. L’économie française est MORTE – Charles Gave

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#webtube : Dans cette vidéo, Charles Gave livre un constat sans concession sur l’état désespéré de l’économie française et le silence assourdissant de la classe politique face à la catastrophe imminente. Une vérité historique implacable est rappelée : JAMAIS dans l’histoire un déficit budgétaire n’a été réduit par une hausse d’impôts. Pourtant, voilà 40 ans que la France s’entête dans cette voie mortifère.L’analyse est glaçante : le déficit budgétaire va exploser à 6%, voire 7% du PIB. Les taux d’intérêt sont supérieurs au taux de croissance de l’économie de 100 points de base, ce qui signifie que les frais financiers vont atteindre 80 à 90 milliards d’euros. Et pendant ce temps, AUCUN candidat à la présidentielle ne parle de la dette, du déficit ou de la souveraineté financière de la France.Au programme de cette analyse explosive :

Le tabou absolu : pourquoi aucun candidat n’ose parler de la dette La métaphore choc : c’est comme parler de la sécu en 1944 alors que les Allemands sont à Paris L’analyse cinglante des candidats à la présidentielle : des « nains intellectuels » et « nains politiques » Pourquoi Édouard Philippe surfe sur une fausse image de compétence budgétaire Le piège du candidat « ennuyeux donc forcément compétent » La citation prophétique : la France va connaître « du sang, de la sueur et des larmes » (Churchill 1940) Sans préparer les Français au sacrifice = direction la guerre civile Les 3 chantiers urgents : fermer l’ENA, l’École de la magistrature, supprimer l’Inspection des Finances Le verdict du président Lebrun à de Gaulle en 1945 : « Il n’y a plus d’État » Le drame français : aucun candidat n’a jamais fait une fin de mois en tant que chef d’entreprise Aucun n’a connu l’angoisse de payer des familles, des enfants Les chiffres officiels qui font peur : déficit 2025 à 5,1%, 2026 projeté à 6,1% 44 milliards d’impôts en plus en 2025 pour à peine réduire le déficit L’explosion programmée du déficit de la sécurité sociale La référence aux référendums bafoués (Constitution européenne 2005) Pourquoi l’élection présidentielle française est devenue une farce démocratique Charles Gave est en colère, et il a des raisons de l’être. La France des grands hommes a laissé place à une République de « nains de jardin » qui prétendent gouverner un royaume qu’ils ne comprennent même pas. Un message urgent à tous ceux qui ont encore l’espoir d’un sursaut.

Source : Charles Gave – Officiel – Chaîne d’extraits

. 3ème Guerre mondiale monétaire : le krach après l’Iran ? – Bernard Monot

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#webtube : Iran, Ukraine, Moyen-Orient. Depuis plusieurs mois, les tensions géopolitiques se multiplient et semblent s’enchaîner sans logique apparente. Derrière les conflits visibles, une autre réalité s’impose progressivement : celle d’un système monétaire mondial sous pression.
Inflation persistante, explosion des dettes publiques, accumulation record d’or par les banques centrales, contestation croissante du dollar par les BRICS… pour certains économistes, ces signaux ne relèvent plus de simples déséquilibres conjoncturels.

Mais une question dérange : et si nous étions entrés dans une véritable guerre mondiale monétaire, où les conflits militaires ne seraient que le prolongement d’un affrontement économique global ?
Dans cet épisode de “Politique & Eco”, Bernard Monot, économiste-politique et ancien député européen, décrypte les mécanismes profonds de cette recomposition du système mondial.
➡️ Les guerres actuelles en Iran et en Ukraine sont-elles liées à des tensions monétaires et financières plus larges ?
➡️ Le monde assiste-t-il à une remise en cause durable de la domination du dollar ?
➡️ Pourquoi les banques centrales achètent-elles de l’or à un rythme inédit ?
➡️ Le système de dette occidental est-il arrivé à un point de rupture ?
➡️ Un krach financier mondial est-il désormais un scénario crédible à court terme ?
Entre guerre, dette et monnaie, une analyse des fractures profondes d’un ordre économique mondial en pleine transformation.

A la suite de « Politique & Eco », retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : « Les mauvais calculs du gouvernement à l’épreuve de la canicule ».

Source : Chaîne officielle TVL

. « Pas de muezzin sur les toits danois » : un gouvernement social-démocrate part en guerre contre l’islamisation

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#webtube : « L’appel à la prière ne doit pas résonner au-dessus des toits danois. » La phrase n’émane pas d’un dirigeant nationaliste, mais du ministre social-démocrate de l’Immigration, Morten Bødskov. Au Danemark, c’est la gauche au pouvoir qui s’attaque à l’adhan, ce chant rituel diffusé cinq fois par jour depuis les minarets pour appeler les fidèles musulmans à la mosquée.

Un ministre de gauche qui dénonce une « banlieue d’Islamabad »

Membre du parti social-démocrate, Morten Bødskov a annoncé la relance d’une enquête juridique destinée à poser les bases légales d’une interdiction nationale de la diffusion publique de l’appel à la prière. Le ton employé est sans ambiguïté. Selon le ministre, cette pratique n’a « pas sa place » au Danemark, et l’on ne devrait pas avoir le moindre doute quant au fait de se trouver, ou non, dans une « banlieue d’Islamabad » en se promenant dans le pays. Il dénonce plus largement une « islamisation » rampante qui occuperait, à ses yeux, une part excessive de l’espace public.

C’est la troisième fois qu’un ministre danois de l’Immigration tente de bâtir un tel cadre juridique, après des initiatives comparables portées par les sociaux-démocrates en 2020 et en 2025. Dans certaines villes, à commencer par Copenhague, des arrêtés locaux interdisent déjà la diffusion de l’adhan par haut-parleurs, au nom de limites strictes sur le bruit.

Une ligne migratoire parmi les plus dures d’Europe

Le projet s’inscrit dans une politique nationale qui détonne avec les standards de la gauche européenne. Sous la houlette de la Première ministre Mette Frederiksen, entamant ce mois-ci son troisième mandat, le Danemark applique l’une des législations migratoires les plus fermes du continent. Les fameuses lois sur les « ghettos » autorisent les autorités à contraindre des immigrés à quitter un quartier comptant une proportion jugée trop élevée d’habitants d’origine étrangère.

