Articles : Oct 2026 – Sep 2026 – Aou 2026 – Juil. 2026 – Juin 2026 –
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : L’industrie française paie au prix fort sa soumission aux obsessions normatives et au Pacte vert de Bruxelles. Alors que le Mondial de l’auto 2026 ouvre ses portes aux professionnels et à la presse ce lundi 12 octobre (le mardi 13 octobre pour le grand public), l’heure semble être à un optimisme de façade, cachant mal la profonde inquiétude ayant gagné la profession en France, et plus largement en Europe.
Ventes : une façade en trompe-l’œil
Certains tentent de rassurer, avançant des chiffres saisonniers de ventes aux particuliers de véhicules neufs très flatteurs. Avec 156.640 véhicules livrés en septembre, la hausse est de 11,6 % par rapport à septembre 2025.
Si les ventes de véhicules essence pâtissent de la crise du pétrole, tout comme les diesels, qui sont en outre pénalisés par une taxation faisant du gazole le plus cher des carburants, le marché de l’électrique sort (pour l’instant) grand gagnant de la situation créée par le conflit entre l’Iran et la coalition israélo-américaine.
Les ventes d’électriques ont (enfin) décollé. La clientèle potentielle de ce marché, très majoritairement aisée, restait hésitante, retardant le remplacement de son véhicule. Mais elle s’est finalement laissé convaincre par le risque de pénurie et la hausse des prix du carburant qui sévissent depuis fin février dernier. À cet engouement quelque peu trompeur, puisque limité à la période de remplacement des véhicules, s’ajoutent en effet des signaux d’alerte.
Malgré la hausse globale des ventes, la majorité des clients, pour des raisons évidemment économiques, retarde tant qu’elle le peut le renouvellement de son véhicule ou se dirige vers le marché de l’occasion. Le parc français a ainsi logiquement vieilli en septembre dernier, atteignant 11,8 ans.
Dynamique ou Titanic ?
Par ailleurs, comme BV l’a déjà évoqué, l’électrification automobile ne profite réellement qu’aux constructeurs chinois. Signe annonciateur, les constructeurs chinois, quasiment invisibles dans le passé au Mondial de l’automobile, y occupent cette année un tiers des stands. Une irruption qui ne fait que refléter leur progression dans les ventes en Europe, leur part de marché ayant bondi de 5,5 à 11,7 % en seulement un an, avec près de 98.000 véhicules vendus en août dernier.
Dans ces conditions, faut-il parler aujourd’hui de dynamique ou de Titanic ? S’il refuse de sombrer dans le catastrophisme, l’ancien ministre Luc Chatel, aujourd’hui président de la Plateforme automobile (PFA, qui rassemble notamment les constructeurs, les équipementiers et sous-traitants français, ainsi que les fédérations de métiers), s’est cependant érigé en lanceur d’alerte d’un pessimisme lucide.
À ce sujet — L’électrification forcée menace de mort l’industrie automobile française
Ce 12 octobre sur France info, il a jugé « extrêmement grave » la situation de la filière, avec un marché « en recul d’environ de 25 % ». Mesurant l’ampleur des récents dégâts, il rappelle qu’en voyant chuter un quart de ses volumes de vente « depuis le Covid […] Nous avons déjà perdu 50.000 emplois en 5 ans ». Dans son viseur, la Chine, et pour sauver la filière, il faut « exiger qu’une voiture produite en Europe ait un minimum de pièces fabriquées en Europe ». Actuellement, explique-t-il, 75 % des pièces d’une voiture produite en Europe sont « fabriquées en Europe », et si les règles ne changent pas, « nous allons perdre environ 40 % de ces 75 % », prévient-il.
🔴 Situation de la filière automobile ➡️"Extrêmement grave, le marché est en recul d’environ de 25%. Nous avons perdu un quart des volumes depuis le Covid […] Nous avons déjà perdu 50 000 emplois en 5 ans", dit Luc Chatel, ancien ministre, président de la Plateforme automobile https://t.co/jb4CFAym8Z
— franceinfo (@franceinfo) October 12, 2026
t France info de rappeler que selon l’Observatoire de la métallurgie, « 75 000 postes supplémentaires seront supprimés d’ici 2035 dans l’industrie automobile française », sur un effectif actuel de 329.000 salariés (286.800 équivalents temps plein).
Le Pacte vert européen ou le péché originel
Luc Chatel, sans doute encore prisonnier d’un conformisme pro-européiste, se contente de demander par ailleurs l’assouplissement des « trop nombreuses réglementations européennes ». Pourtant, dans l’automobile comme dans tous les domaines, pour gagner une guerre, il faut savoir nommer clairement l’ennemi. Chez Stellantis, comme chez la plupart des constructeurs et équipementiers, on a parfaitement compris que si nombre de normes avaient inutilement, au nom de la sécurité, renchéri le prix des voitures et ainsi fait baisser les ventes en neuf, c’est bien le Pacte vert européen qui est le principal fauteur de trouble.
Philippe de Villiers le rappelait à Pascal Praud sur CNews et Europe 1 le 12 octobre, c’est bien ce Pacte Vert, fruit d’une folie écolo-punitive voulant tuer le thermique pour imposer le tout-électrique automobile, qui a ce faisant ouvert grand la porte des marchés européens aux constructeurs chinois.
Ce que l’on constate aujourd’hui dans les ventes n’est dès lors que la conséquence d’un double décrochage dont nos constructeurs font brutalement les frais. En premier lieu, l’hégémonie des constructeurs chinois, qui étaient incapables de rattraper la qualité européenne sur la voiture thermique, mais disposent d’une bonne décennie d’avance dans le domaine de l’électrique. Ensuite, il ne faut jamais oublier la dépendance très forte, pour ne pas dire plus, de nos industriels de l’automobile aux composants chinois indispensables à la fabrication de batteries. Une faiblesse stratégique que Pékin a parfaitement identifiée : en annonçant restreindre ses exportations de métaux rares, la Chine dispose d’un puissant levier face aux mesures protectionnistes que prétend lui imposer Bruxelles. Le piège se referme.
Etienne Lombard, dans BV
