peut être à la fois extrêmement avancée techniquement et entièrement émancipée des structures économiques qui paraissent aujourd’hui indépassables. L’idéologie écologique commet l’erreur inverse : elle transforme les contraintes présentes en horizons définitifs et organise intellectuellement notre adaptation à la pénurie.

Retrouver une pensée européenne de la puissance

La question politique véritable n’est dès lors ni d’adorer l’intelligence artificielle ni de la conjurer. Il s’agit de savoir qui la maîtrisera et dans quel dessein. La Chine, telle que Libération lui-même la décrit, traite la robotique comme une affaire de puissance nationale. Les États-Unis voient dans l’intelligence artificielle un enjeu industriel, financier, stratégique et militaire. L’Europe demeure tentée d’en faire d’abord un problème normatif, social et éthique. L’asymétrie pourrait devenir mortelle : un continent qui choisirait de ralentir une révolution technique pendant que ses concurrents cherchent à l’accélérer ne préserverait pas longtemps son modèle social ; il perdrait seulement les moyens matériels de le financer.

Guillaume Faye avait forgé le concept d’« archéofuturisme » pour tenter de sortir du faux dilemme entre conservation des héritages et modernité technologique. Le mot a ses défauts ; l’intuition demeure féconde. Une pensée européenne de l’avenir ne devrait abandonner ni la technique aux sociétés déracinées, ni l’enracinement aux conservateurs de musée. Elle devrait envisager l’intelligence artificielle, la robotique, l’énergie abondante, l’espace et les nouvelles industries comme autant d’instruments possibles d’une continuité historique européenne. La technique ne porte en elle-même aucune anthropologie obligatoire. Elle peut contribuer à l’indifférenciation planétaire ; elle peut également servir une volonté de durer.

C’est ici que notre imaginaire se révèle presque aussi pauvre que notre politique. Nous possédons quantité de dystopies décrivant des machines devenues folles, des sociétés de surveillance, des catastrophes climatiques ou des humanités réduites à la misère sur une planète épuisée. Banks constitue une exception magnifique : il a osé penser l’abondance. Seulement son abondance aboutit à une civilisation qui n’a pratiquement plus besoin de peuples, de territoires ni d’héritages. La Culture est prodigieusement puissante, toutefois cette puissance sert principalement à garantir à ses habitants une liberté individuelle presque illimitée et à diffuser, avec plus ou moins de discrétion, son modèle dans l’univers.

Il nous manque encore une autre science-fiction. Une science-fiction dans laquelle l’abondance ne conduirait ni à la dissolution de l’homme dans ses désirs ni à la retraite paisible d’une humanité installée dans un immense club de vacances galactique ; une science-fiction où l’abondance nourrirait la puissance. Où l’énergie presque illimitée permettrait non seulement de satisfaire des consommateurs, mais de bâtir des cités, de peupler des mondes, de défendre des frontières, d’explorer, de transmettre et d’accroître la capacité d’action d’une civilisation consciente d’elle-même. Une science-fiction où l’intelligence artificielle ne serait ni notre geôlier ni notre nourrice, mais l’instrument d’une volonté historique.

Cette œuvre reste largement à écrire. Elle aurait pour personnage principal non l’individu enfin délivré de toute nécessité, mais une civilisation qui, délivrée de la nécessité, découvrirait qu’elle peut de nouveau choisir un destin. Car l’abondance n’impose nullement l’hédonisme terminal. Elle peut libérer des forces pour l’art, la connaissance, l’exploration, la démographie, la conquête scientifique et la défense. Une énergie abondante ne signifie pas nécessairement davantage de gadgets ; elle peut signifier davantage de puissance disponible pour construire ce que les générations précédentes ne pouvaient même pas entreprendre.

Voilà peut-être la bifurcation cruciale que notre époque ne sait plus penser. L’écologie politique répond à la finitude par le rationnement. Banks y répond par l’abondance, puis emploie cette abondance à émanciper l’individu de presque toutes ses attaches. Une troisième réponse reste possible : dépasser la rareté afin d’augmenter la puissance collective d’un peuple et de lui rendre la maîtrise de son avenir. Ce serait un prométhéisme qui aurait retrouvé la mémoire.

