. Avec sa nouvelle appli, Alexandre Jardin redonne la parole aux citoyens

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#webtube : L’application est déjà en tête des téléchargements sur les plates-formes Apple et Android. L’écrivain et cinéaste Alexandre Jardin franchit une nouvelle étape dans son combat pour la démocratie directe. Après avoir fédéré des milliers de Français autour du mouvement des Gueux contre les zones à faibles émissions (ZFE), il lance, ce 11 juin, une application de référendum citoyen disponible sur les plates-formes Apple et Android. Son ambition est claire : permettre aux Français de voter directement sur des sujets concrets et peser sur les décisions publiques.

À ce sujet — ZFE : Alexandre Jardin nous raconte comment il a soulevé Les Gueux

Quatre premières consultations sont proposées dès le lancement : la suppression des ZFE, la suppression des certificats d’économie d’énergie (CEE) afin de réduire le prix du carburant, l’arrêt des subventions à l’éolien pour alléger la facture d’électricité et une profonde réforme du système de santé visant à redonner davantage de pouvoir aux territoires.

« Faire débarquer la démocratie dans le smartphone »

Pour Alexandre Jardin, l’enjeu dépasse largement ces premières questions. Il s’agit de transformer durablement le rapport des citoyens à la politique. « On redonne véritablement le pouvoir au citoyen », affirme-t-il à Boulevard Voltaire. Selon lui, le système actuel réduit trop souvent les Français à un simple vote tous les cinq ans, avant de les écarter des décisions.

L’originalité de l’application repose sur un système d’identification sécurisé permettant de garantir un seul vote par personne. L’utilisateur doit scanner sa pièce d’identité, tandis que la technologie dite « Zero Knowledge » garantit qu’aucune donnée personnelle n’est stockée sur un serveur central. Les votes sont enregistrés via une blockchain afin d’assurer leur traçabilité et leur fiabilité.

Mais Alexandre Jardin voit plus loin qu’un simple outil numérique. « Jusqu’à présent, la démocratie n’était pas dans la poche des gens », explique-t-il. Avant d’ajouter : « Tout à coup, on fait débarquer la démocratie dans le smartphone. » Une formule qui résume sa vision d’une citoyenneté adaptée aux usages contemporains et qui permettrait de lutter contre l’abstention. « On va faire en sorte que la démocratie rejoigne les gens dans leur mode de vie », insiste-t-il encore.

La Suisse comme modèle

L’idée n’est pas nouvelle. La Suisse pratique depuis plus d’un siècle les votations populaires, qui permettent aux citoyens de se prononcer régulièrement sur des sujets nationaux ou locaux. Plus largement, une quarantaine de pays disposent de mécanismes de référendum d’initiative populaire ou citoyenne à des degrés divers.

En France, la situation est bien différente. La Constitution prévoit, certes, un référendum d’initiative partagée (RIP), mais son déclenchement nécessite le soutien préalable d’un cinquième des parlementaires puis d’un dixième du corps électoral, soit plusieurs millions de signatures. Un mécanisme si complexe qu’il n’a jamais véritablement abouti à une consultation nationale.

Une attente démocratique forte

Le lancement de cette application intervient alors que la question référendaire revient régulièrement dans le débat public. Lors de ses vœux pour l’année 2025, Emmanuel Macron avait promis de recourir davantage au référendum afin de redonner la parole aux Français. Une promesse qui, à ce jour, n’a pas été suivie d’effet.

Depuis 1958, seuls neuf référendums ont été organisés sous la Ve République. Un chiffre modeste au regard des attentes exprimées dans l’opinion. Selon un sondage IFOP, 73 % des Français se déclarent favorables à l’instauration d’un référendum constitutionnel d’initiative citoyenne.

Alexandre Jardin entend précisément s’appuyer sur cette aspiration démocratique. « On est en train de rebâtir la démocratie à partir du citoyen », affirme-t-il. Plus qu’un outil numérique, il présente son application comme « une véritable révolution tranquille démocratique ». Reste désormais à savoir combien de Français accepteront de glisser cette nouvelle forme de citoyenneté dans leur smartphone. Pour l’heure, l’application est en tête des téléchargements sur les deux plates-formes.

Yann Montero, dans BV

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