. Hiver démographique de la France : les chiffres qui font froid dans le dos

Articles : Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026Mar. 2026
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#webtube : L’horloge biologique de la France tourne vite, très vite. 2070, c’est demain, c’est-à-dire aujourd’hui. On le sait, la démographie de la France n’est pas brillante : BV fait d’ailleurs régulièrement écho de cette situation préoccupante pour l’avenir et même la survie de notre nation. En dix ans, à peine, la France a connu une dégringolade démographique qu’elle n’avait pas connue depuis des décennies. L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) vient de publier une étude qui va même jusqu’à envisager une diminution de la population française. « Projections de population à l’horizon 2070 : une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse » : tel est le titre de cette étude.

L’hiver démographique de la France fait froid dans le dos. D’abord, une proportion de « vieux » plus importante : « D’ici 2070, le nombre d’habitants de moins de 45 ans baisserait de 8,9 millions, tandis que celui des personnes âgées de 45 à 64 ans serait quasi stable et que celui de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions », prédit l’INSEE. Pire : l’INSEE estime qu’« en 2070, si les tendances démographiques récentes se prolongeaient, la France compterait 65,9 millions d’habitants, soit 3,2 millions de moins qu’en 2026 ».

Une France à moins de 55 millions d’habitants ?

2070, c’est dans 44 ans, c’est donc dans longtemps, direz-vous. Pas vraiment, au regard de l’histoire millénaire de notre pays. Les enfants qui ne seront pas nés en 2026 ne seront pas ces hommes et femmes dans la force de l’âge dont la France aura besoin, en 2070, pour faire tourner le pays et, accessoirement, payer les retraites des personnes (si tant est qu’en 2070, le système de retraite par répartition existe encore, 125 ans après sa création en France) qui, aujourd’hui, terminent leurs études ou viennent juste d’entrer dans la vie active.

On peut mesurer cette dégringolade en lisant l’étude que l’INSEE avait réalisée sur le même thème en 2016, c’est-à-dire la projection à 2070. L’institut de statistique estimait, à l’époque, que « si les tendances démographiques récentes se poursuivaient, la France compterait 76,5 millions d’habitants au 1er janvier 2070 ». C’était ce que l’INSEE appelait le « scénario central » parmi plusieurs scénarii prenant en compte les hypothèses concernant la fécondité, l’espérance de vie et le solde migratoire, qui sont les trois composantes des variations du nombre d’habitants d’une année à l’autre. En dix ans, le « scénario central » de l’INSEE est donc passé de 76,5 à 65,9 millions d’habitants, soit une différence négative de 10,6 millions d’habitants : l’équivalent de la population suédoise ! C’est vertigineux.

À ce sujet — [CHRONIQUE] Natalité : l’effondrement

L’INSEE ne s’est pas trompé et n’a rien inventé : il part des chiffres du moment et fait ses projections. Ainsi, en 2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF), qu’on appelle communément le taux de fécondité, était en France de 1,96 enfant par femme. En 2025, il est tombé à 1,53. Le « scénario central » envisagé par l’INSEE part de l’hypothèse que le taux de fécondité se stabiliserait à 1,45 à partir de 2028. Or, le seuil de remplacement des générations est de 2,05 enfants par femme. Même le solde migratoire, que l’INSEE évalue à 150.000 personnes (?), ne suffirait pas à enrayer la dégringolade. Et l’on vous épargne le scénario décrit par l’INSEE où tous les facteurs défavorables à la croissance de la population se conjugueraient pour que la population française tombe à 54,6 millions d’habitants, soit son niveau de 1981…

Tout est fichu ?

Que déduire de ces chiffres alarmants ? Que les boosters vont probablement être mis dans les mois (élections…) et années à venir pour promouvoir toujours plus d’immigration. Voir les discours de Gabriel Attal, Édouard Philippe sur « l’immigration choisie », sans parler de celui sur la « nouvelle France » de Mélenchon. Sans, bien entendu, évaluer les conséquences sociétales, sociales et sécuritaires avec les coûts induits par une immigration de masse…

Que déduire, encore ? Qu’alors la France est fichue, condamnée à se recroqueviller, se ratatiner, à devenir un pays de vieux ou bien (les deux n’étant pas exclusifs) à se laisser « grand-remplacer » car, vous comprenez, il faut bien faire tourner l’économie ? Peut-être pas. Comme le faisait remarquer un sénateur LR, dans une question adressée en février dernier au ministre de la Santé et des Familles, « le désir d’enfant des Français reste élevé, s’établissant à 2,27 enfants en moyenne, selon l’enquête de l’Union nationale des associations familiales ».