Le dispositif va plus loin encore : dans certains cas, les demandeurs d’asile peuvent être tenus de céder bijoux et biens de valeur pour couvrir leurs frais d’hébergement, et ne perçoivent aucune aide financière en cas de rejet de leur demande. Dès 2015, au plus fort de la crise migratoire qui a vu plus d’un million de personnes affluer vers les frontières européennes, Copenhague avait accueilli nettement moins de demandeurs d’asile que ses voisins.

Un obstacle juridique en perspective

Reste que l’interdiction n’est pas acquise. L’enquête gouvernementale devra mettre en balance la liberté religieuse et les droits des riverains des mosquées. La Constitution danoise garantit en effet le droit au culte public, même si elle prévoit des exceptions, notamment l’interdiction des prêches antidémocratiques et des dons à des groupes prohibés.

Le Danemark compte environ 270 000 musulmans pour une population de six millions d’habitants, et une centaine de mosquées. Parmi elles, la Grande Mosquée de Copenhague renonce déjà à tout appel à la prière en extérieur, en vertu d’un accord conclu avec les autorités locales. Ailleurs en Europe, l’Allemagne et le Royaume-Uni encadrent strictement les horaires et le volume sonore autorisés pour ces diffusions, afin de préserver la tranquillité des riverains non musulmans.

breizh-info.com

. Canicule et lundi de Pentecôte travaillé : où est passé l’argent ?

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#webtube : Des milliards d’euros sont collectés chaque année sans qu’il y ait de réelle amélioration. La canicule qui a affecté l’ensemble du territoire la semaine passée semble toucher à sa fin. Seuls cinq départements sont encore en vigilance orange et dix-sept en vigilance jaune. La France respire à nouveau. Il est temps de tirer les conclusions de cet épisode de fortes chaleurs.

Des écoles ont été fermées, des événements annulés, des examens repoussés, les urgences de certains hôpitaux ont été saturées. Dans les Ehpad, des personnes âgées ont souffert… Tous les secteurs ont été impactés. La France n’était pas prête à affronter cette canicule, elle n’était pas préparée.

Pourtant, ce n’est pas la première. Depuis 2003, la France sait qu’une terrible vague de chaleur peut s’abattre sur son territoire. Cette année-là, 15.000 décès supplémentaires avaient été recensés. En conséquence de quoi, l’année suivante le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait fait voter une loi « relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées » qui a institué une journée de solidarité « en vue d’assurer le financement des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées ». En 2005, tous les salariés ont donc offert à cette nouvelle cause nationale « une journée supplémentaire de travail non rémunéré », le lundi de Pentecôte.

Les Français suffoquent

L’opération permet à l’État, via sa Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), de récolter tous les ans entre 3,2 et 3,5 milliards d’euros. Au total, ce sont donc près de 50 milliards qui ont été collectés. Pourquoi faire ? Pour acheter du blanc de Meudon et des couvertures de survie ? Il faut croire…

À ce sujet — Fermer les écoles en juin pour faire classe en juillet ? L’étrange logique d’Édouard Geffray

En tout cas, cet argent n’a pas été employé pour équiper les maisons de retraite de climatiseurs alors même que la somme le permettait largement, comme l’indique sur X la députée européenne Reconquête, Sarah Knafo : « Avec l’équivalent d’une seule année, on pourrait financer la climatisation complète de tous les Ehpad de France. Une deuxième année suffirait à financer la climatisation complète de tous les hôpitaux de France. Une troisième année, de toutes les écoles et crèches. Trois années auraient dû suffire à équiper tous les équipements clés, mais 23 ans plus tard, moins de 10 % des écoles sont climatisées et seules quelques pièces sont rafraîchies dans la plupart des hôpitaux et des Ehpad. »

Elle conclut : « On vous prélève des milliards pour la canicule et 23 ans plus tard, on meurt toujours de chaud dans les mêmes endroits qui seraient censés nous protéger. » En effet, selon les chiffres de Santé publique France, comme il y a 23 ans, la canicule est à l’origine d’une augmentation du nombre de décès : « Depuis le 24 juin, environ 1.000 décès supplémentaires (chiffres non consolidés) ont été observés par rapport aux décès observés les mois précédents. »

Les leçons de 2003 n’ont pas été tirées, mais l’argent, lui, a bien été confisqué aux Français. Où est-il passé ? Beaucoup de citoyens se posent la question. À vrai dire, ce n’est pas clair. La CNSA ne publie plus de bilan détaillé depuis 2020. Il faut se contenter d’un résumé publié sur le site de l’organisme pour en savoir plus et comprendre qu’il n’y a pas véritablement d’actions ciblées qui sont entreprises.

Les sommes récoltées auprès des salariés et des retraités ne sont pas fléchées pour tel ou tel projet, elles viennent simplement faire grossir le budget de postes de dépenses déjà existants (allocations, accompagnement des aidants, ateliers de prévention…). De fait, les améliorations concrètes ne se font pas réellement sentir.

L’État se félicite

La situation est d’autant plus incompréhensible que depuis plusieurs années, l’État n’a que le réchauffement climatique à la bouche et bassine les Français à longueur d’été avec des messages infantilisants pour qu’ils s’hydratent, fassent moins de sport et ferment leurs volets. Pour autant, il est incapable de protéger les plus faibles en installant des climatiseurs là où cela est nécessaire, et ce, par pur dogmatisme anti-climatisation, que des lobbies écologistes sont parvenus à imposer à la nation toute entière alors même que leurs arguments ne font pas consensus dans la sphère scientifique.

Résultat : dans les Ehpad, les hôpitaux et les écoles, le thermomètre grimpe tout comme la colère des Français, mais au plus haut sommet de l’État, là où la climatisation tourne sans complexe, les petits hommes gris sont satisfaits de leur action. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, s’est notamment félicité d’avoir « su anticiper ». De qui se moque-t-on ?

Sarah-Louise Guille, dans BV

. Après le lynchage du jeune Louis, sa tante invite à manifester dimanche à Narbonne

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#webtube : Éric Zemmour annonce qu’il se rendra à la manifestation. Le lynchage du jeune Louis, 17 ans à Narbonne, continue à susciter une immense indignation qui pourrait s’amplifier dans la rue. Ce 29 juin, sur CNews, la tante de Louis a appelé les responsables politiques à exploiter le terrible meurtre de son neveu. Elle a lancé un appel à manifester dimanche 5 juillet à 11 heures à Narbonne, en souhaitant que de « tous les représentants de l’État » et les « élus » soient présents. « Parce que s’ils veulent parler de récupération politique, qu’ils récupèrent l’affaire de Louis : c’est à eux de s’en saisir maintenant, lance-t-elle. Qu’ils viennent, nous on les invite tous ! », insiste-t-elle. La marche a été autorisée par la préfecture, assure la tante de Louis.

