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#webtube : Pourquoi tant de gens s’acharnent-ils à parler d’un génocide des Gazaouis commis par Israël? On peut critiquer le gouvernement et l’armée israéliens comme on peut critiquer ceux de n’importe quel pays impliqué dans une guerre. Mais l’accusation de génocide a une fonction spéciale ici : elle sert à transformer en bourreau un peuple dont les ancêtres ont été les victimes du crime paradigmatique.
Il est des mots que l’histoire a chargés d’un poids tel qu’on devrait hésiter avant de les prononcer, non par cette prudence pusillanime qui est devenue l’une des formes contemporaines du renoncement à penser, mais parce que leur grandeur tragique exige qu’ils demeurent attachés à des réalités précises, faute de quoi ils deviennent ces monnaies démonétisées dont les idéologues se servent pour acheter à bon compte l’indignation des foules ; et parmi ces mots, celui de « génocide », lorsqu’il est appliqué comme une évidence à la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, est peut-être celui dont l’usage révèle le mieux notre incapacité croissante à distinguer ce que nous voyons de ce que l’on nous commande d’y voir.
Non qu’Israël doive être soustrait à la critique, ni qu’une armée démocratique, parce qu’elle appartient à une démocratie, soit mystérieusement délivrée de la possibilité de commettre des erreurs, des fautes ou même des crimes ; mais parce que le passage de la guerre — fût-elle meurtrière, destructrice et impitoyable comme le sont les guerres lorsqu’on cesse de les regarder depuis les salons occidentaux — au génocide suppose quelque chose de très particulier : la volonté de détruire un peuple en tant que peuple. Or c’est précisément cette volonté qu’il faudrait démontrer et dont la démonstration est presque toujours remplacée par une accumulation d’images, de chiffres et d’indignations qui, se répondant les uns aux autres dans la grande chambre d’écho médiatique et numérique, finissent par tenir lieu de preuve.
La question que je voudrais poser n’est donc pas seulement celle du droit international, dont les catégories sont devenues elles-mêmes des armes dans la guerre politique, mais celle du mécanisme intellectuel et passionnel qui conduit tant de personnes à avoir besoin de ce mot-là, et d’aucun autre, lorsqu’elles parlent d’Israël. Car deux figures apparaissent, différentes par leur conscience de ce qu’elles font mais réunies par le même vocabulaire : l’ignorant endoctriné, qui répète avec la certitude du juste ce qu’une propagande extraordinairement efficace lui a appris à considérer comme une évidence, et l’antisémite, qui trouve dans l’accusation de génocide l’arme symbolique presque parfaite permettant de faire de l’État juif non plus un État que l’on combat ou dont on condamne la politique, mais l’incarnation même du mal contemporain.
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L’ignorant endoctriné n’est d’ailleurs nullement condamné à être ignorant au sens scolaire du terme, et ce serait même faire preuve d’une singulière naïveté que de croire encore, après tout ce que le XXᵉ siècle nous a enseigné, qu’un diplôme protège de l’aveuglement idéologique. Il existe une ignorance savante, bardée de titres, encombrée de références, saturée de rapports, de colloques et de certitudes morales, infiniment plus difficile à ébranler que l’ignorance ordinaire parce qu’elle possède le privilège redoutable de ne pas se savoir ignorante. Un professeur d’université, un journaliste, un juriste, un responsable d’organisation internationale peuvent ainsi connaître une quantité considérable de choses et ne plus savoir regarder ce qui contredit le système de représentations auquel ils appartiennent.
Que voit cet ignorant lorsqu’il regarde Gaza ? Il voit des immeubles éventrés, des familles déplacées, des enfants morts, des hôpitaux endommagés, des hommes hagards devant les ruines de leur maison, et personne n’a besoin de nier la réalité de ces images pour constater qu’une image, si vraie soit-elle, ne contient jamais à elle seule son explication. C’est précisément dans l’espace séparant le fait de son interprétation que s’installe la propagande, laquelle ne consiste pas nécessairement à inventer ce qui n’existe pas, mais plus subtilement à choisir, ordonner, répéter et interpréter ce qui existe jusqu’à rendre presque impossible toute autre représentation du réel.
On avance alors un bilan de l’ordre de 70 000 morts selon les chiffres provenant des autorités de Gaza, sans que le nombre exact de combattants compris dans ce total soit établi d’une manière faisant consensus, et, de proche en proche, le nombre devient intention : beaucoup de morts signifie massacre, le massacre signifie extermination et l’extermination signifie génocide. Ainsi se constitue une chaîne de pseudo-évidences dont chacun des maillons aurait dû être interrogé, mais dont la puissance tient justement à ce que l’émotion rend l’interrogation presque obscène.
