– « Protégeons les filles » : la mystérieuse campagne pro-excision qui fait débat au Mali – et en France

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Articles : Aout 2026Juil. 2026 – Juin 2026 – Mai 2026
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#webtube : La persistance de l’excision en Afrique fait écho à une réalité française : 139 000 femmes sont concernées. Vous avez peut-être vu passer ces affiches de campagne sur les réseaux sociaux. Réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle et ouvertement provocantes, avec le dessin d’un rasoir accompagné des slogans paradoxaux « Oui à l’excision » et « Protégeons les filles », elles font le tour d’Internet ces derniers jours et suscitent les débats qu’elles semblent précisément chercher à provoquer.

Arborant les visages de plusieurs personnalités maliennes, dont certains imams ou se présentant comme « Dr imam », ces posters semblent promouvoir le maintien de la pratique des mutilations génitales féminines au Mali, au nom de la nécessité de « construire l’avenir » des jeunes filles grâce à la « sensibilisation », à « l’éducation » et à « la mobilisation communautaire ». Une pratique qu’il est difficile d’éviter dans ce pays où « décider de s’en défaire peut revenir à s’exiler socialement », explique au Figaro la directrice régionale du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS), Alissata Ndiaye.

Une campagne en réponse à celle lancée en France ?

Vraie ou fausse campagne en faveur de l’excision ? Accusées par certains sites pro-russes d’être une tentative de déstabilisation du pouvoir malien en place, ces affiches semblent surtout faire écho à une autre campagne, déployée cet été en France par le gouvernement sur un millier d’abribus, pour alerter sur les risques d’excision lors des séjours dans les pays d’origine où cette pratique demeure répandue, notamment pendant les vacances estivales.

À ce sujet — Lutter contre les mutilations génitales est stigmatisant pour les migrants

Dans le monde, et majoritairement en Afrique noire, pas moins de 230 millions de femmes sont en effet concernées par les mutilations génitales, selon l’Unicef. Et au Mali, qui ne les interdit toujours pas explicitement malgré des campagnes de prévention, elles seraient 89 % à les avoir subies.

Devant ces publications, les associations féministes africaines se sont vite emparées du sujet pour rappeler les dangers de l’excision, mais, à l’image de la popularité de cette pratique rencontrée dans nombre de pays d’Afrique, certains commentaires publiés sous les affiches donnent un aperçu des mentalités qui ne sont pas prêtes à accepter l’abandon de cette tradition culturelle et religieuse. Sur Facebook et Instagram, plusieurs internautes francophones en prennent ainsi la défense :

« Nous ne sommes pas des Occidentaux mécréants mais plutôt des musulmans avec un esprit, une vision et un regard musulman », rétorque ainsi un utilisateur sur Facebook, qui cite plusieurs fatwas pour appuyer son propos, tandis qu’un autre écrit : « L’excision n’est pas une obligation mais le prophète Muhammed ne l’a pas interdite mais plutôt il a enseigné comment faire pour la femme et cela sera bénéfique pour son mari. » Un troisième fait valoir le poids des traditions et des croyances qui « méritent le respect [car] vis-à-vis de l’excision nous devons respecter ce que dit notre religion et notre coutume tout en respectant la santé de nos filles. » Et un autre y voit « un sujet de déconcentration pour nous faire oublier l’essentiel. »

En France, 139.000 femmes concernées par l’excision

Des réactions qui peuvent sembler éloignées des préoccupations françaises, et pourtant, l’excision est, en France, une réalité en expansion. Près de 139 000 femmes excisées y vivent aujourd’hui, selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de prévention, notamment avant les départs en vacances.

Un constat qui soulève encore chez les élus des interrogations sur l’efficacité de la lutte menée en France. Dans une question au gouvernement déposée en janvier 2025, le député RN René Lioret alertait déjà sur le peu de moyens consacrés à la prévention et demandait à l’Etat des comptes sur l’inefficacité des poursuites contre les familles soupçonnées de complicité. Ce 19 août, le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a d’ailleurs annoncé déposer « une proposition de loi pour que les parents exciseurs ou complices soient IMMÉDIATEMENT déchus de la nationalité françaises et de l’autorité parentale. » En attendant que des décisions politiques efficaces soient prises, le phénomène ne fait que croître. En Île-de-France, il n’y aurait pas moins d’une femme sur dix concernée par l’excision en 2026.


Alienor de Pompignan
, dans BV

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