Le message a été entendu par Éric Zemmour, accusé nommément par le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez de « récupération »« Sa famille veut que nous honorions sa mémoire, a lancé Zemmour sur X. Je serai donc à la marche pour Louis, ce dimanche à Narbonne ».

Boulevard Voltaire

. Rapport Biville : ce que révélait l’armée française sur les jeune militaires maghrébins en 1990

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#webtube : La discrimination positive dans l’armée française Le présent article n’a pas pour objet de juger les intentions des auteurs du rapport Biville ni de raviver des polémiques anciennes. Son ambition est plus modeste : revenir aux documents, aux chiffres et aux témoignages de l’époque afin de comprendre pourquoi l’armée française a dérogé à sa tradition d’uniformité en 1990.

Pendant des décennies, le service national a été le creuset de la République. Pourtant, au tournant des années 1990, l’institution s’interroge sur sa capacité à intégrer les « jeunes Français d’origine maghrébine » (JFOM). Face à cette situation, le ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement [1] confie une enquête au colonel Yves Biville [2], directeur du CESPAT. Le rapport intitulé « Armées et populations à problèmes d’intégration – le cas des jeunes Français d’origine maghrébine » [3], remis le 13 avril 1990, provoque une onde de choc, suivie le 23 mai par une directive ministérielle instaurant seize mesures correctives. C’est un document important dans l’histoire des politiques d’intégration au sein des armées françaises.

À l’époque, ce rapport ne passe pas inaperçu. Il fait l’objet de reportages télévisés [4], suscite des questions parlementaires [5].

20 000 recensés, 5 200 incorporés, 2 % du contingent annuel global : la réalité des chiffres

Les données statistiques réunies au début des années 1990 révèlent que seule une minorité de jeunes Français d’origine maghrébine accomplissait effectivement son service militaire en France. Selon les chiffres repris dans les débats de l’époque, environ 5 200 jeunes effectuaient chaque année leur service sur un vivier estimé à près de 20 000 jeunes concernés par les obligations militaires. Si ces 5 200 appelés représentaient un peu plus d’un quart (26 %) de la population JFOM recensée, ils ne constituaient en revanche que 2 % du contingent annuel global, alors estimé à 260 000 appelés. Le reste de cette population échappait au service par le biais des réformes ou des exemptions. D’autre part, certains binationaux franco-algériens choisissaient de faire le service militaire en Algérie, en vertu du droit d’option prévu par les accords bilatéraux du 11 octobre 1983 [6].

Le mythe du retour au pays : un choix souvent dicté par le pragmatisme

Les doubles nationaux qui choisissent de faire leur service national en France ne sont pas connus avec exactitude de l’autorité militaire, dans la mesure où il n’existe aucune obligation légale de déclarer une éventuelle seconde nationalité. Quoi qu’il en soit, les Franco-Algériens constituent très certainement la grande majorité de ce contingent. Ils seraient environ 2 000 à effectuer chaque année leur service en France. On peut par ailleurs raisonnablement supposer que l’écrasante majorité des Franco-Tunisiens opte pour le service en Tunisie, puisque ce pays dispense les citoyens travaillant à l’étranger. À noter que le rapport n’aborde pas le cas spécifique des Franco-Marocains.

Choisir l’option de l’Algérie ne signifiait pas pour autant que le service militaire y soit systématiquement accompli. L’analyse d’un échantillon de 2 960 déclarations d’option pour l’Algérie fait ainsi apparaître un taux massif de 48 % d’exemptions médicales et de 15 % de dispenses sociales. En comparaison, pour ceux qui effectuaient leurs démarches en France, le CESPAT n’évaluait à l’époque qu’à 35 % le taux d’exemptions médicales, à 5 % les dispenses sociales et à 4 % les réformes prononcées en début de service.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès d’anciens appelés [7], un certain nombre de binationaux franco-algériens préféraient accomplir leur service national en France plutôt qu’en Algérie. Ce choix semble avoir été motivé, au moins en partie, par des considérations très pratiques : la durée du service n’était alors que d’un an en France, tandis que les obligations militaires algériennes s’étiraient sur deux ans. Certains témoignages évoquent également des conditions de vie plus difficiles, un encadrement beaucoup plus rigoureux au sein des casernes algériennes. Ces réalités de terrain auraient finalement pesé bien davantage dans les choix individuels que les grandes considérations d’ordre identitaire ou patriotique.

Les coulisses d’une étude sous haute pression

L’architecture du rapport Biville témoigne d’une volonté institutionnelle de structurer une réponse complexe dans un temps record. Commandée par une lettre du ministre de la Défense le 19 janvier 1990, l’étude a été bouclée en moins de trois mois, révélant l’état d’urgence psychologique dans lequel se trouvait le commandement. Pour répondre à cette injonction, le colonel Biville a mis en place une méthodologie en deux phases : une étape de « recherche » et une étape d’« intervention ».

Loin de travailler en vase clos, l’équipe du CESPAT a mobilisé un vaste réseau d’experts. Au total, ce sont 550 personnes qui ont été impliquées dans le processus, dont 125 experts civils issus d’horizons variés – chercheurs de l’IREMAM, sociologues de l’IRESCO, spécialistes de l’IEP de Paris ou encore membres de la délégation aux rapatriés.

Cette démarche, qui inclut des tables rondes systématiques avec des appelés issus de la population cible (JFOM), des groupes témoins et des cadres de contact, souligne que l’armée a cherché à se donner les moyens d’une analyse exhaustive. En externalisant ainsi une partie de sa réflexion auprès du monde académique, l’institution a non seulement reconnu son manque d’outils propres pour appréhender les mutations sociétales, mais a également cherché à conférer une légitimité « scientifique » à ses futures décisions. Cette mobilisation interarmées, coordonnée par des « correspondants-experts » désignés dans chaque branche, montre que le rapport n’était pas une simple étude isolée, mais une opération de gestion de crise à l’échelle de toute l’institution militaire.

Les constats alarmants du rapport

En guise de préambule, le document brosse un portrait sociologique sans appel : selon ses auteurs, la majorité de ces jeunes Français d’origine maghrébine provient de milieux lourdement défavorisés, pris en étau entre les difficultés, voire le refus d’intégration de leurs parents, une précarité sociale persistante, le chômage et la perte de repères liée à l’effritement de l’autorité familiale.