Le contraste avec la gauche actuelle n’en devient que plus cruel. L’intelligence artificielle ouvre devant nous un champ dont nous discernons à peine les limites ; elle permet déjà d’imaginer des bouleversements de la production, de la médecine, de la recherche, de l’administration, de la guerre, de l’éducation et bientôt de notre rapport même à la connaissance. Face à cette trouée gigantesque, le vieux pachyderme de la gauche française, désormais cornaqué par une écologie politique devenue une forme savante de néo-luddisme, regarde surtout le montant des cotisations qui risquent de manquer et les nouvelles restrictions qu’il conviendrait d’inventer.

Il y a quelque chose de crépusculaire dans cette opposition. D’un côté, un avenir inquiétant parce qu’il paraît presque sans bornes ; de l’autre, un avenir rassurant parce qu’il est déjà bouché. Moins produire, moins circuler, moins consommer, moins risquer, moins entreprendre et finalement moins vouloir : le programme ressemble moins à une utopie qu’à l’organisation administrative d’un lent rapetissement.

La gauche fut longtemps le parti du lendemain. Elle risque de devenir celui qui demande au lendemain de ne surtout pas arriver trop vite. Il appartient peut-être à d’autres de renouer avec cette vieille audace qui consistait à regarder une invention nouvelle non pour demander d’abord ce qu’elle allait détruire, mais ce qu’elle permettrait de bâtir. Et surtout de comprendre que l’abondance n’est pas nécessairement l’antichambre de la décadence : mise au service d’une volonté, elle peut redevenir la matière première de la puissance.

Nous attendons encore le romancier qui saura donner un monde à cette idée. Banks nous a donné le communisme des machines ; les écologistes nous annoncent la pénurie administrée. Il reste à imaginer la civilisation dans laquelle les machines, au lieu de délivrer les hommes de l’Histoire, leur donneraient enfin les moyens d’y rentrer.

Balbino Katz, Breizh-Info et Polémia

– 1 milliard d’euros d’économies contre des heures de route : le calcul qui menace les hôpitaux ruraux

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#webtube : 2 489 hôpitaux en France en 2015, 2 380 en 2023. La courbe descend sans qu’aucune loi de fermeture n’ait jamais été votée, sans qu’aucun ministre n’ait jamais assumé un plan de démantèlement. Et le mouvement va s’accélérer, si l’on en croit celui qui tient les cordons du budget à l’Assemblée nationale.

Le 24 juillet, sur CNews, le député Les Républicains Philippe Juvin, médecin et rapporteur général de la commission des finances, a remis sur la table une idée qu’il porte depuis des années : certains établissements de petite taille doivent être fermés, ou au minimum voir leurs moyens regroupés. « Il y a aujourd’hui des endroits en France où on n’est pas bien soignés », a-t-il déclaré, invoquant l’inefficacité de la dépense publique en matière de soins. Le sujet est repris le 9 août par Le Figaro, qui le qualifie de « taboue ».

L’argument technique : les seuils d’activité

L’argument avancé n’est pas budgétaire en apparence. Il est médical. La Cour des comptes, dans un rapport publié en avril sur la qualité des soins en établissement, a rappelé que pour certaines prises en charge, la probabilité de réadmission et de mortalité augmente dans les structures à faible volume d’activité. Un chirurgien qui opère rarement opère moins bien : le raisonnement se tient et il n’est pas contestable en soi.

L’exemple pris par la Rue Cambon est celui du cancer de l’ovaire, environ 5 000 nouveaux cas détectés chaque année. Un collectif de soignants et de patients avait publié l’an dernier une tribune dans Le Monde estimant qu’en dessous de 20 opérations par an, le risque de rechute augmente sensiblement, avec une perte de chance définitive pour la patiente. Sur cette base, le gouvernement et les agences régionales de santé mettent actuellement en place des seuils minimaux d’activité en dessous desquels un établissement ne sera plus autorisé à pratiquer certains actes. La Cour recommande par ailleurs des revues périodiques d’activité au niveau régional, dont il faudra « tirer les conséquences » sur l’opportunité de poursuivre ces activités. Traduction administrative : le seuil ne ferme pas un hôpital, il le vide.

C’est exactement le mécanisme qui a servi à fermer les maternités depuis 20 ans. On ne supprime pas l’établissement : on lui retire l’autorisation, puis on constate que le reste n’est plus viable.

Ce que le seuil ne mesure pas

Il y a une chose que le raisonnement par volume d’activité n’intègre jamais : la distance. Un patient qui n’arrive pas au bloc n’a aucune chance de bénéficier de l’expertise du chirurgien expérimenté qui l’attend à 90 minutes de route.

