. Belfast : deuxième nuit d’émeutes, une liste de cibles circule — Dublin aussi descend dans la rue

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#webtube : La situation en Irlande du Nord ne s’est pas calmée avec le lever du jour. Mercredi soir 10 juin, une deuxième nuit d’émeutes a éclaté à Belfast, tandis qu’à Dublin, quelque 400 manifestants anti-immigration défilaient du centre-ville vers le parlement irlandais. L’onde de choc de la tentative de décapitation de lundi s’étend désormais à l’ensemble de l’île d’Irlande.

Des émeutes sont en cours actuellement à ##Belfast pic.twitter.com/kNBKJ56feL

— Breizh-Info (@Breizh_Info) June 10, 2026

Deuxième nuit de violences à Belfast : canons à eau et liste de cibles

Situation actuelle au rond-point de Sandyknowes, dans l’agglomération de Belfast. Une foule immense s’est rassemblée devant l’hôtel Chimney Corner, qui héberge des demandeurs d’asile. Une très forte présence policière a pour l’instant repoussé la foule. L’hôtel a déjà été le… pic.twitter.com/BKzctgDVWo

— Breizh-Info (@Breizh_Info) June 10, 2026


Dès 19h45 mercredi soir, des groupes masqués se rassemblaient à nouveau sur le rond-point de Sandyknowes dans le nord de Belfast, en direction de l’hôtel Chimney Corner à Newtownabbey — établissement soupçonné d’héberger des demandeurs d’asile. Des briques, des bouteilles et des feux d’artifice ont été lancés sur les lignes de police antiémeutes. Des clôtures en bois ont été arrachées pour servir de projectiles contre les véhicules blindés de la PSNI positionnés en travers de la route.

À 20h15, pour la première fois depuis le début des troubles, la police a utilisé un canon à eau pour repousser la foule. Des explosions ont été entendues dans le secteur. Un camion-citerne a été incendié à proximité.

Parallèlement, une liste sinistre circulait sur le réseau social X : des adresses résidentielles de Belfast, présentées comme celles de foyers de migrants, avec une invitation implicite à les cibler. Une élue locale, Kate Nicholl, a publiquement alerté la police et appelé les riverains à prendre contact avec leurs voisins pour s’assurer de leur sécurité. La PSNI a annoncé des patrouilles renforcées dans les secteurs concernés.

Les dégâts de la première nuit : familles sans abri, commerces détruits

Le bilan humain de la nuit du mardi commence à se préciser. Une famille africaine installée à Belfast depuis vingt ans a dû quitter son domicile après que sa maison a été incendiée. Une adolescente ukrainienne a fui après que la porte d’entrée de son foyer a pris feu. Un nourrisson de deux mois a dû être évacué par la police. Jamie Corry, habitant depuis treize ans la rue Lendrick dans l’est de la ville, a regardé sa maison brûler entièrement, perdant également des effets personnels ayant appartenu à son père décédé.

Un supermarché moyen-oriental a été spécifiquement visé dans Belfast. Un salon de coiffure turc a été saccagé dans le comté d’Antrim, à une trentaine de kilomètres. Anselme Shima, ressortissant congolais vivant dans le quartier avec sa femme et ses trois enfants, a témoigné de sa terreur : « Je me demande si ma maison sera la prochaine à être attaquée. »

La ministre de la Justice d’Irlande du Nord, Naomi Long, a décrit des familles avec de jeunes enfants laissées sans domicile — « complètement innocentes » de l’attaque qui a déclenché les troubles.

La presse de son côté, a totalement balayé l’horreur du lundi soir, pour condamner les émeutes, sans chercher à comprendre pourquoi elles ont lieu. Dans la rue pourtant, les riverains ne sont pas dupes.

🇬🇧 This Belfast local just said what everyone’s thinking: “It’s the government’s fault.

They’ve ignored immigration concerns for 20 years.

People aren’t being listened to… then something like Monday night happens and people react.”

He called the crimes completely avoidable:… https://t.co/Yr8z9YVyNT pic.twitter.com/V7BjrIjdKj

— Mario Nawfal (@MarioNawfal) June 10, 2026

Premières comparutions devant la justice

Deux hommes ont été inculpés mercredi pour leur participation aux émeutes. Un homme de 42 ans, est accusé d’émeute, de tentative de destruction d’un véhicule blindé de police, d’agression sur un agent de détention et d’incitation à la foule — il aurait notamment grimpé sur le toit d’un véhicule de police en tentant d’en ouvrir la portière. Un autre, 39 ans, fait face à une accusation d’émeute pour des faits survenus à Newtownabbey. Les deux hommes ont été placés en détention provisoire. Le juge chargé de l’affaire a prévenu que quiconque envisagerait de participer à de nouveaux troubles devait « être prêt à aller en prison ».