Les problèmes de discipline

Le rapport souligne également une surreprésentation de ces appelés dans les problèmes disciplinaires : « absentéisme et désertion ; petite délinquance (vols, ivresse, rixes, etc.) ; usage et trafic de stupéfiants ; refus d’obéissance et voies de fait envers un supérieur ».

Le document poursuit en indiquant que « pratiquement toutes les statistiques partielles […] sont concordantes à ce sujet : les JFOM sont à l’origine d’une surdélinquance au niveau des régiments ». Il avance en outre que, « toutes choses égales par ailleurs », les jeunes Français d’origine maghrébine commettraient « environ 3,5 fois plus de désertions, 4 fois plus de coups et blessures volontaires, 5 fois plus de trafic de stupéfiants, 6 fois plus de refus d’obéissance, 6 fois plus d’outrages à supérieur et 8 fois plus d’insoumission » que la moyenne des appelés. Il convient toutefois de préciser que ces chiffres traduisent le constat d’une situation circonscrite à une région militaire spécifique.

Témoignage : Un ancien officier, ayant servi à la chancellerie du 2e corps d’armée des Forces françaises en Allemagne (FFA) à cette époque, rapporte qu’un général s’était étonné, en examinant les dossiers de sanctions lourdes transmis par les régiments, du grand nombre de patronymes à consonance maghrébine figurant parmi les appelés sanctionnés.

Face à cette accumulation de fautes disciplinaires, l’institution militaire s’est vite trouvée démunie. Le rapport Biville souligne que, lorsque la situation devenait intenable dans les corps, les mesures disciplinaires classiques s’avéraient souvent inopérantes. Le rapport révèle ainsi que « certains chefs de corps demandent au médecin-chef de faciliter une réforme d’éléments “indésirables” ; d’autres souhaitent pouvoir bénéficier d’un “pouvoir discrétionnaire” pour se séparer de ceux dont les antécédents judiciaires, souvent connus trop tard, s’avèrent importants (drogue, racket, coups et blessures, vols…) et peuvent avoir un retentissement négatif sur la communauté militaire dans son ensemble ». Cet aveu démontre la détresse de l’encadrement : faute de pouvoir intégrer ces jeunes, la réforme médicale ou le renvoi pur et simple devenaient, aux yeux de nombreux chefs de corps, la seule échappatoire à une crise disciplinaire qu’ils ne savaient plus gérer par la voie hiérarchique traditionnelle.

La question du niveau scolaire

L’étude met aussi en évidence un niveau scolaire et des résultats aux tests psychotechniques souvent inférieurs de deux à quatre points à ceux de l’ensemble des appelés, conduisant la plupart de ces jeunes vers des postes peu qualifiés. Le rapport estime que cette situation limite leurs possibilités d’intégration dans les régiments à forte qualification et réduit leurs perspectives d’avancement. Il souligne ainsi que près de 95 % des appelés d’origine maghrébine rencontrés dans le cadre de l’enquête sont soldats de deuxième classe ou de première classe, tandis que 5 % seulement accèdent aux grades de caporal, caporal-chef ou sergent. Aucun n’a le grade d’aspirant.

L’institution militaire constatait ainsi son impuissance à jouer son rôle traditionnel d’ascenseur social, faute de dispositifs de mise à niveau adaptés à cette population lors de son incorporation. Le constat était amer pour l’encadrement : finalement, on demandait à l’armée de faire en un an tout ce que l’Éducation nationale, les centres de formation, l’ANPE et les familles n’avaient pas réussi à faire en une décennie.

Le malaise religieux et crise identitaire

Sur le plan religieux et identitaire, le rapport relève un sentiment de marginalisation lié à l’absence de reconnaissance institutionnelle de l’islam qui représente la deuxième religion en France. Cette situation favorisait, selon les auteurs, un repli communautaire plutôt qu’une adhésion aux valeurs de l’institution. Le rapport indique à ce sujet que « s’agissant de sa religion, le JFOM développe vis-à-vis de l’autorité militaire une attitude souvent intransigeante et revendicative ». Les revendications sont surtout religieuses et portent notamment sur l’alimentation halal, la pratique religieuse, le ramadan, les fêtes musulmanes et la présence d’aumôniers.

Le rapport se caractérise par un angle mort méthodologique notable dans le traitement de la question religieuse. En se limitant principalement aux manifestations pratiques et aux revendications institutionnelles. Le document élude une partie de la question religieuse en omettant les prescriptions religieuses strictes qui enjoignent aux croyants de se distinguer des mécréants (Coran 3-28 ; 3-110 ; 25-52) [8].

L’examen de la bibliographie du rapport vient d’ailleurs signer cette carence de manière flagrante. Sur l’ensemble des sources consultées par les rédacteurs, on ne trouve aucune étude sur l’islam politique contemporain, le fondamentalisme ou l’islamisme, ni aucune traduction ou exégèse des textes sacrés (Coran, Hadiths, vie du Prophète). Pour analyser ce réveil identitaire de 1990, l’armée s’est appuyée, d’une part, sur une abondante littérature dédiée à la sociologie de l’immigration (Le creuset français de Gérard Noiriel) et, d’autre part, sur des manuels d’orientalisme ou d’histoire coloniale totalement obsolètes (L’histoire des goums marocains de Yves Salkin), datant pour certains de 1948, 1949 ou 1958. Faute d’outils intellectuels adaptés pour appréhender la profondeur théologique et la rhétorique de rupture de ce nouvel islam de banlieue, l’institution a produit une lecture superficielle, confondant le dogme avec une simple demande d’accommodement culturel. L’institution a cru pouvoir traiter un défi d’ordre spirituel et idéologique avec les outils de l’assistance sociale et de la gestion administrative.

L’illusion de l’« intégration douce » : une capitulation préventive

Ce fatalisme institutionnel, qui s’apparente à une forme de renoncement, transparaît de manière flagrante dans les préconisations du document. Face à l’impasse qu’ils constatent sur le terrain, les rédacteurs finissent par prendre acte de l’érosion des principes qu’ils étaient censés défendre.