Tout a sans doute été dit, écrit sur le sujet, ces derniers mois, notamment avec un rapport parlementaire et ses propositions pour relancer la natalité. À l’évidence, ce sujet mériterait d’être un des grands thèmes de la prochaine élection présidentielle, car il en va de la survie de notre nation, de son identité aussi. Le sera-t-il ? Rien, en tout cas, n’est irrémédiable : preuve en sont les rapports de l’INSEE à dix ans de distance sur le même thème. Mais l’horloge biologique de la France tourne vite, très vite. 2070, c’est demain, c’est-à-dire aujourd’hui.

Georges Michel, dans BV

. 2 900 euros par an par foyer : ce scandale de la fiscalité routière que l’État camoufle

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#webtube : Notre fisc a inventé une fiscalité routière ruineuse pour les Français, qui finance surtout le désendettement de l’État. On savait déjà l’automobiliste vache à lait préférée du fisc français. Mais on ne se doutait pas à quel point, et surtout quel trésor d’ingéniosité l’État déploie pour entretenir cette affection, sans en avoir l’air, en émiettant ses prélèvements en de multiples petites taxes afin de mieux endormir le plus vigilant des contribuables.

C’est incohérent, mais on ne change surtout rien

Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme lié à la Cour des comptes, s’est fendu d’un rapport sur la fiscalité de l’énergie, bienvenu en ces temps de crise du pétrole. Mais comme l’a fait remarquer la revue spécialisée Transitions & Énergies, ce rapport se contente d’une critique « subliminale » et ne fait guère d’effort pour nous éclairer sur la légitimité de l’édifice fiscal routier, et moins, encore, pour corriger certaines de ses plus évidentes anomalies. Un chiffrage nous est tout de même proposé : la fiscalité énergétique se monterait à un total de 56,7 milliards d’euros (2 % de notre PIB), principalement alimenté par l’accise sur les produits énergétiques (39,5 milliards d’euros) et la TVA (17,5 milliards d’euros). Ces recettes proviennent pour un tiers de l’électricité et pour les deux tiers des produits pétroliers. Une lecture attentive permet tout de même d’apprendre que ces diverses ponctions de l’État sur le carburant vendu aux particuliers (accises et taxes) sont « incohérentes avec les objectifs de la transition énergétique ». Voilà qui est instructif, même si le CPO s’empresse de nous expliquer qu’il ne faudrait surtout rien y changer avant… 2030 – surendettement de l’État oblige. Le contribuable motorisé, lui, peut bien payer.

Une vache à lait qui pèse 90 milliards

L’association Contribuables associés s’est penchée sur la question et en a tiré une étude autrement plus détaillée et dont le titre annonce d’emblée la corrosivité : « Quand l’impôt prend le volant ». Au bout du voyage, c’est entre 85 et 90 milliards d’euros de recettes publiques liées aux véhicules motorisés qui atterrissent dans les poches de l’État, « dont 47 milliards provenant des seules taxes sur les carburants ». Et contrairement à nos voisins européens, dont la fiscalité se résume à « une taxe annuelle de détention visible et lisible, la France a fragmenté la ponction en une cinquantaine de prélèvements distincts ». Un détail, apparemment, mais qui rend le montage si opaque que l’automobiliste ne sait, en fait, pas combien lui coûte sa mobilité et n’a pas, non plus, la moindre idée des évolutions de tarifs qu’on lui impose en douce.

Parmi la cinquantaine de ces petites douceurs fiscales, Contribuables associés cite notamment « carte grise, malus CO2 (jusqu’à 80.000 euros, pour les véhicules les plus émetteurs), malus masse [pour les véhicules de plus de 1.950 kg], accises sur les carburants, TVA sur l’accise elle-même, taxes sur les assurances, péages, stationnement, contrôle technique, ZFE, amendes automatisées »

2.900 euros par foyer fiscal !

Pris isolément, chacun de ces prélèvements semble raisonnable, mais ramenée « aux 31 millions de ménages français, cette masse fiscale représente une facture moyenne d’environ 2.900 euros par an et par foyer ». Cette ponction, qui ne concerne que la mobilité, est à confronter au revenu disponible moyen par foyer des Français, qui dépasse à peine les 4.800 euros en net mensuel. Mais il faut aussi, note l’étude, compter avec des écarts considérables, puisqu’un « citadin sans voiture s’en tire à 400 euros, quand un ménage provincial équipé de deux véhicules atteint 4.000 à 4.200 euros, un montant qui pourrait franchir les 5.000 euros en 2026 avec le choc géopolitique lié au conflit iranien, qui a propulsé le gazole au-delà de 2 euros le litre ».

