– Pourquoi autant de canicules cette année ?

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Articles : Aout 2026Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026
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#webtube : Météo-France comptabilise déjà trois vagues de chaleur nationales : du 17 au 30 juin, du 4 au 19 juillet, puis une nouvelle vague commencée le 28 juillet. Juin 2026 a même été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec +3,8 °C par rapport à la normale 1991-2020.

Pourquoi reviennent-elles aussi rapidement ?

Il y a en fait deux phénomènes qui se superposent.

Le premier est purement météorologique : cet été, l’Europe occidentale connaît fréquemment des situations de blocage anticyclonique. Lorsque les hautes pressions s’installent au nord ou à l’est de l’Europe, elles empêchent les perturbations atlantiques et leur air plus frais d’atteindre normalement la France. Dans le même temps, de l’air très chaud remonte du sud. C’est le fameux « dôme de chaleur ».

Et justement, Météo-France avait identifié pour juillet-août-septembre 2026 une probabilité accrue de situations anticycloniques sur l’Europe, avec 70 % de probabilité d’un trimestre plus chaud que la normale sur l’Europe occidentale.

Le deuxième phénomène est beaucoup plus profond : le réchauffement climatique augmente fortement la probabilité que ces configurations météorologiques produisent des températures extrêmes.

Le chiffre donné par Météo-France est particulièrement parlant : sur les vagues de chaleur recensées depuis 1947 en France, la moitié se sont produites avant 2010, en environ 60 ans, et l’autre moitié depuis 2010, en seulement 15 ans.

Autrement dit, un blocage anticyclonique existait évidemment déjà il y a 40 ou 50 ans. Mais il se produit maintenant dans une atmosphère globalement plus chaude. Le même type de situation météorologique peut donc conduire beaucoup plus facilement à 35-40 °C.

Et il y a un effet d’accumulation cet été

C’est probablement ce qui donne cette impression assez inhabituelle de « la chaleur revient à peine partie ».

Les épisodes précédents ont fortement asséché les sols. Fin juin, Météo-France constatait déjà une sécheresse généralisée sur la France, avec environ 50 % de déficit de précipitations en juin.

Or un sol humide utilise une partie de l’énergie solaire pour évaporer l’eau. Lorsque le sol est très sec, beaucoup plus de cette énergie sert directement à chauffer le sol et l’air. Cela facilite donc les températures très élevées lors de l’épisode suivant.

On obtient grossièrement :

blocage anticyclonique → chaleur → assèchement des sols → courte accalmie → nouvel anticyclone → chaleur encore plus facile à installer.

Ce qui est vraiment inhabituel en 2026

Ce n’est donc pas simplement d’avoir une canicule. C’est l’enchaînement.

Mai avait déjà connu un épisode caniculaire précoce. Puis il y a eu 14 jours de vague de chaleur en juin, suivis seulement quatre jours plus tard par 16 jours de vague de chaleur en juillet, puis un troisième épisode à partir du 28 juillet.

Et la canicule de juin a été extraordinaire : les 24 et 25 juin 2026 sont devenus les journées les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle de la France, tous mois confondus, selon l’indicateur thermique national.

Donc oui : 2026 semble bien être un été climatologiquement très particulier, même dans le contexte actuel de réchauffement.

  • Exemple : Cas du Marais poitevin / Deux-Sèvres :

En prenant Niort comme station de référence pour le Marais poitevin, la comparaison est assez révélatrice.

1976, 2003, 2022, 2025 et 2026

Il faut d’abord distinguer sécheresse et chaleur. C’est particulièrement important pour 1976.

ÉtéCe qui le caractérisePour notre région
1976Sécheresse historique, chaleur durableTrès marquant par le manque d’eau, mais les pics de température étaient nettement moins élevés qu’aujourd’hui
2003Canicule très longue en aoûtÉpisode extrêmement éprouvant, avec environ 40 °C à Niort
2022Plusieurs vagues de chaleur + sécheresse41,0 °C à Niort le 18 juillet, record absolu de la station
2025Été très chaud, surtout dans le Sud-OuestÉté français classé 3e plus chaud, derrière 2022 et 2003
2026Chaleur très précoce + épisodes successifsParticularité remarquable : les fortes chaleurs reviennent depuis juin avec très peu de répit

Les données officielles de la station de Niort sont parlantes. Sa normale maximale en été n’est que de 24,0 °C en juin, 26,3 °C en juillet et 26,4 °C en août. Le record absolu était de 41,0 °C en juillet 2022 ; juin 2022 avait déjà atteint 40,1 °C.