« Ceci étant, c’est dans le cadre de l’attitude générale des armées vis-à-vis des différentes religions que l’exercice de la religion musulmane doit être étudié. La religion sert de support identitaire pour les JFOM. L’Islam dans les pays musulmans n’est pas sans rapport avec la vie sociale. Pour une intégration douce des JFOM dans la société française, il convient donc d’éviter toute attitude trop dogmatique de part et d’autre, et d’envisager dès maintenant l’acceptation dans les faits de l’Islam comme deuxième religion en France. Il s’agit de couper court à toute tentative d’amalgame entre islam et intégrisme » [9].

Derrière la prudence de la formulation, le changement de paradigme est total. En appelant à éviter toute attitude «­ dogmatique de part et d’autre », l’institution militaire commet une erreur de symétrie stupéfiante : elle place sur le même plan l’exigence du règlement militaire (l’obéissance, la neutralité, l’uniformité) et les revendications religieuses de jeunes appelés.

Quant au concept d’« intégration douce », il masque mal un pragmatisme de pure résignation. L’armée avoue à demi-mot son incapacité à assimiler ces jeunes par son canal traditionnel et propose, de guerre lasse, un simple accommodement administratif (« l’acceptation dans les faits »). L’objectif n’est plus de forger des citoyens autour d’un idéal commun, mais bien d’acheter la paix sociale dans les casernes en concédant des espaces à la religion, dans l’espoir – naïf au regard de l’histoire – que cette complaisance suffira à « couper court à toute tentative d’amalgame ».

Du diagnostic au traitement : la genèse des 52 mesures

Face à ce diagnostic sans concession, le haut commandement se retrouve au pied du mur. Sous l’autorité du général Gilbert Forray, alors chef d’état-major de l’Armée de terre, l’institution doit réagir. La mission Biville formule alors un catalogue complet de 52 mesures, dont la structure même du rapport (consacrant sa troisième partie entière à des propositions opérationnelles) témoigne de l’ampleur de la réforme engagée. Loin d’être un manifeste idéologique, ce guide d’action se veut ultra-pragmatique, couvrant des domaines allant de la vie quotidienne jusqu’à la lutte contre le racisme.

Il repense d’abord la sélection et l’affectation des appelés, avec une refonte des évaluations psychologiques et une meilleure répartition des recrues pour éviter leur concentration massive dans la seule Armée de terre (80 %). Pour contrer l’illettrisme et la marginalisation, l’institution déploie ensuite un arsenal d’assistance : accès facilité à la mise à niveau scolaire, aide à l’insertion professionnelle, promotion active aux grades de sous-officiers du contingent et facilitation de l’accès aux permis de conduire (VL, PL et SPL). Enfin, sur le plan culturel et religieux, les directives préconisent l’aménagement d’espaces de prière inter-religieux, le respect des prescriptions alimentaires (menus de substitution) [10], ainsi qu’une initiation de l’encadrement à l’islam et à l’histoire de l’Armée d’Afrique afin de lutter contre les préjugés.

L’écho parlementaire : le « creuset » sous haute tension politique

La mise en œuvre des directives issues du rapport Biville ne s’est pas faite sans remous, comme en témoignent les nombreuses questions écrites posées au gouvernement par des parlementaires [voir note 5]. Dès l’été 1990, des sénateurs ont exprimé de fortes inquiétudes, craignant que ces mesures spécifiques ne soient perçues comme un « favoritisme social et culturel » au détriment du reste du contingent. Face aux critiques dénonçant un risque d’émergence d’un « racisme primaire » et une déconsidération du service national, le ministère de la Défense a invariablement défendu une ligne de conduite constante : celle d’un « traitement approprié » nécessaire face à l’urgence, tout en réaffirmant que l’armée devait, comme l’école, agir en « creuset de l’unité nationale ». En invoquant le souvenir historique des 500 000 Maghrébins ayant servi sous le drapeau français lors des deux guerres mondiales, le ministère cherchait à légitimer ces ajustements non comme une rupture, mais comme une réactualisation d’une tradition militaire ancienne. Cette controverse parlementaire, qui a perduré jusqu’à la fin de la conscription en 1996, souligne combien la question de l’intégration, dans ce contexte, touchait au cœur même de la définition républicaine du citoyen-soldat.

L’aveu du sommaire du rapport : la détresse silencieuse de l’encadrement

L’architecture du document témoigne d’une rigueur méthodologique impressionnante pour l’époque. Pour construire son diagnostic, le colonel Biville a non seulement croisé des statistiques internes, mais il a mobilisé un vaste réseau d’experts civils et militaires. Des chercheurs de l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) aux sociologues de l’IRESCO, en passant par les correspondants désignés au sein de chaque état-major, l’armée a cherché à se donner les moyens d’une analyse exhaustive. Cette démarche, incluant des tables rondes avec des cadres de terrain et des représentants d’associations de rapatriés, souligne une volonté institutionnelle de sortir du cloisonnement pour affronter la mutation sociétale, tout en révélant, par la diversité des organismes consultés, l’ampleur du désarroi des décideurs face à une situation devenue illisible pour eux.

Mais c’est surtout la deuxième partie du document qui dresse le constat le plus cruel, non pas sur les appelés, mais sur l’institution elle-même. Sous des titres d’une franchise rare pour un document administratif – « Les cadres se sentent désarmés », « Des sanctions inopérantes », ou encore « Le comportement des cadres se manifeste par des réactions maladroites » –, le rapport met en lumière la fracture qui s’opère sur le terrain. L’état-major y concède officiellement la «­ détresse profonde des cadres de proximité ». Livrés à eux-mêmes face à cette « double crise d’identité » (titre de la conclusion du rapport), les sous-officiers et jeunes officiers subissaient de plein fouet, et en première ligne, le choc d’une mutation sociétale que ni l’État ni le haut commandement n’avaient anticipée.

L’injonction ministérielle : quand l’intégration devient un « acte de foi »

La découverte de la version papier du rapport réserve une autre surprise de taille : la note d’orientation initiale qui a déclenché l’ensemble du processus. Adressée au plus haut sommet de la hiérarchie (les chefs d’état-major des trois armées et le directeur de la Gendarmerie), cette lettre signée du ministre de la Défense illustre l’extrême fébrilité du pouvoir politique de l’époque face à l’échec du creuset républicain.

Une urgence qui frise la précipitation

Le texte révèle d’abord une urgence qui frise la précipitation. Face à une minorité de jeunes issus de l’immigration maghrébine (2 % du contingent) qui éprouvent « un sentiment de déracinement et d’incompréhension », le ministre exige des chefs militaires qu’ils agissent sur-le-champ, « dès maintenant », précisant même : « Je compte sur vous pour vous y engager avant même d’avoir pu vous donner des directives plus précises qui pourraient être tirées de l’étude que j’ai confiée au Colonel Biville ». L’injonction politique devance ainsi l’enquête sociologique.