Ces chiffres expliquent parfaitement la mise en tension provoquée par la polémique sur le maintien forcé des ZFE par Sébastien Lecornu. S’agissant d’une foule de Français modestes, dont le véhicule est un outil indispensable au quotidien, il y a des punitions qui passent d’autant moins que leur légitimité n’est guère perceptible.

À ce sujet — Nouvelles taxes sur l’automobile : c’est encore Nicolas qui paie

Il faut en effet avoir l’esprit large pour admettre le principe d’une TVA appliquée sur le montant de l’accise, qui n’est pas autre chose qu’une « taxe sur la taxe », et en l’occurrence une de ces exclusivités fiscales mondiales dont le fisc français a le secret. À ce petit jeu, ce dernier réussit à imposer à l’automobiliste une fiscalité sur son carburant dépassant désormais 55 % du prix payé à la pompe !

Le radar, cette poule aux œufs d’or

L’État ne s’oublie pas, non plus, sur l’assurance automobile. En France, « le taux de taxe appliqué à la responsabilité civile obligatoire atteint 33 %, contre 12 % au Royaume-Uni, 19 % en Allemagne et 8 % en Espagne », nous indique Contribuables associés.

Et que dire des amendes routières, « issues d’un parc de 4.753 radars automatiques », qui ont généré « 27,6 millions d’infractions en 2024 pour près de deux milliards d’euros de recettes » et dont « une part significative sert au désendettement de l’État plutôt qu’à la sécurité routière ».

Arrêtons-nous, un instant, sur cet instructif exemple : une annexe au projet de loi de finances pour 2024 nous indique en effet que 78,1 % de ces recettes servaient effectivement, cette année-là, à financer des actions favorisant la sécurité routière. Ce qui signifie que près de 22 % de ce total a servi au désendettement de l’État (avec le succès que l’on sait). 22 % dont il n’est évidemment jamais question dans le discours officiel. Mais personne ne nous a non plus informés qu’au fil des ans, la part du magot des radars consacrée à la sécurité sur nos routes a fondu comme neige au soleil. « Plus de 91 % des recettes des radars ont financé la sécurité routière en 2017 », confirmait, à l’époque, la Banque des territoires. Quand il s’agit de gratter chaque année un peu plus, l’État ne manque pas de grattoir.

Dans la même veine, il faut rappeler qu’un bonus automobile avait été instauré, au départ, pour inciter les automobilistes à rouler plus propre en se débarrassant de leur ancien véhicule pour acheter, neuf, un véhicule moins polluant et moins émissif en gaz carbonique. Puis sont apparus des malus pour les véhicules lourds et pour ceux très émetteurs en gaz carbonique, alors que le bonus disparaissait du paysage. Meilleur indicateur possible du passage progressif d’une politique de l’incitatif, qui restait compréhensible et admissible, à une politique exclusivement punitive, qui ne l’est plus du tout pour la plupart des Français.

Et au risque d’effrayer un peu ceux d’entre nous (en ayant les moyens) qui ont investi récemment dans une voiture électrique afin d’échapper à la fois à la flambée du prix du carburant et à sa fiscalité honteuse, il convient de les prévenir que si, dans quelque temps, la bascule du marché vers le tout électrique devient effective, la fiscalité y basculera elle aussi.


Etienne Lombard
, dans BV

. Radio France flashée par l’Arcom en pleine manipulation anti-RN durant les municipales

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#webtube : C’est un sport largement pratiqué à gauche : on accuse volontiers du péché suprême, de la faute mortelle, « faire monter le Rassemblement national ». France Inter et France Info ont peu de chances de subir cet épouvantable grief, qui secoua TF1 après l’affaire Papy Voise, en 2002. L’Arcom (ex-CSA) a publié, ce 11 juin, une sanction, une « mise en demeure » destinée à Radio France pour manquement grave aux règles du pluralisme politique, « dont le respect s’impose au service public avec une exigence particulière, compte tenu de son devoir d’exemplarité et d’impartialité », écrit l’Arcom.

