– 17 octobre : retour des gilets jaunes ou révolution des keffiehs ?

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#webtube : Rappelons qu’en 2019, la confiscation des Gilets jaunes par la gauche avait signifié la mort du mouvement. À quelques jours de la mobilisation annoncée contre la vie chère et le prix des carburants, une carte interactive recense 619 lieux d’action prévus samedi 17 octobre, entre manifestations, ronds-points et sites pétroliers. Ça, c’est pour le côté gilets jaunes. Car du côté politique, entre les appels des partis politiques de gauche, les syndicats, les lycéens et les banlieues, cette manifestation « jaune » risque de virer au rouge, sur fond de keffieh palestinien.

À l’origine, cette journée du 17 octobre devait rassembler des personnes mobilisées contre la hausse du coût de la vie, les prix de l’énergie et les difficultés de pouvoir d’achat. Mais très vite, par les diverses personnes qui annonçaient être présentes et les slogans mis en avant, les dimensions LFIste, antifasciste, décoloniale et gauchiste l’emportent sur toutes les autres. Par exemple, comme le rappelait récemment Gabriel Bendayan, le compte X de l’antifa Marie Coquille-Chambel appelle à s’en prendre à des journalistes de médias de droite. Aussi, à l’image du jeune Elwan qui a crevé l’écran de vidéo de Vincent Lapierre, le keffieh palestinien est devenu le principal symbole politique de la génération Z de gauche.

En plus de la surreprésentation du parti LFI dans ce mouvement, la députée Mathilde Panot assume même de faire le lien avec la date du 17 octobre 1961, en souvenir de la manifestation algérienne historique en plein Paris. Ici, cet appel à l’adresse des banlieues et des milieux gauchistes n’a guère besoin d’être démontré, comme nous l’évoquions dans un précédent article. Sur les réseaux, certains profils indigénistes n’ont pas hésité à se réapproprier le gilet jaune comme emblème en avançant des slogans décoloniaux et palestiniens.

Toute cette semaine, nous avons eu des prodromes du 17 octobre. Un grand nombre d’images nous laissent penser que nous allons revenir à des scènes similaires à celles que nous avons connues lors des « émeutes Nahel », des débordements lors de matchs de football – entre autres ceux de la CAN [Coupe d’Afrique des nations, NDLR] ou de la Ligue des champions – ou encore de la Saint-Sylvestre. Sur les réseaux, les annonces de la venue des « banlieues » sur la capitale annoncent des oppositions violentes aux forces de l’ordre.

D’anciens gilets jaunes idiots utiles de LFI

Pourtant, imaginez un seul instant, si les anciens gilets jaunes – c’est-à-dire le paysan du Gers, l’ouvrier du Nord ou l’artisan de Moselle – revenaient le 17 et qu’ils se retrouvaient avec ces manifestants si éloignés de leurs revendications. Ce n’est rien de mieux qu’un nouveau mouvement Nuit debout étudiant/militants d’extrême gauche/banlieusards sous stéroïde avec des pillages en masse et du cassage de flics. Cela n’a pas empêché plusieurs personnalités du mouvement des gilets jaunes, entre 2018 et 2019, de signifier leur intention de répondre à l’appel à la mobilisation du samedi 17 octobre – principalement Maxime Nicolle, Jérôme Rodrigues et François Boulo. Plusieurs éléments se démarquent, dans cet appel : la volonté d’une convergence des luttes, leur sensibilité de gauche et leur soutien aux lycéens.

À ce sujet — Le 17 octobre : des gilets un peu jaunes, mais surtout très rouges et verts

Rappelons que la confiscation des gilets jaunes par la gauche avait signifié la mort du mouvement. En 2019, une alliance s’était concrétisée avec Assa Traoré, leader du Comité Vérité et Justice pour Adama, qui avait accueilli plusieurs figures des gilets jaunes, dont Maxime Nicolle (alias Fly Rider) et Jérôme Rodrigues, pour sa marche annuelle. D’ailleurs, Rodrigues, qui, au second tour de la présidentielle de 2022, avait appelé à l’abstention « Ni Le Pen Ni Macron », s’est montré en présence de Taha Bouhafs, ancien indigéniste LFI. Et certains affirment encore que le parti de Mélenchon n’est pas à la manœuvre. En tout cas, le 17 s’annonce très chaud…

Rodolphe Cart, dans BV

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