Restaurer la « dignité » pour éviter la délinquance

Plus troublant encore est le glissement de la mission militaire vers l’assistance sociale et pénale. L’armée est explicitement sommée de prendre le relais d’une « éducation familiale et scolaire » défaillante. Le pouvoir politique lui demande de promouvoir ces « jeunes à problèmes » afin de « leur rendre la dignité qu’ils croient ne pas avoir et qu’ils cherchent parfois ailleurs que dans la légalité ». Devenir citoyen-soldat est ici ouvertement présenté comme le dernier rempart avant la délinquance.

La pression écrasante sur les sous-officiers

Enfin, cette lettre fondatrice éclaire d’un jour nouveau la « détresse profonde » de l’encadrement constatée plus tard par le colonel Biville. En s’adressant aux cadres de contact, et « notamment aux sous-officiers », le ministre fait reposer tout le poids de ce sauvetage sociétal sur leurs seules épaules. Il élève même cette difficile mission d’assistance sociale au rang de sacerdoce patriotique : « Qu’ils sachent qu’en accomplissant bien leur rôle dans ce domaine, ils font acte de foi en la FRANCE ».

L’anachronisme comme méthode : une vision coloniale de l’intégration

L’état d’esprit qui présidait à ces mesures est peut-être mieux résumé par l’exergue choisie par le colonel Biville pour ouvrir son rapport, empruntée à un ouvrage colonial sur le Maroc de 1925 [11]. Ce choix est en soi révélateur : pour tenter de comprendre les jeunes Français de 1990, l’armée a plongé dans la littérature de l’entre-deux-guerres. En érigeant le commandement en figure de « pacha » bienveillant, l’institution ne cherchait plus l’assimilation républicaine, mais une forme de gestion paternaliste où le respect des coutumes permettrait d’acheter la paix sociale sous les drapeaux. C’est le signe d’une institution en pleine déroute intellectuelle, recyclant les méthodes de l’administration coloniale pour tenter de résoudre une crise de la citoyenneté que ses outils classiques ne parvenaient plus à contenir.

Le contrecoup de la « discrimination positive »

En tentant de gérer ces fractures par des dispositifs ciblés, l’institution militaire a pris le risque de rompre avec le dogme de l’égalité absolue. L’officialisation de ces mesures par la directive du 23 mai 1990 a été perçue par certains comme l’instauration d’un « régime à deux vitesses ». Dans les chambrées, ce traitement différencié a nourri un profond sentiment d’injustice chez les autres appelés, notamment issus de milieux ruraux ou populaires, qui subissaient eux aussi la précarité de plein fouet.

Cette fronde interne trouve son point d’orgue en septembre 1991 sous la plume du lieutenant Jean-Pierre Steinhofer. Dans un article au titre volontairement corrosif, « Beur ou ordinaire », publié dans Armées d’Aujourd’hui – n° 163, septembre 1991 (la revue officielle du ministère), le jeune officier dénonce publiquement la création de « deux catégories d’appelés ». Il y fustige particulièrement deux directives découlant du rapport Biville :

  • L’accès aux grades : La promotion des jeunes d’origine maghrébine aux grades de caporal, caporal-chef et sergent en faisant abstraction de leur « niveau général » d’évaluation (NG).
  • L’octroi du permis de conduire : La possibilité pour ces mêmes appelés d’obtenir des permis de conduire poids lourd même avec un niveau général de 2, une dérogation rigoureusement interdite pour les autres conscrits.

Pour cet officier, attribuer des avantages « uniquement en fonction d’un critère racial » va à l’encontre du but recherché, rappelant que « l’intégration passe par l’égalité ». Au-delà de la stricte question militaire, son texte traduit l’exaspération d’un encadrement de contact qui refuse de porter seul la responsabilité de ces échecs. S’appuyant sur les chiffres mêmes du rapport Biville – lequel souligne que les appelés concernés commettent six fois plus d’outrages à un supérieur et huit fois plus d’insoumissions –, le lieutenant Steinhofer dénonce le transfert systématique sur l’armée du « travail à accomplir par la société ». L’institution ne peut pas, selon lui, pallier indéfiniment les lacunes de l’école ou de l’intégration civile.

Cet article fera l’effet d’une bombe. Face à la colère d’une grande partie de l’encadrement qui se reconnaît dans cette critique d’une discrimination positive avant l’heure, l’état-major sera finalement contraint d’annuler discrètement les directives les plus polémiques.

Une problématique à l’écho contemporain

Loin de s’éteindre avec la fin de la conscription, l’écho du rapport Biville résonne singulièrement dans la France d’aujourd’hui. L’armée de 1990 fut en réalité le laboratoire d’une doctrine qui allait innerver toute l’action publique : l’illusion qu’une « intégration douce » suffirait à dissoudre les replis identitaires. En préconisant d’accepter formellement l’islam pour « couper court à toute tentative d’amalgame entre islam et intégrisme », l’institution théorisait même avant l’heure le grand mantra politico-médiatique des décennies suivantes.

Or, cette rhétorique a progressivement agi comme un verrou intellectuel. En s’interdisant d’analyser la dynamique de sécession qui s’opérait sous ses yeux, la sphère publique n’a fait que repousser le problème : les fractures communautaires d’hier sous les drapeaux préfiguraient les sécessions territoriales d’aujourd’hui. Selon certaines confidences, le constat de cet échec aurait d’ailleurs définitivement convaincu le pouvoir politique de débrancher la machine. Le 28 mai 1996, Jacques Chirac tranchait le nœud gordien en suspendant le service militaire, refermant le livre d’un creuset national qui n’arrivait plus à fondre ses diversités :

« Le service national a été, depuis la Révolution, l’un des fils conducteurs de notre histoire. […] Il a forgé notre unité. Mais il ne répond plus aux exigences de notre temps. »

La professionnalisation : un simple transfert des tensions

L’abandon de la conscription au profit d’une armée de métier n’a pas fait disparaître les défis liés à l’intégration ; elle en a simplement transféré les enjeux au sein des engagés volontaires. Privée de son rôle de brassage, l’institution reste traversée par les mêmes fractures identitaires que la société civile. Ainsi, dès que la France intervient dans le monde arabo-musulman, le dilemme de la double allégeance resurgit. Des refus de déploiement lors de la guerre du Golfe (1990) jusqu’aux résiliations de contrats de soldats refusant de combattre en Afghanistan en 2008, en passant par l’apparition de hiérarchies religieuses parallèles et rigoristes à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, la réalité des clauses de conscience confessionnelle rattrape régulièrement le commandement. Bien que statistiquement marginaux, ces cas démontrent que la fin du service national n’a pas suffi à dissoudre le nœud gordien que le rapport Biville tentait de démêler trente ans plus tôt.

