– Octobre rose : quand Mathilde Panot fait de la politique sur le dos des malades

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#webtube : Beaucoup d’approximations, peu d’empathie : les femmes ne disent pas merci à Mathilde Panot. Octobre rose est une campagne de sensibilisation au cancer du sein. Chaque année, depuis son lancement en France en 1994, de nombreux événements sont organisés pour promouvoir le dépistage et soutenir les femmes touchées par la maladie. L’opération fait globalement consensus. Globalement, car cette année, Mathilde Panot a décidé de s’y opposer.

La députée insoumise a refusé de porter le ruban rose de soutien à cette campagne. Elle donne les raisons de ce refus dans une vidéo publiée sur X. Après avoir reconnu que le cancer du sein est une maladie qui touche près d’un million de femmes en France, elle explique : « Quand on gratte le vernis rose, on découvre le cynisme. » Puis elle poursuit en faisant le procès de l’entreprise Syngenta « qui répand la mort dans le monde ». La députée donne plusieurs exemples et pointe même du doigt le lien entre la firme et « le projet d’expansion coloniale d’Israël » !

Après plus d’une minute trente de monologue où il est difficile de comprendre le rapport avec le schmilblick, Mathilde Panot en revient enfin au sujet principal. Elle prétend, sans avancer de preuves, que Syngenta fabrique des pesticides, dont le DDT, « un perturbateur endocrinien et cancérogène », tout en commercialisant « un traitement contre le cancer du sein ». La chute est toute trouvée : « Ils vendent le poison qui vous rend malade et ils vendent ensuite le traitement pour cette même maladie. Voilà comment les empoisonneurs font double profit. »

Beaucoup d’approximations

Mathilde Panot rapporte ensuite qu’Imperial Chemical Industries (ICI), dont est issue Syngenta, « a trouvé son marché du cancer du sein trop restreint » et a souhaité l’élargir en lançant la campagne de dépistage Octobre rose. Elle confie, enfin, ne pas vouloir porter le ruban rose « parce que nous ne voulons plus tomber malades pour les profits des multinationales » et affirme : « Le cancer est une maladie politique. »

Le propos de Mathilde Panot pose deux problèmes majeurs. Le premier est qu’il est ponctué de divers raccourcis présentés comme des vérités irréfutables censées démontrer que l’entreprise est juge et partie, au point que même Conspiracy Watch y voit « un cas d’école de désinformation conspirationniste ». Sa valeur informationnelle est limitée. Le second est qu’il politise à outrance une opération de sensibilisation en faisant fi des personnes touchées par la maladie. Elle a évidemment été vivement critiquée par la classe politique sur ces deux points. Celle-ci est dans son rôle.

Mais, surtout, Mathilde Panot a blessé des femmes malades. Plusieurs d’entre elles ont pris la parole pour dénoncer le discours de l’insoumise. Le commentaire de Marianne au micro des Grandes Gueules de RMC est particulièrement poignant : « J’ai découvert mon cancer du sein il y a six mois. Elle mélange tout, elle manipule. Elle a ajouté de la douleur à de la douleur. Ça m’a fait beaucoup de mal. »

Peu d’empathie

Même écœurement pour Florence, interrogée par CNews : « C’est honteux. Madame Panot instrumentalise Octobre rose parce que c’est la ligne de conduite de LFI, mais cette maladie, elle existe bien. Nous sommes des millions de femmes à l’avoir, nous sommes des millions de femmes à mourir, à combattre, à souffrir. »

Même si tout n’est pas parfait avec Octobre rose, cette campagne compte beaucoup, pour les personnes malades. Elle leur permet de se sentir soutenues et considérées. Dans toute sa démonstration, Mathilde Panot semble avoir oublié l’essentiel : l’humain.

Sarah-Louise Guille, dans BV

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