Il fallait cependant, pour que cette représentation s’impose, faire disparaître un acteur essentiel du tableau, et cet acteur est le Hamas. Ses combattants se dissolvent dans le chiffre global des morts, ses armes disparaissent derrière les bâtiments détruits, son réseau souterrain devient une note de bas de page, les otages israéliens quittent progressivement la mémoire collective, tandis que le 7 octobre 2023, qui fut pourtant l’origine immédiate de cette guerre, s’éloigne jusqu’à devenir une sorte de préhistoire embarrassante dont le rappel est parfois considéré comme une tentative indécente de justifier les souffrances palestiniennes.
Au terme de cette disparition, il ne reste plus qu’une armée israélienne toute-puissante frappant une population civile entièrement passive, tableau dont on a préalablement retiré tout ce qui pouvait en troubler la simplicité morale ; et puisque nous avons désormais besoin, pour comprendre le monde, de retrouver partout les figures élémentaires du bourreau et de la victime, le mot « génocide » vient naturellement couronner cette simplification.
Mais ce qui manque à cette représentation est précisément ce que l’Occident contemporain semble avoir presque oublié : la guerre.
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Gaza est le théâtre d’une guerre asymétrique menée dans un environnement urbain extraordinairement dense contre une organisation qui avait consacré des années, des hommes, de l’argent et une considérable énergie à préparer le territoire au combat, notamment par l’édification d’un vaste réseau souterrain de tunnels, de postes de commandement, de dépôts d’armes et de voies permettant à son appareil militaire de circuler et de survivre sous la ville. Dès lors se pose une question dont l’absence même dans une grande partie du discours occidental est stupéfiante : comment une organisation capable de réaliser un pareil ouvrage n’a-t-elle pas consacré des moyens comparables à la construction d’abris permettant de protéger massivement la population civile qu’elle gouvernait ?
Cette question est d’autant moins secondaire que, dans une guerre asymétrique, la vulnérabilité des civils peut devenir elle-même une donnée stratégique. Lorsqu’une organisation militairement très inférieure affronte un adversaire qu’elle ne peut espérer vaincre sur le terrain conventionnel, elle peut chercher à déplacer la guerre vers le terrain où cet adversaire est vulnérable, celui de l’opinion mondiale, de sorte que chaque immeuble détruit, chaque famille ensevelie, chaque enfant mort acquiert, au-delà de la tragédie humaine qu’il représente, une valeur politique susceptible de retourner contre l’ennemi sa propre supériorité militaire.
Rien de cela ne délivre Israël de ses obligations envers les civils palestiniens ; mais tout cela devrait interdire à un esprit encore soucieux de comprendre de raconter cette guerre comme si un seul camp possédait une stratégie, comme si le Hamas n’avait aucune responsabilité dans la configuration du champ de bataille et comme si la mort des civils pouvait être analysée indépendamment des conditions militaires dans lesquelles cette population a été placée.
Encore faudrait-il, pour comprendre ce qui se passe, avoir conservé une mémoire de la guerre, et c’est peut-être ici que notre époque révèle l’une de ses contradictions les plus profondes : jamais nous n’avons vu autant d’images de guerres et jamais nous n’avons aussi peu su ce qu’est une guerre. Gaza est meurtrie et détruite, mais elle n’est nullement, par la seule ampleur de ses destructions, un événement sans précédent dans l’histoire des guerres urbaines. Mossoul, Raqqa, Grozny, Falloujah et bien d’autres villes portent ou ont porté les marques de ce qui arrive lorsque des armées doivent déloger des combattants retranchés au milieu des habitations.
Et que dire alors de l’Allemagne ?
Les démocraties occidentales qui entreprirent d’abattre le nazisme ne le firent pas avec les armes aseptisées dont rêve rétrospectivement notre conscience humanitaire. Hambourg brûla, Berlin fut bombardée à répétition, Cologne fut en grande partie détruite, Dresde connut en quelques jours une dévastation devenue le symbole même des controverses sur les bombardements stratégiques, et plusieurs centaines de milliers de civils allemands périrent sous les bombes alliées. Les photographies de l’Allemagne de 1945 montrent des villes transformées en champs de ruines dont la contemplation, si l’on appliquait mécaniquement les catégories aujourd’hui utilisées pour Gaza, pourrait conduire les ignorants de notre temps à accuser Churchill et Roosevelt d’avoir entrepris le génocide du peuple allemand.
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Personne de sérieux ne le fait, parce que nous savons encore, dans ce cas précis, distinguer la destruction produite par une guerre de l’intention d’exterminer un peuple. Nous savons que l’objectif des Alliés était la destruction de la capacité militaire allemande et la défaite du régime nazi, non l’anéantissement des Allemands en tant qu’Allemands. Nous pouvons discuter la moralité de certaines opérations, leur nécessité, leur proportion, le choix des cibles, et nous pouvons même juger certaines d’entre elles injustifiables sans avoir besoin pour autant de transformer la guerre contre l’Allemagne nazie en génocide des Allemands.