Le défi de la cohésion face aux conflits de demain

En définitive, ces épisodes de contestation, bien que demeurant l’exception sur le plan statistique, cristallisent une inquiétude profonde et sourde au sein du haut commandement. À l’heure où les engagements de la France se déploient régulièrement sur des théâtres d’opérations asymétriques face à des adversaires se réclamant de l’islam, l’institution militaire se trouve confrontée au spectre redouté de la double allégeance.

Pour une armée de métier, la simple éventualité de voir une solidarité confessionnelle primer sur l’exécution d’un ordre constitue une faille stratégique majeure. Plus qu’un problème d’indiscipline, ce défi de la loyauté interroge la capacité de la République à garantir la primauté inconditionnelle de l’intérêt national. Car, comme l’exprimait l’écrivain Sebastian Junger, « la seule chose qui rend la bataille psychologiquement tolérable est la fraternité entre soldats », une fraternité que la Légion étrangère érige en dogme dans son Code d’honneur : « Chaque légionnaire est ton frère d’armes, quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion ». Sur le champ de bataille, la seule religion qui vaille est celle du frère d’armes qui couvre votre flanc.

Johan Zweitakter, Riposte Laïque


[1] Chevènement, Jean-Pierre. « La conscription : un puissant facteur d’intégration » déclaration publiée au printemps 1990 en réponse aux problématiques soulevées par les états-majors sur l’intégration des appelés.
[2] Le colonel Yves Biville travaillait au Centre d’études sur la sélection du personnel de l’armée de terre (CESPAT), un organisme dépendant de l’armée de terre et du ministère de la Défense. Il en était le chef au moment de la rédaction du rapport de 1990 sur les jeunes Français d’origine maghrébine et le service national (source : ministère des Armées).
[3] Étude réalisée par : le colonel Yves Biville, le chef de bataillon Dominique Laffittan, le scientifique Jean-Luc Faivre ; édité par le Centre d’études sur la sélection du personnel de l’Armée de Terre. De format A4 avec une couverture bleu ciel, le rapport comporte 102 pages. Des centaines d’exemplaires ont été diffusés, tant dans les armées que dans les milieux politiques. Le sujet est tellement sensible que beaucoup de copies se sont volatilisées.
Les archives officielles de cette « Mission Biville » sont aujourd’hui conservées au Service historique de la Défense sous la cote « GR 1 R 1689 ».
Les jeunes d’origine maghrébine et le service national. Extraits du rapport du colonel Yves Biville
[4] Le documentaire INA : Service militaire Beurs (A2 Le Journal de 20 heures, 16 juillet 1990, 2 min 11 s) parle de ce rapport.
[5] Question de M. Voilquin Albert (Vosges – U.R.E.I.) publiée le 02/08/1990
Question de M. Chauty Michel (Loire-Atlantique – RPR) publiée le 09/08/1990
Question de M. Fosset André (Hauts-de-Seine – UC) publiée le 15/11/1990
Question de M. Delanoë Bertrand (Paris – SOC) publiée le 16/05/1996
[6] Le service militaire des binationaux, article de Maurice Faivre paru dans Hommes & Migrations – Année 1990 et La socialisation militaire des jeunes Franco-Algériens. Retour sur le service national des doubles nationaux de Brahim Labari.
[7] Témoignage : « Au début tout militait à ce que je fasse mon service en Algérie parce que c’est mon pays et le faire là-bas fera un grand plaisir à mon père qui tient à ce que nous ne soyons jamais coupés de nos origines. Mais mon frère Rachid qui l’a fait en Algérie me racontait tellement d’horreurs que les militaires font subir aux appelés immigrés. Il m’a raconté en présence de mes parents le calvaire qu’il a vécu là-bas. C’est un véritable enfer, il était traité comme un chien, insulté, traîné dans la boue, on lui a insulté la race, la famille, les parents. Pour un rien, on le tabassait, giflait, crachait… en plus il parlait pas très bien l’arabe. Ils lui reprochaient vraiment d’être un émigré. Ces informations ont persuadé mes parents de ne pas me faire partir là-bas… » (Source : La socialisation militaire des jeunes Franco-Algériens. Retour sur le service national des doubles nationaux Brahim Labari – 28 mai 2021 – page 10).
[8] 3-28. « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. Allah vous met en garde à l’égard de Lui-même. Et c’est à Allah le retour. »
25-52. « N’obéis donc pas aux infidèles ; et avec ceci (le Coran), lutte contre eux vigoureusement ».
3-110. « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. »
[9] La bibliographie du rapport montre que ses auteurs ont principalement abordé la présence musulmane en France sous l’angle de l’immigration, de l’intégration et de la cohésion nationale. En revanche, elle ne semble pas prendre en compte des ouvrages religieux alors largement diffusés dans les milieux musulmans francophones, tels que La Voie du musulman d’Abu Bakr al-Jazairi ou Le Licite et l’Illicite en Islam d’Yusuf al-Qaradawi, qui permettaient de saisir les normes religieuses concrètement enseignées aux fidèles. Cette absence est d’autant plus significative que plusieurs chercheurs avaient déjà attiré l’attention sur les transformations religieuses et la montée de l’islam politique, notamment Gilles Kepel, mais aussi Bruno Étienne ou François Burgat.
[10] Dans ce domaine la méconnaissance de la religion musulmane, y compris des musulmans eux même, est nette. En effet, la sourate 5-5 du Coran indique que « Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre (juifs, chrétiens), et votre propre nourriture leur est permise. […] ». En vertu de cette sourate les musulmans peuvent manger des barquettes cachères. La remarque de la page 38 du rapport : « – les barquettes “cachères” qu’on leur sert dans de nombreux régiments sont estampillées « Aumônerie Israélite des armées – sous le contrôle du Beth Din de Paris », et sont donc normalement réservées aux appelés de confession juive, ce qui leur paraît être un manque d’attention à leur égard » n’est donc pas fondée.
[11] « Le pacha Madani Glaoui, très fin politique, et qui connaissait bien ses compatriotes, recevant un simple berger n’a pas cru déchoir en préparant lui-même le thé traditionnel ; et le berger, conscient de sa dignité d’homme – nous dirions en Europe de citoyen – ne croyait pas devoir s’en étonner, ni manifester aucune confusion. » (Victor Piquet, Le peuple marocain : Le bloc berbère, 1925, p. 120).

