– Violences du 17 octobre : l’immigration au cœur du déni politico-médiatique

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#webtube : Le pouvoir conteste, les plateaux TV nient, mais les reportages et les audiences judiciaires révèlent la dure réalité. Les faits sont têtus, le déni l’est davantage encore. Alors que les images des pillages et des émeutes du 17 octobre continuent de circuler, Emmanuel Macron a trouvé une façon d’échapper aux critiques : la théorie du complot et l’intelligence artificielle. « Il y a une manipulation étrangère de l’information ! On a vu des images en IA ! », a-t-il déclaré, ce mercredi, depuis le Qatar. Avant d’assener : « Des dirigeants expliquent qu’on a été envahi par des migrants, des islamistes. C’est totalement faux ! Donald Trump relaie ce que des sphères veulent nous faire croire ! » À croire que les images de l’office de tourisme de Lyon et de la mairie de Limoges n’étaient en réalité qu’une illusion d’optique…

Avec l’absence de délicatesse qui le caractérise, Donald Trump avait en effet parlé d’une France « prise d’assaut, pillée et incendiée par des migrants, des djihadistes et des communistes ». Un point de vue que notre chef de l’État ne pouvait évidemment pas partager ouvertement. Jean-Noël Barrot lui a d’ailleurs emboîté le pas. À l’intention des « dirigeants étrangers qui commentent ou exploitent les événements récents en France », le ministre des Affaires étrangères s’est dit « à la disposition des pays concernés pour éclairer leur lanterne, leur éviter de diffuser ou relayer de fausses informations et de raconter n’importe quoi sur les réseaux sociaux ».

Le déni à carte de presse

Sans surprise, le pouvoir a pu compter sur ses relais médiatiques pour relativiser la gravité des événements des 17 et 18 octobre. Plusieurs antennes ont notamment œuvré à contester la dimension ethno-culturelle des exactions commises. Sur BFM TV, le 18 octobre, lorsque Marion Maréchal a mis les pieds dans le plat et qualifié les pillages d’« émeute ethnique », le journaliste Guillaume Daret a fait mine de ne pas comprendre. « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? », lui a-t-il rétorqué. Le même jour, au journal de 20 heures de France 2, un journaliste a fait plus fort, encore, et osé dire que « rien n’atteste » le lien entre les émeutiers et l’immigration.

Le lendemain, sur BFM TV, dans l’émission Le Forum, un commerçant dont le magasin a été pillé a témoigné des propos anti-France entendus et qualifié l’attaque d’« intifada », avant d’être immédiatement repris de volée par Maxime Switek. Le 20 octobre, sur France Info, Julien Odoul a tenté à son tour de nommer ce que d’autres refusaient de voir. « Vous avez toute une nuée de racailles qui s’adonnent à leur passe-temps favori […] Évidemment, il y a un lien avec l’immigration », a déclaré le député RN. Une journaliste l’a alors interrompu, scandalisée : « Sur quels faits vous vous basez ? Sur quel élément factuel ? Vous pouvez amener des preuves ? »

Quand le réel finit par s’imposer

Dans une vidéo publiée sur X, Julien Odoul a pris soin d’apporter les « preuves » exigées par les journalistes malvoyants. Il y a compilé des images de drapeaux étrangers, de prières islamiques en plein Paris et de jeunes lançant des « wallah ». Il a également cité le préfet des Alpes-Maritimes selon qui « un tiers des personnes interpellées sont des étrangers ».

En parallèle, face à l’implacabilité du réel, certains médias ont bien été obligés de laisser échapper quelques bribes de réalité. Le 19 octobre, La Voix du Nord a ainsi rapporté les premières condamnations après les pillages dans le centre de Lille. On a croisé, parmi les prévenus, un trio de délinquants nécessitant « un interprète en langue arabe ». Le plus jeune était arrivé d’Algérie via l’Espagne, quinze jours plus tôt… Le 20 octobre, Libération a évoqué à son tour un tribunal parisien débordé par un nombre « inédit » de déferrements. Il y était notamment question d’un jeune pillard devant être présenté au juge. « Problème : il faut attendre qu’un interprète en langue arabe se libère »… Mais est-il seulement permis de s’interroger sur le lien entre immigration et multiplication des délinquants qui ne parlent pas français ?

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Le même jour, Libération a publié une tribune d’Édouard Louis, auteur très engagé à gauche qui déclarait, récemment : « Moi, je suis pour que l’on mette le feu aux rues de Paris […] Faire de la politique, c’est avoir ou non du sang sur les mains. » Son analyse indigente des pillages, qu’il explique par la « violence sociale » dont seraient victimes les jeunes de banlieues, ne surprendra personne. Mais un éclair de lucidité mérite d’être relevé : « Comment ne pas voir que ce week-end, ceux qui cassaient et pillaient avaient tous un air de familiarité ? Qu’ils semblaient tous, en tout cas très majoritairement, provenir de milieux populaires, qu’ils en portaient les vêtements, les casquettes, les baskets […] Comment ne pas voir qu’ils étaient, en grande partie, des hommes racisés, noirs et arabes ? » Il faudrait sans doute poser la question aux journalistes de France TV et BFM.

Enfin, le 21 octobre, France Inter a donné la parole à des « jeunes » de région parisienne ayant participé aux pillages. « Quand on est arrivés, c’était agité. On a vu les gens casser tout ça, donc nous aussi, on s’est mis à casser », explique l’un d’eux, sur un ton parfaitement détaché. Aucun regret, pas le moindre remords. Un autre justifie sa présence : « On va pas bouger, on est nés en France. » Un troisième menace même : « C’était que le début, on va continuer, encore pire. »

Dans le reportage, le journaliste précise que ces pillards sont « issus de l’immigration ». Mais sur le site de France Inter, cette indication a mystérieusement disparu de la retranscription du sujet. Il ne faudrait quand même pas donner trop de place au réel…

Jean Kast, dans BV

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