Rappelons que l’agresseur principal qui a provoqué toutes ces émeutes, le Soudanais Hadi Alodid, 30 ans, est lui aussi placé en détention provisoire après sa comparution mercredi matin. Stephen Ogilvie, la victime, a perdu son œil gauche dans l’attaque et souffre de profondes lacérations au visage, à la tête et dans le dos.

Dublin : 400 manifestants marchent sur le parlement irlandais

L’onde de choc a franchi la frontière. Mercredi après-midi, quelque 400 manifestants se sont rassemblés devant le GPO — le Bureau général des postes sur O’Connell Street, lieu hautement symbolique de l’histoire irlandaise — avant de marcher vers Leinster House, le parlement de la République d’Irlande. Les organisateurs affichaient comme revendication principale le refus du Pacte européen sur la migration et l’asile, mais de nombreuses pancartes faisaient directement référence à l’attaque au couteau de Belfast.

Une légère friction a opposé manifestants et gardaí — la police irlandaise — lorsque certains ont tenté de déplacer des barrières à l’angle de Kildare Street. Plusieurs lignes de tramway ont été perturbées. La manifestation s’est finalement dispersée sans incident majeur.

A Dublin aussi, les manifestants demandent la remigration ce 10 juin au soir, en solidarité avec les manifestants de Belfast et d’Irlande du Nord. Incroyable que des points de vue convergent des deux côtés de la frontière. @jylgallou pic.twitter.com/WziFr2rC45

— Breizh-Info (@Breizh_Info) June 10, 2026

Une île entière sous tension

Ce qui se passe cette semaine en Irlande dépasse le seul drame de Kinnaird Avenue. C’est toute l’île qui révèle une fracture profonde sur la question migratoire — une fracture que Belfast et Dublin ont en commun, par-delà la frontière, par-delà les différences confessionnelles et politiques historiques. Les réponses politiques de part et d’autre continuent de se concentrer sur la condamnation des violences sans aborder frontalement les défaillances du système d’accueil et de contrôle qui ont permis à un individu n’ayant rien à faire dans ce pays d’entrer librement, d’obtenir un visa et de finir par laisser un homme borgne dans une rue du nord de Belfast.

breizh-info.com

. Couac chez Doctolib : Le Canard jette un pavé dans la mare !

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#webtube : Le journal satirique accuse Doctolib de livrer ses infos à des géants américains. La plate-forme conteste. Quel est le lecteur de Boulevard Voltaire qui ne connaît pas Doctolib ? Cette start-up a été créée en 2013 par Stanislas Niox-Château qui est, d’après Le Canard enchaîné, « copain comme cochon » avec Emmanuel Macron. C’est, à l’origine, une plate-forme informatique de gestion de rendez-vous médicaux. Son utilisation présente des avantages : par exemple, si vous recherchez une consultation dans un délai court pour une spécialité tendue comme la dermatologie, vous serez averti si un créneau se libère et, comme dans un jeu vidéo, c’est le plus rapide qui gagne. La réception d’un SMS de rappel, la veille de votre consultation, vous permettra d’éviter de poser le fameux « lapin » qui fait tant pester votre médecin.

Doctolib, de la prise de rendez-vous à l’intelligence artificielle

Depuis ses débuts, l’activité de Doctolib s’est étendue pour devenir aujourd’hui un acteur majeur de la gestion informatisée du cabinet médical. Après les médecins libéraux, il s’est ouvert aux établissements de soins. Son activité de télémédecine a explosé au moment du Covid-19. En 2022, il a créé un logiciel complet de gestion du dossier, ce que l’on appelle le « logiciel métier ». Dernière trouvaille datant de 2024 : l’assistant de consultation qui, par le biais de l’intelligence artificielle, est capable de retranscrire et de synthétiser automatiquement les échanges verbaux entre le médecin et son patient et de rédiger l’observation médicale, évitant ainsi au médecin de garder les yeux rivés sur son écran.