Les chiffres avancés pour rassurer sont d’ailleurs à double tranchant. Selon la Commission européenne, 90,4 % de la population française vit à moins de 15 minutes en voiture d’un centre hospitalier, contre 83,2 % en moyenne européenne. Mais dans les zones rurales, ce taux tombe à 75 %. Autrement dit, 1 rural sur 4 est déjà au-delà du quart d’heure, avant toute fermeture. Ce sont précisément ces établissements-là, ceux dont le volume d’activité est faible parce que le bassin de population est peu dense, que la logique des seuils désigne en premier.

Ajoutons le contexte : 6,4 millions de Français sont sans médecin traitant et la désertification médicale touche 30 % de la population. Le système auquel on demande d’absorber les patients déplacés est déjà celui qui n’arrive pas à les soigner sur place.

1 milliard d’euros

Derrière l’argument sanitaire, le chiffre. Dans son rapport 2025 sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, la Cour des comptes chiffrait à 0,8 à 1,2 milliard d’euros le gain attendu d’un regroupement accru des petits hôpitaux et des services jugés insuffisamment sûrs. À mettre en regard du déficit hospitalier de 2,3 milliards d’euros en 2025, imputé notamment à un sous-investissement chronique et au financement incomplet des revalorisations salariales accordées après la crise sanitaire.

Le déficit est donc pour partie le produit de décisions de l’État, et l’État propose de le combler en retirant des services aux territoires qui n’ont pas voté ces décisions. La Cour relevait déjà en 2024 la difficulté des établissements à pourvoir leurs postes médicaux — difficulté qui provoque chaque été et chaque nuit la fermeture temporaire de services d’urgence, et qui alimente ensuite les statistiques de faible activité servant à justifier les fermetures définitives.

D’autres pistes existent et sont chiffrées : le virage ambulatoire et l’hospitalisation à domicile. La Cour estime que 30 000 patients par jour font l’objet d’une hospitalisation inadéquate et qu’une économie de 1,3 milliard d’euros — davantage que les fermetures — pourrait être dégagée en 4 ans en raccourcissant les séjours et en développant les alternatives. Ces solutions ont l’inconvénient d’être moins spectaculaires qu’une ligne budgétaire supprimée.

Le ministère dément, l’IA commente

Interrogé par Le Figaro, le ministère de la Santé assure qu’aucune fermeture d’hôpital ou de service n’est envisagée à ce jour. La formule est prudente : « à ce jour ». Les seuils d’activité, eux, sont déjà en cours de déploiement.

Signalons au passage un détail révélateur de l’époque. Le même jour, le site inforadar.fr publiait sur ce sujet un article signé « Théo Vanderbeck, journaliste IA », entièrement produit par une intelligence artificielle à partir de la presse existante, illustration comprise. Le débat sur l’accès aux soins dans les campagnes est désormais commenté par des machines qui n’y mettront jamais les pieds.

Le calendrier, lui, est connu : ce sont les prochaines discussions budgétaires et les revues d’activité régionales conduites par les ARS qui fixeront le périmètre réel des restructurations.

Breizh-info.com

– La chanson du jour, Xcellence – keep running

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#webtube : Quand le rythme s’accélère et que l’énergie prend le dessus, il n’y a plus qu’une seule option : ne jamais s’arrêter. Avec ses sonorités percutantes et son entraînant refrain, « Keep Running » de Xcellence est le morceau parfait à ajouter à votre playlist motivation. Que ce soit pour une séance de sport intense, un road trip ou simplement pour faire le plein de bonnes ondes au quotidien, ce titre vous donne le boost nécessaire pour aller au bout de vos objectifs.

#webtube : When the pace picks up and the energy takes over, there’s only one option: never stop. With its hard-hitting sound and infectious chorus, « Keep Running » by Xcellence is the perfect track to add to your motivational playlist. Whether it’s for an intense workout, a road trip, or simply to soak up some good vibes in your daily life, this song gives you the boost you need to reach your goals.