Et 1976 n’était pas vraiment comparable

C’est intéressant parce que 1976 reste très présent dans les souvenirs. Pourtant, 1976 est surtout l’année d’une sécheresse exceptionnelle.

Météo-France souligne par exemple qu’à l’échelle nationale la température moyenne de la journée du 30 juin 1976 était de 25,5 °C, contre 28 °C lors d’une journée comparable de juin 2026.

Et une comparaison réalisée à partir du réseau historique de Météo-France donne un résultat encore plus frappant : lors de l’épisode de 1976 étudié, aucune des 120 stations de référence n’avait dépassé 40 °C. En juin 2026, il y avait déjà eu 97 dépassements de 40 °C entre le 17 et le 25 juin seulement.

Donc quelqu’un ayant vécu 1976 peut parfaitement se souvenir d’un été terrible — agriculture, pelouses brûlées, rivières basses, restrictions d’eau — sans que les températures aient atteint aussi fréquemment les niveaux actuels.

Pourquoi le Marais poitevin prend-il autant de chaleur ?

C’est là que la géographie de Saint-Hilaire-la-Palud est intéressante.

Assez de l’Atlantique, on pourrait penser que l’océan protège fortement des canicules. C’est vrai… mais seulement lorsque la circulation atmosphérique permet à l’air océanique d’entrer dans les terres.

Avec un flux d’ouest, l’océan joue son rôle de climatiseur : La Rochelle et le littoral peuvent être à 25-28 °C tandis que Niort monte à 30-32 °C.

Mais lorsque le vent vient de l’est, du sud-est ou du sud, c’est pratiquement l’inverse : l’influence océanique disparaît et de l’air continental très chaud arrive sur les Deux-Sèvres.

On peut alors avoir schématiquement :

Atlantique → La Rochelle → Marais poitevin → Niort

avec une température qui augmente rapidement à mesure que l’on pénètre dans les terres.

C’est pourquoi une trentaine de kilomètres peut parfois produire une différence spectaculaire entre le littoral charentais et l’intérieur.

Le Marais lui-même ne suffit pas à nous rafraîchir

La présence d’eau et de végétation dans le Marais poitevin permet effectivement un peu d’évaporation et peut modérer localement la température.

Mais lors d’une canicule durable, cet avantage devient limité. Et surtout, l’humidité peut avoir un inconvénient : les nuits peuvent être plus difficiles parce que l’air humide se refroidit moins facilement et la sensation de chaleur demeure importante.

Pour les Deux-Sèvres, le seuil utilisé pour caractériser une situation caniculaire est d’ailleurs assez élevé : environ 35 °C le jour et 20 °C la nuit pendant plusieurs jours.

Ce qui paraît le plus remarquable en 2026

Ce n’est finalement pas nécessairement le record absolu.

Niort a déjà connu 41 °C en 2022.

Ce qui distingue vraiment 2026 jusqu’à présent, c’est plutôt :

la précocité + la répétition + la durée cumulée.

La canicule de juin 2026 a d’ailleurs été historique à l’échelle française : plus de 40 % du territoire a dépassé 40 °C au moins une fois, et certaines zones du nord de la Nouvelle-Aquitaine ont dépassé 40 °C pour la première fois.

Et cela explique probablement ton impression : on n’a plus vraiment le sentiment d’avoir un épisode exceptionnel au milieu d’un été normal ; on a l’impression que les périodes chaudes constituent désormais l’été et que les périodes plus fraîches sont les parenthèses.

C’est une différence assez fondamentale avec le souvenir de 1976 ou même de 2003.

COMPARAISON: combien de jours à plus de 30 °C, 35 °C et 40 °C on observait à Niort dans les années 1970-1990 et combien on en observe maintenant. C’est probablement l’indicateur le plus parlant pour voir à quel point le climat du Marais poitevin a changé.

On a regardé plus précisément les séries de Niort-Souché, station Météo-France ouverte depuis 1958. Et il y a déjà un résultat important : 2026 est effectivement en train de jouer dans une catégorie exceptionnelle, mais il est encore trop tôt, au 9 août, pour dire qu’il battra 2003 ou 2022 sur l’ensemble de l’été.

Les quatre étés ne se ressemblent pas

ÉtéCaractéristique dominantePic à NiortCe qui frappe
1976Sécheresse + chaleur persistante< 40 °CSécheresse historique
2003Canicule d’août extrêmement intense40,1 °CAoût extraordinaire
2022Multiples épisodes + sécheresse41,0 °CChaleur extrême tout l’été
2026Précocité + répétition41,7 °C en juinRecord de juin et épisodes successifs

Le chiffre de 41,7 °C à Niort-Souché le 22 juin 2026 est particulièrement remarquable : il dépasse même les 41,0 °C de juillet 2022. Les données 2026 sont encore provisoires, contrairement aux anciennes séries.