Les accusations du Canard

Mais qui dit logiciel dit données, et qui dit données dit non seulement hébergement mais également exploitation… Et là, il n’y a pas de petits profits. Le palmipède satirique qui cancane le mercredi est venu y fourrer son bec ! Il accuse l’assistant de consultation d’utiliser les contenus recueillis pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle. Il reproche également à Doctolib de stocker ses données dans des serveurs d’entreprises américaines, certes dans l’Union européenne, mais pouvant être accessibles à la Justice américaine, selon les dispositions du Cloud Act. Par ailleurs, notre start-up est aussi accusée de faire du lobbying sonnant et trébuchant auprès de parlementaires tricolores pour « promouvoir une politique d’hébergement de protection et de portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib »Le Canard voit un risque important que ces données puissent être, un jour ou l’autre, accessibles aux compagnies d’assurances, la pseudonymisation ou l’anonymisation des données étant faciles à contourner.

À ce sujet — [SANTE] Rendez-vous non honorés : revoilà la taxe lapin !

La réponse de Doctolib

Bien entendu, la plate-forme conteste les accusations du volatile ! Elle a indiqué que les entreprises Google, Microsoft et Anthropic fournissent simplement les capacités de traitement du langage, mais dans un cadre contractuel qui leur interdit de conserver ou d’exploiter les données pour leur propre compte. L’utilisation des données de l’assistant de consultation, pour l’amélioration des produits de Doctolib ou l’entraînement de ses algorithmes, est conditionnée à un consentement du praticien et du patient, les deux étant révocables à tout moment. Concernant les dispositions du Cloud Act, les données médicales stockées chez un hébergeur américain dans l’Union européenne sont chiffrées et les clés de déchiffrement sont détenues par une entreprise française. Une décision de Justice américaine ne pourrait permettre plus que l’obtention de données chiffrées inexploitables.

Le Canard a-t-il eu raison d’en faire un fromage ?

Bien difficile de répondre avec certitude pour celui qui n’est pas expert en informatique. Il y a, bien entendu, des risques si les garde-fous techniques ou contractuels ne sont pas très stricts. Le respect du règlement général sur la protection des données (RGPD), qui interdit par défaut l’utilisation des données médicales, minimise théoriquement les risques de fuite ou d’exploitation illégale de ces dernières.

À propos des techniques utilisées par Doctolib, des études récentes ont quand même relativisé la performance de l’assistant de consultation avec des résultats pouvant être erronés à cause de biais et d’hallucinations de l’intelligence artificielle. On peut également souligner le risque général de piratage des données de tout stockage informatique, qu’il soit local ou sur le cloud. Cela demande une certaine technicité, mais on entend régulièrement parler de cyberattaques visant des serveurs gouvernementaux théoriquement bien protégés.

Doit-on pour cela revenir aux vieux tiroirs métalliques et aux petites fiches cartonnées ? La protection des données y était excellente, en particulier à cause de la fameuse écriture illisible des médecins !

Dr Philippe de Geofroy, dans BV

. Agression de Belfast : colère du peuple, déni des médias

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#webtube : Il n’y a pas de différence entre la ligne éditoriale des médias français et la ligne politique de LFI. La colère gronde, au Royaume-Uni, après l’agression barbare qui s’est déroulée à Belfast et que vous décrivait Clémence de Longraye, dans BV, ce 9 juin. En pleine rue, un migrant soudanais a poignardé un passant, lui a crevé les yeux et a tenté de le décapiter. La victime est hospitalisée dans un état grave. Mais tout ce que la presse française trouve à dire, c’est que les manifestations sont le fait de « l’extrême droite ».

Une ligne éditoriale d’extrême gauche

Florilège. France 24, média public, traite l’affaire sous l’angle des « violences anti-immigrés », soulignant que « des personnalités d’extrême droite britanniques avaient appelé à des manifestations anti-immigration »L’Humanité, qui est presque un média public à force de vivre sous perfusion de subventions, signale les « émeutes et incendies après les appels à manifester de l’extrême droite sur fond d’instrumentalisation d’une attaque au couteau »Le Parisien et Le Monde sont sur la même ligne : des manifestations menées par « des figures d’extrême droite »« l’extrême droite britannique ».

