. Le retour sur scène de Raphaël Arnault : le déshonneur a un nom

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#webtube : La Fête de la Musique et le concert « contre le racisme » de La France Insoumise : l’occasion rêvée de refaire surface. Lors du concert organisé par La France insoumise, à l’occasion de la fête de la Musique, ce 21 juin, le député Raphaël Arnault s’est exprimé à nouveau pour la première fois en public depuis le drame de Lyon. Tout en remerciant le mouvement d’extrême gauche de son soutien, il a invité la foule à ne pas laisser « la nation réhabiliter des néonazis ». Fondateur de la Jeune Garde, le disciple de Jean-Luc Mélenchon a trois assistants parlementaires soupçonnés d’être impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, le 14 février dernier.

Patiemment, le député Raphaël Arnault a donc laissé passer la tempête. Après l’épouvantable drame de Lyon et le lynchage mortel de Quentin Deranque par les milices « antifascistes » de la Jeune Garde, sur les conseils de ses amis mélenchonistes, le parlementaire s’était éloigné du palais Bourbon et du champ médiatique. Courber l’échine un moment, se faire tout petit, disparaître, le temps de laisser la température retomber. Ensuite, la politique des petits pas. Un retour en douceur, discret. La première étape consista à organiser une prise de parole. Un long entretien donné au média d’extrême gauche Blast était mis en ligne, le 1er avril, en même temps que le parlementaire retrouvait les bancs de l’Assemblée nationale, un mois et demi après les événements. Seconde étape : réapparaître sur scène et s’exprimer en public. C’est ainsi chose faite, ce dimanche 21 juin à Paris, sur la place de la République, à l’occasion du « concert antiraciste » que La France insoumise organisait pour la fête de la Musique. Après une grande « marche contre le racisme et l’extrême droite » au départ de Barbès, en début d’après-midi, la foule se rassembla pour assister au concert, un temps interdit par un arrêté préfectoral que le tribunal administratif de Paris avait finalement suspendu.

« La violence politique assumée sans aucun complexe »

« Les antifascistes sont les bienvenus partout dans la période, et notamment ici lors de la fête de la Musique. » Voilà donc le député de Vaucluse au micro devant plusieurs milliers de personnes. « C’est la première fois que je reprends la parole sur scène, […] ça a été dur, mais ce qui fait qu’on tient, c’est le collectif, les amis », explique-t-il, exhortant la foule à « se serrer les coudes » afin de ne pas laisser « la nation réhabiliter des néonazis », à ne pas « baisser les yeux lorsqu’on réhabilite des fascistes sur tout le territoire ». Une bonne occasion offerte au parlementaire d’Avignon d’exprimer sa reconnaissance pour l’indéfectible soutien du mouvement insoumis, « un des seuls sur le plan politique qui ne cède pas, qui ne baisse pas les yeux, qui fait front contre l’extrême droite ». L’élu est ovationné et la foule scande en chœur « siamo tutti antifascisti ».

« Quatre mois après que sa milice a tué en pleine rue à Lyon, dont deux de ses collaborateurs mis en examen, et sans avoir jamais eu un mot pour condamner cet assassinat, Raphaël Arnault monte sur scène pour remercier LFI de son soutien sans faille. » L’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy s’est indigné, comme nombre de parlementaires. « La violence politique assumée sans aucun complexe », a résumé le bras droit de Bruno Retailleau. Au Rassemblement national, Matthieu Valet a dénoncé « un élu condamné pour violences volontaires en réunion [qui vient] donner des leçons comme si de rien n’était ». « Deux de ses collaborateurs parlementaires sont mis en examen, dont un en prison dans le cadre du tabassage à mort de Quentin Deranque à Lyon, a souligné l’eurodéputé RN. Et il ose encore venir nous faire la messe antifasciste. » Certains stigmatisent le côté moutonnier de la foule LFI présente.

« Une secte grotesque avec ses rites totalitaires pour une pensée enrégimentée, une synchronisation d’esprits en pannefustige l’eurodéputé Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, qui conclut : le gauchisme est une maladie mentale. »

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Pourtant, trois assistants parlementaires de Raphaël Arnault sont soupçonnés d’être impliqués dans la tragédie lyonnaise. Boulevard Voltairevia notre journaliste Jean Bexon, suit de près ce dossier sensible. L’ex-bras droit du député LFI, Jacques-Elie Favrot, est le meneur présumé du lynchage mortel. Son autre assistant, Adrian Besseyre, est lui aussi meurtrier présumé. Il serait celui qui aurait donné les coups de pied les plus violents à Quentin. Robin Chalendard, qui est toujours attaché parlementaire en poste, pourrait avoir aidé un des meurtriers dans sa cavale et à se soustraire aux enquêteurs. Il est actuellement interdit d’entrée dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. À ce stade, les trois jeunes hommes sont présumés innocents. Les neuf inculpés, tous actuellement en détention provisoire, sont membres de la Jeune Garde, le mouvement fondé par Raphaël Arnault.


Yves-Marie Sévillia
, dans BV

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