Le Hamas n’est évidemment pas l’Allemagne nazie, Israël n’est pas la coalition alliée et Gaza n’est pas l’Allemagne de 1945 ; seuls ceux qui ne comprennent pas le raisonnement analogique pourraient voir ici une assimilation des situations. La comparaison porte sur une distinction beaucoup plus simple et beaucoup plus fondamentale : une guerre peut produire d’immenses destructions et tuer un très grand nombre de civils sans que l’objectif de celui qui la mène soit pour autant la destruction du peuple auquel ces civils appartiennent.
Si nous comprenons immédiatement cette distinction lorsqu’il s’agit de l’Allemagne, pourquoi devient-elle soudain si difficile à comprendre lorsqu’il s’agit d’Israël ?
C’est à cet endroit que l’ignorant endoctriné rencontre l’autre personnage de cette histoire, celui pour lequel le mot « génocide » n’est pas seulement une erreur mais une nécessité : l’antisémite qui a besoin que l’État juif soit coupable du crime suprême.
Car les mots disponibles ne manquent pas. Celui qui pense qu’Israël a commis des fautes militaires peut parler de fautes ; celui qui croit pouvoir établir des violations du droit de la guerre peut les dénoncer ; celui qui estime que des crimes de guerre ont été commis peut demander qu’ils soient établis et sanctionnés. Toutes ces accusations seraient déjà d’une extrême gravité, mais elles laisseraient subsister Israël dans le monde commun des États, celui où les gouvernements peuvent être mauvais, les armées brutales, les décisions criminelles, sans que le peuple ou l’État lui-même devienne pour autant une incarnation métaphysique du mal.
Or cela ne suffit pas.
Il faut le génocide.
Et si ce mot est nécessaire, c’est qu’il possède, particulièrement dans la conscience européenne, une puissance que nul autre ne possède, puisqu’il demeure attaché au meurtre des Juifs d’Europe et constitue l’une des références majeures à partir desquelles l’Occident d’après-guerre a construit sa morale historique. Accuser l’État juif de génocide permet dès lors d’accomplir une extraordinaire inversion : les descendants du peuple victime du crime paradigmatique deviennent les auteurs du même crime, Israël devient nazi, Gaza devient Auschwitz, les Palestiniens deviennent les nouveaux Juifs et les Juifs les nouveaux bourreaux.
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Il faut mesurer la portée de cette opération, car elle ne consiste plus à critiquer Israël, même avec la dernière sévérité ; elle consiste à lui attribuer la culpabilité historique maximale disponible dans notre civilisation. Israël ne doit plus être un État menant une guerre dont on peut discuter les choix et condamner les fautes : il doit devenir l’État du génocide, marqué d’une infamie qui contamine jusqu’à la légitimité de son existence.
L’antisémitisme trouve ainsi une forme admirablement adaptée au vocabulaire moral de notre temps. Il lui est devenu plus difficile de parler tranquillement de race juive, de complot juif ou de corruption des nations par les Juifs, mais il peut déplacer son objet et renouveler son lexique ; là où l’ancien antisémite faisait du Juif l’être malfaisant par excellence, son héritier peut faire de l’État juif l’État malfaisant par excellence, et concentrer sur lui tout ce que notre époque abhorre : colonialisme, racisme, apartheid, fascisme, nazisme et enfin génocide.
Il faut donc renoncer à cette échappatoire confortable qui consisterait à imaginer une troisième catégorie composée de juristes, de chercheurs, d’intellectuels ou de responsables internationaux dont le statut garantirait mystérieusement l’immunité contre l’endoctrinement et contre l’antisémitisme. Le diplôme ne protège de rien ; l’intelligence n’est pas la lucidité ; la connaissance spécialisée n’a jamais empêché les passions politiques, et l’histoire européenne regorge suffisamment de savants, de médecins, de professeurs et de juristes qui furent les serviteurs d’idéologies meurtrières pour que nous cessions enfin de confondre la position sociale avec l’indépendance de l’esprit.
Il demeure donc deux mécanismes fondamentaux : l’ignorance endoctrinée, qui peut être savante et qui consiste à ne plus voir que les faits compatibles avec la conclusion préalablement adoptée, et la diabolisation antisémite, qui commence lorsque l’ignorance ne suffit plus à expliquer l’obstination, lorsque les faits contradictoires sont connus mais continuellement neutralisés, lorsque toute comparaison historique susceptible de réintroduire une mesure est refusée et lorsque, surtout, aucune accusation ne paraît assez forte tant qu’elle n’a pas transformé Israël en puissance exterminatrice.