Un simple constat qui en dit long et prête même à sourire, tant il confirme ce que chaque Français sait depuis longtemps. « L’analyse des temps de parole des personnalités politiques diffusés sur les antennes de France Inter et de France Info entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 fait apparaître que les prises de parole du Rassemblement national sont très majoritairement diffusées la nuit et se traduisent par une sous-représentation de ce parti à l’antenne le jour », constate, benoîtement, l’Arcom. Sur le papier, les équilibres sont donc respectés. En réalité, le temps de parole du principal parti d’opposition au pouvoir en France est majoritairement diffusé aux heures où… plus personne n’écoute. « Ainsi, près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du Rassemblement national sur France Inter a été diffusé entre minuit et 5 h 59, détaille l’Arcom. Cette proportion dépasse 70 % sur France Info. À l’inverse, les représentants de ce parti sont, au regard de sa représentativité, insuffisamment présents dans les programmes diffusés en journée, entre 6 heures et 23 h 59. » C’est tellement simple : on diffuse la parole du pouvoir et de l’ultra-gauche quand la salle est pleine et celle de l’opposition lorsqu’elle est vide. Et le gentil contribuable RN finance sa propre désinformation, Radio France pesant pour 666,2 millions d’euros annuels sur le budget de l’État. Que demande le peuple ?

Le RN étudie « toutes les possibilités » de réactions

Évidemment, le RN s’émeut : « Ce comportement n’est plus supportable », écrit Marine Le Pen, sur X. Jordan Bardella pose avec raison la question démocratique : « Entre janvier et mars 2026, le temps de parole du RN en journée était inférieur à 10 % sur ces deux médias (France Info et France Inter). Censé faire preuve de pluralisme politique et d’impartialité, le service public de l’audiovisuel a donc sciemment mis à l’écart le premier parti de France et ses millions d’électeurs : sommes-nous encore dans une démocratie fonctionnelle ? », interroge-t-il, sur X.

Contacté par BV, le RN précise qu’il étudie « toutes les possibilités » de réactions. Posera-t-il une question au gouvernement à ce sujet, mardi prochain ? Intentera-t-il une action judiciaire à l’encontre de Radio France ? Exigera-t-il des réparations ? Le rattrapage des audiences manquées, quitte à déséquilibrer les temps de parole à son avantage dans les mois à venir ? « À l’approche de la campagne présidentielle, nous appelons l’ensemble des dirigeants du service public de l’audiovisuel ainsi que le gouvernement à mesurer la gravité de cette atteinte démocratique », écrit le RN, évoquant « une volonté manifeste de restreindre la parole du Rassemblement national, premier parti de France. »

De son côté, Radio France plaide la simple « erreur technique ». Le groupe a changé, en janvier dernier, son logiciel pour comptabiliser les temps de parole et ce fichu logiciel ne distingue pas le jour de la nuit. Si même le logiciel s’y met ! « L’erreur est corrigée », assure Radio France, flashée en pleine récidive. Car l’Arcom précise que « ces constats avaient déjà donné lieu, en 2025 et en 2026, à un rappel de Radio France à ses obligations »Perseverare diabolicum ! On a apparemment l’erreur technique chevillée au corps, à Radio France. En attendant, ce déséquilibre a faussé le jeu démocratique des municipales et de ce début de campagne présidentielle. L’État français, si soucieux de donner des leçons de démocratie en Hongrie, en Russie et ailleurs, ira-t-il à Canossa ? L’Union européenne, qui a la sanction si facile envers les régimes dits « illibéraux » parce qu’ils ne respecteraient pas les droits de l’opposition, sanctionnera-t-elle la France ? Le cas est intéressant…

À ce sujet — [INFO BV] Delphine Ernotte accusée de parjure : Charles Alloncle va déposer un article 40

Verrouillage

Cet épisode supplémentaire dans le long feuilleton de la manipulation, digne d’une république bananière en pleine forme, ressemble bien moins à une erreur technique qu’à un système de verrouillage invisible et bien huilé. Un système que de nombreux Français devinent et que Charles Alloncle a mis au jour avec le succès qu’on connaît.

Reste que les Français semblent mithridatisés, vaccinés contre cette manipulation qu’ils connaissent désormais par cœur et contournent allègrement – en venant lire BV, par exemple. Leur réponse aux manips de Radio France apparaît clairement dans un sondage Cluster 17-Le Point qui paraît ce jeudi : « Pour la première fois dans un baromètre, le Top 5 des personnalités les plus populaires est entièrement composé de personnalités du RN, de ses alliés et de Reconquête. Bardella (38 %), Le Pen (37 %) devancent Ciotti et Maréchal (26 %) et Knafo (25 %). » Où en serait-on, si Radio France jouait le jeu ?

Marc Baudriller, dans BV

. Belfast brûle, la prochaine ville sera-t-elle la vôtre ?

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#webtube : Belfast, lundi soir. Un homme est assis à califourchon sur sa victime dans une rue du nord de la ville. Il la taillade au visage, au cou, au dos. Plusieurs coups. Sous les yeux des passants. La vidéo part en viral en quelques heures. La victime s’appelle Stephen Ogilvie. Il a perdu un œil. L’agresseur s’appelle Hadi Alodid. Il a trente ans. Il est soudanais. Il était légalement installé au Royaume-Uni avec un statut de réfugié valide jusqu’en 2028. Il a été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre, possession d’arme blanche et menaces de mort.

