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#webtube : Le village gaulois s’écharpe et laisse le tandem Le Pen/Mélenchon s’envoler. Machine à perdre ou à gagner ? Le flottement est grand dans cette séquence de campagne où, pour l’heure, au sein de la droite et du centre, aucun candidat ne se démarque véritablement pour plier l’affaire. Dans le dernier sondage IFOP pour LCI, tous les candidats testés sur une même ligne de départ ne passent pas la barre des 10 %. En baisse de 2,5 points, Édouard Philippe obtient 9,5 %. Il devance David Lisnard qui confirme sa bonne forme à 7 % (+1,5). Le maire de Cannes prend l’ascendant sur Bruno Retailleau (4 % soit -1,5 point) qui passe derrière Éric Zemmour (4,5 %, +1,5)
Contraint devant cette évidence, le président des Républicains le concède ce 3 novembre sur BFMTV : « Telles que se dessinent les choses, il faudra une primaire sans doute en début d’année ». Le sénateur de Vendée est brusqué par la candidature de David Lisnard qui signe un mois d’octobre fracassant et parvient à jouer désormais les trouble-fêtes. Le maire de Cannes a fait certifier par un commissaire de justice ce 4 novembre ses 100 000 adhérents ; il revendique désormais d’être « le deuxième parti politique de France aujourd’hui, juste derrière le RN ». Celui qui vise une réélection à la tête de l’Association des maires de France à la fin de ce mois de novembre plaide depuis le départ pour l’organisation d’une primaire qu’il voyait « d’Édouard Philippe à Sarah Knafo ». Deux écueils évités ainsi, selon lui : « la division au premier tour » et « les arrangements de notables ».
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« Je ne soutiendrai pas Édouard Philippe
Soucieux d’éviter ces derniers, David Lisnard souhaite prendre ses distances avec l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron : « Je ne soutiendrai pas Édouard Philippe s’il gagne la primaire mais je respecterai s’il la gagnait » rappelle-t-il ce 3 novembre sur le plateau de Sonia Mabrouk (BFMTV). David Lisnard ne souhaite pas d’une primaire qui entraînerait un soutien inconditionnel des perdants pour le vainqueur, « je ne leur demande pas de me soutenir s’ils ne croient pas en moi et en mon projet, mais d’accepter de ne pas nuire jusqu’à l’élection ». Un point sur lequel les équipes de Bruno Retailleau sont en désaccord. « La primaire c’est comme l’union des droites, ça fait cinq ans qu’on en parle et ça ne se fait pas expliquait Jonas Haddad, porte-parole des Républicains dans son grand entretien à Boulevard Voltaire de samedi dernier, il ne reste que quelques mois, on n’a plus le temps ». « La primaire n’aura pas lieu » affirme quant à lui Julien Aubert, porte-parole LR lui aussi, face au refus de David Lisnard de soutenir le vainqueur d’une primaire. Bruno Retailleau plaide a minima pour que des débats télévisés soient organisés en présence des différents candidats pour confronter leurs programmes.
« Il n’y aura pas de primaire »
Du côté d’Édouard Philippe, on fait la sourde oreille. Interrogé le 1er novembre sur TF1, le maire du Havre, qui vantait les vertus de la primaire il y a quelques années, refuse « une primaire des démocrates » telle que l’imagine Gabriel Attal, qui serait source de « division » et de « confusion ». « Le principe même d’une primaire, c’est d’appuyer sur les différences entre les candidats. Or, je pense que nous avons à créer du commun beaucoup plus qu’à appuyer sur nos divisions » explique Édouard Philippe. « C’est toujours rigolo d’entendre David Lisnard parler des « arrangements de notables » raille Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère et porte-parole d’Édouard Philippe alors qu’il a fait de la politique un métier, depuis ses débuts comme assistant parlementaire à 27 ans, […] ». Ambiance. « Personne n’est d’accord sur les participants à cette primaire et pour respecter le vainqueur encore moins. Il n’y aura pas de primaire », prédit un ténor LR à Boulevard Voltaire.
On ne sait pas où va le bloc central, mais il y a va. Pendant ce temps, Marine Le Pen poursuit sa course en tête alors que Jean-Luc Mélenchon prospère sur le champ de ruines, son terrain favori, et se qualifie dans tous les cas de figures pour le second tour. Le duel de la colère.
Yves-Marie Sévillia, dans BV