Source : Xcellence

– Le blocus naval américain, une arme qui ravage l’économie iranienne

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#webtube : Essayons d’y voir clair dans ce conflit devenu inextricable. La stratégie irrésolue de Trump a eu pour conséquence un blocage de la situation. L’abandon du nucléaire et du programme balistique iraniens, les deux principaux buts de guerre, sont passés à la trappe. La nouvelle urgence stratégique est dorénavant  la réouverture du détroit d’Ormuz à la libre circulation, après son blocage par Téhéran, qui exerce ainsi un chantage permanent sur l’Occident.

Mais en faisant du détroit d’Ormuz un « théâtre de guerre » sur lequel il est hors de question de négocier, les Iraniens ont récolté un blocus naval américain qui va les asphyxier.

Les fanfaronnades des Gardiens de la Révolution sont la conséquence des incessants revirements de Donald Trump dans sa conduite de la guerre. Les durs du régime de Téhéran, le Conseil des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), parient sur le fait que Trump est un impulsif, un impatient qui panique à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.

Mais le blocus naval a été la meilleure décision de Donald Trump après le blocage du détroit. Si le monde souffre de la perte de 20 % des ressources énergétiques nécessaires à l’économie, il peut encaisser la hausse du baril à 90 ou 100 dollars, qui reste cinq fois moindre que le choc pétrolier de 1973.

Par conséquent dans les faits, le temps joue contre la théocratie chiite. Chaque jour qui passe asphyxie un peu plus l’économie iranienne et divise le régime. Au sommet de l’Etat, deux camps s’opposent : le CGRI persuadé que la ligne dure va l’emporter et le camp présidentiel, partisan de concessions majeures aux Américains.

Exigences des Gardiens de la Révolution pour ouvrir le détroit :

  • Fin du blocus américain sur les ports iraniens
  • Arrêt définitif de la guerre
  • Versement de dommages de guerre
  • Levée des sanctions économiques occidentales
  • Restitution des avoirs financiers iraniens gelés

Pas de solution américaine pour débloquer le détroit par la force :

  • Mines, drones, missiles anti-navires, vedettes rapides interdisent tout passage
  • Protection des tankers par des navires de guerre beaucoup trop risquée
  • Opération amphibie américaine sur les îles du détroit jugée kamikaze

Redoutable efficacité du blocus naval

  • 20 navires de guerre dont un porte-avions, bloquent le trafic vers l’Iran
  • Frappes US sur les voies terrestres vers le Pakistan ou l’Irak
  • Les pertes économiques de l’Iran sont de 270 milliards de dollars
  • Chaque jour de blocus, le pays perd 500 millions de dollars
  • Exportations de pétrole stoppées
  • Inflation de 70 à 100 % suivant les produits
  • Effondrement du rial comme dans l’Allemagne des années 1930
  • Un billet de 10 millions de rials a été créé et imprimé !
  • 20 000 usines ou complexes industriels mis hors d’usage

Le peuple pris en étau entre la dictature et la guerre

  • 56 pendaisons en 2026 selon l’ONU
  • Malgré les souffrances de la guerre, il reste très hostile au régime
  • Une économie de survie se met en place
  • Le blocus est partiellement contourné par voie terrestre
  • Endurci par les sanctions depuis des lustres, le peuple résiste

Voici les concessions proposées par le président Pezeshkian

  • Arrêt partiel de l’enrichissement d’uranium avec inspections de l’AIEA
  • Retrait progressif des financements aux proxys
  • Réouverture partielle immédiate du détroit avant ouverture totale
  • Report des réparations de guerre américaines

L’opposition des Gardiens de la Révolution

  • Ces concessions sont assimilées à une trahison et une capitulation
  • Pas question de brader la seule arme dissuasive : le détroit
  • Le CGRI garde la main et sabote les discussions en coulisses

Position de Washington : la fermeté

  • Trump et son administration refusent le plan Pezeshkian
  • Ils exigent que toutes les demandes initiales soient acceptées.
  • Démantèlement du programme nucléaire. Zéro enrichissement
  • Inspections illimitées et sans restrictions de l’AIEA
  • Fin des missiles à longue portée
  • Désarmement des proxys
  • Retrait des milices chiites en Irak et Syrie
  • Fin du blocus de la mer Rouge par les Houthis
  • Sécurité d’Israël : reconnaissance et fin des menaces de destruction
  • Libre circulation absolue dans le détroit d’Ormuz pour tous les navires
  • Démilitarisation du détroit : retrait des mines, missiles côtiers, etc.
  • Libération des otages occidentaux
  • Jugement des dirigeants du CGRI pour leurs crimes

Nous en sommes là. Mais au-delà des déclarations officielles, des rodomontades et menaces en tous genres, les négociations en coulisses continuent par des canaux parallèles.

