– Le couple franco-allemand moteur de l’UE ? Vraiment ?

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Articles : Aout 2026Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026
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#webtube : Quand le général de Gaulle a tendu la main au chancelier Konrad Adenauer en 1963 pour sceller la réconciliation franco-allemande, alors que le monde entier détestait ce peuple dominateur et belliqueux, il était loin d’imaginer qu’un demi-siècle plus tard l’Allemagne serait le plus féroce rival de la France dans tous les domaines, industriel, énergétique et stratégique. On comprend donc que pour bon nombre de descendants de Poilus, les boches resteront toujours les boches.

Et quand Mitterrand a voulu s’opposer à la réunification allemande, il avait bien évidemment raison. Car à peine réunifiée, l’Allemagne s’est empressée de prendre le leadership de l’Union, d’abord sur le plan économique et maintenant sur le plan militaire. Le réarmement massif du pays et la volonté de Merz de posséder la plus puissante armée d’Europe, annoncent des lendemains tragiques. Car ce ne sont pas les russophobes et les revanchards qui manquent en Allemagne. Ivres de leur puissance retrouvée, ils entendent mener l’Europe à la schlague.

N’oublions jamais que l’euro, c’est le mark et que la Commission et la BCE sont aux ordres de Berlin.

L’amitié franco-allemande n’est donc qu’une grande illusion, qui n’a duré que le temps de la guerre froide

1 . Les Allemands veulent la peau de notre industrie nucléaire

Sous la pression des Verts, ils ont renoncé à leur énergie nucléaire, tout en essayant de torpiller la nôtre par tous les moyens, refusant de voir la France bénéficier d’une électricité abondante et bon marché.

– Taxonomie verte européenne : Berlin a mené une bataille acharnée à Bruxelles pour exclure le nucléaire des investissements considérés comme “verts”, tout en poussant pour y inclure le gaz naturel.

– Le marché de l’électricité : L’Allemagne a longtemps combattu la réforme du marché européen de l’électricité voulue par la France, qui visait à découpler le prix de l’électricité du cours du gaz pour faire bénéficier les Français du coût réel de leur parc nucléaire.

– Fermeture de Fessenheim : Des pressions politiques allemandes constantes ont été exercées pendant des années pour obtenir la fermeture de cette centrale frontalière. Hollande et Macron ont bien entendu cédé à cette exigence.

2 . Le torpillage des projets de défense communs

Les Allemands n’ont jamais cherché à coopérer en toute franchise. Incapables de fabriquer un avion de combat ou un sous-marin nucléaire, ils veulent avant tout accéder aux brevets jalousement gardés de nos industriels de l’armement. 

– Ils ont acheté des F-35 américains : Privilégiant leurs intérêts outre-Atlantique,  ils ont écarté le Rafale tout en sabordant le projet SCAF, le chasseur du futur, dont ils voulaient prendre le pilotage industriel sans posséder les compétences mondialement reconnues de l’avionneur Dassault.

– Le bouclier antimissile européen (Euro Sky Shield) : Ils ont écarté le système franco-italien (Mamba / SAMP/T) au profit de technologies américaines (Patriot) et israéliennes (Arrow 3). L’Allemagne est donc bien davantage américaine qu’européenne.

– Le char du futur (MGCS) : Ce projet de char franco-allemand est bloqué depuis des années par des rivalités industrielles, l’Allemagne (Rheinmetall/KNDS) cherchant à imposer son leadership face aux compétences françaises.

– Le patrouilleur maritime (MAWS) : L’Allemagne s’est retirée de facto du projet d’avion de patrouille maritime commun en achetant des Boeing P-8A Poseidon américains.

3 . Un acharnement antifrançais manifeste dans tous les domaines

Berlin n’est pas un partenaire fiable et de confiance, c’est un rival qui ne voit dans l’Europe qu’un marché fermé au seul service des intérêts allemands. Aucune décision  ne peut être prise à Bruxelles sans l’aval de Berlin. Mais  quand l’Allemagne prend une décision seule, elle l’impose à tous.

– Règles budgétaires strictes : Berlin impose régulièrement une rigueur budgétaire au niveau européen qui limite les capacités d’investissement de la France dans ses propres infrastructures publiques. Dans le secteur de l’énergie, il faut l’aval de l’Europe pour certains investissements.