Les médias auraient-il parlé de l’agression s’il n’avait pas été possible d’y mêler « l’extrême droite » ? Sans doute non. Il en a été de même avec le meurtre d’Henry Nowak. Si BV vous a parlé de ce drame dès le 15 mai 2026, les médias français mainstream ont attendu… le 3 juin pour le faire, et au prétexte que les manifestations d’indignation étaient « menées par l’extrême droite britannique » (Le Parisien) ou qu’elles étaient instrumentalisées par « l’extrême droite » (Le Monde). Pas de différence entre la ligne éditoriale des médias français et la ligne politique de LFI exprimée par le député Thomas Portes : « À Belfast, les amis politiques de Le Pen et du Rassemblement national mettent le feu à des immeubles car susceptibles « d’accueillir des migrants ». »

Parler des émeutes en Irlande du Nord en en omettant totalement la cause : une tentative de décapitation en pleine rue par un migrant somalien.

Très fort @Portes_Thomas https://t.co/tU16HXwfhA

— Régis Le Sommier (@LeSommierRgis) June 10, 2026

À ce sujet — Attaque « barbare » en Irlande du Nord : « Le peuple britannique en a assez ! »

Pas de marche blanche à Belfast

Car oui, à Belfast, mardi 9 juin au soir, les manifestations ont été violentes, mais pas aussi violentes que ce qu’a vécu la victime. Elles ont été à la hauteur de l’horreur ressentie en voyant un « réfugié » s’acharner au couteau sur sa victime désemparée. Des centaines de manifestants masqués ont sillonné la ville, incendiant plusieurs maisons suspectées d’héberger des migrants aux frais des contribuables. Ne parlez pas de marche blanche aux Irlandais, ça n’est pas dans leur culture. À Londres, les manifestations ont été plus pacifiques, comme a pu le constater notre reporter sur place, Jean Bexon.

Il est tellement plus simple de dénoncer cette fichue « extrême droite » que d’enquêter sur ce « réfugié soudanais »Selon le ministère de l’Intérieur britannique, le barbare est arrivé en République d’Irlande en provenance de la France. Puis il est passé en Irlande du Nord en bus, en 2023. Là, il a obtenu un titre de séjour valable jusqu’en 2028. Est-il arrivé en Europe avant ou après la guerre civile soudanaise qui a débuté en avril 2023 ? Est-il un « réfugié climatique » ? En tout cas, la gratitude pour son pays d’accueil ne l’étouffe pas.

Menaces sur les manifestants

Alors que le scandale des grooming gangs est maintenu vaille que vaille sous le boisseau par les responsables politiques – « responsables » étant, ici, une façon de parler –, il y a eu un meurtre commis par un Sikh contre un étudiant qui rentrait chez lui. Et, maintenant, cette tentative de décapitation d’un passant par un Soudanais. Chez les Britanniques, elle réveille le traumatisme de la quasi-décapitation du soldat Lee Rigby, en 2013, par deux islamistes d’ascendance nigériane. Les motifs de colère s’accumulent, au Royaume-Uni.

Les institutions se sont brièvement émues de l’agression barbare, mais leur fermeté est tout entière tournée vers les manifestants. Le chef de la police nord-irlandaise « promet d’arrêter les émeutiers »écrit le Belfast Telegraph. Ce chef les menace même : « Leur vie sera changée à jamais. » Et la vie de la victime de Belfast, si elle survit, ne sera-t-elle pas changée à jamais ? N’est-ce pas toute la politique migratoire européenne, en fait, qui est bonne « à changer à jamais » ?

Samuel Martin, dans BV

. Avec sa nouvelle appli, Alexandre Jardin redonne la parole aux citoyens

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#webtube : L’application est déjà en tête des téléchargements sur les plates-formes Apple et Android. L’écrivain et cinéaste Alexandre Jardin franchit une nouvelle étape dans son combat pour la démocratie directe. Après avoir fédéré des milliers de Français autour du mouvement des Gueux contre les zones à faibles émissions (ZFE), il lance, ce 11 juin, une application de référendum citoyen disponible sur les plates-formes Apple et Android. Son ambition est claire : permettre aux Français de voter directement sur des sujets concrets et peser sur les décisions publiques.

À ce sujet — ZFE : Alexandre Jardin nous raconte comment il a soulevé Les Gueux

Quatre premières consultations sont proposées dès le lancement : la suppression des ZFE, la suppression des certificats d’économie d’énergie (CEE) afin de réduire le prix du carburant, l’arrêt des subventions à l’éolien pour alléger la facture d’électricité et une profonde réforme du système de santé visant à redonner davantage de pouvoir aux territoires.