Rien ne permet de dire que l’Iran va finir par craquer, car les Gardiens de la Révolution sont des fanatiques jusqu’au-boutistes et les mollahs savent très bien que c’est la survie de la théocratie chiite qui se joue dans cette guerre.

Si l’Occident subit une grave crise économique majeure, il s’en relèvera. Si l’Iran cède, le régime perd tout et sera jugé pour ses crimes.

Trump joue le pourrissement du conflit. Qui va céder ? Quand on interroge l’IA, elle ne sait pas, jouant la prudence malgré sa parfaite connaissance du dossier. Personnellement, je pense que c’est l’Iran qui va plier sous la pression du peuple, qui finira par se révolter, malgré la terreur des représailles. Face aux pénuries en tous genres et à l’hyperinflation, les soutiens de Pékin et Moscou ne sont d’aucun secours.

La meilleure arme, c’est le peuple qui la détient. En 1979, il a porté au pouvoir ses bourreaux d’aujourd’hui. Il finira bien par trouver la force d’effacer 47 ans d’oppression.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

– Ce qu’on vous cache : journée du 11 août 2026

Articles : Aout 2026 – Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026 –
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#webtube : Attentat à Toulouse ? – Benjamin, 21 ans – Après de fermes protestations des autorités suisses, le Maroc a accéléré les procédures permettant d’expulser des ressortissants marocains. – Longueau (80) : Déjà sous OQTF, Ali Ammar, Algérien de 42 ans, condamné à un an ferme après des vols – Yvelines : Enlevée à la sortie d’une discothèque – Un nombre record de 230 migrants a traversé la Manche – « Ces gens venus d’ailleurs refusent toute intégration contrairement à leurs prédécesseurs issus d’autres nationalités » – Lourdes (65) : Awalkhan K., migrant afghan ayant obtenu l’asile, mis en examen pour terrorisme – Île-de-France : le trafic très perturbé sur le RER A – Montpellier : un adolescent de 16 ans poignardé à mort lors d’une rixe.

Détail des ces articles ICI : https://webtube.fr/index.php/ce-quon-vous-cache/

Attentat à Toulouse ? Des policiers attaqués au couteau par un homme qui aurait hurlé « Allah Akbar ». L’un a failli avoir la gorge tranchée (MàJ : vidéo)

Benjamin, 21 ans, le sacristain et gardien des clés de la cathédrale de Reims. « C’est extraordinaire, surtout en tant que catholique, je sais ce qu’elle représente »

Après de fermes protestations des autorités suisses, le Maroc a accéléré les procédures permettant d’expulser des ressortissants marocains. « Si le Maroc le veut, il effectue les vérifications »

Longueau (80) : Déjà sous OQTF, Ali Ammar, Algérien de 42 ans, condamné à un an ferme après des vols et une tentative d’égorgement

Yvelines : Enlevée à la sortie d’une discothèque, une jeune femme de 20 ans violée dans un hôtel ; Abdessatar A., Algérien de 32 ans sous OQTF, mis en examen et écroué. Yassine T., Français de 27 ans, placé sous contrôle judiciaire

Un nombre record de 230 migrants a traversé la Manche depuis les côtes françaises à bord d’une seule et même embarcation selon l’association française de sauvetage en mer (SNSM)

« Ces gens venus d’ailleurs refusent toute intégration contrairement à leurs prédécesseurs issus d’autres nationalités » : Jean-Michel Baylet, maire de Valence-d’Agen (82), victime d’une agression après avoir demandé à un individu de baisser le son d’une musique

Lourdes (65) : Awalkhan K., migrant afghan ayant obtenu l’asile, mis en examen pour terrorisme ; il est soupçonné d’avoir voyagé en Afghanistan pour se former militairement et d’être rentré en France animé d’intentions djihadistes

Île-de-France : le trafic très perturbé sur le RER A après un vol de câbles électriques

Montpellier : un adolescent de 16 ans poignardé à mort lors d’une rixe. Un suspect de 17 ans interpellé

FDS

– Météo du Mardi 11 au Lundi 17 Août 2026

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#webtube : Chaleur se renforçant ce mardi. Pic caniculaire de mercredi à vendredi puis week-end orageux.

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