. L’union des droites avec candidat unique raflerait la mise au 1er tour

Articles : Juin 2026 – Mai 2026Avril 2026Mar. 2026
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#webtube : S’il y a un thème qui rassemble les Français, c’est bien le refus de l’immigration. Et ils sont tellement exaspérés de voir leur pays s’effondrer qu’ils réclament du sang neuf. Face à Bardella, pas un seul candidat ne peut s’imposer au second tour.

Expérience ou pas, les électeurs s’en moquent, ils veulent virer ceux qui ont échoué depuis des décennies et n’ont aucune solution.

Malheureusement, la droite est toujours aussi désunie que les turbulentes tribus gauloises que Vercingétorix avait eu bien du mal à rassembler contre César. Mais en 2026, on constate que le succès de Mitterrand en 1981 n’a pas servi d’exemple. Bien que majoritaire dans le pays, cette droite clanique s’apprête à affronter les élections dans le désordre le plus suicidaire.

Rien de tel que cette désunion pour exaspérer l’électeur de droite, qui sait très bien que la victoire est possible si les états-majors politiques écoutent leurs électeurs et s’unissent.

On ne le dira jamais assez : seule l’union des droites peut sauver la France des délires mondialistes qui nous conduisent au pire, c’est-à-dire à la désintégration du pays avec des conséquences tragiques que le pouvoir et les élus préfèrent mettre sous le tapis. Comme si la politique de l’autruche avait jamais sauvé un peuple d’une catastrophe. Ce ne sont pas les messages d’alerte qui manquent, tous incontestables car reposant sur des constats bien réels.

En 2018, Gérard Collomb qui avait chaque matin sur son bureau le bilan sécuritaire de la nuit, déclarait :

« Aujourd’hui on vit côte à côte… je crains que demain on ne vive face à face. »

Mathieu Bock-Côté quant à lui, confirme que :

« La submersion migratoire se transforme en noyade démographique. »

Et dans son essai « Le Choc des civilisations » paru il y a 30 ans, Samuel Huntington prédisait déjà :

« Dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants, les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles. »

Nous y sommes. L’immigration extra-européenne de masse, imposée par les mondialistes contre l’avis des peuples, donc au mépris de la démocratie, menace l’Europe de lendemains tragiques, bien loin de la « diversité heureuse » promise par les apôtres du multiculturalisme.

L’immigration de populations qui ne s’intègrent plus et qui bouleversent leur quotidien, les Français, de droite comme de gauche, n’en veulent plus. Assez de bourrage de crâne avec les valeurs européennes ! Ces valeurs n’existent qu’en paroles.

Pour imposer leurs délires mondialistes, dirigeants, juges et médias abusent de leur pouvoir en parfaits autocrates, ignorant la volonté du peuple, tuant la liberté d’expression en légiférant à tout va pour faire taire les voix dissidentes. Sous couvert de défendre des valeurs humanistes, ils violent quotidiennement la démocratie, interdisant toute manifestation non conforme à la pensée unique ou menaçant les rares médias qui osent contredire la parole officielle ou qui expriment tout simplement la vérité. On le voit pour l’immigration, pour l’insécurité, pour la guerre en Ukraine ou en Iran.

Nous sommes à des années-lumière des libertés des années 1970.

Mais tout cela pourrait changer si la droite le voulait vraiment.

Ils veulent tous le pouvoir, mais combien veulent vraiment sauver la France ? Car sans union, non seulement tout va empirer, mais nous aurons encore Macron en 2032 ! Des promesses, nous en aurons, mais sans réponses efficaces !

Stop au faux prétexte moral des LR pour rejeter toute alliance avec le RN ou Reconquête. Retailleau est un hypocrite. Il espère gagner seul.

En 1981, le PS s’est allié aux communistes en pleine guerre froide. Cela n’a pas empêché la victoire de la gauche.

En 2026, on entend encore « ni LFI, ni le FN ». Voilà 40 ans que j’entends « ni la peste, ni le choléra », slogan on ne peut plus stupide, qui a fait perdre maintes élections aux crétins de droite qui l’ont prononcé.

Non seulement il y a longtemps que le fascisme a disparu, mais les mêmes qui se pincent encore le nez en parlant du FN soutiennent le néo-nazi Zelensky sans la moindre honte.

De plus, il est hors de question d’accuser le RN ou Reconquête d’être des partis racistes. Pourquoi ? Parce que 83 % des Français ne veulent plus de cette immigration de masse qui détruit leur quotidien.

La bonne question est donc : est-ce que 83 % des Français sont racistes ?

Non ? Dans ces conditions il n’y a plus aucun obstacle moral à l’union des droites, comme la réclame Zemmour depuis 2022.

https://sondages-presidentielle2027.fr

Voici le sondage du jour :

Pour information, au deuxième tour, Bardella rafle la mise dans tous les cas.

68 % face à Mélenchon, 57 % face à Attal et 54 % face à Philippe.

Mais attention ! À 10 mois du premier tour, tout peut basculer, les mondialistes ne reculant devant rien pour savonner la planche du camp patriote.

C’est bien pour cela que l’union des droites est vitale.

Si on fait la somme RN, Reconquête, LR et autres petits partis de droite, on dépasse les 50 % au premier tour.

Mais avec un candidat unique à droite, c’est la dynamique qui prime, attirant une partie des électeurs de Philippe ou d’Attal.

L’union des électeurs de droite est déjà faite. Ils veulent tous un candidat unique et un programme commun. Ils sont prêts.

Reste à trouver le grand rassembleur, candidat lui-même ou initiateur de l’Union : comme Philippe de Villiers. La France se meurt, quel patriote peut se résigner à sa disparition dans le tourbillon mondialiste ?

N’oublions pas que le système, qui a torpillé Fillon sans motif bien sérieux, peut faire de même avec tout candidat anti-mondialiste. Face à une telle éventualité, une union des droites serait bien plus solide qu’un parti isolé.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque