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#webtube : Une ascension qui ne semble plus connaître de véritable coup d’arrêt. Élection après élection, sondage après sondage, l’Alternative für Deutschland (AfD), le parti patriote dirigé par Alice Weidel et Tino Chrupalla, s’impose davantage comme la première force politique d’Allemagne. Cette dynamique est suivie avec une attention particulière, à quelques semaines des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, où le parti est donné largement en tête et pourrait réaliser un score historique.
De nouveaux sondages prometteurs
Les derniers sondages publiés début août confirment cette tendance spectaculaire. Selon le dernier DeutschlandTrend réalisé par l’institut Infratest dimap, l’AfD atteint 28 % des intentions de vote, soit le meilleur score jamais enregistré pour le parti dans cette enquête. La CDU/CSU du chancelier Friedrich Merz recule à 21 %, tandis que le SPD stagne à 12 %, les Verts à 15 %, Die Linke à 11 % et les libéraux du FDP restent sous le seuil des 5 %. À titre de comparaison, lors des élections fédérales de février 2025, l’AfD avait recueilli 20,8 % des suffrages. En un an et demi, le parti gagne donc près de huit points. Plus spectaculaire, encore, en Saxe-Anhalt, où les électeurs seront appelés aux urnes le 6 septembre prochain, plusieurs enquêtes attribuent désormais à l’AfD entre 41 et 43 % des intentions de vote, loin devant la CDU. Un tel résultat placerait le parti dans une position de force inédite.
Rappelons que l’AfD était devenue, pour la première fois de son histoire, le premier parti d’Allemagne dans les sondages, au printemps 2025, quelques semaines seulement après les élections fédérales remportées par la CDU/CSU de Friedrich Merz. Depuis, loin de s’essouffler, cette dynamique n’a cessé de s’amplifier, le parti creusant désormais un écart de près de sept points avec les conservateurs dans plusieurs enquêtes d’opinion.
Die Alleinregierung rückt näher: Die AfD in Sachsen-Anhalt steht wenige Wochen vor der Wahl bei 43%, die CDU verliert im Vergleich zur letzten pollytix-Umfrage 14,1 Prozentpunkte. Alles ist möglich! #Vision2026 pic.twitter.com/R6B4VPsvkG
— Alice Weidel (@Alice_Weidel) August 12, 2026
Ces résultats ont naturellement provoqué une vague d’enthousiasme, au sein de l’AfD. Sur le réseau X, Alice Weidel s’est réjouie de voir son parti crédité de 43 % en Saxe-Anhalt, estimant qu’« un gouvernement d’un seul parti se rapproche » et que « tout est possible ». Le député Johann Martel a salué un « record historique » à 28 % au niveau fédéral, voyant dans ces chiffres la preuve que « les citoyens veulent un changement politique et non un cordon sanitaire ». De nombreux cadres et fédérations régionales de l’AfD ont également célébré ces résultats, estimant qu’ils traduisaient le rejet croissant du « Brandmauer », le sacro-saint « cordon sanitaire » version allemande.
À ce sujet — Sondage : l’AfD premier parti d’Allemagne
En France, ces chiffres ont également suscité des réactions favorables dans les milieux souverainistes ou conservateurs. Le start-uppeur français Brivaël Le Pogam a ainsi résumé l’espoir de certains en écrivant : « Si l’Allemagne tombe, la France tombe, l’UE tombe, puis le globalisme [mondialisme, NDLR] tombe, puis le wokisme tombe. » Si les dirigeants du Rassemblement national ne se sont pas exprimés publiquement sur cette nouvelle enquête, l’évolution de l’AfD est observée avec attention dans plusieurs formations de droite européennes qui y voient le signe d’un rééquilibrage durable du paysage politique du continent.
Le « cordon sanitaire » contre le peuple
À l’inverse, les réactions des adversaires de l’AfD demeurent toujours aussi virulentes. Les dirigeants écologistes continuent d’appeler à maintenir le « Brandmauer » contre un parti qu’ils qualifient d’extrême droite. Le coprésident des Verts, Felix Banaszak, a récemment plaidé pour un large rassemblement des « forces démocratiques » afin d’empêcher l’AfD d’accéder au pouvoir dans les prochains scrutins régionaux. Du côté de la CDU, le ministre-président de Saxe-Anhalt, Sven Schulze, a de nouveau exclu toute coopération avec l’AfD, tout en reconnaissant que certaines préoccupations exprimées par ses électeurs méritaient d’être entendues. Les grands médias allemands soulignent, eux aussi, le caractère inédit de cette poussée, alors même qu’ils continuent, pour la plupart, de diaboliser l’AfD en la classant à « l’extrême droite » et en l’associant régulièrement aux milieux « néonazis ».
E. Macron devrait être plus clair sur le vrai danger qui est celui de l’extrême droite.
— Parti socialiste (@partisocialiste) March 19, 2026
Je ne mettrai jamais la gauche radicale et l’extrême droite sur un même plan. S. Knafo, soutien de Dati, siège avec l’AFD, un parti notoirement néonazi. Chacun doit assumer d’où il parle. pic.twitter.com/HegnI705Cv
Reste que cette progression ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs années, les enquêtes d’opinion montrent que l’immigration est devenue la première préoccupation politique des Allemands, tandis qu’une majorité juge que les flux migratoires ont été bien trop importants. Dans le même temps, le gouvernement de Friedrich Merz traverse une période de profonde impopularité, plusieurs sondages indiquant que près des trois quarts des Allemands se déclarent insatisfaits de son action. Dans ce contexte, l’AfD apparaît à une partie croissante de l’électorat comme l’alternative la plus crédible sur les questions migratoires et sécuritaires. Les élections régionales de Saxe-Anhalt constitueront ainsi un premier test, grandeur nature, de cette dynamique.
Jean Kast, dans BV