Les deux personnages prononcent ainsi le même mot mais n’occupent pas la même place dans la circulation de la croyance. L’un fournit la représentation, l’autre la reçoit ; l’un a besoin qu’Israël soit génocidaire, l’autre finit par croire qu’il l’est parce que tout ce qu’il voit, entend et lit a été ordonné de manière que cette conclusion lui paraisse non seulement évidente mais généreuse, humaine, presque obligatoire.
C’est là le propre d’une propagande véritablement victorieuse : elle ne demande jamais à celui qu’elle possède de se reconnaître comme son instrument ; elle lui donne au contraire la délicieuse certitude d’avoir pensé par lui-même. Il voit un enfant palestinien mort et pense aussitôt « génocide », sans se demander pourquoi l’enfant allemand mort sous les bombes alliées ne lui fait pas parler de génocide des Allemands ; il voit un quartier détruit et conclut à l’extermination sans prendre la peine de comparer cette destruction à celles des autres guerres urbaines ; il entend le chiffre de 70 000 morts et ne demande plus combien étaient combattants, parce qu’on lui a déjà appris que poser la question serait moralement suspect.
La réussite de cette propagande se mesure alors à l’interdiction progressive des questions. Demander combien de combattants ont été tués devient une manière de nier les victimes ; rappeler les tunnels devient une diversion ; parler des otages une justification des bombardements ; évoquer la stratégie du Hamas une façon de rendre les Palestiniens responsables de leur malheur ; comparer Gaza aux autres guerres urbaines une tentative de banalisation. Ainsi tout ce qui permettrait de comprendre la guerre se trouve peu à peu disqualifié au nom de la nécessité de condamner le génocide, tandis que le mot qui aurait dû être la conclusion d’une démonstration devient l’instrument même qui interdit cette démonstration.
Voilà pourquoi l’accusation possède une telle puissance politique. Une fois le mot admis, on n’a plus besoin de discuter de la nature du Hamas, de son projet, de ses tunnels, de ses otages, de la manière dont il a préparé le champ de bataille, de la responsabilité du 7 octobre, des combattants tués, des difficultés de la guerre urbaine, pas davantage qu’on n’a besoin d’examiner avec précision les décisions israéliennes, leurs justifications ou leurs fautes : le verdict précède désormais l’instruction et chaque événement nouveau vient prendre sa place dans une culpabilité déjà décidée.
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Le mot « génocide » est ainsi devenu l’un des lieux où se rencontrent deux maladies de notre temps : l’amnésie historique de sociétés qui ne savent plus ce qu’est une guerre et la vieille passion antisémite qui, ayant appris à changer de vêtements, retrouve dans la diabolisation de l’État juif une jeunesse inattendue. L’une fournit la crédulité nécessaire à la diffusion du récit ; l’autre lui donne son énergie, son obstination et cette étrange volupté de l’accusation que l’on reconnaît à ce qu’aucune explication ne l’apaise jamais.
Il ne s’agit pourtant pas d’accorder à Israël une immunité morale ; il s’agit au contraire de lui appliquer les mêmes catégories qu’aux autres nations, les mêmes exigences, les mêmes distinctions et la même mémoire historique. Que les crimes soient établis lorsqu’ils existent, que les fautes soient démontrées, que les responsabilités soient discutées, mais que l’on cesse de prendre les ruines pour une intention, le nombre des morts pour une démonstration et l’indignation pour une preuve.
Car si les distinctions que nous savons faire pour toutes les guerres cessent mystérieusement de fonctionner lorsqu’il s’agit d’Israël, une question finit par surgir, importune et pourtant inévitable : pourquoi faut-il que les guerres de l’État juif deviennent des génocides, que ses soldats deviennent des nazis, que Gaza devienne Auschwitz et que les Juifs soient chargés, par une inversion dont notre époque ne semble même plus percevoir l’obscénité, du crime dont leurs pères furent les victimes ?
C’est ici que se retrouvent les deux figures dont nous étions partis. Celui qui ne sait plus répondre parce qu’il n’a jamais véritablement examiné ce qu’on lui demandait de répéter est l’ignorant endoctriné ; celui qui connaît les faits, connaît les distinctions, connaît l’histoire et persiste néanmoins à vouloir faire de l’État juif l’incarnation du crime absolu participe à sa diabolisation antisémite.
Le premier témoigne de la puissance de la propagande ; le second nous rappelle que les vieilles passions européennes ne meurent jamais tout à fait et qu’il leur suffit parfois, pour revenir parmi nous, de changer de vocabulaire.
Charles Rojzman, Causeur