– Accords commerciaux : C’est un domaine où Berlin ne nous fait aucun cadeau. Ne supportant pas de financer la PAC qui profite essentiellement à nos agriculteurs, l‘Allemagne pousse pour des accords de libre-échange globaux, comme le Mercosur, pour exporter ses voitures et machines-outils, au détriment de l’agriculture française qui subit la concurrence déloyale de ces importations sud-américaines.

– Le lobbying spatial : L’Allemagne tente de contester le monopole français sur les lanceurs Ariane en poussant pour le financement de ses propres start-ups de micro-lanceurs.

4 . L’absence totale de solidarité européenne

Comme je l’ai écrit, un Allemand est avant tout Américain et ne ressent aucun besoin de manifester une quelconque solidarité européenne quel que soit le domaine.

– Le spectaculaire réarmement de l’Allemagne : Le fonds de 100 milliards d’euros décidé par Merz pour réarmer son pays après l’invasion de l’Ukraine a été massivement dépensé auprès d’industriels américains et non européens ou français.

– Le gaz russe (historique) : Angela Merkel étant une fille de l’Est parlant russe, il est logique qu’elle se soit rapprochée de Poutine et qu’elle ait privilégié la Russie pour assurer les ressources énergétiques de l’industrie allemande. Mais cette énergie bon marché a créé un déséquilibre de compétitivité nuisible à la France. Depuis 2018, les Allemands ont voulu faire entrer le gaz dans les énergies vertes mais en écartant le nucléaire. C’est dire l’esprit de coopération qui anime les Teutons. Un compromis a finalement été trouvé en 2021 qui a sauvé notre industrie nucléaire. Gaz et nucléaire sont acceptés comme sources d’énergie verte mais sous contrôle des prix qui pénalisent la France pour ne pas pénaliser l’Allemagne. Et au bout du compte, la destruction de Nord Stream 2 a conduit à une crise de l’énergie massive. À cause du marché de l’électricité imposé par l’Allemagne, le prix de l’électricité a doublé en France entre 2014 et 2025 et il va doubler encore si on continue le développement inconsidéré du renouvelable non rentable.

Finalement, tous ces différends avec notre voisin révèlent une triste réalité.

Sous le vernis d’une « amitié franco-allemande » remontant à 1963, l’Allemagne  mène une politique égoïste, souvent déloyale envers la France qui a été le premier pays à lui tendre la main.

– Il est clair que son ancrage est avant tout atlantiste avant d’être européen.

– Ce n’est plus seulement une simple rivalité économique qui oppose nos deux pays.

Il y a chez les Allemands une volonté de brider notre souveraineté, de saboter notre nucléaire, de paralyser nos exportations d’armes ou de prendre le leadership de tous les projets européens. Ce que ne supportent plus les Allemands depuis leur remontée économique spectaculaire grâce à l’euro et au marché européen, c’est une France possédant l’arme nucléaire ainsi qu’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. 

Berlin fera tout pour nous priver de ces deux derniers atouts, profitant de la faiblesse du naïf Macron et surtout de l’incroyable complexe d’infériorité que manifestent nos élites à l’égard de l’Allemagne, notamment depuis Sarkozy. 

À quand un leader à poigne pour remettre à sa place cette Allemagne ingrate, arrogante et dominatrice ?

Finalement, quand on réfléchit bien, rien n’a changé depuis Napoléon, que la reine de Prusse traitait de « monstre sorti de la fange ». À la veille de la bataille d’Iéna en 1806, elle déclarait, tandis que les officiers prussiens aiguisaient leur sabre sur les marches de l’ambassade de France à Berlin : « Pas besoin de sabres, des gourdins suffiront pour ces chiens de Français ! »

On connait la suite : 60 000 prisonniers prussiens, 20 généraux capturés, 65 drapeaux et 600 canons pris à l’ennemi. « La bataille d’Iéna sera l’une des plus célèbres de l’histoire », dira Napoléon. Quant à la Reine Louise de Prusse, l’une des plus jolies femmes de son temps, elle mourra du typhus en 1810, à l’âge de 34 ans. Même les reines les plus séduisantes sont mortelles.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

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