– Marine Le Pen harcelée par trois gauchistes : un régal pour la presse !

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Articles : Aout 2026Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026
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#webtube : Pour certains médias, quelques militants sur une plage suffisent à représenter toute la jeunesse française. À gauche, la violence politique ne prend jamais de vacances. Vendredi 7 août, alors qu’elle quittait un restaurant de l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan, Marine Le Pen a été suivie jusqu’à son embarcation par un petit groupe d’opposants politiques. Sifflets, invectives et reprise du fameux refrain des Bérurier Noir : « La jeunesse emmerde le Front national. » Une vidéaste amateur s’est même félicitée d’avoir débusqué la candidate du RN : « Marine Le Pen qui pense qu’elle peut se cacher tranquillement à Hoëdic ! »

Se « cacher », vraiment ? Marine Le Pen déjeunait dans un restaurant et regagnait un bateau. Elle ne tenait ni réunion publique ni conférence de presse. Elle effectuait un déplacement strictement privé, comme l’a confirmé le maire de l’île. La députée s’est contentée d’adresser un salut ironique à ses poursuivants avant de reprendre la mer.

Un relais médiatique immédiat

Quelques secondes de vociférations, trois téléphones portables et une poignée de militants : il n’en fallait pas davantage pour fabriquer un événement national. Le Parisien a ainsi jugé l’affaire suffisamment capitale pour lui consacrer un article au titre triomphal : « “La jeunesse emmerde le Front national” : Marine Le Pen conspuée pendant ses vacances en Bretagne ». Dans le corps du texte, pourtant, le quotidien reconnaît qu’il ne s’agissait que de « quelques personnes réunies sur la plage ». La jeunesse française tout entière tenait donc sur quelques mètres carrés de sable morbihannais.

Élu RN de la 4e circonscription de la Somme, Jean-Philippe Tanguy a dénoncé un titre « mensonger, manipulatoire et honteux », signe, selon lui, que « la campagne d’une certaine presse contre le RN a commencé ». Son collègue Sébastien Chenu a, lui aussi, raillé la disproportion du traitement : « Trois débiles insultent la femme politique française la plus populaire et Le Parisien en fait un article ! » Avant d’inviter les journalistes à examiner les résultats électoraux bretons plutôt que les décibels produits par quelques vacanciers. Contacté par BV, Matthias Renault, député de la 3ᵉ circonscription de la Somme, s’est lui aussi amusé de cette tempête dans un verre d’eau : « Le Parisien parle de « conspuée », il y avait seulement trois gugusses… », a-t-il commenté.

Le harcèlement à géométrie variable

Mais le plus instructif ne réside pas dans l’existence de quelques opposants. Une personnalité politique peut être sifflée, rien de nouveau sous le crachin breton. Ce qui frappe, c’est la gourmandise avec laquelle une partie de la presse raconte la scène, sans jamais mettre en cause le comportement de ceux qui poursuivent une femme lors d’un déplacement privé. Imaginons quelques secondes la scène inverse : Rima Hassan, Marine Tondelier ou Sandrine Rousseau, poursuivies, sifflées et conspuées jusqu’à leur embarcation par des militants nationalistes. Combien de minutes avant que ne surgissent les mots « intimidation », « harcèlement », « climat nauséabond » et « menace fasciste » ? Les articles indignés auraient probablement atteint le continent avant le bateau. On se souvient qu’en 2021, on avait parlé d’« agression » lorsqu’un jeune homme avait osé offrir un bouquet de fleurs à l’écologiste Alice Coffin…

À ce sujet — La jeunesse « emmerde » le RN. Vraiment ?

À Hoëdic, rien de tel. C’est presque l’inverse qui s’est produit. Gala a ainsi choisi une curieuse formule pour évoquer la mésaventure de Marine Le Pen : « Son escale sur l’île d’Hoëdic dans le Morbihan n’est pas passée inaperçue. » Comme si la députée du RN avait commis une imprudence en se montrant en public. Aurait-elle dû débarquer de nuit, porter une perruque et réserver le restaurant sous une fausse identité ? Dans notre petit monde médiatique, un responsable politique de droite est forcément coupable et s’il se trouve être harcelé par des militants de gauche, on pourra toujours lui reprocher de ne pas s’être suffisamment caché.

Toute la jeunesse, vraiment ?

Reste le slogan, rengaine ringarde en diable : « La jeunesse emmerde le Front national. » Depuis quarante ans, ce refrain permet à certains de se persuader que toute personne âgée de moins de 30 ans partage spontanément les opinions de Télérama. Quelques militants la chantent sur une plage et les voilà aussitôt promus porte-parole d’une génération entière. Les urnes racontent pourtant une histoire bien différente. Aux élections européennes de 2024, la liste de Jordan Bardella a recueilli 26 % des suffrages exprimés par les moins de 25 ans, contre 15 % cinq ans auparavant, selon Ipsos. Quelques semaines plus tard, au premier tour des élections législatives, le RN et ses alliés ont obtenu 32 % chez les moins de 35 ans, soit quatorze points de plus qu’en 2022, toujours d’après Ipsos. La gauche reste forte chez les plus jeunes, particulièrement dans les grandes métropoles multiculturelles, mais elle n’en possède nullement le monopole.

Jordan Bardella l’a bien compris. Sa maîtrise des réseaux sociaux lui permet de s’adresser directement à une génération qui ne consulte plus nécessairement les médias traditionnels et qui se montre de moins en moins sensible aux vieilles injonctions morales. Le président du RN affiche ainsi 2,4 millions d’abonnés sur TikTok, contre 680.000 pour Gabriel Attal, 450.000 pour Rima Hassan ou 85.000 pour Marine Tondelier.

Tandis que quelques vacanciers recyclent un slogan des années 1980, une part grandissante de la jeunesse adhère donc aux propositions du RN. Quelques-uns chantent, beaucoup votent.

Jean Kast, dans BV

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