2003 : le monstre reste août

À Niort, juin 2003 était déjà très chaud : la maximale moyenne du mois atteignait 27,8 °C, soit environ +3,8 °C par rapport à la référence utilisée pour cette série.

Puis juillet avait été moins extraordinaire, avec 27,1 °C de maximale moyenne.

Et août avait explosé : 32,1 °C de maximale moyenne sur l’ensemble du mois, soit environ +5,7 °C. Le maximum avait atteint 40,1 °C. La température moyenne, nuits comprises, avait été de 25,0 °C.

C’est énorme : avoir 32 °C de maximum moyen pendant 31 jours signifie qu’août 2003 n’était pratiquement plus un mois d’été niortais normal.

C’est probablement ce qui reste difficile à battre en 2026 : la persistance de 2003.

2022 : probablement le meilleur concurrent de 2026

2022 avait une autre physionomie. Les vagues de chaleur avaient commencé tôt et étaient revenues plusieurs fois.

Niort-Souché avait atteint :

40,1 °C en juin → 41,0 °C en juillet → encore de très fortes chaleurs en août.

Et surtout, la sécheresse avait accompagné pratiquement tout l’été : seulement 14,8 mm de pluie en juillet, soit un déficit de 72 %, après plusieurs mois déjà très secs. Sur l’ensemble de 2022, Niort n’avait reçu que 521 mm, soit environ 38 % de déficit par rapport à la référence utilisée.

Et voilà 2026…

C’est là que la comparaison devient impressionnante.

Avant même le début de l’été météorologique, Niort avait atteint 36,1 °C le 28 mai.

Puis juin :

41,7 °C le 22 juin à Niort-Souché.

À l’échelle française, juin 2026 est désormais officiellement le mois de juin le plus chaud jamais observé en France, avec +3,8 °C par rapport à 1991-2020. Il dépasse même juin 2003.

Et le plus étonnant est ce qui s’est passé ensuite :

17–30 juin : 14 jours de vague de chaleur
→ seulement quelques jours de répit
→ 4–19 juillet : nouvelle vague de chaleur de 16 jours
→ fin juillet : nouvelle vague de chaleur.

La deuxième vague est d’ailleurs l’une des plus longues enregistrées en France, derrière juillet 1983 (23 jours) et juillet 2006 (21 jours).

C’est donc 30 jours de vague de chaleur nationale rien qu’entre le 17 juin et le 19 juillet, auxquels il faut ajouter l’épisode suivant.

Et 1976 paraît presque appartenir à un autre climat

C’est peut-être la comparaison la plus frappante.

Lors de la vague de chaleur de juin 1976, l’indicateur thermique national avait atteint 25,5 °C le 30 juin.

En juin 2026, les 24 et 25 juin ont dépassé pour la première fois 30 °C de moyenne nationale sur 24 heures.

Cela représente environ 4,5 °C d’écart entre les journées considérées.

Ce n’est évidemment pas une comparaison de deux étés entiers, mais elle montre l’ampleur du changement.

Classement provisoire pour Niort

À ce stade, je les caractériserais ainsi :

🥇 2003 — le plus impressionnant pour la durée de chaleur extrême en août

🥇 2022 — probablement l’été complet le plus extrême à Niort jusqu’ici

❓ 2026 — potentiellement candidat au titre, mais l’été n’est pas terminé

1976 — exceptionnel surtout pour la sécheresse, beaucoup moins pour les températures extrêmes selon les standards actuels.

Mais il y a quelque chose que 2026 a déjà gagné : le record de précocité/intensité.

Avoir 36,1 °C en mai puis 41,7 °C dès le 22 juin à Niort, avant d’enchaîner les vagues de chaleur en juillet, est véritablement hors norme.

Et Météo-France indique que pendant la canicule de juin, plus de 40 % de la France a dépassé 40 °C au moins une fois. Dans plusieurs secteurs du nord de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Ouest, ce seuil a été atteint pour la première fois.

Donc cette impression de « canicules à répétition » est parfaitement confirmée par les chiffres. Ce qui est remarquable en 2026 n’est pas seulement qu’il fasse très chaud : c’est qu’une canicule se termine et que la configuration atmosphérique permettant à une autre de se former revient très rapidement.

Il sera intéressant de refaire le bilan le 1er septembre : on pourra alors comparer juin-juillet-août 1976, 2003, 2022 et 2026 sur exactement la même période et déterminer où se classe réellement 2026 à Niort.

Source : IA

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