– LFI et la police : le spectre des procès de Moscou

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#webtube : Mathilde Panot promet des « commissions vérité et justice » contre l’« impunité policière » en cas d’arrivée au pouvoir. Sur France Info, la députée insoumise Mathilde Panot a promis la création de « commissions vérité et justice quand nous arriverons au pouvoir » afin de lutter contre ce qu’elle appelle une « impunité policière » lors des émeutes lycéennes. Difficile de croire que les 900 gendarmes et policiers blessés depuis le début des événements puissent se considérer comme les bénéficiaires de cette fameuse « impunité policière », mais passons. En réaction, le conseiller de Paris Aurélien Véron a alors dénoncé « le grand retour de Vychinski », en référence au procureur général des grands procès de Moscou.

Cette comparaison n’est pas sans fondement car, en effet, on peut craindre que ces commissions ne deviennent un instrument de purge et de mise au pas des forces de l’ordre au profit de la politique de LFI. Il faut dire que les déclarations du parti de Jean-Luc Mélenchon sur la fonction publique et la police alimentent déjà ces inquiétudes. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, l’a illustré en déclarant au sujet des fonctionnaires municipaux, dont les policiers, que « celles et ceux qui ne sont pas en phase avec [notre] projet politique, forcément, ils partiront ». Il ne s’agit pas d’une mise à mort comme sous Staline, mais une chose demeure néanmoins limpide : à l’extrême gauche, la tentation persiste de soumettre les forces de l’ordre à son idéologie, alors qu’elles doivent servir la France, le bien commun, et non les intérêts d’un parti politique.

À ce sujet — Manifestations lycéennes : Omar Sy donne des leçons, la police compte ses blessés

Une fausse justice au service de Staline

Entre août 1936 et mars 1938, trois grands procès publics sont organisés à Moscou sous le règne de terreur de Staline. D’anciens compagnons de Lénine, parmi lesquels Zinoviev, Kamenev ou encore Boukharine, sont accusés de complot, de sabotage et de collaboration avec des puissances étrangères. Andreï Vychinski, procureur général, joue alors un rôle central dans ces audiences soigneusement mises en scène. Ces hommes ne sont pourtant pas des opposants étrangers au régime, mais leur élimination révèle la volonté de Staline de supprimer jusqu’au sein de son propre parti toute figure susceptible de contester son autorité. Curieusement, cela rappelle les départs forcés de grandes figures de LFI, telles que Clémentine Autain, Alexis Corbière ou Raquel Garrido, en paiement de leur « crime de lèse-Mélenchon ».

Les aveux des pauvres accusés, arrachés sous la contrainte d’interrogatoires ressemblant plutôt à de la torture, constituent l’un des ressorts de ces procès. Les verdicts sont largement déterminés à l’avance et les audiences servent à mettre en scène une culpabilité déjà décrétée par le pouvoir. La plupart des principaux accusés sont alors condamnés à mort puis exécutés.

L’Armée Rouge décapitée

La répression ne s’arrête pas aux anciens dirigeants du Parti communiste. En juin 1937, c’est au tour des armées d’être purgées. Le maréchal Toukhatchevski est arrêté avec plusieurs hauts gradés. Faussement accusés de complot militaire et d’espionnage au profit de l’Allemagne, ils sont jugés à huis clos le 11 juin et exécutés dès le lendemain. Cette affaire ouvre la voie à une vaste purge de l’Armée rouge. Des milliers d’officiers sont arrêtés, emprisonnés ou exécutés, parmi lesquels des commandants de premier plan. L’objectif est notamment d’empêcher l’émergence d’un pouvoir militaire susceptible de faire obstacle à Staline ou de lui désobéir. Cependant, le « petit père des peuples » fera payer à des millions de ses concitoyens le prix de cette politique de purges. En 1941, l’affaiblissement de l’Armée rouge et de sa chaîne de commandement contribuera aux désastres militaires face à l’offensive allemande, au début de l’opération Barbarossa.

Une leçon pour l’avenir

Les purges frappent également les cadres du Parti, l’administration et les services de sécurité eux-mêmes. Selon Le Livre noir du communisme (Robert Laffont), cette politique de répression idéologique, qui prit le nom de Grande Terreur entre 1936 et 1938 entraîna, l’arrestation de 1.575.000 personnes, dont 1.345.000 auraient été condamnées et 681.692 exécutées. À l’étranger, les procès suscitent des réactions contrastées. Une partie des milieux communistes continue de défendre les verdicts soviétiques, même si quelques intellectuels et militants socialistes dénoncent une parodie de justice.

L’histoire soviétique rappelle toutefois qu’une justice placée au service d’un pouvoir, d’une idéologie ou d’un parti politique, plutôt qu’au service du droit, peut devenir un redoutable instrument de répression, caractéristique d’une dictature. Sous Staline, les fausses accusations ont servi à imposer une obéissance absolue, à éliminer des opposants réels ou supposés et à pérenniser un régime communiste et sanguinaire.

Eric de Mascureau, dans BV

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