Mais voilà le détail que les grands médias ont mis du temps à lâcher. Hadi Alodid est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d’Irlande. En provenance de Paris. La France comme sas de transit. Ce pays qui accueille, qui héberge, qui nourrit, qui loge, qui donne des papiers — et qui exporte ensuite le problème chez ses voisins. Comme par hasard.

Ce qui s’est passé ensuite, les médias officiels appellent ça des « émeutes anti-immigrés. » Traduction honnête : des dizaines de milliers d’habitants ont explosé. Des quartiers entiers de Belfast se sont embrasés. Des foyers incendiés par dizaines. Des commerces détruits. Un bus calciné. Des familles déplacées dans la nuit, dont un bébé de deux mois. Les forces de l’ordre ont priorisé l’évacuation des civils plutôt que les interpellations — ce qui en dit long sur l’ampleur du chaos.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé des violences « choquantes et complètement inacceptables. » Il a ajouté qu’il était « clair que des personnes avaient été ciblées en raison de leur origine » et qu’il ne le « tolérerait pas. » Formule creuse, rituelle, prononcée depuis un bureau par un homme qui n’a pas regardé la vidéo dans les yeux d’un père de famille de Belfast. Les cinq principaux partis politiques d’Irlande du Nord ont publié une déclaration commune appelant au calme. Même rituel. Même vacuité. Les dirigeants parlent. La rue brûle. Ces deux réalités ne se rencontreront pas.

Pendant ce temps, les habitants de ces quartiers défavorisés où l’on entasse les migrants depuis des années regardaient leurs rues brûler. Ils ne brûlaient pas par idéologie. Ils brûlaient parce qu’un homme avait failli se faire égorger dans leur rue par quelqu’un que l’État avait installé parmi eux, et que cet État leur demandait maintenant d’être raisonnables. Il y a un mot pour ce que vivent ces gens. Ce mot, c’est l’abandon.

Stephen Ogilvie a perdu un œil. Sa famille appelle au calme et salue « la contribution essentielle des migrants à la société. » Réaction courageuse, ou réaction conditionnée par des années de matraquage idéologique ? Ce qui est certain, c’est que Stephen Ogilvie ne reverra plus jamais le monde qu’avec un seul œil. Et que l’homme qui le lui a arraché avait été accueilli, hébergé et protégé par l’État — d’abord en France, ensuite au Royaume-Uni.

Ce n’est pas la première fois que Belfast s’embrase. Émeutes en 2024, émeutes en 2025, et maintenant ceci. À chaque fois, le même cycle. Un drame. Une vidéo. Une explosion populaire. Des élus qui condamnent. Des experts qui expliquent. Et le lendemain, rien ne change. Les mêmes populations continuent d’être entassées dans les mêmes quartiers. Les mêmes alertes continuent d’être ignorées. La même cocotte-minute continue de chauffer. Et nous approchons du 12 juillet, la période des défilés orangistes, historiquement la plus explosive de l’année en Irlande du Nord. Le timing est parfait pour que tout dérape.

Ce mercredi, Belfast se préparait déjà à une nouvelle nuit. Écoles fermées dès la mi-journée. Bus et trains à l’arrêt. Renforts de police mobilisés en urgence, d’autres attendus depuis le reste du Royaume-Uni pour jeudi. Trois arrestations à ce stade, « d’autres suivront » selon les autorités. La ville retient son souffle. Ou plutôt, elle ne le retient plus.

Un système qui importe massivement une population étrangère sans se demander si la greffe prend. Un système qui installe ces populations dans des quartiers déjà fragiles et appelle ça de l’intégration. Un système qui fait transiter les indésirables de pays en pays, de Paris à Belfast, en tamponnant des papiers au passage. Et quand la cocotte-minute explose, ce même système sort ses experts et ses éditorialistes pour expliquer que la vraie violence, c’est celle des gens qui ont craqué. Pas celle qui les a fait craquer.

Les peuples d’Europe sont en train d’apprendre une leçon que leurs gouvernants refusent de leur enseigner. Quand l’État cesse de vous protéger, vous vous protégez vous-même. Quand l’État ignore vos alertes pendant des décennies, un soir de juin, une vidéo suffit à mettre une ville à feu.

Belfast brûle. Et cette nuit, elle risque de brûler encore.

Jérôme Viguès, Riposte Laïque