« Faire débarquer la démocratie dans le smartphone »

Pour Alexandre Jardin, l’enjeu dépasse largement ces premières questions. Il s’agit de transformer durablement le rapport des citoyens à la politique. « On redonne véritablement le pouvoir au citoyen », affirme-t-il à Boulevard Voltaire. Selon lui, le système actuel réduit trop souvent les Français à un simple vote tous les cinq ans, avant de les écarter des décisions.

L’originalité de l’application repose sur un système d’identification sécurisé permettant de garantir un seul vote par personne. L’utilisateur doit scanner sa pièce d’identité, tandis que la technologie dite « Zero Knowledge » garantit qu’aucune donnée personnelle n’est stockée sur un serveur central. Les votes sont enregistrés via une blockchain afin d’assurer leur traçabilité et leur fiabilité.

Mais Alexandre Jardin voit plus loin qu’un simple outil numérique. « Jusqu’à présent, la démocratie n’était pas dans la poche des gens », explique-t-il. Avant d’ajouter : « Tout à coup, on fait débarquer la démocratie dans le smartphone. » Une formule qui résume sa vision d’une citoyenneté adaptée aux usages contemporains et qui permettrait de lutter contre l’abstention. « On va faire en sorte que la démocratie rejoigne les gens dans leur mode de vie », insiste-t-il encore.

La Suisse comme modèle

L’idée n’est pas nouvelle. La Suisse pratique depuis plus d’un siècle les votations populaires, qui permettent aux citoyens de se prononcer régulièrement sur des sujets nationaux ou locaux. Plus largement, une quarantaine de pays disposent de mécanismes de référendum d’initiative populaire ou citoyenne à des degrés divers.

En France, la situation est bien différente. La Constitution prévoit, certes, un référendum d’initiative partagée (RIP), mais son déclenchement nécessite le soutien préalable d’un cinquième des parlementaires puis d’un dixième du corps électoral, soit plusieurs millions de signatures. Un mécanisme si complexe qu’il n’a jamais véritablement abouti à une consultation nationale.

Une attente démocratique forte

Le lancement de cette application intervient alors que la question référendaire revient régulièrement dans le débat public. Lors de ses vœux pour l’année 2025, Emmanuel Macron avait promis de recourir davantage au référendum afin de redonner la parole aux Français. Une promesse qui, à ce jour, n’a pas été suivie d’effet.

Depuis 1958, seuls neuf référendums ont été organisés sous la Ve République. Un chiffre modeste au regard des attentes exprimées dans l’opinion. Selon un sondage IFOP, 73 % des Français se déclarent favorables à l’instauration d’un référendum constitutionnel d’initiative citoyenne.

Alexandre Jardin entend précisément s’appuyer sur cette aspiration démocratique. « On est en train de rebâtir la démocratie à partir du citoyen », affirme-t-il. Plus qu’un outil numérique, il présente son application comme « une véritable révolution tranquille démocratique ». Reste désormais à savoir combien de Français accepteront de glisser cette nouvelle forme de citoyenneté dans leur smartphone. Pour l’heure, l’application est en tête des téléchargements sur les deux plates-formes.

Yann Montero, dans BV

. Le SCAF définitivement enterré : un projet franco-allemand qui ne servait que Berlin

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#webtube : « Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parvenaient pas à s’entendre sur la construction d’un avion de combat commun »

https://www.challenges.fr/entreprise/defense/le-scaf-est-mort-et-personne-ne-le-regrettera_643997

Lancé en 2017 par Angela Merkel et Emmanuel Macron, le projet de Système de combat aérien du futur, SCAF, était avant tout un projet politique décidé sans l’avis des industriels.

Airbus côté allemand et Dassault Aviation côté français. Une coopération explosive quand on sait qu’Airbus avait tenté d’absorber Dassault dans les années 1990. Une tentative qui a échoué mais que l’avionneur français n’a pas oubliée.

Les programmes d’armement européens sont déjà sujets à de multiples frictions dans la répartition des tâches, mais quand il s’agit d’un avion de combat de 6e génération, qui synthétise tout un ensemble de technologies les plus complexes, les rivalités entre industriels deviennent vite insurmontables. Au bout de neuf ans, les désaccords dominaient encore.

Car si les Allemands ont l’argent, c’est Dassault qui possède le savoir-faire après 70 ans d’expérience mondialement reconnue dans le développement des avions de combat. Les Allemands, quant à eux, n’ont plus construit un seul avion de chasse depuis 1945. Ils arrivent mains dans les poches mais  veulent tout diriger au prétexte que leurs poches sont pleines. Petit rappel :

En 1960, les Allemands ont choisi le F104 américain Starfighter, un avion raté aux ailes trop courtes, à la place du Mirage III de Dassault ou du Saab Drakken suédois. Un choix catastrophique. Ils viennent de récidiver avec le F35 américain à la place du Rafale. Curieuse Europe de la Défense !

Sur plus de 916 Starfighter commandés par la Luftwaffe, on compte 292 crashs et plus de 116 morts parmi les pilotes allemands ! Ce cercueil volant sera baptisé « le faiseur de veuves ».

Et les différentes modifications apportées à cet avion d’interception haute altitude, afin de  l’adapter aux misions d’attaque au sol, portant sur l’armement, le radar et le siège éjectable, n’ont fait qu’alourdir l’appareil déjà peu manœuvrable et instable aux « basses » vitesses. 

Problèmes majeurs sur le partage de la propriété intellectuelle et la gouvernance industrielle du projet SCAF

Le sinistre épisode du Starfighter montre bien qu’un avion de combat exige un savoir-faire qui ne s’acquiert pas avec les seuls moyens financiers. On comprend donc que Dassault n’ait pas souhaité partager ses secrets industriels, connaissant la complexité du défi à relever.

Au départ, le partage de la charge de travail du SCAF était de 50/50, Dassault étant le maître d’œuvre du projet, ce qui n’était pas forcément du goût des Allemands, qui refusaient d’être considérés comme de simples sous-traitants. Pour peser davantage sur le dossier, les industriels allemands ont donc décidé d’y associer Airbus Espagne, ne laissant ainsi que 33 % de la charge à Dassault, resté néanmoins le maître d’œuvre ! 

Estimant qu’il lui était impossible de piloter le projet en étant minoritaire en termes de charge de travail, Dassault s’est déclaré capable de relever seul le défi de l’avion futur. 

De fil en aiguille, de brouille en brouille et de blocage en blocage, le dossier s’est enlisé pour finir abandonné, Berlin se lançant dans un projet national avec plusieurs entreprises allemandes de l’armement. Un projet sans doute dans les tuyaux depuis plusieurs mois. Et nul doute que les études préliminaires du SCAF serviront aux Allemands, qui se posent dorénavant en rivaux de Dassault.

En fait, rien ne va plus entre Paris et Berlin. On est loin de l’époque où de Gaulle tendait la main à Adenauer, quand la planète entière détestait le pays responsable de l’Holocauste.

La réunification allemande est passée par là. Berlin a retrouvé sa puissance économique et son arrogance, prenant le contrôle de l’Europe. En face, la France cigale, totalement ruinée, est considérée comme un boulet qui ne mérite plus ses derniers atouts, comme son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, son arme nucléaire et son industrie de l’armement. 

Chacun soupçonne l’autre de privilégier ses seuls intérêts.

« À Berlin, un sentiment souvent exprimé en coulisses est que Paris souhaite avant tout que l’Allemagne finance ses avionsLes Français estiment, quant à eux, que l’Allemagne  tente de s’approprier leur propriété intellectuelle, et leurs parts de marché dans le secteur de la défense », expliquait en décembre Ulrike Franke, chercheuse au think tank ECFR.

À l’heure où l’Europe veut se doter d’une défense puissante et indépendante de la tutelle américaine, l’enterrement du SCAF fait tache.

Mais c’est bien la preuve que l’Europe, qui rassemble 27 nations qui n’ont pas les mêmes intérêts, ni les mêmes mentalités, ni les mêmes règles de fonctionnement, ne sera jamais une grande puissance militaire et politique. Divisées, trop souvent rivales, les nations européennes ne peuvent pas s’entendre. Le traité Mercosur en est un exemple, le SCAF en est un autre. Et que dire du méga contrat des sous-marins australiens torpillé par nos « amis » anglais et américains, dans notre dos. 

Comme le disait de Gaulle, les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.

L’Allemagne réunifiée n’est plus notre amie. Elle veut devenir la première puissance militaire d’Europe. Pour la France, cela n’augure rien de bon, car il y a des revanchards en Allemagne. D’abord contre la Russie, mais ensuite, qui sait ? Et il est quand même étonnant que Berlin renforce sa coopération militaire avec Tokyo. Macron est vraiment irresponsable de vouloir partager notre dissuasion nucléaire avec ce pays. Quittons l’UE, l’Otan et chacun pour soi !

Jacques Guillemain, Riposte Laïque